La Gardien : Longue sera la Route

Voilà plus d'un an qu'Obi-Wan Kenobi est parti à la recherche de Qui-Gon Jinn et d'Anakin Skywalker. Sa route le conduit sur une lune isolée d'apparence bien calme, mais en réalité tiraillée entre deux communautés: celle du monde citadin, et celle du culte de Calaghin. Convoité par une force obscure, et à une heure où la neutralité devient impossible, le destin de ce monde est plus qu'incertain. Au milieu de ces troubles, Obi-Wan risque même de trouver bien plus qu'il n'aurait imaginé...

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CHAPITRE 12: Décisions

La cellule, enfouie dans la terre à plusieurs mètres de profondeur, était froide et désagréablement humide. Anakin se dandina sur le sol dur et glacé, mais n'osa pas se relever pour faire les cent pas comme dix minutes plus tôt, impressionné mais surtout respectueux de l'immobilité d'Obi-Wan derrière lui. Le chevalier était assis en tailleur, le dos droit, les mains tranquillement posées sur ses genoux, et les yeux fermés. Il n'avait pas bougé ni émis un son depuis près de deux heures. Anakin ne lui en voulait pas, il ne devait pas se rendre compte du temps écoulé, et il lui avait précisé avant de s'installer qu'il allait se plonger dans une transe réparatrice. Il n'allait pas le déranger. Mais en attendant, il se sentait tout de même bien seul. Le clapotis lent et discret des gouttes d'humidité résonnait dans la petite pièce autrement vide aux murs encrassés couverts de moisissure, et l'unique plafonnier à moitié cassé éclairait le tout d'un jaune répugnant.
Il grelotta. Ce manque d'activité lui rongeait les nerfs et lui donnait mal à l'estomac. Si seulement il pouvait avoir quelque chose, n'importe quoi à bricoler pour occuper ses pensées… Peut-être que ces images à la fois terribles et réconfortantes de Tatooine quitteraient son esprit. Il sentit des picotements dans ses yeux en revoyant les mains usées mais douces de Shmi rabattre les couvertures sur lui le soir, son visage aimant s'approcher pour l'embrasser en lui souhaitant une bonne nuit… Comme tout cela lui manquait ! Il grelotta encore et se mordilla la lèvre inférieure en fermant les yeux.
Il sentit alors quelque chose de chaud autour de ses épaules, et lorsqu'il releva la tête, il vit Obi-Wan qui se tenait juste à côté de lui avec un sourire compatissant. Il s'était levé en silence et venait de retirer sa bure épaisse pour y emmitoufler Anakin. Il ajusta le long manteau autour du garçon et lui frotta rapidement le dos avec une main.
-Ca va mieux ? lui demanda-t-il.
-Oui…, répondit Anakin après un instant d'hésitation.
Il ferma les poings sur le tissu chaud de la bure du chevalier, et le resserra encore un peu. Il était doux, et imprégné du parfum d'Obi-Wan, légèrement boisé avec quelques touches épicées qui lui rappelaient une boutique de Mos Espa où il aimait se rendre quand il n'avait pas envie de rentrer directement chez lui après son travail chez Watto. Là-bas les articles hors de prix étaient tous importés du système Sahela, connu pour son exotisme mystique. Il avait souvent discuté avec le propriétaire de la boutique qui lui avait raconté un nombre incroyable d'histoires fantastiques, en fin d'après-midi avant que les clients n'arrivent. Ils s'installaient d'habitude dans un coin, à une table qu'il disait vieille de cinq mille ans, et entourés d'une multitude de petits bibelots. Il avait toujours aimé découvrir tous les objets que le magasin recelait, un peu comme une cachette à trésor. Il y avait de petites cages à oiseaux, de fins paravents sculptés, des boîtes à bijoux et des coffres en bois dont l'odeur d'épices l'avait souvent fait rêver de mondes lointains et d'aventures passionnantes. Il s'était toujours promis qu'il emmènerait sa mère avec lui, pour lui faire découvrir toutes les merveilles de la galaxie.
Elle n'était pas là. Mais ce parfum chargé de nostalgie était si agréable… Il lui rappelait tant de bonnes choses qu'il voulait s'y perdre et oublier l'horrible endroit où il se trouvait.
-Ca ne va pas ?
Il tourna son regard vers Obi-Wan qui s'était assis près de lui et l'observait avec attention.
-A qui penses-tu ? demanda-t-il encore.
Anakin baissa la tête et avoua en un murmure :
-A ma mère.
-Elle te manque.
Il hocha la tête.
-J'essaie de ne pas y penser, je vous assure, mais…
-Mais tu en as le droit ! l'interrompit Obi-Wan avec un froncement de sourcils indigné. Tu ne dois pas être focalisé dessus, mais… ne te sens pas coupable pour des émotions parfaitement humaines.
-C'est ce que m'a dit Qui-Gon. Mais je sais que si je commence à me rappeler maman, je ne peux plus la sortir de ma tête.
Obi-Wan garda le silence un instant, et réfléchit.
-C'est un peu embarrassant, finit-il par admettre. Mais refouler tout ça est la dernière chose à faire. Tu en as parlé avec Qui-Gon ?
-Non. Je ne veux pas.
L'apprenti baissa la tête dans ses épaules afin de s'enfoncer davantage dans le grand manteau.
-Il ne comprendrait pas.
-Comment peux-tu le savoir si tu n'essaies pas ? Qui-Gon est… Il a vécu assez d'épreuves pour savoir ce que l'on ressent quand quelqu'un nous manque.
Obi-Wan haussa un sourcil.
-En fait, continua-t-il. Tous les Jedi le savent.
-Vous aussi ? douta Anakin.
-Bien sûr ! Le temple me manque, par exemple. Qui-Gon me manque aussi, ces derniers temps, et mes amis…
Le chevalier se tourna vers le garçon.
-Ma mère me manque.
Anakin releva brusquement la tête et chercha dans le regard d'Obi-Wan toute trace de ruse, mais n'en trouva aucune. Il était bel et bien sincère.
-C'est vrai ? fit-il tout de même.
-Oui. Je n'ai pas grandi avec elle comme toi, mais ça ne change rien. J'aimerais pouvoir être avec elle plus souvent, la voir, lui dire combien je tiens à elle.
Le jeune garçon savait qu'Obi-Wan ne devait pas avouer ce genre de chose à beaucoup de monde, et il se sentit honoré de cette confiance. Il n'avait pas l'habitude de tant de franchise de la part de Qui-Gon Jinn.
-Et comment vous le supportez ?
-Je me laisse guider par la Force et je suis attentif à sa volonté. Je sais que mon devoir mérite toute mon attention. Etre Jedi demande une totale abnégation, et ce n'est pas facile pour tous.
-Abné… ? commença Anakin.
-Abnégation. Le don de soi, si tu veux. Il faut savoir faire passer l'essentiel, et surtout les autres, avant soi-même.
-Oh.
L'apprenti essaya de s'imaginer la signification d'un tel engagement, mais abandonna rapidement. Il s'y emploierait une autre fois, quand il aurait le temps d'y réfléchir tranquillement.
-Ca me fait penser que je n'ai pas eu l'occasion de vous féliciter pour votre mission sur Panescan, dit-il. Je suis content que vous ayez réussi à l'accomplir.
-Merci, répondit Obi-Wan, tout à coup plus sobre.
A ses yeux, son passage sur sa planète natale s'était plutôt achevé sur un réel fiasco qui avait coûté la vie à une jeune conseillère talentueuse, mais le moment était mal choisi pour se plonger dans une telle conversation. Il mit quelques secondes à réaliser qu'Anakin parlait toujours.
-…Enfin c'est bien que vous ayez pu venger l'honneur de votre père, finit l'apprenti.
Ces derniers mots choquèrent suffisamment le jeune homme pour le tirer efficacement de ses pensées. Il écarquilla les yeux et haussa les sourcils, complètement abasourdi. Jamais il n'avait entendu de la bouche d'un Jedi autant d'aberrations en une seule phrase. Ce qu'il venait de dire partait d'un bon sentiment, et Obi-Wan en était touché, mais il ne pouvait pas le laisser s'imaginer des choses pareilles.
-Woah, fit-il. Je t'arrête tout de suite. Je crois que tu confonds honneur et orgueil.
-Quelle est la différence ?
-L'orgueil c'est… C'est avoir trop d'amour propre. Un Jedi ne doit pas l'oublier, mais il ne doit pas non plus y accorder plus d'importance qu'il ne faut. L'honneur est une chose différente. Personne ne peut le bafouer à part toi-même. Il ne dépend que de toi, jamais d'autrui. Même obligé à ramper dans la boue, l'échine courbée par la servitude, un homme peut conserver tout son honneur, simplement parce qu'il l'a décidé. Et c'est souvent là qu'on découvre la vraie force intérieure d'une personne. A sa capacité à s'accrocher à ses principes.
Anakin n'était pas sûr d'être réellement d'accord, mais il devait admettre qu'il était impressionné par l'image et par la fougue qu'Obi-Wan mettait soudain dans son discours. D'un autre côté, il se rappelait que malgré les pires traitements, sa mère avait toujours gardé la tête haute, et elle avait été si belle. Est-ce que cela voulait dire qu'elle s'était accrochée à son honneur ?
-Et la vengeance n'a rien à voir avec tout ça, poursuivit le chevalier. L'honneur réside en cette faculté de respecter le code de vie que tu te seras fixé. Pour un Jedi, la vengeance est le chemin de la facilité, du côté obscur. Il n'y a aucun honneur à y succomber. Tu comprends ?
Anakin réfléchit pendant un moment, analysant les paroles du jeune homme.
-Je crois, oui.
Il leva les yeux vers lui et le dévisagea avec admiration.
-Vous êtes très sage, déclara-t-il.
Obi-Wan sursauta presque.
-Pas encore assez. Mais ce que je sais, je le dois à mon maître.
Il lui sourit ensuite et remonta sa bure sur les épaules d'Anakin.
-Tu le seras aussi, avec le temps.
-Et si j'ai besoin de vous un jour ?
Obi-Wan passa encore sa main sur le dos du garçon lorsqu'il le vit frissonner et réalisa avec étonnement qu'il pensait réellement ce qu'il était sur le point de dire. Il n'éprouvait aucune rancœur à son encontre, mais l'appréciait au contraire. Il se surprit à vouloir l'aider à trouver sa place dans l'Ordre, et à devenir le Jedi qu'il espérait être. Il ne voulut pas y croire, et se persuada de l'ignorer, mais il crut sentir l'espace d'un instant un début de lien entre eux.
-Je serai là pour toi, dit-il. Je serai là.


~*~

-Onice, prends le temps de réfléchir, n'agis pas sur un coup de tête…
Wyhare était rentré d'Hunserh quelques instants plus tôt et observait sa nièce avec inquiétude, encadré par Qui-Gon Jinn et Garen Muln. La jeune femme allait et venait dans la pièce, ouvrait des tiroirs pour y chercher des outils qu'elle mettait ensuite en vrac dans un petit sac à dos, son regard sévère concentré. Elle prit le temps de s'arrêter un instant et releva la tête vers l'ancien.
-C'est tout réfléchi, mon oncle, affirma-t-elle simplement.
Son ton était ferme mais parfaitement lucide. Garen avança vers elle, une main toujours sur sa blessure qui semblait le faire souffrir.
-Je ne peux pas t'aider, lui dit-il avec contrariété. Je ne pense pas être capable de courir s'il le faut.
Elle le regarda avec douceur et posa une main réconfortante sur son bras.
-Je sais. J'aurais refusé que tu m'accompagnes de toute façon. Mais je connais deux ou trois amis qui pourront venir.
-Onice…, essaya encore d'intervenir Wyhare.
La jeune femme l'ignora et se dirigea vers un meuble dans le couloir, ouvrit un compartiment et en sortit un ceinturon en cuir qu'elle s'attacha rapidement à la taille et autour de la cuisse droite. Puis elle plongea la main au fond du tiroir pour en sortir un blaster. Elle revint dans l'entrée en enclenchant la cellule d'énergie qui s'emboîta avec un cliquetis, et elle ajusta son arme avec rapidité et adresse avant de la ranger d'un moulinet impressionnant. Elle revint finalement devant son oncle et reprit :
-Je les connais, s'expliqua-t-elle. Je te rappelle que j'ai travaillé avec eux pendant trois ans. Je connais leurs méthodes, et…
Elle s'interrompit pour combattre l'émotion qui commençait à faire vibrer sa voix.
-Il n'est pas question que je laisse Obi-Wan… ou Anakin entre leurs mains, continua-t-elle en lançant un regard à Qui-Gon.
Elle se détourna des trois hommes et attrapa sa veste qu'elle enfila nerveusement. Non elle n'attendrait pas passivement jusqu'à ce que les deux Jedi soient déclarés disparus, pas si elle pouvait y faire quelque chose. Elle était prête à voir Obi-Wan repartir, la quitter pour sans doute ne plus jamais revenir. Mais la simple idée qu'il puisse lui arriver malheur, ou pire… qu'il se fasse tuer, la rendait déjà malade. Elle ne pouvait pas imaginer l'univers sans lui, même si elle devait se contenter de le savoir vivant à des milliers d'années-lumière.
-Je viens avec vous, intervint soudain Jinn, qui n'avait ni bougé ni dit un mot depuis le retour de Wyhare.
Onice se retourna et le dévisagea. L'expression du maître Jedi était encore un peu incertaine, mais sincère. Elle hocha la tête et lui adressa un sourire hésitant, acceptant volontiers son aide. Puis elle embrassa rapidement son oncle, fit un signe de tête dans la direction de Garen, et lorsque Qui-Gon avait fini d'enfiler sa bure, ils sortirent tous les deux, côte à côte, fermement décidés à ramener avec eux les deux jeunes Jedi prisonniers.


~*~

Obi-Wan Kenobi releva brusquement la tête et fixa le mur à sa droite. Il avait entendu un frottement. Il ralentit volontairement sa respiration, se concentra, et étudia attentivement les pierres fissurées par l'excès d'humidité. Il y eut un nouveau frottement. Il fronça les sourcils, son regard se fit intense. Là, quelque chose avait bougé. Il se tendit, et… Une petite antenne frémissante apparut, puis une deuxième, suivies d'un corps long de quelques centimètres couvert d'une carapace brune. Les petites pattes sèches grattèrent un instant le mur et la blatte se fraya un chemin sur la moisissure avant de disparaître dans un autre trou plus loin.
Le Jedi lâcha un soupir irrité en laissant sa tête retomber sur le mur derrière lui. Il devait faire jour maintenant, peut-être était-ce même la mi-journée, et il ne savait s'il devait encore attendre ou non. Il aurait sans doute été judicieux de patienter jusqu'au soir au changement de tournée, et profiter d'un certain relâchement de la sécurité. Mais d'un autre côté, il risquait gros en laissant plus de temps à leurs ravisseurs qui pourraient à ce moment avoir déjà décidé de leur sort.
Un gémissement endormi le sortit de ses pensées et il baissa les yeux pour observer la tête blonde d'Anakin qui s'était assoupi contre lui quelques heures plus tôt. La nuit avait été éprouvante pour lui aussi et il avait mérité un peu de repos, c'est pourquoi Obi-Wan n'avait pas bougé quand le jeune garçon avait fini par glisser le long du mur pour atterrir sur son épaule. De plus, comme il lui avait cédé son manteau, un peu de chaleur supplémentaire n'était pas de refus.
Il allait lever la main pour remonter une nouvelle fois le tissu épais jusqu'au cou de l'apprenti, quand il perçut une vague perturbation dans la Force. Il s'arrêta au milieu de son geste et écouta. Pendant quelques instants il n'entendit que les très légers ronflements d'Anakin et le grattement de l'insecte qui venait de refaire surface. C'est alors que tout à coup, des alarmes retentirent. Il n'eut pas à réfléchir longtemps. Le moment était venu.
-Anakin, appela-t-il.
Le garçon grommela quelque chose, apparemment contrarié, mais se réveilla rapidement.
-Quoi… Qu'est-ce qu'il y a ? fit-il en ouvrant difficilement les yeux.
Puis il remarqua les alarmes qui sonnaient au loin, et fut obligé de se redresser pour ne pas tomber par terre au moment où Obi-Wan se leva pour s'approcher de la porte.
-D'où est-ce que ça vient ? demanda-t-il en se frottant les paupières.
-De l'autre côté du dépôt, je dirais, répondit le chevalier en récupérant la bure que lui tendait Anakin. Et ce n'est pas un hasard. Quelqu'un fait diversion.
-Comment vous le savez ?
Obi-Wan ne dit rien, mais posa une main au niveau du verrou de la porte. Il ferma les yeux, et ne bougea plus. Anakin allait ouvrir la bouche pour parler quand il y eut un grincement, un cliquetis, et la serrure se rétracta dans la porte.
-Mais pourquoi… comment… ? commença-t-il.
-Ne crois pas que c'est toujours aussi simple, sourit Obi-Wan. C'est un grand coup de chance que ces cellules ne soient pas plus modernes.
-Comment est-ce qu'on va faire si on croise des gardes ? On n'a pas d'armes !
Obi-Wan lui fit un clin d'œil.
-C'est là où être sous-estimé par ses ennemis peut être un gros avantage. Allez viens !
Anakin ne se fit pas prier. Il attendit que le chevalier ouvre la porte, puis le suivit dans le couloir, tandis que de l'autre côté du dépôt, le chaos régnait. Les gardes couraient en tous sens dans la plus grande confusion, à la recherche de l'origine de ce remue-ménage. Peu organisés, les hommes armés se bousculaient entre eux et allaient vérifier des secteurs déjà sécurisés tandis que d'autres restaient ignorés. Au milieu de l'agitation, un seul gardait réellement son calme et prit le temps de se demander pourquoi tout ça arrivait à cet instant précis. Il fut ainsi profondément indisposé par le temps qu'il avait mis pour enfin comprendre.
-Tseken ! Kaat ! appela-t-il.
Les deux gardes se présentèrent devant lui en un éclair.
-Les prisonniers, fit-il. Quelqu'un est allé les voir ?
-Pas que je sache, répondit Fro Kaat.
Le chef de la sécurité grogna quelque chose et fit signe à une dizaine d'hommes de le suivre.
-On y va, ordonna-t-il.
-On demande des renforts au cas où ?
Il lâcha un petit rire moqueur.
-Non, ce sera pas nécessaire.
Les autres hochèrent la tête d'un air entendu et partirent à sa suite le long des couloirs qui menaient aux cellules, alors que les sirènes hurlaient toujours sans raison apparente. Ils avancèrent au pas de course, sans jamais s'arrêter aux intersections, sûrs de leur chemin, jusqu'à ce que leur chef ne les arrête d'une main levée.
-Blasters sur pleine puissance, souffla-t-il.
-Pas le rayon incapacitant ? demanda Tseken, pour finalement obéir sans discuter davantage face au regard sévère de son supérieur.
-Préparez-vous.
Il contournèrent un mur et débouchèrent sur un couloir vide.
-Où est-ce que…, commença Kaat.
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, car une silhouette agile l'attrapa par le bras et le projeta contre le mur, l'assommant sur le coup. Le chevalier Jedi recula vivement afin de compter ses adversaires et se prépara à combattre. Au bout du couloir, l'apprenti observait la scène d'un air inquiet.
-Ne t'approche pas, Anakin, lui lança Obi-Wan sans se retourner, les poings levés.
Le chef de la sécurité le regarda d'abord avec stupéfaction, puis se mit à glousser doucement, pour finir par éclater de rire.
-C'est bon les gars, je me charge de lui, ricana-t-il.
Obi-Wan ne put réprimer un petit sourire et laissa l'homme s'approcher. Ses yeux bleu-vert s'éclairèrent quand il aperçut son sabre laser à la ceinture de son adversaire. Le garde s'élança alors, son poing de la taille d'une massue dirigé vers le menton du Jedi. Celui-ci esquiva sans sourciller, rapide comme l'éclair, et se redressa avec un clin d'œil provocateur.
"Voilà que Garen déteint sur moi," se dit-il.
Enragé, l'homme revint à l'attaque avec un cri vengeur, jouant de ses bras épais comme des rondins. Sa stratégie n'était de toute évidence pas très étudiée, et il se reposait plus sur sa force physique brute que sur l'agilité, contrairement au jeune chevalier qui se baissa, puis pivota de deux pas sur la gauche, et contourna son adversaire pour lui envoyer un puissant coup de coude dans les reins. Le garde se redressa avec un hurlement bestial et se retourna en faisant voler ses bras à l'aveuglette. Obi-Wan se baissa en arrière jusqu'à se trouver à quelques centimètres du sol, puis prit appui sur son bras gauche et envoya ses pieds dans la tête de son adversaire. Le solide talon de sa botte percuta la mâchoire du garde de plein fouet, qui craqua avec un bruit atroce. Etourdi par la douleur et la puissance de la frappe, le chef de la sécurité s'écroula devant le Jedi qui s'était relevé d'un magistral coup de rein et se tournait déjà vers les autres gardes qui avaient sagement obéi à leur supérieur et n'étaient pas intervenus.
Passé le choc de cette première confrontation, la douzaine d'hommes dégainèrent leurs blasters. Obi-Wan recula de quelques pas et tendit la main vers le corps prostré du chef. Son sabre laser se décrocha avec aisance et alla se nicher à sa place habituelle dans la main accueillante de son propriétaire avant de s'allumer.
-Anakin, appela Obi-Wan sans quitter du regard ses attaquants. Reste bien derrière moi.
Le jeune garçon, qui s'était avancé vers lui, hocha silencieusement la tête et attendit avec appréhension le début des hostilités. Les gardes, qui eurent l'air de se demander ce qu'ils attendaient exactement, firent feu en même temps en direction du chevalier. Pas forcément heureux de la tournure plus sérieuse du combat, Obi-Wan leva néanmoins son épée et se mit à intercepter les lasers un à un tout en reculant.
-Quand je te le dirai…, commença-t-il avant de s'interrompre pour orienter sa lame dans un angle compliqué. Cours vers le bout du couloir et va sur la droite.
-Et vous ? s'inquiéta Anakin en levant les yeux vers le visage calme et concentré du jeune homme.
-Ne t'inquiète pas pour moi.
Obi-Wan bloqua trois nouveaux lasers et renvoya deux d'entre eux sur ses attaquants. Deux gardes tombèrent et créèrent un bref arrêt des tirs.
-Maintenant ! cria le Jedi. Cours !
Anakin s'élança vers l'arrière et courut à perdre haleine sans se retourner tandis que le chevalier le suivait plus lentement à reculons en repoussant ses adversaires. Obi-Wan était presque arrivé au bout du corridor quand il vit arriver une vingtaine d'hommes derrière les gardes déjà présents, au moment même où Anakin poussait une expression de surprise. Il perdit une fraction de seconde pour voir ce qui était arrivé à l'apprenti, court instant qui suffit pour lui faire manquer un tir dirigé vers lui. Il le vit arriver trop tard, mais parvint à éviter une blessure grave en tournant sur lui-même. Le laser ne fit que lui frôler douloureusement l'épaule et il raffermit sa prise sur son arme.
-Obi-Wan ! s'écria une voix féminine depuis l'intersection où se trouvait Anakin.
Il écarquilla les yeux en reconnaissant Onice.
-Qu'est-ce que tu viens faire là ? lui lança-t-il en se remettant à repousser les gardes qui se faisaient encore plus nombreux.
-Je viens t'aider à sauver ta peau ! lui renvoya-t-elle avec une verve et une pugnacité qu'il ne lui connaissait pas.
Elle prit place à côté de lui et l'aida à se débarrasser des gardes avec une précision étonnante. Son blaster simple DR-7 réglé sur fonction paralysante visait précisément chaque cible et l'atteignait à coup sûr.
-Où est-ce que tu as appris à faire ça ? lui demanda-t-il par-dessus les cris des blasters.
Elle le poussa vers le couloir adjacent où ils purent enfin s'abriter un instant, et Obi-Wan constata qu'elle n'était pas venue seule. Deux hommes qu'il ne connaissait pas surveillaient l'autre côté du hall, et Qui-Gon Jinn finissait d'examiner le bleu qui ornait la joue d'Anakin.
-J'ai été adjoint à la sécurité ici, lui apprit Onice d'un ton détendu en réarmant son blaster.
Il haussa un sourcil mais n'eut pas le temps de poursuivre la conversation, car les gardes les avaient rattrapés et revenaient à l'attaque.
-Il y a un autre moyen de sortir par là ! lui dit-elle en les guidant à travers le bâtiment. Le tout est d'y arriver, se murmura-t-elle.
Qui-Gon l'avait laissée le dépasser et se trouvait à présent à côté d'Obi-Wan pour protéger leurs arrières, sa lame verte se mêlant au bleu de celle du chevalier, comme tant de fois par le passé.
-Tu es blessé ? s'enquit-il tout en restant concentré sur leurs ennemis.
-Rien de grave, le rassura rapidement Obi-Wan, trop occupé à arrêter tous les tirs pour s'attarder sur les émotions qu'il ressentait à se battre à nouveau avec lui.
Ils reculaient de façon calculée, leur rythme parfaitement synchronisé et leur technique de défense adaptée à leur retraite. Ils avaient inconsciemment adopté leur façon de se battre habituelle, Obi-Wan deux pas derrière son ancien maître. Après ce qui leur parut une éternité, ils se retrouvèrent à l'air libre, sans savoir comment ils y étaient parvenus, tout simplement en suivant Onice et les deux autres hommes.
-On a pris des speeders, ils sont garés juste là, expliqua la jeune femme en surveillant l'entrée du complexe, son blaster toujours au poing.
-Anakin, appela Qui-Gon. Reste près de moi.
Il ne sut pas si le jeune garçon ne l'avait pas entendu, ou volontairement ignoré, mais il fut surpris, peut-être même… vexé, de le voir suivre Obi-Wan à l'arrière de l'autre speeder. Il fronça les sourcils, désactiva son sabre, et sauta dans l'appareil que l'un des hommes qui les accompagnaient avait déjà mis en marche.
Les gardes du dépôt de Vunaa étaient à peine arrivés à la sortie du bâtiment que les deux speeders avaient presque disparu dans les bois, enfin hors d'atteinte.


~*~

-Toujours rien ?
Wyhare entra de nouveau dans la maison, laissant la porte ouverte derrière lui, et alla s'asseoir sur le banc où attendait impatiemment Garen Muln.
-Non, pas encore.
Le jeune Jedi poussa un soupir excédé en s'accoudant à la table.
-S'ils ne sont pas là dans dix minutes, je pars les rejoindre, blessure ou pas.
-Et quel bien ferais-tu dans ton état ? lui demanda posément le vieil homme qui parvenait à dissimuler son inquiétude avec brio.
-Ca vaudrait mieux que de me ronger les sangs ici.
-Tu es bien trop impétueux pour un Jedi, lui sourit Wyhare avec indulgence.
Cette dernière phrase parvint à tirer un léger rire du chevalier.
-Je sais… Maître Yoda me le répète depuis que j'ai deux ans.
Les deux hommes relevèrent la tête en même temps quand des bruits de propulseurs se firent entendre au bas de la rue, et deux speeders s'arrêtèrent devant la maison, leurs occupants ne tardant pas à entrer.
-C'est pas trop tôt, maugréa Garen en se levant avec peine.
-Moi aussi ça me fait plaisir, vieux frère, lui lança Obi-Wan en laissant Onice le guider vers une chaise.
Elle lui fit signe de retirer sa tunique pendant qu'elle partait chercher une trousse de soin, et que Qui-Gon installait Anakin un peu plus loin pour mieux examiner son bleu. Les deux hommes qui les avaient aidés décidèrent de se retirer sans plus attendre, et sortirent après avoir été chaudement remerciés.
-Alors comment ça s'est passé ? s'enquit Garen en retournant s'asseoir.
-Plutôt bien, dans l'ensemble, répondit Kenobi. Enfin… question de point de vue.
Il siffla de douleur lorsqu'il dut retirer son bras droit de sa tunique, là où le laser l'avait touché. Les fibres du tissu avaient fondu et quelques bouts s'étaient mêlés à la chair brûlée sur son épaule. Il finit par tirer d'un coup sec, ne voulant pas prolonger davantage la torture, et était fin prêt quand Onice revint avec des bandages bacta. Il détourna son attention de sa légère blessure pendant que la jeune femme le soignait, et reprit :
-J'ai tout ce qu'il nous faut pour innocenter Calaghin, déclara-t-il. J'ai pu garder les datacartes. Je vais en faire des copies, et dès que ce sera fait, je pourrai aller en ville et les présenter aux autorités.
-Je t'accompagnerai, lui dit Qui-Gon à son plus grand étonnement. Et il sera judicieux d'en laisser un exemplaire à quelques quotidiens, au cas où les dirigeants décideraient d'étouffer l'affaire.
Obi-Wan hocha silencieusement la tête, puis remercia Onice lorsqu'elle eût fini. Les six personnes présentes contemplaient un silence soulagé quand le timbre discret de la porte sonna. Six paires d'yeux inquiets se croisèrent, et Onice se décida finalement à ouvrir. Une jeune femme blonde se tenait dans l'entrée, son maintien fier devenu incertain, et ses yeux bleus cherchant parmi les occupants de la pièce un visage familier.
-Lou ! s'exclama Muln en allant à sa rencontre.
La serveuse ne sembla se détendre que légèrement, puis pénétra dans la pièce d'un regard méfiant, décortiquant tous les éléments comme s'ils pouvaient se transformer à tout moment en de terribles bêtes sanguinaires. La vérité était qu'elle n'avait jamais mis les pieds à Calaghin et ne savait pas à quoi s'attendre, mais elle se força à paraître plus conciliante qu'elle ne l'était réellement. Elle adressa un signe de tête poli aux personnes qu'elle ne connaissait pas, et Obi-Wan fut surpris de ne pas voir l'attitude effrontée qu'elle avait toujours eu devant lui.
-Je suis venue parce que…, commença-t-elle. J'ai des raisons de croire que des partisans de Moch Nuben vont venir s'en prendre à vous sous peu. Je les ai entendus au Hyspace Club.
-Ils ont dit quelque chose de précis ? lui demanda Garen.
-Qu'est-ce qui vous est arrivé ? l'ignora Lou en regardant l'épaule nue d'Obi-Wan.
-Une petite altercation sans gravité, répondit le jeune homme avec un sourire en coin.
-Sans gravité hein ? fit-elle sans le quitter des yeux. Je crois que vous devriez mettre les holonews.
Onice fronça les sourcils mais obéit et alluma le petit écran qui se trouvait en hauteur dans un coin de la pièce. Les informations apparurent immédiatement, et elle recula vivement jusqu'à Obi-Wan lorsque l'image changea, pour révéler son visage en médaillon à côté de la présentatrice.
"…qui serait à présent membre à part entière du culte, et aurait aidé les intrus à s'échapper avant l'arrivée des autorités. Cette jeune femme, au casier vierge jusque là, serait intervenue il y a peu à l'entrepôt appartenant à la manufacture d'arme de Vunaa où avaient été arrêtés deux individus pour le moment encore non-identifiés…"
-Tu n'aurais pas dû y aller, dit enfin Wyhare quand il fut de nouveau maître de lui-même.
-Je savais ce que je faisais, déclara Onice, parfaitement calme. Et ça en valait la peine.
Obi-Wan se leva alors et posa ses mains sur les épaules de la jeune femme en un geste protecteur.
-Ce qui est fait est fait. Il n'y a plus de temps à perdre. Je vais lancer les copies des données pendant que j'irai me changer, et nous partirons en ville sur-le-champ pour dissiper tout malentendu.
Onice baissa la tête et resta silencieuse pendant un instant, et quand Obi-Wan s'éloigna pour se préparer, elle l'attrapa par le bras et le força à rester. Elle le relâcha lentement et s'éloigna, puis regarda les quatre Jedi un à un, le visage sombre.
-Vous devrez repartir, dit-elle.
-Mais…, commença Garen.
-Je pense avoir retrouvé l'emplacement du temple, le coupa-t-elle. Et nous irons dès qu'Obi-Wan reviendra de Biha, avant la nuit si possible.
Le visage de la jeune femme avait pâli, mais était aussi dur et ferme qu'une statue de pierre.
-Preuves à l'appui ou non, ils sauront tôt ou tard que des Jedi avaient infiltré les usines Cynelères, et ils ne l'accepteront pas. En vous impliquant dans tout ça, nous vous avons mis en danger. Maintenant, en restant, vous attirerez les ennuis, pour vous… comme pour nous.
-Onice…, voulut intervenir Wyhare, pour être lui-aussi interrompu.
-Ce sera inévitable, finit-elle en un murmure.
Garen secoua la tête avec affliction, puis reprit la parole.
-Nous verrons ça en temps voulu. Je vais appeler Treb, et lui demander de ramener mon vaisseau jusqu'ici. On le préparera au départ, juste au cas où, pendant que maître Jinn et Obi-Wan iront en ville.
-Et moi j'irai voir la famille Heghin comme je leur avais promis, puis j'irai récupérer les documents qui nous guideront jusqu'au temple, approuva Onice.
Obi-Wan les regarda tous deux, mais ne dit rien. Peut-être parce qu'il n'y avait rien à dire, et que tout serait décidé sous peu ; la Force et le destin choisiraient pour eux. Il se retourna sans un mot et quitta la pièce.


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