La Gardien : Longue sera la Route

Voilà plus d'un an qu'Obi-Wan Kenobi est parti à la recherche de Qui-Gon Jinn et d'Anakin Skywalker. Sa route le conduit sur une lune isolée d'apparence bien calme, mais en réalité tiraillée entre deux communautés: celle du monde citadin, et celle du culte de Calaghin. Convoité par une force obscure, et à une heure où la neutralité devient impossible, le destin de ce monde est plus qu'incertain. Au milieu de ces troubles, Obi-Wan risque même de trouver bien plus qu'il n'aurait imaginé...

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CHAPITRE 7: Interêts partagés

Les deux Jedi étaient allés récupérer le landspeeder qu'ils avaient emprunté à Wyhare et filaient en direction de Calaghin depuis un bon moment déjà. Le temps était toujours aussi radieux, une brise fraîche s'assurant que la température restait agréable, mais l'humeur dans le petit véhicule n'était pas à la détente. Obi-Wan Kenobi serrait les commandes dans ses poings crispés par la frustration face au silence obstiné de Garen Muln qui était tourné vers l'autre côté dans une position - qui ne le trompait pas - laissant suggérer qu'il observait le paysage.
Kenobi soupira pour ce qui devait être la millième fois et stoppa soudainement le speeder.
-Que se passe-t-il ? demanda Garen en se redressant.
-Il se passe que j'aimerais savoir pourquoi je te laisse seul une heure, pour te retrouver ensuite en pleine bagarre avec un officiel républicain !
-Attends un peu, ne prends pas ce ton avec moi ! rétorqua vivement Garen. Je ne suis pas ton apprenti, que je sache !
Obi-Wan détourna le regard, les mains toujours sur les commandes, et Muln devina à son expression soucieuse que son but n'avait pas été de le réprimander. Si les rôles se retrouvaient inversés, lui-aussi aurait probablement réagi de la même manière, et qu'il le veuille ou non, il avait entraîné Obi-Wan dans cette affaire à l'instant même où il lui avait demandé de quitter le lieu de l'accident. La moindre des choses était de lui dire de quoi il retournait.
-Déjà cet homme était un mercenaire, commença-t-il en un murmure à peine audible.
Les lèvres encore pincées par la contrariété, Kenobi regarda toujours fixement devant lui, mais son ton était nettement plus conciliant.
-Comment le sais-tu ?
-Parce qu'il avait ça sur lui.
Muln sortit l'objet circulaire qu'il avait récupéré sur le corps de l'assistant et le lança à son compagnon avant de sortir du speeder, pris d'un soudain besoin de bouger. Obi-Wan baissa lentement les yeux pour voir de quoi il s'agissait. Il tenait entre les mains une sorte de cercle épais en métal cuivré dont la moitié était percée, formant un croissant de lune. Le trou au cœur de l'objet était traversé par ce qui ressemblait à une flèche ornée de deux pierres rougeoyantes qui allait se planter au milieu de l'arc de cercle. La surface de la petite sculpture était couverte d'excroissances dont certaines étaient faites d'or lumineux.
-On dirait presque un mécanisme…
-C'en est un, fit Muln en lui tournant le dos, appuyé contre le speeder.
-Comment ça ?
-C'est une clé, très ancienne. Elle est sensée ouvrir une salle secrète qui se trouve quelque part sur cette lune. Et moi je suis là pour retrouver ce qui y est enfermé.
Obi-Wan frotta son pouce sur la lourde clé, un sentiment étrange montant en lui. Comme si elle lui avait appartenu par le passé et que la toucher lui ramenait des souvenirs lointains. Pourtant il ne faisait aucun doute qu'il ne l'avait jamais vue…
-Et tu fais ça pour passer le temps ou c'est une mission officielle ? se risqua-t-il à demander, prêt à aborder le sujet que son ami semblait tant redouter.
-Un peu des deux, révéla Garen en lui refaisant face. Le conseil m'a chargé de cette mission, mais sans avoir tenu le Sénat galactique informé. C'est pour ça que j'ai laissé ma tunique aux vestiaires, je préférais être moins voyant.
-Et tu m'as dit que tu étais en vacances…, fit Obi-Wan en secouant la tête.
Garen haussa un sourcil.
-Oui, je me demande encore comment tu as pu marcher. Ca fait un bon moment déjà que le mot vacances a été rayé du vocabulaire Jedi. On est submergés de travail.
Il tourna la tête, admirant le mont Benicas et les collines vertes qui s'étendaient derrière à perte de vue.
-Tout se désagrège…, murmura-t-il.
Garen s'assit sur le côté du speeder, les yeux dans le vague. Obi-Wan détacha son regard de la grosse clé et l'observa un instant. Il se demanda à combien de personnes le jeune homme rendu célèbre grâce à son sourire et sa gaieté osait montrer le côté tourmenté qui faisait surface devant lui.
-Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? l'interrogea-t-il doucement.
-Tu le sais. Je travaille sous couverture, sans l'aval du Sénat. Je ne suis pas sensé en discuter.
-Pourquoi tu ne m'as pas parlé de l'accident de maître Clee ! recommença Obi-Wan, cherchant désespérément à briser ce douloureux silence.
Garen se releva subitement et le fixa d'un air abasourdi, juste avant de serrer les dents rageusement.
-Ce n'était pas un accident. Ce sont ces types qui lui ont fait ça !
-Tu en es sûr ? s'étonna Obi-Wan.
-Quand elle s'est écrasée, elle avait cette clé sur elle. Ils lui ont pris et l'ont laissée là à agoniser dans son chasseur en miettes !
Le degré de souffrance qui tourbillonnait dans les yeux foncés de Garen était étourdissant. Son séduisant visage était submergé par une peine déchirante, si profonde qu'elle devait être insupportable ; et Obi-Wan comprit pourquoi il avait préféré ne jamais s'aventurer sur ce sujet de conversation. Il était très commun parmi les Jedi que les élèves se montrent aussi protecteurs envers leurs maîtres que l'inverse. Ce qui était arrivé à Clee avait dû être un choc terrible. Elle avait évidemment déjà été blessée de nombreuses fois par le passé, mais vraisemblablement jamais à ce point.
-C'est moi qui l'ai retrouvée, avec une équipe de secours, continua Garen, la voix tremblante. La seule chose qu'elle a été capable de me dire avant de perdre connaissance a été "Retrouve-le. L'Ordre en dépend".
Il baissa la tête, avala sa salive, et reprit le contrôle de ses émotions. Il prit une courte mais profonde inspiration et récupéra la clé pour la ranger de nouveau dans sa veste.
-C'est ce que je compte faire. Je préfère terminer ce qu'elle a commencé plutôt que de me tourner les pouces à l'infirmerie du temple.
Il remonta en silence dans le speeder.
-Je te demande pardon, chuchota Obi-Wan.
-Non, tu as bien fait, le rassura Garen sans croiser son regard. Il fallait que ça sorte.
Kenobi redémarra, et ils reprirent lentement leur route vers Calaghin.
-Alors… tu dis que les assistants républicains sont en fait des mercenaires. Et l'inspecteur ? Il est dans le coup aussi à ton avis ?
-Non, je ne pense pas. Il est connu et a bonne réputation.
-C'est bien lui qui a engagé ses assistants…, raisonna Obi-Wan.
-Tout comme on peut très bien les lui avoir assignés.
-Mais qui "on" ?
-Justement c'est ce que j'avais l'intention de découvrir avant que l'autre type ne tombe du speeder, fit Garen avec une moue contrariée. Ce n'est pas comme ça que j'obtiendrai des réponses.
Obi-Wan se sentit quelque peu rassuré par la réaction de son ami. Peut-être que la mort de l'assistant avait réellement été accidentelle. Peut-être que Garen n'avait aucunement l'intention de leur faire subir le même sort que Clee Rhara. Peut-être qu'il n'était pas en train de se diriger vers le chemin du côté obscur…
-Une chose est sûre, ça va devenir une course contre la montre. Ils sont plus avancés dans leurs recherches que je ne pensais, continua Muln avec un calme retrouvé.
-Et à ce sujet, reprit Obi-Wan alors qu'ils arrivaient en vue du village. Que cherches-tu exactement ?
-Un holocron.
-Un holocron ? Ici ? s'exclama le jeune homme. Jedi ou Sith ?
Garen eut un sourire en coin, encore un peu amer, mais révélant une petite fossette espiègle.
-Tu me crois si je te dis que c'est l'holocron Initiem ?
Obi-Wan fut tenté d'arrêter brusquement le speeder pour la deuxième fois. Il se tourna vers Garen, bouche bée.
-Tu veux dire celui qui a été créé par Jubar Sensel ? Perdu depuis plus de cinq mille ans ? Plus complet que le Grand Holocron gardé au temple ?
Garen répondit d'un hochement de tête affirmatif aux trois questions.
-Et tu aurais retrouvé sa trace ?
-C'est maître Clee qui a fait le plus gros du travail en suivant son parcours jusque sur Cynele III. Maintenant je dois le localiser précisément et le récupérer avant les autres.
-Et qu'a-t-il de si important pour déclencher tant de convoitise ?
Le speeder entra dans Calaghin et dépassa les premières maisons.
-Ca il faudra demander à maître Yoda. C'est lui qui a insisté pour le retrouver.
Il marqua une petite pause, puis continua :
-Tu ne trouves pas que le village a l'air désert ?
-Maintenant que tu le dis… Beaucoup sont aux champs, non ? Allons voir à la maison de Wyhare.
Moins d'une minute plus tard ils étaient garés et entraient dans la grande demeure qui, elle aussi, semblait bien plus silencieuse que d'habitude. Le repas, désormais froid, était encore sur la table, à peine entamé. Les assiettes étaient encore pleines, les fourchettes posées dessus, les serviettes jetées en vrac à côté, comme si les résidents avaient dû précipitamment quitter la pièce. Obi-Wan et Garen portèrent instinctivement la main à leur sabre laser, discrets et focalisés sur la Force, à la recherche du moindre signe de danger.
Il y eut du bruit à l'étage, et presque immédiatement quelqu'un descendit rapidement les escaliers qui menaient à la salle à manger. Les pas étaient vifs et légers.
-Mon Jedi ! cria la petite tornade qui sauta vers Garen.
Celui-ci accueillit Kina qui arborait un grand sourire, mais se garda de perdre sa vigilance.
-Que fais-tu toute seule ici ? lui demanda-t-il en scannant le couloir du regard tandis qu'Obi-Wan jetait un œil vers la pièce voisine.
-Ils m'ont dit de rester là, répondit la fillette en plissant le nez face à l'apparence débraillée de Garen. J'ai été très sage !
-C'est bien, lui dit-il en la gardant dans ses bras, toujours inquiet. Et où sont-ils allés ?
-A la réserve, répondit-elle, complètement détendue. Ils sont allés éteindre le feu.
Obi-Wan revint vers eux, les sourcils froncés.
-Le feu ? répéta-t-il, la voix grave.
Kina hocha la tête.
-Oui, un tout grand, avec plein de fumée !
Les deux hommes échangèrent un regard consterné.
-Il faut y aller, décida Obi-Wan.
-Moi aussi ! Moi aussi ! s'écria Kina.
-Non, on ne peut pas t'emmener, c'est trop dangereux, refusa Garen.
-Je reste sage ! Promis ! se borna-t-elle.
Garen leva les yeux vers Obi-Wan.
-On n'a pas le temps de débattre, ils ont sûrement besoin d'aide, déclara l'aîné des deux Jedi.
Après un instant d'hésitation, ils sortirent de la maison et prirent une nouvelle fois le speeder. La journée qui avait si bien commencé semblait vraiment tourner en véritable désastre.


~*~


Par la route, le trajet aurait dû être bien plus long qu'en coupant à travers bois, et pourtant les deux Jedi et la fillette qui avait tenu à les accompagner atteignirent le bout du plateau plus rapidement que lorsqu'ils s'y étaient rendus en speeder bike. Ils se trouvaient encore à quelques kilomètres de la réserve, mais ils pouvaient déjà voir au loin, par-dessus la cime des arbres, des filets noirs de fumée s'élever vers le ciel, annonciateurs menaçants du terrible spectacle qui les attendait sûrement.
Garen Muln poussa résolument les contrôles, accélérant encore. Lorsqu'ils arrivèrent à Hunserh, ils ne furent pas surpris de trouver un bon nombre de speeders déjà garés, dont les propriétaires étaient venus aider à éteindre l'incendie. Obi-Wan descendit agilement du véhicule avant de détacher la petite Kina et de la poser à terre à son tour. Il lui prit la main afin de s'assurer qu'elle n'irait pas s'aventurer au cœur du danger et avança vers Garen, à la fois effrayé et curieux de découvrir ce qui s'était passé.
Sur leur gauche, le petit bâtiment, où Garen et Onice étaient allés travailler la fois précédente, était encore intact. Droit devant eux, par contre, le décor était effarant. Le feu, qui s'y était peut-être déclaré en premier, avait totalement ravagé la ferme, dont seuls quelques poutres carbonisées et le mur du fond tenaient encore debout. L'étage et ses beaux balcons sculptés s'étaient complètement écroulés, laissant de misérables restes de toiture fumants sur le sol noir. L'air était lourd, suffocant, empli de poussière de charbon, et l'odeur qui se dégageait des ruines encore brûlantes était pestilentielle.
Kina se blottit contre la jambe d'Obi-Wan, comprenant ce qui était arrivé.
-Et les animaux ? demanda-t-elle d'une petite voix.
-Je ne sais pas, répondit honnêtement le jeune homme. Ils ont peut-être pu sortir.
Il baissa la tête vers elle, réalisant qu'elle se retenait courageusement de pleurer.
-Tu veux nous attendre dans le speeder ?
Elle secoua obstinément la tête mais se resserra davantage contre lui. Garen se tourna alors vers eux, le visage grave mais calme, et d'un simple regard fit comprendre à Obi-Wan ce qu'il devait faire. Celui-ci reçut très nettement le message et prit Kina dans ses bras, lui montrant qu'il la protégerait et qu'elle ne devait pas avoir peur. Lorsqu'il la sentit un peu plus confiante, il entreprit de traverser les décombres à la suite de Garen, clignant des yeux à cause de la cendre que des courants d'air chauds lui envoyaient au visage. L'incendie s'était frayé un large chemin dans la forêt, ne laissant dans son sillage que des squelettes d'arbres, tuant et noircissant la vie végétale d'un souffle dévastateur. Le grondement et les crépitements qui parvenaient aux deux Jedi étaient la preuve que les flammes n'avaient pas encore été stoppées, mais les cris qui se faisaient également entendre montraient clairement que les membres du culte refusaient de céder face à la puissance des éléments.
Garen s'apprêtait à continuer en direction de la masse rougeoyante qu'ils pouvaient désormais discerner à une centaine de mètres quand Obi-Wan l'arrêta :
-Attends, on ne peut pas emmener Kina là-bas. Neema m'avait dit qu'il y avait une petite clinique animalière par là, dit-il en pointant le doigt vers la droite.
-Oui, on va voir si on peut y aller.
Par chance, l'incendie semblait avoir totalement épargné le bâtiment blanc qui grouillait d'activité. Des dizaines d'animaux affolés étaient regroupés dans l'enclos qui le prolongeait, et quelques hommes en faisaient entrer d'autres qui avaient apparemment été blessés.
-Maman ! appela Kina.
Obi-Wan la reposa et la laissa courir vers la Zabrak qui était en train de vérifier l'état d'un jeune lynx dont l'origine lui était inconnue. Assuré que la fillette ne resterait pas seule dans ce chaos, il entra dans la clinique avec Garen. Ils se faufilèrent entre les différentes personnes qui couraient d'un bout à l'autre, et retrouvèrent enfin Onice qui était occupée à déballer de nouveaux paquets de bandages.
-Onice, appela Obi-Wan en posant une main sur son épaule.
Elle se retourna et soupira de soulagement. Son visage, ses bras et ses vêtements étaient noirs de suie.
-C'est bien que vous soyez venus.
-On peut faire quelque chose pour l'incendie ? s'enquit Garen.
Elle haussa les sourcils en remarquant l'état du jeune chevalier, mais préféra garder ses questions pour plus tard.
-Non, je ne pense pas. Il paraît qu'ils en sont quasiment à bout. Par contre moi j'ai besoin de toi.
Garen fronça les sourcils.
-Venez, fit-elle simplement avant de les guider vers un débarras dont la porte était restée ouverte.
A l'instant même où ils y entrèrent, ils furent accueillis par un rugissement farouche. A l'autre bout de la pièce, sous une table retournée, se cachait le gros Tusk-Cat gris-bleu dont la fourrure était hérissée.
-Punam ? commença Garen en s'approchant.
-Attends, Garen, voulut le prévenir Onice.
Mais le jeune Jedi, peiné par le regard terrifié mais furieux du félin, continua d'avancer.
-Punam, du calme, c'est moi, lui disait-il d'un ton doux tandis que les grognements s'intensifiaient. Allez mon gros, sors de là…
Il fit encore deux pas vers le Tusk-Cat et se pencha. Il put voir que sa patte arrière gauche était méchamment brûlée. Il s'avança encore un peu, ignorant les crocs qui le menaçaient.
-C'est bien, Pun…
D'un violent coup de patte, le félin frappa le jeune homme, le renvoyant à l'autre bout du débarras. Garen tomba devant Obi-Wan avec un cri étouffé.
-Ca va, ça va, je n'ai rien, rassura-t-il immédiatement.
Onice s'accroupit devant lui, inquiète.
-Tu es sûr ?
-Oui, répondit Muln, un peu étourdi. Il m'a surpris, c'est tout. Il…
Le jeune homme se tourna vers le félin qui essayait misérablement de s'enfoncer un peu plus sous la table sans y parvenir, sa patte arrière incapable de soutenir son poids.
-Il ne me reconnaît plus, finit Garen, attristé.
-Il ne reconnaît plus personne, lui apprit Onice en posant une main sur son bras. Il a mordu Neema tout à l'heure.
-Elle va bien ?
-Oui, elle est un peu secouée mais ce n'était rien de grave.
La jeune femme se releva, ses yeux noirs fixant le Tusk-Cat avec amertume.
-J'aurais préféré faire ça autrement, mais de toute évidence je n'ai pas le choix si je veux soigner sa patte. Il va falloir l'anesthésier.
Elle se tourna vers Kenobi, qui était resté silencieux, et secoua la tête.
-Je n'aime pas les assommer de cette manière, ils sont toujours désorientés quand ils se réveillent, expliqua-t-elle.
Obi-Wan comprenait très bien ce qui la tourmentait dans cette situation, mais au milieu de cette agitation effrénée, il ne vit rien à part elle pendant l'espace d'une seconde. Il fut captivé par son regard passionné, ouvert, tellement beau, et revit en quelques images rapides ce qu'il s'efforçait d'oublier, ressentit ce qu'il refusait d'accepter. Honteux de s'être laissé déconcentrer, même brièvement, il fut le premier à se détourner et aida Garen à se relever.
-Attends, dit-il à Onice alors qu'elle s'apprêtait à charger un petit blaster avec un dard tranquillisant.
Elle leva des yeux interrogateurs vers lui.
-J'aimerais essayer, offrit-il.
-Non, ça ne servirait à rien, il te connaît encore moins que nous. Qu'est-ce qui te fait croire que tu arriverais à l'approcher ?
-Une intuition, fit-il sans en révéler davantage.
Elle échangea un regard sceptique avec Garen puis hocha la tête d'un air toutefois désapprobateur. Obi-Wan avança un peu, attirant l'attention du Tusk-Cat qui se remit à grogner, et se demanda brièvement s'il n'avait pas parlé trop vite. Il n'y avait évidemment qu'une seule façon de le savoir. Plus précautionneux que Garen, il prit le temps de sonder la pièce avec l'aide de la Force et s'assura de bien comprendre chaque émotion présente avant de faire un autre pas en avant. Puis il se mit à genoux et regarda le félin terrifié dans les yeux, s'efforçant de faire transparaître au mieux son calme afin de le rassurer. Il attendit qu'il s'apaise avant de se remettre à l'approcher, pour s'arrêter de nouveau dès qu'il sentit l'animal s'agiter, et ainsi de suite. Au bout de plusieurs minutes, et à force de patience, seuls deux mètres les séparaient encore.
Obi-Wan avança lentement, et Punam rugit sans grande conviction en faisant mine de vouloir le mordre. Montrant qu'il n'était pas intimidé mais qu'il ne voulait pas le brusquer, le Jedi s'arrêta encore, ne le quittant pas des yeux. Puis, avec une douceur infinie, il leva un bras vers le Tusk-Cat et approcha sa main de lui, sans pour autant aller jusqu'à le toucher, conservant un certain écart entre eux. Il le regarda à nouveau, et tenta de lui faire comprendre en silence que s'il avait traversé cette distance jusqu'à lui, c'était à présent au tour de Punam de décider s'il voulait achever le reste du chemin ou non. Il fut profondément troublé lorsqu'il crut discerner de la compréhension dans les yeux perçants du félin. Il se figea, attendant sa réponse.
Punam grogna, essayant de voir à quel point le jeune humain était déterminé, mais celui-ci ne cilla pas. Il le renifla à plusieurs reprises, grogna encore. Il releva alors les yeux vers Obi-Wan, prêt à juger de sa réaction lorsqu'il ouvrit lentement la gueule pour la refermer sur sa main tendue. Le chevalier avait calmement soutenu le regard sévère du Tusk-Cat, prenant soin de ne laisser transparaître ni effroi en sentant les crocs lui pincer la chair, ni soulagement en se rendant compte que l'animal avait arrêté la pression de ses mâchoires avant de le blesser.
Satisfait, le félin relâcha la main d'Obi-Wan et inclina la tête devant lui. Le jeune homme poussa un léger soupir et avança sans crainte, le caressant doucement. Il ferma les yeux et fit appel à la Force, ignorant les élancements qui se déclarèrent sous ses tempes, et envoya une puissante suggestion à l'animal, qui s'endormit dans la seconde. Il se retourna enfin vers Onice et Garen, qui n'avaient pas bougé, et leur fit signe d'approcher. La jeune femme vint s'agenouiller à côté de lui et commença à inspecter la blessure de Punam.
-J'ai vraiment cru qu'il allait te déchiqueter la main, chuchota-t-elle.
-Ce n'était qu'un test, lui expliqua Obi-Wan en continuant de caresser le front du Tusk-Cat. Quand un inconnu te fait confiance, tu peux être quasiment sûr de pouvoir en faire autant. C'est élémentaire.
Onice l'observa alors, tandis qu'Obi-Wan gardait les yeux rivés sur le félin qui dormait paisiblement, la tête reposant sur ses genoux, et sourit. Garen Muln, depuis le seuil de la porte, en fit autant et s'éclipsa en silence.


~*~


A plusieurs années-lumière de Cynele III, sur le monde isolé de Yiurr, quelque part entre Onderon et Togoria et jalousement caché par une brillante nébuleuse, le temps était ensoleillé, et la journée suivait son cours sans incidents. Cette planète, protégée par différents actes sénatoriaux, jouissait de nombreux avantages, dont une grande immunité et une dispense des taxes les plus onéreuses, qui en faisaient un havre de tranquillité pour bon nombre de personnalités, politiciens, vedettes, ou tout simplement familles fortunées. Les grandes métropoles étaient aussi rares que parfaitement sûres, laissant toute la place possible aux grands domaines, villas et pavillons qui s'étendaient chacun sur des dizaines de kilomètres de terrain.
L'une des plus belles résidences était probablement celle qui se trouvait dans la Vallée de l'Onde, parcourue comme son nom l'indiquait par un petit cours d'eau clair encadré de bosquets aux frêles arbustes espacés qui laissaient filtrer la lumière entre leurs fins branchages. Au centre de l'immense propriété, à l'abri de tous les regards, se dressait une majestueuse villa de quatre étages vieille de plus de quatre cents ans, dont les ailes s'allongeaient au niveau du rez-de-chaussée, donnant à la bâtisse une forme de croix. Les murs étaient de couleur blanc cassé, sculptés à chaque coin et à chaque encadrement de fenêtre. Celles-ci étaient hautes et pourvues de petits carreaux dont les jointures étaient dorées, et devaient sans doute fournir une grande quantité de lumière à chaque pièce. La porte d'entrée, protégée par un porche soutenu de deux colonnes, était en bois massif, et ne dépareillait pas du reste de la demeure dont l'architecture travaillée en faisait ressortir l'extrême puissance.
A l'arrière de la villa poussait une magnifique roseraie arrangée en impeccables petites allées gravillonnées où personne à part le propriétaire des lieux n'avait le droit de mettre les pieds. Celui-ci s'y trouvait justement, comme tous les jours à cette heure, sa petite cisaille à la main. Il redressait une branche par-ci, contrôlait l'éclosion d'un bourgeon par-là, humait le parfum des fleurs et se délectait de leur beauté délicate. Il s'accroupit, regardant une rose d'un rouge profond avec un air attendri. Il passa son index sur l'un des pétales, en apprécia la douceur satinée, puis la tint doucement dans le creux de sa main. Il approcha la cisaille de la tige verte vigoureuse ornée d'épines, et d'un coup vif la sectionna nettement.
Il se releva, observa son jardin irréprochable, puis le reste de la propriété que le franc soleil avait décidé de mettre en valeur aujourd'hui, et il sourit. Il soupira, calme et détendu, et jeta un œil distrait au chrono élégant qu'il portait à la poche son veston de velours parfaitement taillé. L'heure du thé. Il rebroussa donc chemin d'un pas serein, déposa sa petite cisaille sur la table de jardin en fer forgé, puis entra dans sa villa. Il n'aimait pas particulièrement le luxe, et s'il ne prêtait aucune réelle attention aux meubles précieux, aux tentures ou aux tableaux hors de prix, ce n'était pas par arrogance. Il les possédait parce qu'il en avait tout simplement les moyens et qu'il se devait de faire honneur à son rang, mais tout cela ne voulait rien dire de particulier à ses yeux. Son idéal n'avait rien de matériel, il était purement abstrait. Mais hélas il était un fait que rien ne pouvait se faire sans pouvoir financier.
Il prit les grands escaliers en bois qui venaient d'être cirés et reflétaient la lumière discrète des fenêtres du long couloir qu'il emprunta ensuite pour entrer dans son petit salon. Il déposa sa belle rose dans un vase fin, sachant qu'elle mourrait bientôt, replia un peu le paravent en bois qui se trouvait à côté de la grande fenêtre, puis alla s'asseoir sur son large fauteuil qui avait été tiré près du guéridon. Presque aussitôt la gouvernante entra, un plateau en argent entre les mains, qu'elle déposa délicatement sur le napperon au centre de la petite table.
-Cela ira, Ymena, dit-il. Je me servirai. Fermez simplement les volets avant de sortir.
-Bien, monsieur le comte, obéit la sexagénaire.
Elle rabattit les battants de sorte que la pièce restât un peu éclairée, comme le comte en avait l'habitude, et allait sortir quand il l'interpella :
-Ymena. Dites à Frood de préparer mon vaisseau.
-Vous partez, monsieur ?
-Demain, oui. Pour une courte durée. Je vais rendre visite à une connaissance. Allez, maintenant.
-Bien, monsieur le comte.
La gouvernante se retira et ferma soigneusement la porte derrière elle, laissant le comte seul. Il ôta la petite soucoupe en porcelaine qui recouvrait sa tasse finement décorée et se versa le thé fortement parfumé, observant les formes naissant du petit nuage de vapeur. Il porta la boisson presque orange à ses lèvres et en aspira prudemment quelques petites gorgées, profitant qu'il était encore brûlant.
Dans ce silence pas même troublé par des chants d'oiseaux, il leva nonchalamment la main en direction du lecteur à holodisk, qui se mit instantanément en marche, diffusant alors en douceur le concerto de Jiitsen Tremeski pour piano. Les notes légères et subtiles, imprégnées d'une certaine puissance, se répandirent dans la pièce au mobilier boisé comme une vague pure de poésie, un rien rêveuse, mais dont les quelques accords plus graves laissaient paraître une touche menaçante.
Il ferma les yeux, huma l'arôme subtil de son thé fort, et se laissa transporter par le rythme mélancolique du concerto dont le thème s'assombrissait à chaque seconde. Il ressentit les notes aiguës de la flûte dans toute leur splendeur, écouta avec attention les variations du violon qui se joignit au piano, et prit une nouvelle gorgée. Il pouvait voir les doigts experts de l'artiste, Neto Gha, caresser les touches avec douceur et précision, emporté par la beauté de la composition. La musique arrivait progressivement à son apogée, et il se prépara à l'intensité de la mélodie, quand tout s'arrêta brutalement, pour faire place au bip fort déplaisant de son holocom.
Il fronça les sourcils et réprima un grossier soupir de contrariété, mais finit par se lever pour prendre l'appel, ne souhaitant pas faire attendre son interlocuteur, quel qu'il fût. Constatant qu'il s'agissait d'une transmission codée, il appuya sur le bouton d'admission et prit soin d'effacer toute trace d'irritation de son visage noble.
-Monsieur Colmun, salua-t-il de sa voix de baryton. Que puis-je faire pour vous ?
-Eh bien, monseigneur, à vrai dire, hésita l'inspecteur. Je sais que je suis un peu en avance sur notre rendez-vous habituel, mais il y a eu un imprévu.
-Tiens donc. Un imprévu.
-Oui, monseigneur. Mes hommes avaient quartier libre ce matin et… l'un d'entre eux n'est pas revenu.
-Voyons mon ami, l'encouragea le comte. Cessez ces hésitations et dites-moi ce qu'il en est.
-Il a été attaqué. Sans doute par le Jedi envoyé pour récupérer… ce que vous savez. En bref, il a été retrouvé mort à proximité de débris de speeder.
Le comte se frotta pensivement la barbe.
-Voilà qui est contrariant. Une enquête sera-t-elle ouverte pour déterminer les conditions exactes de sa mort ?
-Le premier ministre a en effet mentionné une éventuelle enquête.
-C'est pourtant bien inutile, fit le comte d'un air naïf. Il est sans doute très évident qu'il s'agit tout bonnement d'un accident. Ces choses arrivent.
-Un accident ?
-Oui, il avait sûrement un peu bu. On lui connaissait ce défaut, n'est-ce pas ?
-Euh… oui…, hésita d'abord l'inspecteur, pour repartir d'un ton plus confiant. Oui bien sûr ! Il buvait sans arrêt.
-Eh bien il aura pris un verre de trop et aura perdu le contrôle de son véhicule. Quel dommage ! Une enquête, qui pourrait remuer bien des choses, serait aussi superflue… qu'indésirable. Vous le ferez parvenir au ministre, évidemment.
-Evidemment.
Le comte marqua une courte pause avant de reprendre :
-Et ce Jedi ? On ignore toujours de qui il s'agit ?
-Oui hélas… Mais nous progressons, monseigneur.
Il décida d'ignorer la banalité de ces propos probablement mensongers. Tôt ou tard ils finiraient par découvrir son identité et soit il s'arrangerait pour le faire éliminer, soit quelque part une personne proche de lui serait victime d'un incident suffisamment grave pour le détourner de sa mission. A part ce problème, qui était tout de même considérable, ce fameux Jedi n'avait pas encore été une réelle menace.
-Efforcez-vous simplement de contrôler la situation de façon plus efficace à l'avenir, suggéra-t-il fortement.
-Bien sûr, monseigneur. Je peux par contre vous affirmer que ma visite chez FrameCorp s'est montrée fructueuse. Cette entreprise deviendra vite un très bon atout.
-Excellent, inspecteur. Poursuivez dans cette voie. Et évitez de faire fausse route. Surveillez vos hommes.
Colmun hocha docilement la tête, son arrogance totalement oubliée face à ce grand personnage.
-A ce sujet, reprit le comte. J'ai pu contacter une personne, se trouvant sur Cynele III, qui pourrait vous être extrêmement utile. Je vous envoie ses coordonnées.
Il tapa un code dans son holocom puis releva la tête.
-Pour vos prochains rapports je me chargerai moi-même de vous appeler. Inutile d'essayer de me joindre à nouveau à ce numéro.
-Très bien, j'attendrai votre appel, monseigneur.
-Bonne journée à vous, monsieur Colmun, salua poliment le comte avant de terminer la connexion.
Il retourna tranquillement s'asseoir devant son guéridon, pensif. Le problème auquel ils faisaient face avait déjà nécessité quelques exécutions, ce qui voulait dire que le temps leur était compté, mais aussi qu'ils se rapprochaient du but. D'ici quelques semaines, quelques jours peut-être, ils auraient le précieux objet.
Il tourna sa cuillère fine dans la tasse, observant les remous hypnotiques du liquide orangé. Il n'aimait guère l'admettre, mais il était assez impatient de voir par lui-même ce qu'il pouvait bien avoir d'assez particulier pour que les Jedi et les Sith cherchent à se l'approprier si soudainement. C'était le plus ancien, le plus complet sans doute… Mais la plupart des thèmes abordés dans l'holocron Initiem avaient été repris dans d'autres, Jedi comme Sith. Quel détail, non mentionné ailleurs, pouvait avoir tant d'importance ? Cela avait-il un rapport avec la prophétie ?
Il porta la tasse à ses lèvres, avala une gorgée et se redressa, grimaçant. Son thé était devenu tiède. Et par conséquent, son après-midi était gâché.


~*~


-Comment Punam a-t-il été brûlé ?
Cela faisait plus de trois heures que l'incendie avait été maîtrisé, et seules étaient restées les personnes qui géraient habituellement Hunserh - à l'exception des Jedi - ayant affirmé aux renforts qui étaient venus qu'elles pourraient se débrouiller seules, le tout après les avoir chaudement remerciés.
Ils avaient été si nombreux à agir que presque tout avait déjà été réglé ; les animaux qui avaient survécu étaient soignés et à l'abri. Tout ce qui restait à faire était de voir parmi les bâtiments et le matériel ce qui pouvait encore être sauvé. Pendant que Qui-Gon Jinn et Anakin Skywalker - qui étaient arrivés avec les premiers - finissaient de contrôler les réservoirs d'eau à l'écart avec Garen Muln, Obi-Wan aidait Onice à faire le tri dans la ferme.
Le chevalier allait répéter sa phrase quand la jeune femme laissa retomber un bout de planche calcinée et leva les yeux vers lui.
-Pourquoi cette question ?
-Parce qu'elle me semblait importante à poser. Ne me demande pas de te l'expliquer, c'est instinctif.
Elle s'agenouilla sur les décombres à côté de lui et passa le revers de sa main sur son front, y laissant une nouvelle trace noire.
-En fait tu as raison de t'interroger. Il se trouve que logiquement il n'aurait rien dû lui arriver. Il était très loin de l'incendie quand il s'est déclaré, c'est Kina qui me l'a dit.
Obi-Wan fronça les sourcils, puis comprit soudain.
-Palla, devina-t-il.
-Oui. Il est revenu vers sa cage habituelle pour la protéger. Mais il ne pouvait pas savoir que Neema l'avait déplacée dans la clinique plus tôt dans la matinée pour un examen médical de routine.
-Brave Punam, murmura Obi-Wan en secouant la tête.
-Oui. On l'a retrouvé paniqué entre les flammes…
Onice se remit à déblayer le sol à mains nues, sans objectif précis, et elle dégagea involontairement un morceau de patte dont il ne restait presque plus que l'os. Elle se releva précipitamment avec un hoquet de répulsion et se détourna de la découverte macabre en se plaquant l'avant-bras sur la bouche afin de maîtriser son haut-le-cœur. Obi-Wan, alarmé, se leva et passa un bras autour de ses épaules.
-Il se fait tard, tu es à bout de nerfs. Tu devrais arrêter et rentrer te reposer chez ton oncle.
Elle lui serra une main avec une affection non dissimulée, mais finit par se dégager.
-Non, répondit-elle, s'efforçant de retrouver son calme. J'aimerais savoir comment ce feu a commencé.
-Tu penses qu'il est d'origine criminelle.
Elle se tourna vers lui, le regard sombre.
-J'espère que non. J'ai entendu plusieurs hommes parler entre eux, déjà en train d'accuser les citadins. Avec ce qui se passe en ville, je crois que ça pourrait tourner à la guerre civile bien plus vite qu'on ne le pense.
Plus décidée que jamais, elle recommença à fouiller.
-Oh oui je cherche une preuve. Pour montrer que tout ceci…, lança-t-elle en désignant la scène lugubre. Que tout ceci est un accident. Et j'espère de tout cœur la trouver.
Obi-Wan, inquiet malgré lui, retourna l'aider.
-Mais tu n'y crois pas, n'est-ce pas ? fit-il.
Elle soupira, laissant encore brièvement paraître l'incertitude qu'elle voulait cacher, à elle-même sans doute plus qu'à quiconque.
-Non… Je n'y crois pas.


~*~

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