La Gardien : Longue sera la Route

Voilà plus d'un an qu'Obi-Wan Kenobi est parti à la recherche de Qui-Gon Jinn et d'Anakin Skywalker. Sa route le conduit sur une lune isolée d'apparence bien calme, mais en réalité tiraillée entre deux communautés: celle du monde citadin, et celle du culte de Calaghin. Convoité par une force obscure, et à une heure où la neutralité devient impossible, le destin de ce monde est plus qu'incertain. Au milieu de ces troubles, Obi-Wan risque même de trouver bien plus qu'il n'aurait imaginé...

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CHAPITRE 16: Seulement un début

Obi-Wan Kenobi ouvrit en grand la large baie vitrée du salon afin d'aérer les nouveaux appartements spacieux qu'il allait partager avec son apprenti. Le décor, stylé et bien meublé, le changeait de sa toute petite chambre de chevalier, et à cet instant il essayait encore de comprendre à quoi pourrait bien leur servir tout cet espace à leur disposition. Une cuisine aménagée, un salon confortable aux meubles de qualité, deux chambres munies chacune d'une salle de bain… C'était presque trop luxueux.
Il se dirigea vers sa chambre et s'assit sur le lit pour sortir ses affaires du petit sac de voyage qu'il avait emmené sur Cynele. Il passa sa main à l'intérieur et sentit une forme étrange qui ne lui était pas familière. Il referma ses doigts dessus, et ce qu'il sortit du sac le toucha plus qu'il ne voulut l'admettre : la petite danseuse en bois de Wyhare. Le vieil homme était parvenu à la recoller, et avait dû la glisser dans les affaires d'Obi-Wan juste avant son départ. Le jeune homme la retourna en sentant quelque chose gravé dans le socle.
"Ote min khean, lelu oghein"
-Brisé une fois, à jamais spécial, se traduisit-il avec un sourire ému.
Il aurait aimé pouvoir aller le remercier, mais quelque chose lui disait que ce n'était pas nécessaire. Wyhare avait appris à le connaître bien mieux que beaucoup de monde en très peu de temps, et il avait dû savoir l'effet que son petit cadeau allait produire chez le jeune chevalier. Obi-Wan observa la figurine pendant quelques instants, puis la posa délicatement sur sa table de nuit.
-Maître ? Vous êtes là ?
Il mit quelques secondes à se rappeler qu'Anakin venait de s'adresser à lui, mais il finit par se lever et entra dans le salon où venait d'arriver le jeune garçon.
-Ah vous voilà. Où est-ce que je dois mettre ça ? demanda celui-ci en désignant la pile de pièces détachées qu'il avait traînée derrière lui.
-…A la casse ? suggéra Kenobi, un sourcil haussé.
Il soupira.
-Ne crois pas que tu vas garder tout ça, en tout cas ! Mets-les dans ta chambre, on fera le tri plus tard.
-D'accord ! sourit Anakin en tirant le gros sac jusque dans la pièce d'à côté.
Il déposa le tout en vrac et retourna dans le salon que son maître était en train de visiter.
-Quand est-ce qu'on part en mission ? l'interrogea-t-il en se laissant tomber dans l'un des fauteuils pour en tester la souplesse.
-Dois-je te rappeler que je suis condamné à rester sur Coruscant pour au moins quatre mois ? De quoi te laisser tout le temps de te remettre au niveau des autres apprentis.
Le jeune homme reposa un cadre et fit un grand sourire à son élève.
-Bienvenue parmi les Jedi !
Il retint un rire amusé en entendant Anakin grommeler quelque chose qu'il ne comprit pas totalement.
-Eh oui, poursuivit-il. Tu te rendras vite compte qu'avant d'aller sur le terrain, un Jedi suit une formation très poussée au temple. Mais même après, tu verras sans doute moins de combats que de réunions diplomatiques avec des politiciens plus vieux que la République.
-Vous cherchez à me décourager, là ? grogna le garçon en s'affalant de plus belle sur le fauteuil.
-Non, sourit Obi-Wan. Je te donne un avant-goût de ce qui t'attend. Ne t'en fais pas, tout se passera bien. Tu comprendras que l'action ne fait pas une vie…
Il fut interrompu par le bip de la petite station com qui se trouvait près de l'entrée.
-Sans doute un appel des services techniques pour vérifier que tout fonctionne. Va donc déballer tes affaires pendant que je vois ce que c'est.
-J'y vais.
Lorsque Anakin fut sorti de la pièce, Obi-Wan alla appuyer sur le bouton de réception de l'holocom… et manqua de pousser un cri de stupéfaction en découvrant son correspondant. Il ne put dire un mot alors qu'il contemplait ce visage qu'il ne pensait jamais revoir, encore moins si tôt.
-O… Onice ? arriva-t-il tout de même à dire.
Il fronça les sourcils en voyant l'apparence exténuée et agitée de la jeune femme.
-Que se passe-t-il ? Où es-tu ?
-Oh, Obi-Wan…, commença-t-elle d'une voix étranglée, comme pour retenir des sanglots. Je suis sur Coruscant. J'ai… j'ai pris le… le fighter que tu avais laissé à Biha et je…
-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? la pressa-t-il, rongé d'inquiétude.
-Le village a été attaqué, dit-elle en passant une main sur ses joues pour y essuyer les larmes. Ils… ils sont tous morts… Tous…
-Non… non…, murmura le Jedi en s'agrippant aux bords de l'appareil.
-Je ne savais plus où aller, alors je…
-Où es-tu exactement ?
Elle hésita un instant et regarda autour d'elle.
-Je ne suis pas à l'astroport. Ce sont de vieux hangars désaffectés j'ai l'impression. Il y a une usine de gaz triballium juste à côté.
-Très bien, je vois dans quel coin tu te trouves. Surtout ne bouge pas, j'arrive.
-Mais… Et que vas-tu faire ? demanda l'image trouble de la jeune femme.
-Nous verrons, je ne vais pas te laisser là. Je viens te chercher.
Il coupa la communication et s'éloigna de l'holocom, encore sous le choc. Il n'y avait pas de temps à perdre. Onice avait vraiment l'air perdu, il fallait qu'il aille la retrouver. Il prit une profonde inspiration afin de retrouver son calme et de paraître le plus normal possible, puis se dirigea vers la chambre d'Anakin.
-Je dois te laisser quelques heures, fit-il d'un ton qui se voulait neutre.
Mais le jeune garçon avait tout de suite remarqué dans son comportement que quelque chose n'allait pas.
-Il y a un problème ?
-Nous en parlerons plus tard, d'accord ?
Anakin hocha la tête, son regard inquiet.
-Si tu as besoin de quelque chose, appelle Bant Eerin, c'est une amie. Elle sera ravie de t'aider.
-Oui…
Obi-Wan tourna les talons, attrapa rapidement sa bure, et quelques secondes plus tard il avait quitté leurs appartements pour se diriger vers la sortie la plus proche. Il entra dans l'un des garages du temple et grimpa dans un air-speeder qu'il fit démarrer à toute vitesse, avant de se faufiler avec adresse dans la circulation constante de Coruscant tout en réfléchissant à la route la plus courte vers les hangars où l'attendait Onice. Il n'y avait que deux usines de triballium sur Coruscant, et la seule encore en activité se trouvait dans le secteur 723 au début de la zone industrielle.
Il mit le cap vers le sud-ouest de la ville, abandonnant les voies habituelles pour emprunter raccourci sur raccourci, et dépassant de loin toutes les limites de vitesse. Les beaux bâtiments où vivait l'élite de la planète capitale laissèrent progressivement la place à des quartiers plus simples, puis à des blocs carrés noirs de pollution, à la fois entrepôts et repères de diverses activités clandestines.
"Blast, pourquoi n'est-elle pas arrivée à l'astroport ?"
Mais Obi-Wan savait pertinemment que même si elle avait essayé d'atterrir en toute légalité, on lui en aurait refusé l'autorisation en raison des relations avec Cynele III. Elle avait agi de façon logique. Il ralentit doucement en arrivant en vue des hangars qu'il voulait rejoindre.
Il scanna les environs du regard, et aperçut enfin la silhouette familière de son chasseur, le fidèle R4-P17 toujours à son bord. Il amena son speeder près de l'entrée principale et s'arrêta avec fluidité avant de sauter hors du véhicule. L'odeur désagréable mais typique du triballium vint agresser ses narines, portée par des courants d'air trop chauds après les brises fraîches de Cynele. A sa gauche se dressaient les cheminées noires de l'usine, énormes, qui déversaient une bonne partie de la pollution qui rongeait les niveaux inférieurs de Coruscant. A sa droite, les hangars. Ils faisaient facilement quarante mètres de haut, pour deux bonnes centaines de long, et leur façade était aussi crasseuse que celles des autres bâtiments de ce secteur. Quel cauchemar ce devait être d'arriver sur la belle et grande Coruscant par sa porte la plus répugnante…
Il attrapa la poignée en fer grossier de la plus petite entrée qui coulissa en grinçant, et entra. Il plissa les yeux dans l'obscurité du hangar quand la porte se referma automatiquement, mais ne put distinguer que des silhouettes sombres. L'une d'elles bougea, fine, élancée, le corps couvert d'une longue cape et la tête d'un voile noir.
-Onice.
Elle s'avança vers lui d'un pas hésitant, puis se mit à courir et se jeta dans ses bras accueillants. Il l'enlaça, sentant sa gorge se serrer d'émotion, et il était tellement pris par le bonheur de la tenir contre lui qu'il ne remarqua pas le léger changement chez la jeune femme. Il s'écarta d'elle un instant, prenant son visage entre ses mains pour l'admirer.
-Tu m'as tellement manqué…, lui dit-il.
-Tu m'as manqué aussi, répondit-elle, le timbre de sa voix un peu étrange alors qu'elle se blottit encore contre lui.
Son parfum n'était pas le même, ni sa présence dans la Force, mais le jeune homme supposa que c'était bien naturel après toutes les épreuves qu'elle avait vécues. Ce voile de deuil qui recouvrait une partie de son visage en était la preuve. Il la serra encore, comme pour la consoler, et la berça, la tête sur son épaule.
Ses yeux se posèrent sur un motif brodé sur la cape. Une sorte de pieuvre stylisée, mais à l'envers - comme il la voyait - elle ressemblait plus à une patte griffue. Il fronça les sourcils.
"Attention aux griffes…"
Il y avait plus d'un an, juste avant qu'il ne parte en mission, c'était ce que lui avait chuchoté le petit Calen. Il avait eu une vision alors. Seul, la nuit, des griffes… Mais c'était impossible, il s'agissait d'Onice…
Il aperçut un reflet dans la vitre d'un vieux vaisseau abandonné en face de lui et écarquilla les yeux avec effarement en reconnaissant la forme d'une vibrolame. Il repoussa sa compagne vivement, mais pas avant que l'arme ne parvienne à entailler la chair sur son omoplate gauche. Il lâcha une exclamation où se mêlèrent la surprise et la douleur, puis porta sa main sur sa blessure. Lorsqu'il regarda ses doigts, ils étaient rouges de sang. Il leva des yeux incrédules vers la jeune femme qui tenait toujours la vibrolame d'une main ferme.
-Qu'est-ce qui te prend ?
Ils restèrent tous les deux immobiles pendant un instant durant lequel il sonda mieux la Force, et il comprit.
-Qui êtes-vous ? interrogea-t-il d'un ton dur.
-Mais tu sais qui je suis… chéri, railla Onice.
-Cessez ce petit jeu, ça ne prend plus, dit-il en faisant un pas menaçant en avant.
Le visage de la jeune femme se distordit alors, et sa couleur vira au vert foncé. En l'espace d'une seconde, les traits charmants étaient devenus complètement aliens.
-Une métamorph…, souffla Obi-Wan.
-Pas n'importe laquelle, sourit-elle en ôtant sa cape d'un geste précis et rapide.
Le jeune Jedi put alors voir l'attirail qu'elle avait porté en dessous. Blasters, poignards, dagues et autres pièces d'artillerie se disputaient la place de sa taille jusqu'à ses chevilles bottées.
-Une vieille connaissance qu'il ne suffit pas de jeter dans un fleuve pour s'en débarrasser, tança-t-elle en lançant sa vibrolame sur lui, de toutes ses forces.
Le temps qu'il l'évite d'une roulade arrière elle avait déjà disparu dans les ombres du hangar. Il se dirigea automatiquement vers l'un des gros interrupteurs contrôlant les lumières et l'actionna, pour se rendre compte que le système ne marchait pas. Il était tombé dans un traquenard, et ayant choisi l'endroit, elle avait dû prendre le temps de le truffer de pièges en tout genre.
Il sentit la Force le prévenir d'un danger, et il activa son sabre juste à temps pour renvoyer une décharge de blaster bien placée. Il n'y en avait eu qu'une seule, et il savait que son ennemie ne se trouvait déjà plus à l'endroit d'où elle l'avait tirée. Il éteignit immédiatement son sabre afin de ne pas révéler sa position. Si elle voulait jouer à ce petit jeu, elle avait trouvé à qui parler.
-Alors c'était vous, lança-t-il au hasard dans l'obscurité tout en continuant de marcher. Chez FrameCorp.
Un nouveau tir qu'il renvoya au dernier moment, allumant et désactivant son sabre en un éclair.
-Oh nous nous sommes rencontrés tant de fois…, répondit-elle d'une voix claire.
Elle semblait se déplacer à une vitesse incroyable. Il aperçut des cordages près du toit du hangar, et devina qu'elle devait s'en servir, mais le bruit de l'usine à côté l'empêchait de discerner à quels moments exactement.
-Il y a eu FrameCorp, oui.
Il sentit un déplacement d'air derrière lui et il fit un bond de côté quand la Force lui cria un avertissement qu'il n'entendit que trop tard. Ses pieds touchèrent des fils très fins qui déclenchèrent la mise en marche d'un appareil dont les pales démarrèrent, frappant le Jedi à la poitrine. Il tomba, le souffle coupé, mais dut se relever immédiatement lorsqu'il sentit - plus qu'il ne vit - arriver une dizaine de petites fléchettes dans sa direction. Il sauta sur une passerelle plus haut, où l'attendait le chasseur de prime qui lui décocha un violent coup de talon dans la mâchoire. Il s'appuya sur la rambarde le temps de retrouver ses esprits, mais cette brève pause avait suffi pour lui laisser le temps de s'échapper encore. Obi-Wan ravala un grognement. Elle se moquait de lui.
Il ralluma instinctivement son sabre alors qu'elle lui tirait encore dessus depuis l'autre bout du grand hangar, mais tout une salve arriva également par l'autre côté, sans doute commandée à distance. Il renvoya chaque laser avec agilité, jusqu'à ce qu'une petite explosion retentisse, signalant la destruction de l'appareil à la source des tirs programmés.
-Tu n'as encore rien vu, Jedi, siffla Boki en observant le chevalier à distance grâce à ses lunettes infrarouges.
Elle leva le bras gauche, baissa le poignet, et le visa. Pendant ce temps, elle avait posé son pouce droit sur une petite télécommande accrochée à sa ceinture. Elle compta les secondes silencieusement, puis pressa le bouton, mettant simultanément en marche quatre petites batteries laser précisément réparties à chaque coin du hangar, toutes dirigées vers le jeune Jedi qui se remit en position de défense et commença à repousser l'impitoyable assaut tout en essayant de trouver un moyen de s'échapper.
Boki reconnut qu'il avait un certain talent. Ses gestes étaient fluides, ses parades précises, et il n'avait même pas l'air de regarder d'où venaient les tirs. Elle observa son visage, éclairé par son sabre laser tournoyant, et vit que ses yeux étaient effectivement fermés. La Force devait sans doute le guider, et le chasseur de prime devait admettre que jusqu'à présent elle était assez efficace. Mais probablement que jusqu'à un certain point…
Son bras était toujours levé et pointé sur le Jedi, et le moment était venu de corser un peu les choses. Elle abaissa encore un peu son poignet, il y eut un faible cliquetis au milieu du sifflement des batteries, et une série de petites fléchettes empoisonnées furent catapultées hors du chargeur en métal fixé sur son avant-bras.
Obi-Wan les sentit très distinctement arriver, et il sut au même instant qu'il n'arriverait pas à les repousser en plus des lasers qui continuaient de filer vers lui sans relâche. Il avait commencé à reculer depuis un moment vers l'un des murs, espérant parvenir à stopper les attaques au moins d'un côté, mais quand il perçut la myriade de fléchettes, il fut soudain à court d'idées. S'abandonnant totalement dans la puissance rassurante de la Force, il ferma son esprit agité et ouvrit ses sens. Sans réfléchir, il sauta en arrière tout en faisant virevolter son sabre en des figures compliquées qu'il ne se savait même pas capable d'effectuer. Mais malgré son osmose parfaite avec la Force et sa rapidité extrême, il restait humain, et vulnérable. L'une des fléchettes parvint à percer sa défense alors que toutes les autres avaient été éliminées par sa main experte, et alla se planter dans la chair tendre de son cou.
Sachant que tout arrêt - même bref - causerait sa perte, il continua donc sur sa lancée et arriva jusqu'à l'une des batteries qu'il sectionna vivement d'un moulinet adroit, en une pluie d'étincelles. Il passa immédiatement à la suivante, faisant de son mieux pour renvoyer le reste des tirs pendant ce temps, et la détruisit également sous le regard favorablement impressionné du chasseur de prime, qui jugea le moment opportun pour accorder un répit au combattant. Après tout, elle n'avait pas organisé tout ça pour en finir si vite…
Obi-Wan, haletant et en sueur, ne chercha pas à comprendre cet arrêt des hostilités et désactiva son sabre pour porter une main à son cou où était toujours plantée la fléchette. Il l'attrapa délicatement entre deux doigts et l'arracha sans dire un mot. Il tint le petit objet de métal devant lui, et reconnut malgré l'obscurité un dard au norsenus, poison lent mais efficace. Il avait déjà été confronté à ce liquide mortel, et savait qu'il n'aurait que peu de temps pour mettre un terme à cet affrontement et rentrer à l'infirmerie du temple. Il avait déjà plus de mal à reprendre son souffle.
-Alors ? demanda-t-il d'un ton détendu. Où ai-je pu avoir le plaisir de vous voir, à part chez FrameCorp ?
Il y eut un éclair de lumière et son sabre fut brusquement arraché de ses mains. Il put voir dans la pénombre son adversaire accrocher son arme à sa ceinture.
-Un Jedi est perdu sans son sabre, l'ignora-t-elle.
-Que vous croyez ! rétorqua Obi-Wan en se lançant vers elle.
Elle ne fut pas assez rapide et ne put éviter le balayage au sol du Jedi. Elle tomba en arrière mais se releva aussi sec, attrapant et activant encore son fouet laser avec dextérité.
-Il y a bien eu cette matinée radieuse devant le consulat de Panescan, dit-elle en faisant claquer le fouet vers le Jedi.
-Panescan ? hoqueta celui-ci. C'était vous ?
Statufié par la révélation, il n'évita que de peu la morsure de la corde de lumière. Il tourna sur lui-même, se pencha pour éviter une nouvelle frappe, et lui attrapa le poignet, vif comme l'éclair. Boki lâcha son arme malgré elle, mais le repoussa d'un brusque coup de poing à revers sur la pommette droite. Etourdi, Obi-Wan eut la présence d'esprit de pousser du pied le fouet qui alla tomber dans une grille d'évacuation, hors de portée de son ennemie.
-Lay…, réalisa-t-il. Vous avez assassiné Lay Jooles…
Plus agile qu'un félin, Boki bondit sur lui et enchaîna les coups de poing que le Jedi eut de plus en plus de mal à contrer. Sa vision commençait à s'obscurcir légèrement et son souffle se faisait terriblement court.
-On faiblit, Jedi ? se moqua-t-elle en assénant un violent coup de coude dans les côtes du jeune homme, provoquant un horrible craquement.
Il lâcha un gémissement mais se tint toujours aussi droit, ses mouvements encore plus rapides que précédemment. Il la frappa à la mâchoire, puis au thorax, et profita de son étourdissement pour la saisir à la gorge et la plaquer contre le mur.
-Qui vous emploie ?
La clawdite garda le silence et força son visage à reprendre l'apparence qu'elle s'était durement entraînée à avoir. Sa couleur devint pâle, son nez droit et fin, délicatement arrondi, ses sourcils très légèrement arqués, ses lèvres pleines à peine teintées de rouge…
Le bras du Jedi trembla et il serra les dents. Ce n'était pas elle…
-Obi-Wan, dit-elle d'une voix pourtant si ressemblante.
Il la regarda encore, ses doigts se desserrant sensiblement. Non, ces yeux n'étaient pas ceux d'Onice. Ils n'exprimaient rien, sauf peut-être de la colère et un peu de peur. Il n'y avait ni la passion, ni la douceur qu'il avait appris à tant aimer.
-Répondez-moi ! exigea-t-il, pantelant.
Il était pourtant évident qu'elle ne lui répondrait pas.
-Et Onice, se ravisa-t-il. Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Est-elle en vie ?
Le visage de Boki redevint normal et elle lâcha un ricanement.
-Bonne question. Et je crois que je vais te laisser mourir dans l'ignorance. C'est tellement plus douloureux, non ?
Il ne la vit pas poser une main sur la commande contrôlant les deux batteries laser restantes, mais lorsqu'elle les activa, il sentit néanmoins le cri d'alarme de la Force qu'il écouta sans réfléchir. Il sauta en l'air, attrapant l'un des cordages, et laissant Boki seule face aux tirs qu'elle avait elle-même déclenchés. Obi-Wan se laissa retomber au niveau de la première batterie et en décrocha l'alimentation d'un ferme coup de pied, puis allait se tourner vers la dernière quand le silence revint subitement.
Encore méfiant, il retourna près de l'endroit où il avait laissé le chasseur de prime et il la découvrit gisant sur le sol, le corps criblé d'impacts carbonisés. Elle avait dû désactiver la commande des batteries en tombant à terre.
Mais le jeune chevalier n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort, car il pouvait sentir le poison continuer de se répandre dans ses veines, et sa trachée se contracter davantage, rendant sa respiration péniblement sifflante. Des points blancs se mirent à danser devant ses yeux et il récupéra son sabre laser sur le cadavre de Boki, le raccrocha à sa ceinture et chancela vers la sortie. La porte, qui avait été si facile à ouvrir en arrivant, semblait maintenant peser des tonnes, et il eut à peine le temps de se traîner jusque dans le speeder et de programmer le pilotage automatique sur le temple Jedi avant de perdre connaissance pour de bon.


~*~

Le chancelier suprême Palpatine était en train d'éplucher sans grande conviction des rapports d'affaires non résolues à présenter devant la Cour de Justice de Coruscant quand son holocom bipa, lui accordant une pause tant attendue. Lorsqu'il vit que son origine était cryptée, il se leva lentement de son siège et se dirigea vers l'antichambre où il s'enferma pour prendre l'appel.
-Bonjour, comte Dooku, dit-il de sa voix râpeuse quand le visage de son correspondant apparut. J'espère que vous m'amenez de bonnes nouvelles.
Après toutes les récentes déceptions, il ne savait pas comment il réagirait si on venait lui en apprendre d'autres.
-Excellentes, maître, sourit le gentilhomme, la tête fièrement dressée. Tout d'abord, j'ai le plaisir de vous annoncer que si Cynele III est perdue pour la République, le gouvernement s'est réveillé et les usines sont à nouveau en plein essor.
-Bien, approuva Palpatine, la satisfaction évidente sur chacun de ses traits. Que penseriez-vous d'une petite visite sur cette charmante lune dans quelques mois ?
-Je suis sûr que le mouvement séparatiste à venir les intéressera tout particulièrement. Et les entreprises locales seront attrayantes pour les planètes sollicitées à l'avenir.
Palpatine réprima un rictus de totale exaltation. De ce côté-ci, tout se passait encore mieux qu'il ne l'avait espéré. Il n'avait pas pensé utiliser Cynele de cette façon, mais finalement ce léger changement était encore plus palpitant. Ses projets commençaient à prendre forme, et bientôt il pourrait concrétiser sa vision personnelle de la galaxie.
-Vous aviez autre chose à dire ? demanda-t-il, son ton toujours aussi posé.
-En effet. J'ai eu une visite… intéressante il y a peu.
-C'est-à-dire ? le coupa impatiemment Palpatine.
-Mon ancien élève, Qui-Gon Jinn, sourit Dooku, de toute évidence content de lui. Il a quitté les Jedi.
Le chancelier haussa les sourcils en écarquillant les yeux, pour une fois réellement surpris. Puis il sourit.
-Restera-t-il près de vous ?
-Oui, il est en ce moment à l'astroport, où il est parti chercher ses affaires.
Palpatine s'autorisa alors un rire âpre et guttural qui laissa transparaître toute sa malice.
-Voilà en effet une excellente nouvelle, gloussa-t-il. Si vous vous montrez aussi habile que je vous en crois capable, il pourra nous être un atout considérable. Oui…
-J'en suis persuadé, acquiesça Dooku, très sérieux.
-Je suis content de vous, seigneur Tyranus.
-Merci, maître. Je ne vous retiens pas plus longtemps, salua le comte en inclinant légèrement la tête.
-Allez, mon ami, le congédia presque aimablement le chancelier.
Ils coupèrent tous deux la communication, et Palpatine se sentit agréablement revigoré. Avec Qui-Gon Jinn dans leurs rangs, tant de nouvelles possibilités s'offraient… Il n'osait pas l'espérer, mais peut-être même qu'il pourrait attirer Obi-Wan Kenobi jusqu'à eux… Après tout, le jeune homme avait déjà accompli tant de choses et bravé tant d'obstacles uniquement pour son maître. Irait-il jusqu'à le suivre dans le côté obscur ? Cela valait définitivement le coup d'essayer.
Il quitta l'antichambre et retourna s'asseoir tranquillement à son bureau. Dooku, Qui-Gon Jinn, Obi-Wan Kenobi, et Anakin Skywalker. Autant de générations de Jedi à ses pieds et dont il pourrait se servir à sa guise, comme de beaux pions noirs et majestueux sur un échiquier. Quelques frappes adroites et la République lui tomberait dans les bras sans le moindre effort.
Oui, c'était une très bonne journée, se dit-il en retournant tout sourire à ses cas juridiques qui l'ennuyaient déjà moins. Il faudrait qu'il pense à rappeler le chasseur de prime qu'il avait envoyé aux trousses de Kenobi, il n'était plus nécessaire de le supprimer dans l'immédiat. Il deviendrait utile avec le temps…


~*~

Anakin se précipita vers la porte des appartements qu'il partageait depuis peu avec son nouveau maître et l'ouvrit rapidement, avant de retourner au turbolift en un éclair.
-Venez, j'ai tout préparé, dit-il à Obi-Wan qui sortait du lift en levant les yeux au ciel d'un air amusé. Appuyez-vous sur moi s'il le faut.
-Anakin, je vais bien, je t'assure !
-Maître Ses-Teyn a bien dit, je cite : "pas d'efforts", répliqua le garçon d'un ton sévère.
-Oui, dans le sens "pas de katas de niveau quinze avant trois semaines", pas de me faire porter par mon élève du lift jusqu'à mon lit…
Ils entrèrent ensemble dans le salon où Anakin installa son maître dans le plus grand fauteuil avant de lui apporter une tasse de thé qu'il avait préparé. Obi-Wan l'accepta avec un sourire et força sa gorge encore endolorie à en boire poliment un peu pendant que le jeune garçon s'asseyait en face de lui et l'observait avec une pointe d'inquiétude.
Il avait été là quand le speeder du jeune homme était revenu au temple une semaine plus tôt, et quand les Jedi avaient dû se mettre à trois pour le maintenir en vie le temps de l'amener à l'infirmerie. A ce moment, il avait eu tellement peur de le voir mourir et de se retrouver de nouveau seul qu'il ne voulait plus le quitter, du moins jusqu'à ce qu'il soit entièrement rétabli.
D'ailleurs Obi-Wan se sentait bien physiquement. A part la pression encore trop importante sur ses poumons, il ne ressentait presque plus aucun effet du poison dont son corps serait bientôt débarrassé. C'était mentalement qu'il n'arrivait pas à se remettre de sa bêtise qui l'avait conduit à se jeter la tête la première dans le guet-apens de Boki. Il préférait tout de même voir le bon côté des choses en se disant que ce serait là une bonne leçon qu'il retiendrait aisément.
-Ne me regarde pas comme ça, Anakin, finit-il par rire. Je ne vais pas m'écrouler dans la seconde. Encore quelques jours de repos et je serai comme neuf, je t'assure.
Un peu soulagé, le jeune garçon sourit.
-Vous disiez qu'il n'y avait pas tant d'action dans la vie d'un Jedi.
Obi-Wan avala encore un peu de thé chaud qui endormait agréablement les irritations dans sa gorge avant de répondre.
-Oui mais ne te fie pas à mon exemple, j'attire particulièrement la poisse depuis ma plus tendre enfance, plaisanta-t-il à moitié.
-Et comme je suis votre apprenti, j'en paierai les conséquences avec vous ! Une vie d'action je prédis, rit Anakin en une imitation ratée de maître Yoda.
Kenobi grimaça.
-Fais attention à ce que tu souhaites…, dit-il avec un peu moins d'humour.
Il jeta un œil au chrono accroché au mur de la cuisine et soupira.
-Bien, il est tard. Nous aurons une soirée chargée demain, fit-il avec un doux sourire. Il faudra être en pleine forme pour la cérémonie.
-Laissez, je vais nettoyer ça, offrit Anakin en prenant la tasse.
Obi-Wan, encore peu habitué aux avantages du rôle de maître, le remercia, lui souhaita une bonne nuit et se retira donc dans sa chambre. Il alla s'asseoir sur le lit et ôta sa ceinture puis sa tunique tout en admirant la petite statuette de Wyhare. C'est alors qu'il se rappela du cadeau que lui avait offert Onice juste avant de partir. Il reprit sa ceinture et ouvrit le compartiment où il l'avait rangé, espérant qu'il y était toujours. Il trouva en effet le paquet plus petit que la paume de sa main soigneusement emballé dans un papier brillant et doré.
Il se contenta de le regarder un moment, comme pour savourer cet instant et retenir la présence d'Onice un peu plus longtemps. Puis il défit méthodiquement les plis, détacha les petites ficelles qui l'encerclaient, et ouvrit le papier, découvrant l'objet octogonal gris foncé. Un holoprojecteur portatif. Intrigué, il appuya sur le bouton qui se trouvait sur le côté et l'alluma. Un rayon bleuté s'échappa du centre du projecteur et se déploya sur une vingtaine de centimètres, faisant apparaître deux silhouettes serrées l'une contre l'autre, leurs mains liées par un ruban. La première, qu'il ne regarda pas vraiment, était vêtue d'une tunique de couleur crème. La deuxième, si belle, portait une robe qu'il savait des couleurs de l'arc-en-ciel et qui flottait élégamment derrière elle.
Il se demanda un instant comment cette image avait pu être prise, et il se rappela avoir vu Kranan Lueth se promener avec une holocam pendant la fête du Caeloighe. Il avait tout simplement dû les filmer sans qu'ils ne le voient… Onice avait sans doute récupéré le film et l'avait coupé et fait passer en boucle de sorte qu'ils aient tous les deux l'air de danser sans s'arrêter.
Il garda le projecteur dans les mains pendant ce qui sembla être une éternité, à se regarder danser et tourner avec Onice dans ses bras. Il revoyait le décor, sentait les odeurs de la forêt, entendait cette musique folklorique entraînante qui résonnait encore en lui comme s'il y était.
Le jeune chevalier sentit alors une peine déchirante le traverser. Il avait essayé de joindre Cynele par réseau piraté, mais même de cette façon il lui avait été impossible d'entrer en contact avec la lune. Est-ce que le chasseur de prime avait dit vrai ? Calaghin avait-elle été attaquée par les citadins ? Onice était-elle encore en vie ou avait-elle été tuée ?
Il secoua doucement la tête en pinçant les lèvres, ses yeux bleu-vert toujours fixés sur l'image animée du projecteur. Elle allait bien, il aurait senti s'il lui était arrivé quelque chose, il en était persuadé. Il devait se raccrocher à ce bout d'espoir et croire qu'un jour peut-être il pourrait encore la tenir dans ses bras de cette façon.
Un petit tapotement répétitif sur la vitre de sa chambre attira son attention, et il vit que la nuit était bel et bien tombée pendant qu'il était resté captivé par l'hologramme. Mais le plus surprenant était que pour une fois sur Coruscant, il pleuvait. Il se leva alors sans vraiment y réfléchir, et actionna l'ouverture de la porte-fenêtre qui donnait sur son petit balcon de pierre. Il se revit un soir dans un jardin fleuri avec une femme qui lui avait appris plus qu'il n'aurait jamais cru, et lui avait montré qu'il pouvait vivre pleinement sans pour autant délaisser son identité de Jedi. Il s'assit sous la pluie et se laissa mouiller par les gouttes d'abord fines mais qui finirent par grossir. L'eau n'était pas douce et tiède comme sur Cynele, mais incroyablement purifiante. Il la laissa couler sur son visage tourné vers le ciel obscurci de nuages, le long de son torse et de son dos nus, et se regrouper en petites flaques fraîches dans la paume de ses mains.
Il n'était plus le même homme qu'un an, ou même quelques semaines plus tôt, mais ce n'était pas un mal. Il sourit. Non, au contraire.


~*~





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