La Gardien : Longue sera la Route

Voilà plus d'un an qu'Obi-Wan Kenobi est parti à la recherche de Qui-Gon Jinn et d'Anakin Skywalker. Sa route le conduit sur une lune isolée d'apparence bien calme, mais en réalité tiraillée entre deux communautés: celle du monde citadin, et celle du culte de Calaghin. Convoité par une force obscure, et à une heure où la neutralité devient impossible, le destin de ce monde est plus qu'incertain. Au milieu de ces troubles, Obi-Wan risque même de trouver bien plus qu'il n'aurait imaginé...

Naviguez dans les chapitres :

CHAPITRE 14: Désenchantements

Une brise artificielle se faufila doucement entre les arbres du jardin des Mille Fontaines du temple Jedi et fit chanter quelques tiges de bambou dans la chaleur matinale. Le ciel en trompe l'œil était d'un bleu clair saisissant et plusieurs maîtres et chevaliers flânaient le long des sentiers ordonnés dans un calme parfait au son apaisant de l'eau claire. C'était sans doute le plus connu des jardins, et le plus fréquenté, mais peu de Jedi éprouvaient un réel attachement à ces lieux. Bant Eerin faisait partie de ces rares sentimentaux qui aimaient s'y rendre simplement pour les souvenirs et les émotions qu'ils y retrouvaient.
La jeune Mon Calamari, qui allait sur ses vingt-quatre ans, avait pris l'habitude depuis son plus jeune âge de venir passer son temps libre au milieu de la végétation luxuriante et de nager dans l'eau du bassin central surplombé par les plus grandes cascades entourées de rochers brillants. Rien ne pourrait lui faire oublier ce qu'elle avait vécu là, ses plus grands fou-rires ou ses pires frayeurs - dont l'attaque de Xanatos et Bruck Chun faisaient partie. Elle se revoyait petite, plus frêle qu'un jeune poisson d'eau douce, sa main dans celle d'un humain qui l'avait toujours accompagnée, soutenue et lui avait appris tant de choses.
-Toujours prête à barboter, Bant.
Elle se retourna vivement et éclata de rire en se jetant au cou du nouveau venu.
-Obi-Wan ! s'exclama-t-elle. Mais quand es-tu rentré ?
-Hier, très tard, sourit-il en lui rendant son étreinte.
-J'en déduis que tu as accompli ta mission.
-Oui, se contenta-t-il de dire.
La Mon Calamari ne fut pas surprise par le manque de joie ou de satisfaction dans l'expression de son ami.
-Raconte-moi, l'encouragea-t-elle en lui faisant signe de s'asseoir avec elle sur la berge.
-Je dois dire que c'est encore un peu confus, tout s'est passé si vite que j'ai du mal à réaliser que c'était bien réel.
-Alors fais-moi juste un petit bilan, histoire que je sache à quoi m'en tenir. Tu m'expliqueras plus tard, lui dit-elle avec une douceur qu'elle seule pouvait exprimer.
-D'accord, accepta le jeune homme avec un petit rire. Donc Garen est revenu avec moi, il viendra sans doute bientôt te voir, Anakin a souffert de brûlures mais il a été pris en charge par nos spécialistes et sortira demain, maître Windu et moi avons rendez-vous avec le chancelier suprême et… Qui-Gon est en train de voir le conseil en ce moment.
Les yeux argentés de Bant se firent compatissants après cette dernière phrase.
-Je suis vraiment navrée. Ca doit être très dur pour toi.
Obi-Wan haussa les épaules d'un air qui se voulait indifférent, mais elle reconnut dans son expression la même peine qu'il avait voulu dissimuler avant de partir pour les Agri-Corps à l'âge de treize ans.
-Je crois que je commence à me faire doucement à l'idée que Qui-Gon n'est pas l'homme parfait que j'ai toujours bêtement cru qu'il était. Ca n'enlève pourtant rien à l'admiration que j'éprouve pour lui. Tout ce que je peux espérer… c'est qu'il ne s'agit que d'une espèce de crise de la soixantaine, plaisanta-t-il.
-C'est possible pour un Jedi, de faire une crise de la soixantaine ? sourit-elle en le poussant doucement par l'épaule. A ton avis, qu'est-ce qui va se passer après cette réunion ?
-Aucune idée. Et je crois qu'on ne le saura jamais. Ni Qui-Gon ni le conseil ne voudront faire étalage de ce qui se sera dit.
-Et ensuite ? demanda Bant.
-Ensuite ?
-Qu'est-ce que tu vas faire maintenant que ta mission a été menée à son terme ? traduisit-elle.
Il fronça les sourcils et contempla les cascades devant eux.
-Ce qui est sûr, c'est que les prochaines missions, c'est moi qui vais les choisir. Ca commence à bien faire.
Bant garda le silence un instant, puis un sourire se dessina lentement sur son visage saumon.
-Alors tu t'es enfin décidé à ne plus obéir au conseil les yeux fermés ?
-Serait-ce du sarcasme ? Et depuis quand tu te montres aussi hostile envers le conseil ?
-Depuis qu'ils t'ont assigné à cette mission, répliqua-t-elle, tout à coup sérieuse.
Obi-Wan la regarda un instant, comprenant bien sa rancœur et ses inquiétudes, puis finit par passer un bras affectueux autour de ses épaules.
-Cet air sévère ne te va pas du tout, tu sais. Qu'est-ce que tu dirais d'une petite baignade, comme au bon vieux temps ? suggéra-t-il. J'ai du chagrin à noyer.
La Mon Calamari ne savait comment interpréter ses derniers mots, mais elle décida de ne pas poser de questions. Pour le moment en tout cas.
-C'est toi tout entier que je vais noyer, oui ! rit-elle en le poussant avec bonne humeur.
-Eh ! Attends au moins que je me déshabille !
-Je ne veux rien savoir ! De toute façon, si tu espères me déconcentrer tu sais que ton corps d'athlète n'a aucun effet sur moi !
-Mais je ne… Ne commence pas avec tes insinuations !
Les deux jeunes gens continuèrent de se taquiner et à rire aux éclats, profitant de leur amitié tant qu'ils le pouvaient. Ils n'étaient pas insouciants, loin de là, mais un peu de réconfort valait mieux que pas du tout. Ils savaient l'un comme l'autre qu'il fallait en profiter là et maintenant, car comme la plupart des Jedi ils sentaient bien que des choses se préparaient dans l'ombre, une menace peut-être encore lointaine, mais néanmoins présente et qui pourrait déjà les frapper à tout instant.


~*~

L'infirmerie du temple Jedi. Elle était immense, et occupait un bon sixième de l'ensemble du gigantesque édifice. Elle se découpait en dizaines de grandes sections en fonction des différentes spécialités médicales à disposition des Jedi. S'ils acceptaient tous de risquer leur vie pour la bonne cause, la moindre des choses pour eux était tout de même d'avoir les meilleurs soins possible, c'est pourquoi le temple abritait de nombreux praticiens, Jedi pour la plupart, occupant des fonctions aussi précises qu'importantes. Neurologues, anesthésistes, oculistes, chirurgiens, cardiologues, prothésistes, se pressaient dans les couloirs aseptisés, suivis par divers droïdes médicaux de pointe.
Les couloirs, assez larges pour pouvoir faire passer quatre civières à répulseurs, étaient aveuglants de blancheur. La moindre poussière, ou tache de sang, était impitoyablement éradiquée par les droïdes de nettoyage zélés qui ne cessaient de ronronner par-ci par-là.
Garen Muln commençait à trop connaître ces halls froids et stériles qu'il avait vus déjà bien trop souvent dans sa vie, soit en étant lui-même hospitalisé, soit pour rendre visite à ses proches amis. Les vingt dernières fois, il y était venu pour son maître.
-Chevalier Muln ?
Il se détourna du siège sobre mais confortable où il allait s'asseoir et fit face au jeune apprenti guérisseur qui venait d'arriver.
-Vous pouvez entrer, dit-il.
-Merci.
Garen se dirigea vers la porte de la chambre restée ouverte, et entra dans la douce pénombre reposante avant de la refermer derrière lui. Il s'approcha du lit en silence et s'assit sur la chaise libre qui se trouvait juste à côté, essayant de faire abstraction des nombreuses machines qui bipaient et bourdonnaient tout autour.
-Bonjour maître Clee, la salua-t-il avec le sourire sincère et lumineux dont il avait le secret depuis sa plus tendre enfance. Maître Xen m'a appelé tout à l'heure pour me dire que vous alliez mieux, et c'est un réel soulagement. J'ai hâte que vous puissiez sortir d'ici. Et, regardez…
Il passa une main dans sa tunique de Jedi qu'il avait enfin retrouvée et en sortit la Tuelen-Tah.
-Wyhare m'a dit de vous en faire cadeau. Il n'en a plus besoin, et nous non plus, dit-il, tout excité. On a l'holocron. Croyez-le ou non, mais Obi-Wan a débarqué au moment où j'avais le plus besoin de lui. Mais je vous raconterai le tout en détail plus tard. On a fait un excellent travail d'équipe, et c'est lui qui est allé récupérer l'holocron Initiem. Je vous l'avais bien dit, que j'y arriverais !
Son sourire, qui était devenu forcé, s'effaça lentement. Il prit la main de Clee Rhara dans la sienne et ne tenta pas de chasser la larme qui roula jusqu'à son menton.
-Maître…, supplia-t-il en un murmure accablé. Réveillez-vous, maintenant.
Mais le visage doux de Clee, entouré des mèches rousses dont les boucles s'étaient étirées, restait toujours aussi impassible et était caressé par le soleil matinal qui perçait entre les lamelles des stores baissés en travers de la fenêtre. Ses paupières, qui dissimulaient la couleur orangée de ses yeux, n'avaient pas bougé, et sous elles, aucun mouvement ne pouvait offrir ne fût-ce que l'espoir d'un réveil proche. Malgré l'amélioration des signes vitaux du maître Jedi, sa marque psychique semblait toujours aussi loin de la conscience. Il n'y avait pas eu de miracle, elle n'était pas sortie de son coma pendant son absence comme il l'avait espéré. Garen Muln réalisa alors pour la première fois qu'il existait de réelles chances pour qu'elle ne revienne jamais à elle. Au fond de lui, il savait que le temps était venu de commencer à envisager sa vie de chevalier de façon plus autonome, et de se libérer de ses dernières attaches d'apprenti. Mais malgré sa force indéniable et son grand courage, rien ne l'effrayait plus que la solitude. Tout à coup plus désemparé qu'un petit garçon, il laissa libre cours à ses émotions. Ses épaules solides de chevalier tremblèrent sous l'effort qu'il produisait pour ne pas se laisser aller, sans succès.
-Revenez, je vous en prie… J'ai fait ce que vous m'aviez demandé, sanglota-t-il. J'ai encore besoin de vous.
N'obtenant toujours pas de réponse, il la relâcha et se prit la tête entre les mains, incapable de retenir ses pleurs. Maintenant qu'il avait atteint le but qu'il s'était fixé et qui l'avait accaparé pendant des mois, il ne savait plus comment occuper son esprit, et il se retrouvait seul, submergé par sa peine et la peur de ne plus jamais pouvoir parler à la femme qui avait été comme une mère pour lui depuis presque quinze ans. Il refusait de faire le deuil de leur longue relation, et pourtant il savait que la faire revenir n'était pas en son pouvoir. Il l'accepterait peut-être, avec le temps, mais pour le moment il ne pouvait que pleurer sur la triste fin d'une époque, et le commencement solitaire d'une nouvelle.


~*~

Les bureaux du chancelier Palpatine étaient toujours très calmes. Personne ne pouvait s'approcher de ce niveau sans permission ou rendez-vous ; ainsi la quiétude apparemment nécessaire à la bonne marche des affaires et à laquelle il tenait tant ne pouvait être troublée. Cependant, malgré leur apparence de véritable sanctuaire, ces lieux n'avaient rien de paisible, ni de rassurant pour le visiteur. Les murs étaient imprégnés de la turpitude des précédents dirigeants, de mensonges, fourberies et des ruses ignobles des divers politiciens dont le principal souci avait souvent été leur propre profit.
A travers sa nouvelle communion avec la Force, Obi-Wan ressentait ces différentes nuances avec plus d'intensité que jamais, et il éprouvait des difficultés certaines à garder un visage impassible lorsqu'il se présenta avec Mace Windu devant la jeune secrétaire dont le bureau se trouvait au bout du hall.
-Nous avons rendez-vous, déclara le maître Jedi à la peau sombre, diffusant naturellement autour de lui cette aura puissante qui le suivait dans chacun de ses gestes.
-Oui, le chancelier suprême sera à vous dans quelques instants, éminences. Si vous voulez bien patienter...
Le comlink encastré dans le bureau bipa brièvement au moment même où elle achevait sa phrase, et elle leur adressa timidement un sourire embarrassé en se renfonçant dans sa chaise. Elle appuya sur un petit interrupteur qui ouvrit les portes stylisées en face des Jedi puis joignit ses mains d'un air qui se voulait solennel.
-Si vous voulez vous donner la peine d'entrer, leur sourit-elle.
Obi-Wan lui rendit brièvement son sourire avant de suivre son aîné dans le bureau du chancelier, laissant les portes se refermer derrière lui. La pièce ne ressemblait en rien à celle qu'avait occupé le dirigeant précédent et qui était devenue à ce jour une petite salle de réception. Ce nouveau bureau était bien plus spacieux, mieux meublé, et offrait une vue imprenable sur la grande et majestueuse ville de Coruscant. Et sur l'imposant fauteuil, qui aurait presque mérité l'appellation de trône, se tenait le chancelier suprême, droit et fier. Il ne faisait aucun doute qu'il avait la prestance nécessaire à sa position, ainsi que la subtile fermeté imprégnée dans chacun de ses traits durs et froids, mais il avait également quelque chose de trop orgueilleux pour paraître réellement noble. Il détacha son regard sévère des blocs posés devant lui et le dirigea vers les deux Jedi qui venaient d'entrer. Il sourit alors à sa façon crispée habituelle et se redressa un peu plus.
-Maîtres Jedi, les accueillit-il d'un ton beaucoup trop chaleureux pour être sincère.
-Excellence, répondit Windu tandis qu'Obi-Wan se baissait en une brève révérence.
Puis ils prirent place dans deux fauteuils en velours rouge.
-J'ai lu votre rapport avec beaucoup d'attention, maître Kenobi, commença Palpatine d'un ton grave. Et certains faits sont en effet quelque peu préoccupants. Le cas de monsieur Colmun en particulier.
-La surprise a dû être de taille, fit Mace Windu.
-Oui, indéniablement, continua le chancelier d'un air profondément contrarié. Le sénateur Teen me l'avait pourtant chaudement conseillé…
Obi-Wan remarqua l'embarras qui était soudain apparu sur le visage de Palpatine. Il n'avait sans doute pas voulu mentionner ce nom, mais il lui avait de toute évidence échappé. Le fait que ce sénateur fût celui dont la campagne avait été financée par Offworld était une trop grosse coïncidence pour être ignorée.
-Vous me voyez extrêmement confus d'avoir engagé un inspecteur tel que lui pour représenter la République, moi qui m'efforce d'éradiquer toute corruption et de mettre en place un système transparent…
-Qu'adviendra-t-il de cet homme ? s'enquit Windu. Quand sera-t-il jugé ?
-Hélas jamais.
-Comment ça ? intervint alors Obi-Wan en fronçant les sourcils.
-Il a été retrouvé assassiné dans sa cellule ce matin, à peine quelques heures après son emprisonnement, déplora Palpatine. C'est une tragédie, mais également un événement inquiétant, car les malfaiteurs n'ont laissé aucune trace. Cette affaire restera probablement sans suite.
Kenobi ne put se retenir de secouer la tête avec agacement. Décidément il ne supportait pas la politique. Il se força à se rappeler qu'il était pourtant venu pour en parler, justement.
-Et au sujet de Cynele III, dit-il alors. Est-il possible d'organiser une intervention pour nous assurer des relations entre le culte de Calaghin et la communauté de Biha ?
-Eh bien…, hésita Palpatine. Il semble que les différents attentats et les confrontations aient miné la confiance des Cynelères, et le Sénat estime que le gouvernement de Vunaa s'est discrédité. Je crains que les relations entre la République et Cynele ne soient définitivement compromises.
Il marqua une pause et cligna des yeux d'un air innocent avant de repartir d'un ton plus doux.
-Pensiez-vous que la jeune femme à qui vous faites allusion dans votre rapport aurait pu nous fournir de l'aide ?
Obi-Wan ne sut quoi répondre tout de suite. Il n'avait mentionné Onice que très brièvement afin de ne pas l'impliquer de trop près dans cette affaire. Il avait même pensé ne pas parler d'elle du tout, mais avait fini par changer d'avis. Quoi qu'il en fût, il se demandait comment Palpatine avait fait pour mettre le doigt dessus, et pourquoi son regard perçant lui donnait l'air d'en savoir plus qu'il ne voulait le faire croire.
-Elle… aurait pu faire office d'ambassadrice, oui. Mais la question ne se pose plus, apparemment.
-Malheureusement non. J'ai pu me rendre compte que leurs ennuis vous tenaient à cœur, maître Kenobi, et croyez bien que j'aimerais pouvoir vous accorder une faveur, tout particulièrement à vous, qui avez déjà fait tant pour la République.
Il se pencha vers le jeune chevalier, son expression affligée.
-Mais pour l'instant, avec la pression du Sénat, tout ce que je pourrai faire pour vous sera étouffer l'intervention Jedi sur Cynele afin d'éviter toute… mauvaise publicité.
Obi-Wan baissa les yeux, parfaitement conscient de son audace, et ressentant la culpabilité d'avoir entrepris des actions qui auraient pu compromettre l'intégrité de l'Ordre tout entier.
-Et nous vous en remercions, Excellence, s'empressa d'ajouter Mace Windu, soucieux de ne pas approfondir la question. Le conseil ne tolérera plus d'incidents de la sorte, vous avez notre garantie.
-On ne peut changer le passé, philosopha Palpatine en retrouvant son petit sourire serein. Seulement façonner l'avenir. Pour régler cette question une bonne fois pour toutes, je me dois de vous dire que tout contact avec Cynele et ses cinq lunes est interdit, à compter d'aujourd'hui.
Obi-Wan hocha la tête. Etonnant de voir à quelle vitesse certaines décisions avantageuses pouvaient être prises pendant que d'autres - par exemple concernant une quelconque invasion sur une petite planète sans grande importance - nécessitaient des semaines de débats. Cependant il ne chercha pas à discuter, ne voulut pas argumenter, car il savait que tout ce qu'il pourrait dire ne serait pas écouté. Il avait déjà tout expliqué dans son rapport, et si celui-ci n'avait pas suffi pour justifier une intervention, il ne pouvait rien faire de plus.
-A propos, j'ai cru comprendre que vous aviez récupéré une ancienne relique Jedi…
-En effet, confirma Obi-Wan.
-Si jamais vous cherchiez un endroit où l'exposer, je serais plus que ravi de lui faire une place d'honneur dans le musée historique du quartier sud, proposa Palpatine.
-Merci, mais nous l'avons déjà mis en lieu sûr dans le temple, refusa poliment Mace.
-Oh. Bien… bien, fit le chancelier avec son petit sourire.
-Maintenant que ce point est réglé, j'aimerais que nous discutions du rôle de l'Ordre dans le cadre des litiges territoriaux sur les planètes en voie d'admission à la LTP, reprit Windu avec son sérieux légendaire et implacable.
Bien sûr Obi-Wan allait écouter attentivement la conversation qui suivrait, mémoriser ce qui se dirait et donner son avis quand on le lui demanderait, mais il avait perdu toute passion pour les rapports avec le gouvernement. Le jeune apprenti émerveillé par ce système politique complexe avait bien changé…
En fin de compte, ce qui l'attristait le plus - et qui à son avis n'aurait pas dû - était le fait que Calaghin était désormais livrée à elle-même, mais surtout que ses chances de revoir Onice un jour étaient devenues presque nulles. Peut-être était-ce là un signe sensé lui montrer que ce bref épisode dans sa vie, aussi enrichissant qu'inattendu, était bel et bien révolu, et que son devoir le réclamerait bientôt ailleurs.
Pendant que le chancelier suprême cherchait les données exactes concernant la nouvelle législation, Obi-Wan ne put s'empêcher de se demander ce qu'il allait bien pouvoir faire dans l'immédiat. Retrouver Garen, prendre des nouvelles de Clee, emmener Bant dîner quelque part et profiter de son avis éclairé sur les événements récents… Revoir Qui-Gon ? Sa priorité serait surtout faire le point et méditer sur la façon dont il avait changé au cours de ces dernières semaines, afin de pouvoir ensuite repartir sur de bonnes bases et évacuer cette sensation étrange d'avoir manqué un nombre conséquent de choses, et que ce qu'il avait découvert était plus important qu'il ne croyait.
Il ne retournerait pas sur Cynele contre l'avis du Sénat. Mais ce qu'il ne dirait pas était qu'il allait discrètement continuer sa petite enquête, et il finirait par trouver qui avait racheté Offworld et complotait dans l'ombre.


~*~

La salle du conseil Jedi était baignée par des rayons de soleil dorés qui allaient illuminer les symboles dessinés sur le marbre poli du sol, créant des motifs presque aquatiques, comme des vagues de lumière vive. Il régnait un calme total, une immobilité parfaite, et pourtant les douze membres les plus éminents de l'Ordre Jedi étaient présents, trônant en cercle dans leurs sièges confortables. Tous étaient plongés dans l'une de leurs communions silencieuses que jamais personne n'avait réussi à comprendre. Il y avait dans cet échange subtil quelque chose de volontairement mystérieux qu'eux seuls savaient comment interpréter, s'assurant ainsi de la confidentialité des décisions et motivations du très célèbre conseil.
Ils avaient tous adopté leur position habituelle, sérieux et concentrés. Adi Gallia se tenait droite dans son fauteuil, les jambes croisées de façon élégante, ses yeux sombres fixés sur Eeth Koth qui lui rendait son regard intense. Plo Koon, imperturbable, observait ses mains croisées tandis que Depa Billaba échangeait sans un mot une conversation avec la sage Yaddle. Tous étaient en train de réfléchir à la réunion qui avait eu lieu trois jours plus tôt avec Qui-Gon Jinn, et à ce que Yoda venait de leur expliquer.
Le siège de Mace Windu émit un très léger signal sonore avant que la porte ne s'ouvre avec un chuintement, et les douze regards se tournèrent vers la personne qui était sur le point d'entrer. Anakin pénétra dans la grande salle, indécis, ne sachant pas à quoi s'attendre. Allait-il se faire expulser ? Lui demanderait-on des explications qu'il ne pourrait sans doute pas fournir ? Il ravala son appréhension et avança jusqu'au centre avant de s'incliner - plus par crainte que réel respect - comme il avait vu Qui-Gon le faire.
-Bienvenue au temple, jeune Skywalker, sourit Depa Billaba avec douceur, ayant perçu sa nervosité.
-Merci maître, hésita le garçon.
Il ne savait pas quelles étaient les règles lorsque l'on se présentait devant le conseil, et quand il devait parler, mais il décida de faire comme il le sentait.
-As-tu tout ce dont tu as besoin ? Tes affaires sont bien arrivées au quartier des initiés ?
-Oui, maître.
Il y eut ensuite un long silence. Anakin ne comprenait pas pourquoi ils restaient là sans rien dire, à attendre que quelque chose arrive. Ils avaient l'air de réfléchir et, bizarrement, de discuter entre eux. Il fronça les sourcils, énervé de ne pas savoir ce qui se disait.
-Tu es en colère, sut immédiatement Ki-Adi Mundi.
-Je ne sais pas ce que je fais ici, déclara le jeune garçon avec autant de déférence qu'il pouvait.
Adi Gallia intervint alors.
-Nous voudrions surtout savoir comment tu as perçu l'année qui vient de s'écouler. Qu'as-tu ressenti ?
Anakin baissa les yeux et réfléchit, cherchant à donner une réponse aussi honnête que possible.
-Je n'ai pas compris ce qui se passait, essaya-t-il d'expliquer. J'ai ressenti… de la confusion alors, je suppose. Parfois j'ai eu un peu peur, mais pas trop, maître Qui-Gon était là pour veiller sur moi.
-Ce n'est pas tout, le pressa Oppo Rancisis, sa voix étouffée par tous les poils qui lui recouvraient la tête.
Le garçon se tourna vers le maître, un peu irrité de devoir entretenir une conversation avec douze personnes à la fois.
-Je me suis senti assez seul, admit-il. Mais pas toujours. Et Qui-Gon… il a fait… de son mieux.
Il s'interrompit, réalisant que finalement, même si Jinn avait fait tout cela pour lui, il ne l'avait pas beaucoup aidé et lui avait appris encore moins. Yoda, qui n'avait rien dit mais observait attentivement le jeune apprenti, remarqua le changement d'expression sur son visage et sut qu'il était temps pour lui de participer à la discussion.
-A Obi-Wan Kenobi en veux-tu, de vous avoir retrouvés ? formula-t-il.
-Non, réagit immédiatement le garçon. Je crois qu'il a fait ce qu'il pensait être juste…
-Comment le sais-tu ? demanda Mace Windu.
Anakin ne saisissait pas la tournure que prenait cet interrogatoire. Où voulaient-ils en venir ? Qui-Gon allait déjà être puni pour sa fuite, essayaient-ils aussi d'incriminer Obi-Wan pour une raison quelconque ?
-Parce que ça se voit, maître, fit-il avec une touche d'irritation dans la voix. Pendant tout le temps où j'étais avec lui, il a toujours bien réfléchi à ce qu'il faisait et il pensait toujours plus aux autres qu'à lui-même. Il… il n'a rien à se reprocher !
-Qu'essaies-tu de nous dire, Anakin ? l'apaisa Adi Gallia.
-Je ne veux pas attirer d'ennuis à Obi-Wan, c'est tout.
-Pourquoi ? Qu'est-il pour toi ? demanda encore Yoda sous le regard désapprobateur de Mace Windu.
Anakin marqua encore une pause, comprenant alors pour la première fois ce qu'il ressentait et ce qu'il voulait réellement. Sa bouche s'étira lentement en un petit sourire quand il s'aperçut qu'il avait enfin trouvé le but qui lui avait manqué pendant tout ce temps.
-Un modèle, dit-il alors. Il est ce que je veux devenir.
-Hmm…, murmura Yoda d'un air approbateur en hochant doucement la tête.
Le cercle prophétique avait effectivement commencé à prendre forme. Il ne leur restait plus qu'à le faire tourner.


~*~

-Pourrais-je connaître la raison de ma présence ?
Après une bonne vingtaine de minutes passées dans un silence complet, Obi-Wan Kenobi avait décidé de rompre l'une des règles qu'il s'était fixées et prit la parole sans y être invité. Mais après tout, cette réunion ne semblait pas être réellement formelle. Il y aurait eu plus de trois membres du conseil dans le cas contraire. Or en face de lui ne se trouvaient que les maître Yoda, Windu et Gallia.
-Sais-tu ce qui a été décidé ici en début de semaine ? s'enquit Mace, contournant sa question.
-Non, maître. Pour une fois pas même une rumeur ne s'est répandue.
-Nous pensions dans un premier temps que nous devions t'informer nous-même du sort de ton ancien maître, expliqua Adi Gallia en passant ses doigts fins le long de son accoudoir.
Obi-Wan hocha la tête afin de montrer qu'il était prêt à entendre la nouvelle. Ou en tout cas aussi prêt qu'il pouvait l'être.
-Nous lui avons retiré Anakin, comme tu le sais, reprit Windu. Et nous projetions de le mettre sous probation pendant quelque temps.
Comme le jeune homme ne répondait rien, le maître à la peau sombre continua.
-Mais il nous a devancés.
-C'est-à-dire ?
-Il a décidé de quitter l'Ordre et partira dès qu'il aura rassemblé ses affaires.
Obi-Wan se sentit soudain pris de vertige, ses genoux se firent mous et son souffle court. Abandonner l'Ordre, devenir le vingt-et-unième Jedi Egaré… C'était une décision irrévocable, un départ sans retour possible et la rupture d'un serment solennel. L'homme qui lui avait tout appris s'en allait pour de bon, sans même lui parler, brisant d'un simple claquement de doigts toutes les certitudes que des années d'enseignement avaient apportées.
Adi Gallia regarda avec tristesse l'expression du jeune Kenobi passer de l'effarement à la peine, son regard clair perdre une étincelle de joie. Elle n'arrivait pas à s'imaginer l'impact émotionnel d'un tel événement, mais elle savait que le jeune chevalier qui tentait fièrement de conserver son flegme Jedi en était tout bonnement dévasté.
-Une surprise pour nous ce n'est pas, lui dit Yoda d'un ton affligé. En désaccord avec les décisions les plus récentes de l'Ordre il était depuis longtemps.
-Je sais…, voulut admettre Obi-Wan, mais sa voix se brisa avant de pouvoir continuer.
-La même façon de voir les choses il a toujours, persista Yoda, que la souffrance du jeune homme semblait désoler. Et toujours aussi juste, est ce que tu as appris. Tes propres choix tu feras. Différent est chaque Jedi. Seulement unis par la Force nous sommes.
Kenobi baissa la tête et ses épaules se voûtèrent un instant, au point que Mace Windu crut qu'il avait fini par craquer après toute cette tension et qu'ils avaient brisé l'un de leurs chevaliers les plus prometteurs. Mais Obi-Wan ferma les yeux, se força à respirer calmement, et quand il les rouvrit, son regard était si fort et intense - du moins en surface - que les maîtres ne purent qu'en être impressionnés.
-Qu'arrivera-t-il à Anakin dans ce cas ? demanda-t-il, sa voix de nouveau pleine d'assurance.
-Tout le problème est là, lui répondit Adi Gallia. Nous ne savons pas quoi faire de lui. Il a un potentiel dangereux, qu'il faut gérer avec beaucoup de soin, et peu de personnes le connaissent assez bien pour pouvoir le former. Les maîtres qui enseignent les différents cours sont unanimes : il est doué, mais trop réservé et imprévisible.
-Vous avez pris une décision à son sujet ?
-Les Agri-Corps, déclara froidement Windu.
-Je vois…, commenta Obi-Wan sur le même ton.
Gallia se racla la gorge.
-A moins que… tu ne te sentes capable de le prendre comme apprenti.
-Moi ? Pourquoi ?
Le jeune homme se tourna vers Yoda, qui soutint son regard avec douceur.
-Maître, vous qui étiez si réticent à voir Anakin entrer dans l'Ordre, vous accepteriez que je le forme ?
-Refuser la vérité j'ai voulu. Mais empêcher l'avenir… Impossible de le faire, sourit le vieux sage. Comme lutter contre le destin.
-Alors d'après vous, chercha à comprendre Obi-Wan. Qui-Gon n'était pas destiné à former l'Elu, c'est ce que vous voulez dire ?
Yoda écarquilla les yeux.
-Oh… Si, un élu il devait former, contredit-il de sa voix rauque. Mais cet honneur il n'a pas su reconnaître à sa juste valeur.
Le vieux maître lâcha un petit rire amusé en constatant que le chevalier ne réalisait pas ce qu'il voulait dire.
-Surtout prends bien le temps d'y réfléchir, lui conseilla Mace Windu.
"Y réfléchir ?" se répéta Obi-Wan. Où était le choix dans tout cela ? Laisser un jeune garçon enthousiaste à un sort qui l'avait lui-même terrifié étant enfant, ou lui accorder la chance d'exaucer son rêve. Non, vraiment, il ne pensait pas avoir le choix. Malgré son manque d'assurance et sa peur de mal faire, jamais il n'aurait le cœur de refuser à Anakin le bonheur qu'il espérait depuis si longtemps.
-Vous aviez bien réfléchi à tout cela, n'est-ce pas ? dit-il alors, ayant vu clair dans leur jeu. Vous aviez pesé le pour et le contre, et tout dépend de moi…
Les trois membres du conseil ne répondirent pas, mais attendirent.
-Très bien, je prendrai Anakin, déclara-t-il, faisant passer son consentement pour une faveur qu'il leur accordait. Mais alors à une condition. Si vous refusez, je laisse le destin d'Anakin entre vos mains.
Il n'arrivait pas à croire qu'il était en train de jouer les manipulateurs, mais après tout, il était le seul jusqu'à présent à ne pas l'avoir fait. Il ne s'en sentait donc pas trop coupable.
-Quel genre de faveur ? l'interrogea Windu, de toute évidence agacé par la direction que prenait la discussion.
-Cela concerne les droits de visite. Je refuse d'entreprendre quoi que ce soit avec Anakin si je ne peux pas l'obtenir.
Il leur expliqua ce qu'il attendait précisément, et laissa ses trois aînés se concerter un moment. Mace Windu finit par soupirer.
-Très bien, nous te l'accordons. Mais ce ne sera pas sans danger. J'espère que tu sais à quoi tu t'exposes.
-Oui, sourit Obi-Wan. Merci, maîtres.
-Nous organiserons une réunion officielle demain, avec le conseil au grand complet. Et là, tu pourras respecter ta part de l'engagement.
Le jeune homme s'inclina et quitta la pièce, un grand sentiment de malaise remplaçant sa satisfaction à l'instant où les portes se refermèrent. Non seulement la peine du départ de Qui-Gon le frappait à nouveau avec encore plus de force, mais il commençait également à craindre d'avoir agi sur un coup de tête.
Il espérait que le moment venu, la Force viendrait confirmer son choix.


~*~

Il avait oublié à quel point les nuits au temple étaient apaisantes. Cette lumière pâle et douce, cet air frais, ce silence qui n'était jamais oppressant… Mais malgré la quiétude et la présence tellement rassurante de la Force partout autour de lui, il n'arrivait plus à se sentir bien. Il percevait le pouvoir d'attraction de ces lieux qui l'avaient vu grandir, l'envie terrible de s'asseoir dans l'un des jardins et passer le reste de sa vie à y méditer. Mais il avait aussi une telle révulsion pour la façon de penser qui allait avec qu'il ne pouvait que partir le plus loin possible. Il n'éprouvait aucune haine pour ceux qui n'étaient désormais plus ses confrères, mais il ne supportait plus d'obéir à ces lois qui régissaient un Ordre qui n'aurait jamais dû en suivre qu'une : celle de la Force.
Il parcourut les larges couloirs aux hautes colonnes de marbre, son amertume grandissant à chacun de ses pas qui s'accéléraient au fur et à mesure qu'il se rapprochait de la sortie. Ses affaires - des vêtements, ouvrages et quelques souvenirs - l'attendaient déjà à l'hôtel, et il ne lui restait plus qu'à trouver la force de franchir le seuil pour la toute dernière fois et tourner le dos à ce majestueux édifice où il ne pourrait jamais revenir. Il était aussi parfaitement conscient que faire ses adieux à près de soixante ans de sa vie ne serait pas facile.
Il arriva au bout de l'un des plus grands halls et s'apprêta à prendre le couloir de droite quand il ressentit la présence de celui qu'il avait voulu éviter plus que quiconque et la raison pour laquelle il avait choisi de partir à cette heure tardive. Il se dressait là dans la pénombre, trop droit, enveloppé dans sa bure dont la capuche retombait sur son visage.
-Obi-Wan.
Le jeune homme ôta sa capuche et le fixa de ses yeux dont la couleur avait viré à un gris pâle.
-Maître Jinn.
-Pardonne-moi, j'étais ridicule, grimaça l'ex-Jedi. Je n'aurais jamais dû te dire tout ça.
Le regard terriblement peiné du chevalier ne vacilla pas.
-Donc, Qui-Gon…, se corrigea-t-il d'une voix monocorde. Vous alliez partir comme un voleur, sans même un au revoir ?
-Je pensais que ce serait plus facile pour nous deux. Je me suis trompé, on dirait. Une fois encore ça n'aurait été moins douloureux que pour moi.
Le jeune homme, s'il ne chercha pas à le contredire, ne voulut pas l'attaquer davantage. Il fit un pas sur le côté, laissant la voie libre à son aîné, et reprit :
-Je peux vous accompagner jusqu'à la sortie ? proposa-t-il avec calme.
Jinn sourit tristement.
-Avec plaisir.
Ils avancèrent en silence pendant plusieurs minutes, un silence pesant que l'ancien maître ne savait comment interpréter. Il avait un côté accusateur et amer qui lui faisait plus d'effet que n'importe quel mot qu'aurait pu prononcer Obi-Wan. Mais comme le jeune homme ne se décidait pas à exprimer ses pensées à voix haute, il prit la parole en premier.
-Comment va Garen ?
-Pas très bien. Il a du mal à accepter l'état de maître Clee.
-Oui… je ne savais pas. Je suis allé la voir tout à l'heure. Il ne faut pas perdre espoir.
-Non, répondit Kenobi d'un ton dépourvu d'émotion.
Le silence revint, plus écrasant qu'avant. Lorsqu'ils arrivèrent en vue des portes principales, Jinn tourna la tête vers lui.
-Je sais que tu n'approuves pas mes actions, Obi-Wan, persévéra-t-il, au désespoir d'évacuer cette tension.
Le chevalier s'arrêta alors, la tête baissée, son visage dissimulé par l'ombre d'une colonne. Qui-Gon put tout de même voir sa gorge travailler convulsivement alors qu'il essayait de rester maître de lui-même.
-Vous partez…, commença Kenobi en un murmure. Vous quittez les Jedi… Vous baissez les bras ?
-Tu ne comprends pas, Obi-Wan, dit-il avec douceur. Rester ici… ce serait baisser les bras, renoncer à avancer sur la route que j'aurais choisie. Toi, tu dois continuer à faire ce que tu crois être juste. Je ne sais pas qui de nous deux a raison, et c'est pour ça que je pars. Nos chemins se séparent ici.
Le jeune homme releva la tête, et des larmes brillaient dans ses yeux.
-Et c'est tout l'effet que ça vous fait ? Est-ce si simple de sortir du temple, de prendre un taxi et entamer une nouvelle vie ailleurs ?
-Oh, padawan…, se désolait Jinn en faisant un pas vers lui. Non ce n'est pas simple. C'est sans doute la chose la plus dure que j'aie jamais eue à faire.
Il s'approcha encore un peu, mais Obi-Wan recula en secouant la tête, les lèvres tremblantes. Il ne pouvait pas supporter ce témoignage d'une affection qu'il savait désormais inexistante. Il ne voulait plus espérer que son ancien maître avait un jour réellement tenu à lui, pas quand tout tendait à démontrer le contraire. S'il devait partir, s'il n'arrivait pas à le retenir, eh bien il en serait ainsi. Il prit une profonde inspiration pour retrouver un semblant de contrôle et lui adressa un sourire amer.
-Alors ça y est… Qu'est-ce que je suis sensé dire ? Au revoir ? Adieu ? Je suppose qu'on ne se reverra jamais.
Qui-Gon leva les yeux vers les gigantesques portes qui s'ouvrirent en silence sur la nuit agitée de Coruscant. Il les rabaissa ensuite sur le jeune homme qui avait été tant pour lui pendant des années, et se retint de faire un geste vers lui, sachant qu'il ne l'aurait pas accepté. Les choses évolueraient encore, il en était persuadé, et rien n'était encore perdu, leur relation moins que le reste. Il lui sourit avec tout l'amour paternel qu'il ressentait.
-Qui sait ? Cette galaxie n'est pas si grande.
Sur ces mots, Qui-Gon Jinn quitta le temple Jedi, et n'y revint jamais. Quant à Obi-Wan Kenobi, quelque chose en lui mourut cette nuit-là.


~*~





PSW Vidéo

Star Wars VIII

Les Derniers Jedi dans...

...

A Star Wars Story

Han Solo dans...

...

Publicité

Chargement…

Evénements

Sortie PSW Paris-Manga & Disneyland
Sortie PSW Paris-Manga & Disneyland

Paris - Disneyland
25 mars 2017 - 26 mars 2017

Paris Manga
Paris Manga

Porte de Versailles - Paris
25 mars 2017 - 26 mars 2017

FACTS
FACTS

Gand (Belgique)
01 avril 2017 - 02 avril 2017

ASFA
ASFA

Amélie-les-Bains
15 avril 2017 - 16 avril 2017

Toulouse Game Show Springbreak
Toulouse Game Show Springbreak

Diagora Labege Toulouse
22 avril 2017 - 23 avril 2017

Générations Star Wars & Science-Fiction
Générations Star Wars & Science-Fiction

Cusset
29 avril 2017 - 30 avril 2017

Soirée Star Wars à Disneyland
Soirée Star Wars à Disneyland

Parc Walt Disney Studio
05 mai 2017 - 06 mai 2017

Anniversaires

nés un 26 mars...

Chargement…

en partenariat avec
La Grande Récré Star Wars
MintInBox
Hong Kong Style
Dagoma
Gastronogeek
Star Wars Collection
La 59ème Légion
Rebel Legion France
Sport Saber League
501st French Garrison
Pulps
Science Fiction Archives
Star Wars Holonet ASFA Le Réveil des Fans Radio Disney Club STAR WARS RPG


Planète Star Wars

Votre navigateur n'est pas compatible avec le site.
Merci de le mettre à jour grâce aux liens ci-dessous :
Chrome - Firefox - Internet Explorer