La Gardien : Longue sera la Route

Voilà plus d'un an qu'Obi-Wan Kenobi est parti à la recherche de Qui-Gon Jinn et d'Anakin Skywalker. Sa route le conduit sur une lune isolée d'apparence bien calme, mais en réalité tiraillée entre deux communautés: celle du monde citadin, et celle du culte de Calaghin. Convoité par une force obscure, et à une heure où la neutralité devient impossible, le destin de ce monde est plus qu'incertain. Au milieu de ces troubles, Obi-Wan risque même de trouver bien plus qu'il n'aurait imaginé...

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CHAPITRE 1: Bienvenue sur Cynele III

"Car il est dit qu'en ces temps viendra le Gardien,
guidé par son seul dévouement, choisi pour sa loyauté.
Pèlerin de la vérité, l'honneur sera son manteau, la foi sa pitance, l'espoir son unique bagage, la ténacité sa meilleure arme.
Les jours sombres seront inévitables, déversant leur accablante désolation par-delà les cieux et les étoiles, embrasés par la peur, attisés par la cupidité de créatures sordides tapies dans l'ombre qui un jour ressurgiront, entraînant avec elles les fléaux oubliés d'un temps révolu.
Au cœur de ces affres il se dressera, noble et pur, une promesse de soutien, méconnu de tous.
Dissimulé par un voile de secrets, victime clandestine d'un sacrifice essentiel à la pérennité de la vie,
il sera un rempart inflexible face aux appels de la lassitude, aux attraits de la désertion.
Il sera un guide et le protecteur de la lumière, une flamme, lueur rassurante transperçant la nuit, écrasée par le poids de l'adversité, mais qui ne s'éteindra jamais.
Il sera avant tout un lien
entre le passé et l'avenir
entre la fin et le commencement
entre la nuit et l'aube."
-Jedi Holocron,
Annus Exordium, VI-CX


~*~
Tout portait à croire qu'il s'agissait d'une nuit comme les autres sur Cynele III. Le lointain soleil venait de disparaître derrière les sommets du Benicas, que la brume avait commencé à envelopper plusieurs heures plus tôt. Les premières étoiles avaient rapidement été recouvertes par une épaisse nappe de nuages sombres gorgés d'eau, et une pluie fine et tiède s'était mise à tomber d'abord sur les flancs de l'immense montagne puis, poussée par un vent froid, sur la large vallée et enfin Biha, une ville provinciale de cette troisième lune de Cynele, la seule habitable. Les commerces ne fermaient pas, mais les clients se faisaient plus rares à la tombée de la nuit, préférant la chaleur réconfortante de leur foyer ou les bras d'une femme aux rayons froids et peu accueillants des magasins. Tout n'était que paix et calme - mis à part les délires bruyants de quelque ivrogne prématuré - du moins en surface. Mais en grattant la couche de bienséance adoptée par la planète, comme toutes celles qui attendaient d'entrer dans la République Galactique, il n'était pas difficile de trouver une dose de corruption, de décadence et de vice digne des bas-fonds de Coruscant.
En effet, cette nuit aurait pu être tout à fait banale, si trois appareils bien particuliers n'avaient pénétré l'atmosphère de la lune - d'habitude peu fréquentée - presque en même temps, et presque au même endroit. Le premier était une navette rouillée et mal en point, qui avait sans doute connu de meilleurs jours quelques dizaines d'années plus tôt. Cinq hangars plus loin, c'est un starfighter crasseux qui coupait ses rétro-propulseurs et dont le cockpit s'ouvrait déjà, laissant son occupant descendre sur la terre ferme. Enfin, tout près du chasseur, un vaisseau sombre amorçait discrètement son atterrissage.
L'astroport était totalement désert, à l'exception des quelques autres bâtiments qui attendaient le retour de leurs propriétaires, sans doute des habitants de la lune. Cynele III ne se trouvait sur aucune route commerciale, n'avait pas vraiment de denrées ni de matières premières bien utiles, et c'était pour ces raisons qu'elle postulait depuis déjà bien cinquante ans pour faire partie de la puissante République, sans jamais obtenir de réponse favorable. Peu de voyageurs y faisaient escale, aussi la présence de ces étrangers inattendus aurait pu troubler les éventuels témoins de leur arrivée.
Le premier des nouveaux venus, bien isolé dans le modeste astroport par rapport aux deux autres, se dégagea comme il put du siège trop étroit de sa navette et descendit jusqu'au sol de béton par une petite passerelle grinçante. Seule une lampe clignotante éclairait le petit hangar où il se trouvait, n'aidant que très peu à chasser l'obscurité qui en envahissait chaque recoin. Pas particulièrement encouragé par les gouttes de pluie qu'il entendait déjà tomber de là où il se trouvait, il se décida malgré tout à se diriger vers la sortie, grand rectangle gris se découpant légèrement au centre du mur noir.
C'est alors qu'il entendit des bruits de pas derrière lui. Retenant sa respiration et accélérant son allure, il tenta de semer les intrus sur la courte distance, mais de grosses tentacules se refermèrent rapidement sur ses épaules et ses bras, l'immobilisant avec efficacité en à peine quelques secondes. Il put ensuite sentir le canon dur et froid d'un blaster pressé sous sa mâchoire, et la joue moite de l'un de ses agresseurs contre la sienne.
-Qui deviez-vous contacter ? demanda une voix bourrue.
Il secoua rapidement la tête. Autant jouer l'incompréhension.
-Son nom ! rugit la créature en resserrant ses appendices visqueux autour du captif.
-A quoi ça vous avancerait ? demanda-t-il. Cette personne pourrait vous régler votre compte en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Son agresseur amphibien émit un caquètement grave qui devait sans doute être l'équivalent d'un rire et recula d'un pas.
-C'est ce qu'on va voir, sourit-il, révélant des gencives grises ornées de petites dents pointues. Ses jours sont comptés…
Il redirigea son blaster vers l'homme qui n'avait pas bougé.
-Les vôtres ne le sont plus, finit-il.
Il tira un seul coup, et regarda sa victime tomber lourdement au sol, le trou au milieu de son front encore fumant.


~*~


Il faisait décidément très frais sur Cynele III, mais il n'allait pas s'en plaindre. La dernière planète où il s'était arrêté avait été Zentrix, connue pour son climat caniculaire tout au long de l'année. Son teint rendu bien mat par l'exposition au soleil peu clément de la planète, et qui accentuait davantage la clarté de ses yeux et les mèches flamboyantes de ses cheveux, en était le témoin. A présent, il se laissait volontiers aller à la brise de plus en plus fraîche qui s'engouffrait dans son épais manteau, et leva la tête vers le ciel noir, laissant les fines gouttelettes froides ruisseler un instant sur son visage. Il finit tout de même par remettre sa capuche, refusant de s'attarder bien qu'il ne sût ni où aller, ni quoi faire d'autre. Cela faisait trop longtemps qu'il voyageait et cherchait sans relâche, et il semblait depuis avoir oublié comment apprécier l'instant présent, écouter les bruits de la nature ou observer son entourage. Chaque jour qui passait ne faisait que le blaser davantage et le transformer en automate à l'idée fixe, comme un droïde dont seul un programme marchait toujours. Il se désensibilisait, et il ne s'en rendait compte qu'à moitié. Il leva une main d'un air absent et se frotta la tempe du bout des doigts, espérant chasser ces maux de tête qui battaient régulièrement contre son crâne et qui, il le savait, ne le quitteraient plus. Il avait fini par s'y faire, comme on oublie une démangeaison que l'on gratte une fois de temps en temps quand elle se manifeste plus que d'habitude. Ce n'était qu'une séquelle de plus à ajouter aux autres…
Il avança dans la rue qui menait de l'astroport au centre-ville, observant d'un œil distrait les façades grises éclairées par des néons colorés aux noms plus ou moins recherchés. Rares étaient les véhicules qui circulaient une fois la nuit tombée, mais les intempéries ne semblaient pas rebuter les nombreux piétons qui entraient et sortaient des cantinas - entraient souvent seuls, mais ressortaient quasiment toujours accompagnés.
Ses yeux furent attirés par une enseigne pourtant pas particulièrement voyante, mais qui l'intrigua contre toute logique. Il s'arrêta quelques secondes, puis se décida à entrer dans le "Hyspace Club" avant que la jeune femme vêtue de presque rien qui l'avait repéré n'ait le temps de s'approcher de lui. L'intérieur de ce qui s'avéra être effectivement un night club était éclairé par des lampes murales diffusant indirectement une lumière tamisée sur la petite salle où quelques dizaines de tables étaient arrangées. Des tableaux aux traits phosphorescents sur les murs, des gadgets en fibre optique et quelques lampes plasma sous forme de globes ou de colonnes d'éclairs ornaient la pièce étonnamment propre et ordonnée. Au centre se trouvait un bar en forme de cercle où trônaient bouteilles en tout genre et de toutes les couleurs, verres et autres chopes, ainsi que des appareils à pression archaïques datant peut-être d'avant la République. Enfin, dans le coin droit, tout au fond, un orchestre de jazz jouait quelques morceaux en sourdine sur une petite estrade.
Il survola du regard les personnes attablées afin de se faire une idée du genre de clientèle de l'établissement. A sa gauche, deux Trandoshans discutaient autour d'un whisky avec un Bothan, tandis qu'un peu plus loin un humain était en pleine conversation avec un Gran. A sa droite, juste à côté de lui, un homme aux cheveux mi-longs et châtains était assis seul, le dos tourné, et deux tables plus loin trois autres humains buvaient et s'écriaient en chœur devant une retransmission de catch sur l'écran mural. En somme, bien peu de monde, et certes rien d'inquiétant.
-Bonsoir beau gosse, je vous sers quelque chose ?
Il sursauta, puis grimaça. Il n'avait pas vu arriver la jeune serveuse qui se tenait à présent devant lui, une main sur la hanche et un plateau dans l'autre. Ses cheveux d'un blond artificiel étaient ramenés en un chignon et retenus par la petite toque au sigle du club.
-Oh eh bien je…, commença-t-il.
-Ce sera un cocktail de juri, l'interrompit une voix masculine. Avec un doigt de sirop de muja, quelques pincées de piment noir, une cuillérée de rhum blanc, un bâtonnet de poca caramélisé et pour finir une rondelle de kati encore vert.
Le jeune homme dont les cheveux tombaient jusqu'aux épaules se retourna alors, tout sourire, et finit sa tirade.
-Et tu pourras lui amener tout ça à ma table, Lou.
-Garen ! s'exclama le nouvel arrivant.
Le jeune homme se leva alors et enlaça brièvement l'autre dans une accolade fraternelle.
-Ca fait plaisir de te revoir, Obi-Wan.
-Toi aussi, frérot, rit le Jedi. Tu t'es encore laissé pousser les cheveux ?
-Non, ça fait juste longtemps qu'on ne s'est vus !
Garen Muln était l'un des meilleurs amis d'Obi-Wan Kenobi, ils avaient grandi tous deux au temple Jedi et avaient fait les quatre cents coups ensemble. Depuis le début de leurs apprentissages respectifs ils s'étaient vus peu souvent, mais étaient restés très proches.
-Allons, assieds-toi, fit Garen en reprenant place à sa table.
Tout comme Obi-Wan, Muln était un jeune homme très séduisant, et si lui-aussi s'en rendait compte, il n'hésitait pas à en tirer parti, à la grande différence de son ami. Son sourire était d'ailleurs son principal atout. Des fossettes se dessinaient alors sur ses joues, lui conférant un air délicieusement effronté et mutin, et ses yeux, qui n'étaient pas bleus comme ceux de son compagnon, mais tout aussi variables - parfois aussi noirs que l'espace, et l'instant d'après teintés d'une couleur plus claire et noisette - révélaient même quelques paillettes dorées. D'un an le cadet d'Obi-Wan, il était très certainement le plus enfantin des deux, et la Force seule savait le nombre de cœurs brisés que ces compères avaient inconsciemment laissés dans leur sillage. Mais Garen était surtout quelqu'un de foncièrement bienveillant, ce qui faisait de lui un ami irremplaçable dans la vie de Kenobi.
-Dis-moi, qu'est-ce qui t'amène dans un monde reculé comme celui-ci ? demanda Garen.
-Je suis toujours à la recherche de Qui-Gon…
Le jeune homme se rembrunit.
-Mais ça fait plus d'un an ! souffla-t-il.
Obi-Wan pinça les lèvres, de toute évidence contrarié, puis prit une courte inspiration avant de changer de sujet.
-Et toi ? Je te retourne la question.
-Je suis en vacances, répondit son ami, ayant retrouvé son humeur joyeuse.
-Vraiment ? Voilà qui explique ton attirail très non-Jedi…
Garen jeta un œil à ses vêtements et haussa les épaules. Il avait en effet troqué sa tunique contre une chemise d'un gris bleuté et une veste en cuir ainsi qu'un pantalon, noirs tous deux.
-J'avais envie de changer de style, pour une fois, fit-il. Tu es un sacré farceur toi, hein ?
Obi-Wan haussa les sourcils.
-Pourquoi ?
-Je ne t'ai pas senti arriver. Si tu voulais me surprendre, c'est réussi !
Kenobi ouvrit la bouche pour répondre, puis renonça. Comment pouvait-il lui dire que lui non plus n'avait pas senti sa présence alors que leur lien - un lien d'amitié, parmi les plus forts qui puissent exister - leur permettait d'habitude d'échanger leurs émotions à des kilomètres de distance ? Ce bouclier mental qui l'avait empêché de prévoir sa rencontre avec Garen n'avait rien de volontaire, mais il ne pouvait le lui avouer. Celui-ci comprit immédiatement qu'Obi-Wan lui cachait quelque chose, mais avant qu'il ne puisse l'interroger, la serveuse, Lou, revint avec la boisson.
-Et voilà pour vous, beau gosse ! dit-elle en déposant le grand verre sur la table.
Obi-Wan la remercia d'un simple hochement de tête, et elle adressa un regard amusé à Garen.
-Vois-tu, Lou, intervint celui-ci d'une voix suave. Notre Obi-Wan est un véritable manipulateur. Il aime jouer les timides et, quand on s'y attend le moins, il se lâche et on ne le reconnaît plus !
Le jeune homme manqua de s'étouffer avec sa gorgée de cocktail, puis plissa les yeux.
-Mieux vaut ça que l'inverse, répliqua-t-il. Certains parlent beaucoup, et au moment où ça devient intéressant on s'aperçoit que ce n'est effectivement que des paroles en l'air…
-Un point pour le beau gosse ! s'exclama Lou en riant.
Garen, pas fâché pour un sou, se tourna vers elle et la gratifia de son sourire à trois mille watts inimitable.
-Lequel ?
La serveuse leva les yeux au ciel, puis se décida à tendre un carton à Obi-Wan.
-Tenez, voici pour quand vous aurez fini votre cocktail. La carte des meilleures boissons.
-Eh ! s'offusqua Garen Muln. Je n'y ai jamais eu droit, moi, à la carte !
Lou lui fit un clin d'œil tandis qu'il arrachait le carton des mains de Kenobi.
-Voyons… Oh tout ça m'a l'air intéressant ! Je me laisserais bien tenter par le mélange explosif…
-Il y a du brandy vallustéen, l'avertit Obi-Wan. Crois-moi, je te le déconseille.
-On ne vit qu'une fois, rétorqua Garen. Mets-moi un mélange explosif, Lou.
-Comme tu veux, chéri. Mais donne les crédits à l'avance. Après, je ne suis pas sûre que tu arrives encore à les compter.
Plus emballé qu'effrayé par l'insinuation, le jeune homme déposa l'argent sur le plateau et lui sourit une nouvelle fois. Il ne remarqua pas la silhouette sombre qui s'attarda à l'entrée du club, pour ensuite reculer dans les ombres nocturnes de la rue. Mais Obi-Wan, lui, avait toujours surveillé la porte du coin de l'œil, aux aguets. Il reposa lentement son verre et ferma les yeux un instant. Cela ne s'arrêterait donc jamais…
-Garen, tu as toujours ton vaisseau, non ?
-Oui bien sûr.
-Quel hangar ?
-Quoi ? fit Garen, troublé par l'empressement soudain de son ami.
-Dans quel hangar est-il ? répéta Kenobi.
-H-24, répondit le jeune homme en fronçant les sourcils.
-Je t'y retrouverai demain.
-Tu pars déjà ? Obi-Wan que se passe-t-il ?
Le chevalier pouvait voir que son ami était déjà prêt à le suivre où qu'il aille.
-Reste ici, Garen. Je t'expliquerai demain, d'accord ? Et quand tu arriveras à te souvenir de ton nom, n'oublie pas de me dire ce que tu auras pensé de ce mélange explosif, ajouta-t-il avec un sourire.
Puis, sans un mot de plus ni un regard, il disparut.


~*~


L'obscurité ne le dérangeait pas. Au contraire, c'était la nuit qu'il avait le plus de chances de l'apercevoir, car il ne semblait pas vouloir sortir le jour. Peut-être ignorait-il que peu importait l'heure ou le temps, Obi-Wan s'était bien aperçu qu'il était traqué depuis plusieurs mois. Quelqu'un le suivait constamment, où qu'il aille, comme son ombre ou un double qui ne se manifestait que dans les ténèbres les plus profondes. Il ne connaissait pas ses intentions, et se demandait s'il les connaîtrait un jour, sans doute parce qu'à chaque fois que son poursuivant paraissait prêt à faire un geste vers lui, il s'était senti découvert et avait pris la fuite. Mais quelle que fût la raison de sa présence, Obi-Wan savait aussi qu'elle n'avait rien d'amical. Cette fois peut-être, avec de la chance, il arriverait à l'intercepter.
Le jeune homme renifla avec cynisme. Il aurait bien besoin de chance, puisque la Force ne lui était d'aucune aide. Le peu qu'il arrivait à maîtriser était inlassablement utilisé soit pour réduire ses migraines, soit pour essayer de localiser Qui-Gon. Le fait qu'il n'ait pas réussi à sentir la signature de Garen dans la Force l'inquiétait tout de même un peu. Les liens qu'il avait avec lui et ses deux autres compagnons de crèche, Bant et Reeft, étaient toujours très solides, s'étant formés non pas par nécessité comme ceux qui existaient entre un maître et son apprenti, mais par affection. Un lien d'amitié ne se commandait pas, se formait sans qu'on le sache et était très dur à détruire. Le seul type de lien supérieur au lien d'amitié était celui auquel un Jedi n'avait théoriquement pas droit. Une image apparut devant les yeux d'Obi-Wan et il secoua la tête, cherchant à s'en débarrasser. Il n'avait pas pensé à elle depuis longtemps et ce n'était ni le lieu ni le moment pour s'attarder sur cette vision du passé. Pourtant, cela faisait plus de dix ans, et ses sentiments pour Cerasi étaient toujours aussi forts.
Il serra les dents et se plaqua un peu plus contre le mur de pierre de la petite allée menant au "Hyspace Club", essayant de faire le vide en lui. Il scanna de nouveau les environs, à la recherche du moindre mouvement, mais son inaptitude à sentir la Force vitale des êtres autour de lui ne faisait que lui rappeler douloureusement ce qu'il perdait chaque jour un peu plus, et ce qui risquait de lui arriver si les choses continuaient d'évoluer dans cette direction. Ses frayeurs et ses doutes récents lui revinrent à l'esprit. Etait-ce possible pour un Jedi de perdre totalement et définitivement son usage de la Force ? Et si oui, pouvait-il rester un Jedi ? Le conseil considérait qu'il était le plus apte à retrouver Qui-Gon, mais une fois sa mission accomplie - si jamais il y parvenait - serait-ce sa dernière ? Et dans ce cas, qu'adviendrait-il de lui ? Il avait consacré toute sa vie à l'Ordre et ne savait s'il était capable d'autre chose…
Un bruit au coin de la ruelle le tira de ses pensées. Quelqu'un approchait lentement. Une ombre longue se déplaça sur le pavé de la route et avança dans sa direction. Encore quelques pas, puis la personne s'arrêta. Les yeux rivés sur cette trace sombre, Obi-Wan décrocha silencieusement son sabre de sa ceinture. Le poids du cylindre froid se fit rassurant dans sa main alors qu'il posait délicatement son pouce sur le bouton d'activation. L'ombre oscilla un instant, comme indécise, puis reprit sa progression lente et hasardeuse. Un froissement de tissu. Un claquement de talon sur le sol. L'extrémité d'une botte et… Obi-Wan attrapa l'individu par le col, le fit tournoyer et le pressa violemment contre le mur avant d'activer son sabre et de le lui placer à la gorge, le tout en l'espace de quelques secondes.
-Que me voulez-vous ? grogna le Jedi, excédé.
Son regard remonta vers le visage de son captif, et il hoqueta de stupeur. Les yeux un peu trop brillants et alarmés de Garen le fixaient intensément. Il le relâcha aussitôt et désactiva son sabre.
-Par tous les Sith ! J'aurais pu te tuer ! cria-t-il, la frayeur se mêlant au soulagement et à la colère.
Son ami resta immobile pendant encore quelques instants, incrédule, puis se détendit.
-F… faudra que tu m'expliques ce que tu viens d'ess… essayer de faire, dit-il d'une voix pâteuse.
Obi-Wan grimaça, puis un sourire amusé se dessina au coin de ses lèvres.
-Je t'avais dit que le brandy vallustéen était fort.
-Bof, je suis juste un peu éméché…
Kenobi haussa un sourcil.
-Tu es ivre mort, oui ! rit-il.
-V-voilà ! Tout de s-suite les grands mots ! fit Garen avec un geste ample de la main, pour se rattraper in-extremis au mur.
Obi-Wan se précipita en avant et passa un bras de son ami autour de ses épaules afin de l'aider à garder l'équilibre. Celui-ci gémit puis baissa la tête.
-Je crois que je vais être malade, souffla-t-il d'un air dépité.
-Ooh non ! La dernière fois que tu as dit ça j'ai bien cru que tu allais vomir tes tripes !
Garen leva difficilement la tête vers Obi-Wan et lui sourit comme il put.
-Ne désespère pas, c'est peut-être pour cette fois…
-Bon occupe-toi juste de mettre un pied devant l'autre, je nous ramène à ton vaisseau.
Les deux hommes commencèrent à avancer, l'un titubant de façon relativement évidente, l'autre essayant de le soutenir au mieux mais sans grand succès. Toutefois au bout de quelques minutes, l'alcool et sans doute un peu de fatigue finirent par avoir raison de Garen Muln, qui tomba comme une masse. Obi-Wan le réceptionna laborieusement, et rejoignit le hangar avec son ami ronflant dans ses bras.


~*~


-Comment va la tête ?
Garen Muln grimaça puis répondit :
-Elle a vu pire, mais mieux aussi. Tu pourrais éviter de parler si fort ?
-Désolé, sourit Obi-Wan.
Les deux hommes, qui s'étaient levés relativement tôt, marchaient dans les rues de la banlieue de Biha sous un ciel encombré - ce qui n'était pas inhabituel - et échangeaient les dernières nouvelles les concernant afin de rattraper le temps qui s'était écoulé depuis leur dernière rencontre, presque un an plus tôt.
-Enfin bref, finit Kenobi. Je n'ai vraiment rien de particulier à t'apprendre, j'ai beau avoir vu de nouvelles planètes depuis, je n'ai jamais eu le temps de bien les connaître. Je ne pouvais pas prendre le risque de perdre la trace de Qui-G…
-Qui-Gon, oui, on finira par savoir, le coupa Garen. Quand tu le retrouveras, il n'y a pas qu'au conseil qu'il devra faire des excuses.
Obi-Wan s'arrêta et lança un regard interrogateur à son ami, qui secoua tristement la tête.
-Laisse tomber, je crois que c'est un concept que tu auras toujours du mal à saisir. Continue.
-Eh bien c'est tout ce que j'avais à raconter, reprit le chevalier après un temps en emboîtant le pas à Garen. J'ai entendu dire que tu n'avais pas chômé, de ton côté. Il paraît que tu sors d'une mission difficile.
-Relativement, oui. J'ai dû passer quatre semaines en convalescence au temple à l'issue d'une divergence d'opinion entre un criminel et moi qui s'est terminée en un corps à corps plus ou moins violent. Je crois qu'il est toujours à l'hôpital à l'heure qu'il est, ajouta-t-il avec un sourire. Mais c'est lui qui l'a cherché…
-Quatre semaines en convalescence… Ca a dû être terrible pour un hyperactif comme toi.
Garen hocha la tête avec véhémence.
-Et je ne parle même pas de la dizaine de praticiens que tu as dû rendre fous par la même occasion, plaisanta Obi-Wan avec un sourire en coin.
Son ami leva les yeux au ciel avant de le guider à travers le grand boulevard, pour prendre une rue sur la gauche.
-Où nous emmènes-tu, au fait ? demanda Kenobi.
-A l'usine de FrameCorp, j'ai un ami là-bas. Il a quelque chose à me donner pour sa sœur. Parce que c'est chez elle que nous irons ensuite.
-Je vois, fit Obi-Wan avec un haussement de sourcil.
-Eh ! Ce n'est pas du tout ce que tu crois !
-Bien sûr que non, se corrigea-t-il immédiatement d'un ton moqueur.
-Je t'assure !
-Mais oui, mais oui…
Tout en s'asticotant gentiment à tour de rôle, les deux Jedi arrivèrent rapidement à un grand complexe imposant qui s'élevait sur plusieurs dizaines de mètres, et s'étendait sur un bon kilomètre de longueur. La façade grise et luisante semblait être faite de duracier résistant, et l'architecture sobre mais très stylisée laissait à supposer que le bâtiment n'avait été construit que très récemment. En grandes lettres argentées, le nom FrameCorp était lisible. Les deux Jedi s'arrêtèrent quelques instants et contemplèrent l'énorme édifice.
-FrameCorp… Ca ne me dit rien. C'est une entreprise locale ? demanda Obi-Wan.
-Pas exactement. C'est une nouvelle chaîne dont plusieurs annexes ont été construites ces six derniers mois. Elles se multiplient un peu partout, en particulier sur les planètes pauvres et isolées comme celle-ci qui traversent une crise de l'emploi. Stratégiquement c'est compréhensible : l'entreprise gagne de la main d'œuvre pour un moindre salaire.
-Et que fabrique-t-elle ?
-Il suffit d'entrer, tu verras par toi-même, répondit Garen avec un sourire en précédant son ami.
-Ils laissent entrer n'importe qui comme ça ? s'étonna Obi-Wan en passant par la grande ouverture en verre qui servait d'accès.
-L'usine est récente, la sécurité n'est pas encore au point, se contenta de répondre son compagnon.
L'intérieur était encore plus vaste qu'une vue depuis l'extérieur avait pu suggérer. La ligne de production commençait à quelques dizaines de mètres de l'entrée et serpentait à perte de vue jusqu'à l'autre bout de la bâtisse. Des centaines, peut-être même des milliers d'hommes et femmes s'activaient autour des grosses pièces en métal tandis que d'impressionnants bras mécaniques se chargeaient des tâches les plus physiques au milieu de pluies d'étincelles. De lourdes presses tombaient bruyamment et remontaient en rythme de part et d'autre de la ligne, découpant et façonnant les morceaux d'acier. De longs néons nouvellement installés éclairaient parfaitement tous les ateliers, même si le toit - qui se trouvait à une hauteur considérable - laissait entrer la lumière du jour par des panneaux coulissants.
L'agitation continue et les bruits répétitifs relancèrent les maux de tête d'Obi-Wan, qui grimaça malgré lui en suivant son ami le long d'un chemin tracé au sol jusqu'à ce qui sembla être une maison d'équipe.
-Treb ! appela Garen en faisant signe à un jeune Zabrak occupé à fixer une conduite au mur.
Celui-ci se retourna et sourit en apercevant le Jedi, puis posa l'outil qu'il tenait en mains avant de le rejoindre.
-Muln, tu as pu venir finalement, constata-t-il.
-Bien sûr ! Je te présente le chevalier Obi-Wan Kenobi.
-Maître Kenobi, salua Treb tandis que le Jedi lui faisait un signe de tête en retour.
-On m'a dit que tu avais quelque chose pour moi, reprit Garen.
-Oui…
Le Zabrak alla fouiller au fond de la sacoche en cuir bourrée d'outils qu'il portait à sa ceinture, et finit par en sortir une petite datacarte qu'il tendit au chevalier.
-Je crois que c'est ce que cherchait Neema. Tu pourras le lui apporter ? dit-il.
-Oui, je prévoyais d'aller au culte ce soir. J'y emmène Obi-Wan, expliqua Garen.
Kenobi fronça les sourcils, ne comprenant pas un mot de la conversation, mais préféra ne pas intervenir. Il hocha simplement la tête quand le regard de Treb se posa sur lui. Puis il se retourna, surpris par le calme soudain. Les machines venaient toutes de s'arrêter. Garen, lui, leva les yeux vers le toit, et retint un cri d'effroi en voyant une des passerelles supérieures encore en construction perdre une première attache, puis une deuxième, juste au-dessus de leurs têtes. D'un coup de coude, il catapulta Treb jusque dans la maison d'équipe, où il serait à l'abri, tout en envoyant un message mental bref, mais très clair, à Obi-Wan :
//COURS !//
Il se retourna et s'aperçut avec horreur que son ami lui tournait toujours le dos et n'avait apparemment pas entendu son avertissement. L'attention d'Obi-Wan fut enfin attirée par le vacarme que fit la troisième attache de la passerelle en cédant à son tour, mais il n'eut pas le temps de s'en préoccuper car Garen se jeta sur lui et l'entraîna en avant au moment même où l'ensemble métallique s'écroula brutalement à l'endroit où il s'était trouvé à peine quelques secondes plus tôt. Les deux hommes tombèrent violemment au sol, et attendirent un instant que la poussière soulevée par l'accident se dissipe. Des cris paniqués couvrirent le silence, et Obi-Wan se releva lentement, encore un peu secoué.
-D'accord. Je confirme. C'est loin d'être au point, fit-il.
Il fut troublé par l'absence de réponse de Garen qui s'était également levé et époussetait sa veste noire. Des agents de sécurité arrivèrent rapidement sur les lieux, suivis par le jeune Treb, qui observa les dégâts d'un air effaré.
-Heureusement pas de victimes, lâcha brièvement l'un des gardes dans un comlink avant de s'approcher des deux Jedi. Et vous êtes ?
-Venus voir quelqu'un, compléta calmement Garen en prenant soin de ne pas mentionner directement le nom de son ami Zabrak.
L'agent les dévisagea, puis émit une sorte de grognement.
-C'est bon, sortez d'ici. Et que je ne vous y revoie plus.
Garen hocha la tête, lança un coup d'œil furtif mais amical en direction de Treb, puis tourna les talons sans un mot, montrant clairement à Obi-Wan qu'il ne comptait pas fournir davantage d'explications. Kenobi lui emboîta le pas, mais ne chercha pas à dissimuler son incompréhension.
-C'est tout ? fit-il une fois dans la rue. Pas d'interrogatoire quant à notre présence ? Rien ?
Son ami continuait de marcher silencieusement.
-Garen ! l'interpella-t-il.
Le jeune homme s'arrêta brusquement et se retourna, plongeant ses yeux foncés dans ceux d'Obi-Wan, qui fut surpris d'y voir tourbillonner incrédulité, peine et ressentiment. Garen Muln regarda son ami avec l'espoir de comprendre ce qu'il lui cachait. Le lien mental qu'ils partageaient, leur lien d'amitié, avait été altéré, il venait juste de le réaliser. Il voulait demander à Obi-Wan s'il allait bien, pourquoi il refusait de lui parler, lui offrir son aide, mais face à l'expression ingénue qu'il avait adoptée, il se résolut à garder le silence. Pour le moment du moins.
-Ils ne nous ont pas gardés parce que nous ne leur servons à rien, dit-il enfin. Accident ou non ils ont déjà tout trouvé leurs coupables.
-C'est à dire ? continua Obi-Wan, soulagé de constater que son compagnon n'allait pas lui poser de questions. Des groupes terroristes ?
-Oh oui… C'est bien comme ça qu'ils les appellent.
-Et ils savent de qui il s'agit ?
-Tout le monde le sait, lui apprit Garen avec un haussement d'épaules. Et c'est eux que nous allons voir ce soir. Viens. Il faut que je passe chez Lou avant de partir.


~*~


Les deux Jedi allèrent à pied jusqu'au centre-ville qui se trouvait à bien cinq kilomètres de l'usine, sachant qu'en prenant les transports urbains au trafic sans cesse perturbé par d'éternels embouteillages et de fréquents accidents, le trajet leur aurait aisément pris deux heures de plus.
Le cœur de Biha était singulièrement compact pour une ville aussi récente, les immeubles aux façades noircies par la pollution étroitement collés les uns aux autres et les rues mal entretenues se ressemblant toutes, petites et mornes. Les seules choses qui auraient pu permettre de les différencier auraient été les publicités en couleur placardées à tout va sur les vitrines des magasins, les portes et parfois même des fenêtres condamnées situées au rez-de-chaussée.
Obi-Wan suivit son compagnon à travers un dédale de ruelles dont l'aspect délabré était sans doute amplifié par le ciel gris et le brouillard qui peinait à se dissiper. Ils s'arrêtèrent devant une porte noire au métal rayé et abîmé par plusieurs graffitis, qui se trouvait être la seule entrée du grand immeuble dont on ne pouvait voir que peu de fenêtres depuis la rue. Garen tapa un code puis pressa un bouton au plastique fondu, et obtint rapidement une réponse dans le petit haut-parleur grésillant.
-Oui ? fit une voix féminine.
-C'est moi, dit simplement le jeune homme.
La porte s'ouvrit, et Garen invita Obi-Wan à le suivre le long d'un petit couloir modeste mais accueillant jusqu'à un turbolift en excellent état qui les emmena au vingt-deuxième étage. Au fond d'un nouveau couloir se trouvait l'appartement de la jeune serveuse. Muln y entra tranquillement, pour ensuite abandonner Obi-Wan dans le salon.
-Je reviens tout de suite, lui assura-t-il avant de s'éclipser dans une pièce voisine.
Kenobi approuva d'un hochement de tête et en profita pour observer les alentours. Le logement était relativement petit, proportionnel au maigre salaire d'une serveuse, mais bien meublé, clair et aéré par une grande fenêtre coulissante qui donnait non pas sur la rue bruyante, mais une cour intérieure. La peinture des murs venait d'être refaite et le sol était minutieusement carrelé.
-On ne dirait pas, depuis dehors, hein ?
Le chevalier se retourna vivement. Elle avait l'art de l'interpeller au moment où il s'y attendait le moins.
-Non en effet, admit-il. On n'imagine pas un tel confort en regardant la façade.
Lou sourit en s'asseyant paresseusement dans un fauteuil rembourré et croisa les jambes, dévoilant un mollet fin par un pan du peignoir qu'elle portait. Elle venait de se laver les cheveux dont les mèches humides et raides allaient frôler sa nuque. Obi-Wan constata que sans maquillage ni bijoux, son visage resplendissant était contre toute attente digne des plus beaux tableaux de l'Age d'Or de la République. Elle attrapa un grain de poussière entre ses ongles et le fit tomber d'un air absent en reprenant la parole.
-Ils parlent de rénover tout ça depuis des lustres, mais je serai centenaire avant d'en voir le bout.
-Comme partout, approuva-t-il avec un petit rire.
-Il faut dire que ces attaques ne font pas accélérer les choses…
La voix de Garen leur parvint depuis l'autre bout de l'appartement.
-Lou ! Tu es sûre qu'elle est sur une étagère ?
-C'est toi qui l'as oubliée ici, à toi de voir ! rétorqua celle-ci sans se lever. Essaie sous le lit !
Obi-Wan détourna son attention vers quelques bibelots, refusant de chercher à comprendre de quoi parlaient les deux jeunes gens. Puis, après un moment de silence suffisamment long, il se racla la gorge et alla s'asseoir en face de Lou.
-Vous parliez d'attaques… Quel genre d'attaque ?
-Rien de meurtrier jusqu'à présent. Des incendies, quelques sabotages dans des bureaux la nuit, aux heures où tout le personnel est absent. De l'intimidation en somme.
-Mais… Qui cherche à intimider qui ? demanda Obi-Wan, sa curiosité piquée au vif.
Lou attrapa une brosse sur la petite table proche et entreprit de se coiffer méticuleusement tout en réfléchissant par où commencer.
-Depuis quelque temps… Cinq ou six ans, je dirais, des usines ont été construites sur notre lune. Ca a bien relancé notre économie et fait baisser le taux de chômage. Ca n'a pas été du goût de tout le monde.
Garen reparut sur le seuil de la pièce et s'appuya contre l'encadrement de la porte derrière Lou, intéressé par ce qu'elle avait à dire.
-Chaque société a ses énergumènes, continua-t-elle calmement tout en prenant soin de sa chevelure blonde. Eh bien nous avons nous-aussi nos marginaux.
-Vraiment ? fit Obi-Wan.
-Un groupe - grandissant - d'illuminés qui se prendraient presque pour des Jedi, expliqua la jeune femme en levant les yeux au ciel. Ils vouent une espèce de "rituel sacré" aux énergies bénéfiques, ils aiment la nature, le ciel bleu et les petits oiseaux.
Garen pinça les lèvres face au ton sarcastique qu'elle avait adopté. Elle se redressa dans son fauteuil et dirigea ses yeux bleu clair vers Obi-Wan.
-Or il y a deux ans une manufacture d'armes a été ouverte à quelques kilomètres de leur village, de l'autre côté de la montagne. Je ne dis pas que j'approuve ce genre de commerce, clarifia Lou. Mais quand le tiers de l'usine est parti en flammes, provoquant sa fermeture temporaire et un nombre énorme d'arrêts de travail, avouez qu'il y avait de quoi voir rouge.
-Il n'a jamais été prouvé que le culte était à l'origine de cet incendie, intervint Garen en entrant dans le salon.
-Trouver des preuves est le travail des autorités. Personne à part le culte n'aurait pu profiter de la destruction de cette manufacture, renchérit-elle.
-Ils sont pacifiques, jamais ils n'auraient eu recours à la violence.
Lou reposa brutalement sa brosse, attendit un instant puis soupira avant de se lever et d'avancer vers le chevalier avec une démarche langoureuse.
-Je ne suis pas foncièrement contre eux, dit-elle doucement en se collant à lui. Et je n'aime pas la façon dont les traitent les citadins. Mais réfléchis, chéri. Principe de base dans la nature : quand une espèce est menacée, aussi douce soit-elle, elle finit toujours par sortir les griffes pour se défendre.
La jeune femme s'était mise sur la pointe des pieds afin de se mettre au niveau du visage de Garen qui la dominait du haut de son mètre quatre-vingt-dix, mais avant de pouvoir entreprendre quoi que ce fût, son comlink se mit à biper. Elle lui planta un vif baiser dépourvu de toute sensualité sur le bout du nez et s'en alla prendre l'appel sans un regard. D'après l'exclamation ravie de la serveuse et la position confortable qu'elle prit juste après, Garen déduisit qu'elle en aurait pour un moment et suggéra à son ami d'écourter leur visite.
Une fois dans le couloir froid que le propriétaire avait décidé de ne pas chauffer, Obi-Wan resserra son manteau et fronça les sourcils.
-Je ne pensais pas qu'il y avait une telle tension entre les habitants de Cynele…
-Et encore… Lou est du genre tolérant d'habitude. Le reste de la population se montre moins impartial, déplora Garen en appelant le turbolift.
Ils y grimpèrent tous deux, et alors que la porte automatique se refermait sur eux en un chuintement, Obi-Wan lança un regard amusé à son compagnon.
-Comment tu te débrouilles, Gar' ? Bientôt tu auras une copine sur chaque planète de cette galaxie.
-Lou n'est PAS ma…
Le reste de la réponse exaspérée fut avalé par le silence que le turbolift laissa derrière lui en ramenant doucement les deux Jedi vers le rez-de-chaussée.


~*~




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