Fanfiction [JDR] : Le Cycle des Arek

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    Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

                  Une nouvelle ère de paix fragile continue dans la galaxie. Le règne du Sith Unique s’est défait et désacralisé depuis que les forces alliées de l’Alliance Galactique, de l’Empire Fel et du Nouvel Ordre Jedi ont remporté la guerre en reprenant la planète Coruscant aux griffes du Dragon Sith. Cette victoire marque la constitution d’un triumvirat de la Fédération Galactique auquel les trois grandes organisations siègent sur la décentralisation de l’autorité d’innombrables mondes. Le temps est venu pour tous de commencer à reconstruire et de guérir les blessures, morales comme létales, en reconnaissant que la galaxie entière peut devenir un univers de concordance et de cohésion où l’ordre et la liberté s’harmonisent dans le flot incessant de l’équilibre de la Force. Les années passent au fur et à mesure que la Fédération demeure mais la menace ancestrale du Côté obscur ne s’est pas pour autant fait oublier. Les chevaliers Jedi du Nouvel Ordre, dirigé par un conseil neuf de maîtres, doivent faire face à la revanche de vestiges désorganisés du Sith Unique tandis que la pègre et le crime prennent de l’ampleur…



                 Cette histoire fictive est un essai reconstituable du parcours de vie de mon personnage dans le forum de jeu de rôle du site : la motivation derrière cette fanfiction est de mettre sous forme narrative et romanisée une biographie détaillée du jeune humain de Tython qui devient en grandissant un acteur et témoin de la période transitoire du futur lointain de l’Héritage. Je tiens par ailleurs à informer le/la lecteur(trice) que certains éléments de l’histoire ne seront pas forcément conformes à la trame originelle des campagnes de jeu narratif du Temple Jedi, bien que je souhaite tout de même garder les idées scénaristiques qui ont été mises en place par les modérateurs et maîtres de jeu. J’invite donc ceux qui connaissent ou jouent dans les campagnes de jeu de rôle de PSW à considérer cette fanfiction comme une œuvre officieuse de la trame historique de la saga du JDR. Avant de commencer cette histoire, permettez-moi de vous dresser un préambule récapitulatif sur la chronologie de l’époque.

                 Nous sommes au milieu de l’an 156 après BY, soit environ deux décennies après la constitution de la Fédération Galactique. La Galaxie est organisée de manière équitable afin que les deux des trois organisations pluriséculaires puissent diriger et entretenir leur autorité sur de nombreux mondes et systèmes stellaires administrés. L’Alliance Galactique en exil s’est réorganisée pour revenir à une République fédérale mais unitaire, prônant la démocratie libérale et équitable dans la paix et le soutien, tandis que le Nouvel Empire renforce et restaure son domaine autour des mondes loyaux à la dynastie Fel. Le reste de la galaxie est encore et toujours indépendant et neutre, départagés entre les régimes stables de peuples territoriaux et les cartels et syndicats de la pègre, malgré que des rencontres et échanges apportent un regain de confiance et de tolérance entre les diverses organisations. Le Nouvel Ordre Jedi est revenu peu à peu à sa position stratégique de neutralité amicale, cédant sa place dans le triumvirat à la Guilde des contrebandiers en tant que troisième puissance garante. Les dernières générations de Jedi se consacrent entièrement à rétablir son devoir ancestral et à cohabiter avec les différentes forces de la Fédération pour assurer la pérennité de la paix et de la sûreté. C’est cependant avec le retour inattendu des Sith que la situation générale redevient difficile, avec à la tête de leur ordre un Grand Seigneur Sith aussi fort qu’imprévisible. C’est le long commencement d’une guerre froide entre les Jedi et les Sith qui va à nouveau bouleverser l’intégrité de la galaxie et de ses organisations territoriales…

    Ce message a été modifié par galen-starkyler le dimanche 12 décembre 2021 - 18:14

    jeudi 09 décembre 2021 - 21:17 Modification Admin Réaction Permalien

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    Prologue – La lignée perdue des Arek


    Odessen – Aux environs de l’an 19 avant la Bataille de Yavin…

                   Il n’existe presque aucune trace manuscrite ou orale, que ce soit par le biais de contes et légendes ou encore de rumeurs colportées à tout vent en cantina, qui puisse permettre de décrire avec précision la nature et l’emplacement exact de la mystérieuse Odessen, planète reculée de l’Espace Sauvage dont la simple évocation ne laisse que doutes et incertitudes parmi les habitués des voies astrospatiales. Il reste les récits mythologiques datant de l’hégémonie de Zakel ou bien les fragments de chroniques enregistrées par quelques explorateurs égarés dans la cartographie de cette région de la galaxie, mais aucune n’offre vraiment d’indications concrètes et utiles pour espérer établir la position de la planète dans une carte tridimensionnelle régulièrement mise-à-jour. C’est pourquoi le nom d’Odessen rejoint irrévocablement les rangs des mondes étranges et inconnus dont la simple existence relève du mythe et du mystère. Et pour ainsi dire, la planète figure même en tant que lieu probable à abriter un nexus dans la Force en équilibre. Un maigre détail qui n’est pas connu de tous sinon d’une poignée infime où l’on peut y ranger les Jedi, à cause de leur intérêt inchangé pour la connaissance et l’érudition qui leur permet d’enregistrer toutes sortes d’informations cruciales et nécessaires, et les individus rares dont une génération antérieure s’est senti le besoin de transmettre un peu de son passé et de son savoir à sa descendance.

    C’est en observant et écoutant le calme naturel et cyclique de l’environnement méridional de l’hémisphère-nord de la planète que Saul Arek, perché depuis le promontoire rocailleux d’une colline de plateau semi-rocheux, médite dans son silence sur la beauté cachée sous ses yeux aux iris marrons. Il scrute l’immense vallée tempérée de plaines vertes, de bosquets impénétrables et de ravines rocheuses où la vie perdure sans fin ni changement. Le ciel bleu et éclairci de nuages blanchâtres lui donne le sentiment d’être posté entre ciel et terre, dans la ligne de séparation entre l’attraction terrestre et le vide céleste où l’essence même de le vie et de l’univers se dilue et s’adapte au cycle de cette planète.
    Il finit par expirer un soupir de lassitude et il commence à décrocher de sa ceinture utilitaire multi-usages un petit appareil rectangulaire qui ressemble à un comlink mais pourvu d’un micro cylindrique et d’un système d’enregistrement audio avec transfert de données. Saul approche de ses lèvres son enregistreur de poche et se lance dans un monologue semblable à l’écriture orale d’un journal de bord.

    Saul Arek, rédigeant oralement : - « Journal de bord de Saul Arek, quinzième jour sur Odessen. Nous avons parcouru tant bien que mal la majeure partie de l’hémisphère nord de la planète, en allant de l’est jusqu’à l’ouest, afin de trouver d’autres pistes du passage de civilisation. Notre voyage long d’à peine une semaine complète nous a révélé que seule cette région méridionale que nous connaissons sous l’appellation de « Gorge de la Concorde » a été occupée par de l’activité humaine et alien sur une longue période. Mon petit moment de solitude en haut de ce promontoire, non loin de l’antique QG, m’a permis de ressentir à quel point la Force présente sur cette planète est parfaitement pure et équilibrée. On ne se doute pas que quelques Jedi et quelques Sith d’antan se sont rassemblés ici même sur un front commun… »

    Le jeune homme est aussitôt interrompu dans son discours par le bruit répétitif d’une sonnerie classique d’appel par comlink, ce qui l’oblige à arrêter net son enregistrement et à échanger son appareil en main avec celui vibrant contre un autre côté de sa ceinture. C’est en voyant qui peut bien l’appeler à cet instant qu’il émet un nouveau soupir puis décroche l’appel.

    Saul, répondant au comlink : - Oui, je t’écoute.
    Voix féminine (comlink) : - Saul, tu pourrais venir s’il-te-plaît ? J’ai vivement besoin que tu descends d’où tu te trouves pour qu’on règle un petit souci. C’est vraiment important, selon moi.
    Saul : - Entendu, j’arrive.

    Il raccroche au même moment que l’autre personne ait raccrochée, range son comlink dans la poche correspondante puis il se met en route pour rejoindre assez rapidement et sûrement la grande infrastructure paramilitaire en ruines qui surplombe le plateau depuis la grande falaise où elle est ancrée. L’antique Quartier-général de l’Alliance Éternelle ne ressemble pas vraiment à une ruine mais son allure architectural et immobilière d’antan se dégrade au fur et à mesure que la nature environnante reprend ses droits après plusieurs siècles d’inactivité civile. Saul pénètre sur la longue plateforme de la baie d’observation de la base, après avoir descendu tout un sentier terreux qui juxtaposait à la colline rocheuse, et il circule sans gêne parmi les quelques dizaines de soldats en armure Phase II blanche striée de bleu vif qui ont établi leur campement d’opération.
    Ces clonetroopers ne sont là que parce qu’il en a reçu la charge et un simulacre de commandement, bien qu’il se considère plus comme un soldat de paix qu’en véritable membre de l’armée. C’est cependant sa fonction de Ranger de la République Galactique et son sens de l’action qui l’ont amené à intégrer l’office de la Grande Armée et de se retrouver à la direction de la 82ème compagnie d’assaut de la 501ème Légion. Sans eux, il n’aurait jamais pu participer ni remporter les batailles qui ont permis de sauver des populations infortunées dans le feu de la guerre. Et aujourd’hui, avec l’avancée progressive de la République vers la victoire complète, le jeune humain brun a été autorisée à mener sa compagnie aux confins de la galaxie afin de mener une petite exploration bénévole à l’instar des Jedi.

    Saul traverse rapidement l’espace commun du QG en ruine pour se rendre dans un ascenseur spécifique et appuyer sur l’interrupteur correspondant au niveau de la base qu’il souhaite atteindre. En quelques minutes, le voilà arrivé au second niveau supérieur de la base où il peut entrer dans ce qui était autrefois la salle de commandement de l’Alliance. Une grande pièce circulaire en dôme elliptique, aménagée et sophistiquée afin de faire autant croire à une salle de réunion stratégique qu’à une salle de trône. Et c’est précisément ce qui se trouve au centre de cette salle, telle une couronne dorée et antique dans un écrin de permabéton et de transpacier.
    Le Trône Éternel semble éternellement endormi mais une poignée d’étincelles et d’éclairs lumineux sur le flanc droit démontre de l’activité plus récente : une jeune humaine à la chevelure brun-roux tombant le long des omoplates, vêtue de la même veste de terrain à la corellienne que lui, semble occuper à faire des essais et réparations électromécaniques sur une partie des circuits internes de la mystérieuse machine de haute-technologie d’Iokath. Elle passe une énième fois en revue son datapad dans sa main gauche avec sa main droite avant de passer son fer à souder sur un nœuveine de circuit, avant de pester et de ruminer.

    Elle, frustrée : - Argh ! Rien à faire, c’est toujours sans réaction ni amélioration ! Pure perte de temps.
    Saul, amusé : - Tu es plutôt mignonne quand tu t’énerves, tu sais. Surtout quand on te résiste, Lou.

    Lou Carsen, elle-aussi ranger de la République et mécanicienne à ses dépens, se retourne vers lui en se redressant sur ses jambes pliées et engourdies. L’expression adressée à son interlocuteur montre qu’elle n’est pas d’humeur à plaisanter sur ce genre de choses en lien avec son hobby ou sa personne.

    Lou : - Te voilà enfin toi ! Tu me demandes de voir comment réveiller un monument technologique comme celui-ci et tu te permets d’aller traîner ailleurs, me laissant dans la panade. On est censé être partenaires, au travail comme au sexe, et tu devrais me soutenir un peu plus Saul.
    Saul, s’approchant tendrement : - Lou, ma puce, je n’ai jamais douté un seul instant de tes compétences dans l’expertise high-tech. Plus d’une fois tu as prouvé qu’aucun appareil mécanique et électronique ne te résistait, surtout pour nous sortir dans des situations cruciales, et c’est justement pour ça que j’ai préféré te laisser seule pour te défouler sur ce fameux « Trône » d’origine iokathienne.
    Lou : - Et bien, figure-toi que cette fois-ci je ne pourrais rien faire. Ce « trône » ne remarchera plus jamais comme avant et il m’est difficile de cracker davantage son système interne. Il aurait fallu qu’on prévoit du matériel de professionnel, histoire que je puisse avoir assez de marge pour passer ses défenses. (Soupir de détresse.) Dire que tu m’as entraîné là-dedans à cause de cette histoire familiale au sujet de ton aïeul.

    Saul préfère ne rien dire, en sachant qu’il comprend ce que sa camarade ranger et petite amie veut dire. Peu après s’être rencontré et rapproché au cours de leurs missions communes, Saul lui raconta un jour qu’il avait un lointain ancêtre autrefois utilisateur neutre de la Force et vétéran de la Grande Guerre Galactique dont la renommée était liée à son statut de mythique leader de l’Alliance Éternelle ; il tenait de son grand-père ce secret, transmis de génération en génération dans sa famille de souche corellienne dont le métier de Ranger de la République était exercée de manière presque héréditaire.
    Saul était connu par ses pairs comme un passionné des Jedi et de la Force, ce qui lui a permis de bien s’entendre avec le meneur de la 501ème issu de cet ordre mystique. Et même s’il n’est pas sensible à la Force, certains des maîtres qu’il a pu rencontrer lors de diverses occasions lui ont décelé un potentiel semblable qui pouvait lui permettre d’agir par lui-même en chevalier. Pour Saul, s’intéresser et agir pour le patrimoine de la Force et de l’histoire des Jedi est un leitmotiv louable pour raviver la mémoire collective et éviter les erreurs des prédécesseurs de la Haute République. Mais sur Odessen, c’est un fragment de l’héritage de sa propre famille qui se trouve à portée de main et une occasion pour lui de comprendre à quel son sang coule de celui d’un ancien grand chevalier de la Force.

    Saul : - J’espérais que retrouver Odessen et le QG perdu de l’Alliance me permettrait de faire d’une pierre deux astéroïdes : prouver que ma famille est digne d’un aussi légendaire personnage et donner à l’Ordre Jedi l’opportunité d’en apprendre plus sur les fondations et valeurs de l’Alliance. Tu sais, je me suis souvent demandé si j’appartenais à une lignée célèbre depuis que mon grand-père m’a fait part de cet héritage.
    Lou : - Tu es issu d’une famille de rangers de longue génération, Saul. C’est déjà une bonne chose, et je pense que redécouvrir Odessen pour la répertorier à l’instar des Jedi ne changera pas grand-chose.
    Saul : - Ouais, tu as sans doute raison. Je poursuis pour presque rien les vestiges d’une organisation célèbre révolue alors que je construis déjà ma propre légende aux côtés de…
    Voix masculine : - Sieur Arek !

    Saul et Lou pivotent sur eux afin de voir débarquer en nombre une garnison de clontroopers qui accompagnent un trio d’officiers clones qui viennent à eux. Le jeune ranger brun reconnaît sans mal le capitaine Farron qui commande la compagnie et le seconde, celui-ci se démarquant par son armure Phase II de commandant clone avec toujours les couleurs de la 501ème. Le capitaine Farron s’avance un peu plus que ses hommes, ces derniers s’arrêtant presque en posture de repos, puis il poursuit son interpellation.

    Cpt. Farron, voix déformée par son casque : - Sieur Arek, pardon de vous déranger…
    Saul : - Quel est le problème capitaine ? Il y a un souci avec l’extérieur ?
    Cpt. Farron : - Négatif monsieur. La base ne rencontre aucun souci avec la faune locale ou d’éventuels gravats de ruine. C’est le centre de commandement qui tente de contacter depuis Coruscant. Nous avons apparemment de nouvelles informations concernant l’issue du conflit.
    Lou : - Quelles nouvelles avons-nous ?
    Cpt. Farron : - Une bonne, pour le moment. Le Général cyborg Grievous a été vaincu et mis à mort, l’armée des Séparatistes vient de perdre à jamais son commandant suprême sur Utapau. Nos forces sont en train de mater la résistance de la part des troupes droïdes qui sont encore sur place et elles recherchent où se sont enfuis les leaders Séparatistes.
    Saul : - Alors il y a des chances pour la République ressorte vainqueuse de cette terrible guerre.
    Lou, ravie : - On va pouvoir rentrer chez nous sains et saufs, à Ganthel, et qui sait… penser à notre petite vie et commencer à songer à faire une famille. Voire… (avec un clin d’œil) perpétuer la lignée des Arek.
    Saul : - C’est bel et bien ce que je prévois de faire avec toi, Lou.
    Cpt. Farron : - Monsieur ! Nous recevons un nouveau message. C’est… c’est le Chancelier Suprême !
    Saul, redevant sérieux : - Affichez-le.

    Le commandant clone de compagnie s’exécute et décroche de sa ceinture un holo-communicateur de poche qu’il active et règle automatiquement sur la fréquence du message reçu. Les deux jeunes rangers découvrent aussitôt la silhouette holographique projetée du chef d’État de la République mais… le jeune homme se rend compte assez vite que ce dernier apparaît dans une bure sombre inhabituelle. Tout comme le message court et strict qu’il laisse avec son timbre autoritaire et vicieux.

    « Le moment est venu. Exécutez l’ordre 66 ! »

    La projection holographique disparaît ensuite et l’officier clone éteint l’appareil pour le ranger à sa ceinture utilitaire. Saul reste stupéfait et perplexe par ce qu’il vient de voir et d’entendre : l’homme le plus important du gouvernement galactique vient d’apparaître avec une allure moins chancelière et plus obscure et il ordonne d’exécuter une directive dont il ignore la signification. Et sa camarade non plus.

    Saul : - Capitaine, vous avez compris quelque chose vous ?
    Cpt. Farron : - C’est l’ordre 66, monsieur. Cela signifie que les Jedi ont trahi la République, nous avons donc ordre de les trouver et de les éliminer afin d’empêcher leur insurrection contre le régime.
    Lou, stupéfaite : - Quoi ?!! Les Jedi, des traîtres ?!! Par la Force…
    Saul, furieux : - C’est impossible Farron ! Les Jedi sont les défenseurs ancestraux de la République. Ils ne se décideraient pas à trahir leur gouvernement comme ça, surtout après nous avoir aidé dans cette guerre. C’est une monumentale erreur de les déclarer nos ennemis !
    Cpt. Farron : - Le chancelier est formel. Les Jedi ont tenté de renverser la République en s’en prenant à son chef d’État et ils doivent payer pour ça. L’ordre est donné d’éliminer tout Jedi vivant qui participe ou non à la guerre. Je propose que nous commencions à démonter le camp et à quitter cette planète pour rejoindre le gros de la légion sur Coruscant. Le Temple Jedi a besoin d’être pacifié.
    Saul : - Pacifié… mais vous vous entendez parler ?! Vous vous apprêtez à participer à un génocide sur l’ordre mystique et millénaire ! Vous ne pouvez pas tuer des résidents du Temple Jedi sous prétexte qu’ils sont tous devenus des traîtres. C’est contraire à la morale de notre armée !
    Lou : - Nous devrions plutôt prévenir nos généraux Jedi pour les avertir du danger qui les menace. La perte de l’Ordre risque d’entraîner la chute véritable de la République. Il faut agir capitaine !
    Cpt. Farron : - En effet…

    Il se met à lever la main gauche et réalise un geste d’ordre à ses hommes. Les clonetroopers mettent aussitôt en joue leurs blasters d’assaut et visent les deux jeunes rangers qui sursautent de consternation.

    Cpt. Farron : - Au vu de vos propos tenus et en conséquence de votre refus de coopérer, vous me voyez désolé d’en venir à cela. Ceux qui protègent les traîtres Jedi sont déclarés irrémédiablement à leur tour traîtres à la République. Je vous conseille de vous laisser faire sans réagir, ça sera plus simple pour tous.
    Saul : - Vous choisissez de suivre cet ordre sans vous posez de questions. Vous n’êtes qu’un pantin imbécile Farron ! Le CRR ne vous pardonnera pas d’avoir exécuté aussi froidement deux de ses membres.
    Cpt. Farron : - Ça ne se saura pas. Officiellement, vous êtes morts en héros après avoir repoussé des espions séparatistes durant l’exploration de la planète. Et maintenant… adieu.

    Le capitaine clone allait finir d’abaisser sa main que celle-ci se retrouve subitement ôté du membre avec un cri de douleur atroce en prime. Et il se rend compte trop tard qu’une lame d’énergie bleu vif vient de transpercer le plastron de son armure, avant de s’écrouler dans sa mort. Les clonetroopers réagissent en tirant à volonté des traits de laser sur leur adversaire mais ils se font renvoyer leurs tirs contre eux, diminuant en quelques minutes leur nombre jusqu’à ce que plus aucun n’émette un souffle de vie. Lou, tétanisée de stupeur devant la scène et les corps inertes de clonetroopers, n’arrive pas à détourner son regard de son camarade aux cheveux bruns semi-longs et effilés qui vient de se battre… avec un sabre-laser en main. Le fameux sabre-laser ayant autrefois appartenu au chevalier fondateur de sa famille.

    Lou, tremblante : - Saul… tu… tu viens de… avec ce sabre…
    Saul, son comlink en main et occupé : - Saul Arek à Anakin Skywalker, répondez ! Demande nouvelles urgentes du Temple Jedi ! Anakin, vous m’entendez ? (Silence radio perpétuel) Et m*rde ! (Il se tourne vers elle) Lou, combien de temps il te faut pour démonter le Trône pour le transporter ?
    Lou, revenant à elle : - Que… Quinze minutes, voire vingt tout au plus. Et pour le transport, je pense qu’il va falloir se contenter de notre navette pour le faire passer discrètement avec nous. Mais… pourquoi ?

    Le regard du jeune Arek s’est légèrement ombragé et son ton austère marque une résolution.

    Saul, rengainant son sabre-laser : - Parce qu’on va devoir déserter la République et chercher un endroit où nous pouvons vivre longtemps. Loin de ce chaos grandissant généré par Palpatine.
    Lou : - Et où irions-nous dans ce cas ? Et que vont devenir nos familles ?
    Saul : - Je sais. Nous ne les reverrons peut-être pas. Mais c’est mieux ainsi Lou. La République vient de vivre ses derniers jours de liberté et un régime suprématiste prend sa place. Les Jedi ne sont plus… et il va nous falloir trouver de quoi tenir cette ère sombre pour ensuite raviver l’espoir.

    Et l’équilibre de la Force, pense-t-il en se remémorant le serment héréditaire de la famille Arek.
    Le serment d’une lignée de gardiens dont nul ni personne ne saurait reconnaître la valeur à l'avenir.

    Ce message a été modifié par galen-starkyler le jeudi 09 décembre 2021 - 21:42

    jeudi 09 décembre 2021 - 21:28 Modification Admin Réaction Permalien

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    Livre I : Un Héritage nouveau


    Chapitre I.1. – La mémoire du berceau des Jedi.

    Tython, dans le Noyau Profond – De nos jours…

                 Le « centre brillant de la galaxie » est peut-être sa région la plus mystérieuse, avec ses amas denses d’étoiles et ses monstrueux trous noirs qui endommagent ou détruisent presque quotidiennement les couloirs hyperspatiaux. Les grandes organisations de pouvoir comme l’étaient l’Ancienne République ou encore l’Empire Galactique protégeaient farouchement les quelques itinéraires stables à l’aide d’instruments militaires prévus comme des mines gravifiques et des escadrilles de croiseurs interstellaires. Le Noyau Galactique est perpétuellement redouté et dévalorisé comme une région dangereuse où le cosmos ne laisse aucune place au passage de la vie et de la civilisation, des idées et préjugés que les autorités impériales avaient longtemps entretenues pour éviter toute envie d’exploration ou de traversée quelconque dans cet espace étrange. C’est cependant tout le contraire car il existe bel et bien une poignée de mondes habitables et habités dans le Noyau, et les historiens qui s’intéressent aux premières explorations galactiques connaissent ou redécouvrent l’existence de planètes dignes de mythes et légendes remontant aux premiers millénaires de la civilisation galactique. Et c’est au cœur du système stellaire le plus proche du cœur de la galaxie que de nombreux vestiges et secrets de l’Âge préhistorique et antique demeurent enfouis et entretenus par le courant du temps… et de la Force.

    C’est donc par un beau jour sur la planète Tython, tristement célèbre pour avoir été le berceau légendaire du dogme Je’daii et premier épicentre du Côté clair avant la construction du Temple Jedi sur Coruscant, que la monotonie cyclique et imprévisible de ce monde vient apporter un peu de changement dans la vie quotidienne de ses quelques maigres milliers d’habitants natifs et émigrés. La majeure partie de la population globale de Tython s’étant installée dans la vallée de la grande rivière Tythos, il est courant de voir apparaître depuis le ciel cette région comme envahie par un conglomérat de villages et de hameaux de pierre, de grès et de permabéton artisanal autour d’une récente métropole d’architecture naturaliste où le pouvoir régent de la planète se trouve. Les habitants de Tython ne sauraient vivre normalement et durablement sans dépendre de Tythania, la capitale planétaire depuis plus de deux mille cinq cents ans, et de son régime autarchique qui n’a aucun compte à rendre aux grandes puissances de la galaxie. Ainsi, il s’est écoulé aisément un temps suffisamment long et durable pour permettre aux foyers et familles de souches humaines et aliens de vivre en paix et en communion avec la mythologie de leur monde, inspirée de la tradition des anciens Je’daii et serti de magnanimes Dieux représentant la disparité de la Force.

    Le plateau supérieur de la vallée de Tythos est connu de chaque génération comme un endroit sacré et reculé de la civilisation, comme pour la plupart des temples et enclaves antiques, où il existait autrefois une cité resplendissante bâtie avec la roche blanche extraite du col et d’une architecture artistique rivalisant avec les beaux châteaux d’Aldérande. Bien qu’aujourd’hui cette cité n’est plus que ruines indescriptibles et signes de passage sismique, son terrain redevenu plat et libre est depuis occupé par l’emplacement d’un grand et honorifique temple d’inspiration Jedi et au style architectural disparate, bordé de canaux irriguant l’eau de la rivière de la vallée et entouré de jardins verdoyants et planaires.

    Sigmar del Gormo, le gardien de la vallée et veilleur je’daii issu de la garde des Whills, effectue comme chaque matin sa méditation matinale sur la pierre ronde trônant au milieu du jardin central de l’ancienne cité de Kaleth. Il est assis dans sa posture en fleur-de-lotus avec ses doigts entremêlés en coupelle et les paupières closes. Les rares curieux et passants qui osent traverser la forêt régionale pour grimper le sentier ascendant qui mène au territoire du plateau supérieur s’arrêtent un temps indéterminé pour voir le vieil homme méditer en silence et sans remous sur la grosse pierre elliptique.
    Certains, plus croyants ou fervents, viennent hebdomadairement en haut du plateau pour venir s’asseoir autour de lui et tenter de méditer à leur tour. Pour Sigmar, ces rares pèlerins et visiteurs ne font que rechercher une paix intérieure qu’ils ne peuvent atteindre que partiellement. De mémoire d’homme, peu de natifs de la planète manifestent une réelle sensibilité à la Force depuis ces trois millénaires derniers. Même les enfants de cette génération héritent de leurs parents cette connexion latente et inexploitable qui ne l’ai permet que de ressentir basiquement ou modérément les humeurs météorologiques de leur monde natal. Voilà ce qui arrive lorsque l’on perturbe le cycle naturel et incommensurable de la Force et de la vie, pense-t-il durant sa transe profonde dans laquelle il communique instantanément avec l’énergie mystique et cosmique présente autour de lui.

    Sigmar s’est tant bien plongé en harmonie avec l’environnement psychique de la planète tellurique et mystique qu’il est parfaitement capable, même plongé en profonde méditation, de sentir et percevoir les perturbations simples comme complexes dans le flux. Il n’a donc pas à s’en faire lorsqu’il perçoit les pas lents et douloureux de la vieille femme qui marche en tête de file, ceux calmes et patients d’une femme d’âge moyen qui reste attentive à la première et ceux plus vigoureux d’un jeune garçon. Il connaît parfaitement la vénérable dame qui tente de grimper, comme chaque mi-semaine et fin de semaine, pour lui apporter de nouvelles provisions afin de se sustenter avec autre chose que des fruits sauvages ou des animaux chassés de temps à autre. Vivre en ermite possède ses avantages et désavantages.
    La vieille dame se rend généralement seule pour apporter au vieux gardien un panier de victuailles achetées au marché ou cueilli dans les potagers d’agrément, mais en raison de son âge avancé elle est aujourd’hui accompagné par sa fille et son petit-fils. Ce même petit-fils qui l’interpelle avec son timbre enfantin d’à peine huit ans.

    Enfant : - Dis grand-mère, c’est lui là-bas posté sur la pierre ? Le vieil ermite fou dont on parle au village ?
    Grand-mère : - Un peu de respect, veux-tu ! Cet homme est le gardien de la vallée de Tythos, notre protecteur spirituel depuis maintenant cinq générations. Ce n’est pas un fou.
    Enfant : - Mais grand-mère, personne de sensé n’irait vivre seul dans un endroit pareil. Il n’y a que de vieilles pierres éparpillées et un vieux temple dépourvu de vie. Alors pourquoi il y reste des jours et des jours alors qu’il peut avoir un toit et à manger dans la vallée ? Surtout pour rester assis sur une pierre durant toute la journée sans rien faire ?
    Sa mère : - C’est justement pour ça que ta grand-mère et toi t’avons demandé de nous accompagner. Ce n’est pas parce qu’il vit loin de nos villages et dans cet endroit reculé de la vallée qu’il fait le traiter de fou. Cet homme ne fait que servir à sa manière une cause supérieure à nous tous, avec le calme et la solitude.
    Grand-mère : - Et puis, tu pourras toujours lui demander en personne. Nous allons bientôt arriver.

    Le petit trio termine son ascension du sentier menant au sommet du plateau supérieur et pénètre enfin dans la délimitation de l’espace extérieur et agrémenté du Grand Temple de Tython, construit au quatrième millénaire avant Yavin par l’ancien Ordre Jedi en exil après la prise de Coruscant, et ils s’avancent vers le jardin central où repose la pierre de contemplation au milieu du terrain plat herbeux. L’enfant découvre le gardien assis sur la pierre, vêtu d’un habit différent de la mode vestimentaire standard dont il remarque une chemise artisanale de lin gris poivre aux manches moyennes sous un haut de kimono lacé en cuir beige et sans manche, un leggings moulant en cuir brun sombre chaussé de longues bottes noires semblables à des cuissardes et le tout accompagné d’un étrange manteau bleu cobalt sans manche et serti d’épaulettes renforcées à la teinte pourpre et or. Ses mains à la peau claire mise en coupole sur son bassin sont nues tandis que ses poignets sont couverts de brassards de cuir or blanc où un emblème d’étoile à douze branches sur deux ailes déployées en arc de cercle symétriques à été gravé à même la peau tannée. Le temps que la vieille femme et sa fille dépose le panier de victuailles devant la pierre et s’assoient à leur tour en tailleur, le garçon ne décèle aucune surprise dans le regard serein et stoïque du vieil homme lorsque celui-ci prend subitement la parole en ouvrant ses yeux dorés.

    Sigmar del Gormo : - Je vous souhaite bien le bonjour, chère amie. Vous êtes toujours aussi ponctuelle malgré votre vénérable âge et je constate que vous êtes bien entourée pour venir jusqu’ici. Au moins, vous êtes moins seule à porter ce fardeau que de grimper le sentier pour m’offrir un peu de nourriture.
    Grand-mère : - Maître Sigmar, c’est un grand honneur pour moi de vous rendre visite et de vous apporter des produits de notre agriculture et du commerce. Vous passez tellement de temps à veiller sur nous que nous vous en sommes reconnaissants et que nous devons nous aussi veiller sur vous.
    Sigmar : - Votre attention me touche sincèrement. J’espère que votre fille ici présente en fera de même.
    La mère : - Maître veilleur, ce serait avec plaisir de prendre la relève de ma pauvre mère, mais je dois actuellement m’occuper du foyer de ma famille et élever mon fils pendant que son père travaille à la cité. Je vous prie de comprendre à quel point je suis débordée par mon rôle de femme au foyer et de mère.
    Sigmar, amusé : - N’ayez crainte chère enfant. Je sais parfaitement ce que vous endurez, comme une majeure partie des femmes des villages de la vallée dont les maris et compagnons œuvrent à gagner leur vie entre les murs de Tythania. Sachez que je ne vous demanderais, le moment venu, que de respecter l’accord que votre mère et moi avons établi pour que je ne retrouve pas seul et indépendant dans ce sanctuaire, à me contenter de racines, de plantes et d’animaux sauvages à chasser dans les environs.
    L’enfant : - Mes copains avaient raison. C’est un fou.

    Les deux femmes se retournent vers le petit garçon, outrées et énervées de l’entendre parler ainsi devant leur interlocuteur, et elles s’inquiètent de comment va réagir le gardien s’il l’a entendu. Le vieux Sigmar porte évidemment son attention sur l’enfant, sans remuer les sourcils ou plier du front, et l’observe d’un calme imperturbable. L’enfant ressent étrangement dans le regard du vieil homme une sensation d’austérité et de paternité, comme s’il faisait face subitement non pas à un vieillard fêlé mais à une incarnation vivante de la sévérité et de l’autorité dont l’âge n’a rien à voir avec la puissance qu’il dégage.
    Le vieux gardien, dans son calme habituel, interpelle avec un sourire l’enfant avec une question simple.

    Sigmar : - Dis-moi, mon garçon, penses-tu que je suis un fou ?
    L’enfant, troublé : - Et bien, euh… Les autres enfants du village pensent que vous êtes un vieux fou qui vit dans la nature comme un sauvage et que vous ne respirez que l’air du col sans chercher à venir vivre parmi nous, que vous parlez de choses farfelues et mystiques qui n’ont aucun sens et que les adultes qui viennent vous voir et vous entendre sont aussi bêtes que vous. Ils disent surtout que vous êtes un asocial.
    Sigmar : - Ils ont raison et tort à la fois. Je suis en effet un fou, mais surtout un sage. Un sage qui a choisi de vivre loin de la société pour se consacrer entièrement à servir quelque chose de plus grand et de plus durable que la vie en société. Sache, mon garçon, que je veille sur Tython elle-même et sur la Force.
    L’enfant : - La force ? Quelle force ?
    Sigmar : - La Force qui régit ce monde et notre univers en un tout. Qui aide la vie à se développer et à nous permettre de comprendre ses mystères. Et ceux qui arrivent à comprendre la Force peuvent parvenir à interagir avec elle, comme une sorte de pouvoir magique. Je suis un de ses utilisateurs de ce pouvoir.
    L’enfant, moqueur : - Vous ? Vous avez un pouvoir magique ? Prouvez-le alors.

    Sigmar affiche un sourire en coin de la commissure gauche des lèvres puis il défait lentement sa main droite pour tendre le bras vers le ciel en arquant le coude. Il s’arrête un instant dans son geste, attendant presque qu’un ange passe et puis… à peine a-t-il claqué des doigts qu’un éclair surgit depuis le ciel dans un tintamarre assourdissant de tonnerre et vient frôler la surface du jardin d’à peine deux mètres. L’enfant sursaute de terreur au passage de l’éclair, perdu et troublé par ce que se passe, et il cherche inconsciemment d’où peut bien provenir l’orage.
    Car en effet, un mince tourbillon de nuages griseux et sombres commence à se former au-dessus du sommet du vieux temple, grésillant et tonnant de foudre, et continue de tourner sur lui sans provoquer de bourrasques ni de pluie. Seul un nouvel éclair vient s’abattre vers la zone du plateau et semble venir… rejoindre la paume de main du vieil homme. L’enfant se protège instinctivement avec son bras pour ne pas voir le choc foudroyant qui va suivre mais, au bout d’un moment, il s’interroge de ne pas entendre le crépitement de la peau qui brûle. En abaissant son bras, son expression terrifiée devient aussitôt stupéfiée et abasourdie devant l’étrange spectacle.
    Sigmar, la main toujours tendue et ouverte au ciel, est encore vivant et intact en souriant encore. Et sa main droite… s’illumine et crépite d’une fulgurante lueur tricolore aux spectres blanc, jaune et turquoise. Il retient dans sa main de manière incompréhensible l’énergie de la foudre dans sa main sans être brûlé ou souffrir de la douleur. Le garçon n’en croit pas ses yeux et n’arrive pas à reprendre ses esprits.

    Sigmar, austère et solennel : - Tu vois à présent, jeune homme, pourquoi ta mère, ta grand-mère et les autres adultes de ton village et de la vallée me respectent et comprennent la lourde responsabilité de ma présence ici, dans cet endroit enclavé au-delà de la société. Tu as devant un authentique maître dans l’art et la manière d’interagir avec la Force et son pouvoir. Ce que je viens de faire sous tes yeux n’est qu’une partie des nombreux talents que mes anciens confrères et moi-même sommes capables de prouver afin que ce monde et d’autres dans la galaxie doivent être préserver.

    L’enfant le voit s’élever dans les airs, flottant dans sa posture en fleur-de-lotus avant de la défaire pour dresser ses deux jambes fines et solides sur la surface ferme et lisse de la pierre de contemplation. Il a désormais le vieux gardien debout dans toute sa splendeur et sa sagacité, pivotant sa main droite légèrement pour relâcher et renvoyer l’éclair qui fuse vers le ciel comme s’il venait de la terre elle-même.

    Sigmar, poing serré et regard austère : - Je suis le dernier gardien du savoir et de la volonté de Tython, dépositaire encore mandaté de la volonté et de l’enseignement des Whills. C’est au service de ces Grands Seigneurs de la Force dont le peuple mythique est disparu que je dévoue ma vie et mon temps afin de défendre la vie et la paix de la planète et de ces habitants. Les Jedi sont repartis de Tython en laissant derrière eux le Temple vide et dépourvu d’occupants, indisposés à laisser sur place certains de leurs membres pour veiller sur ce monde sacré. Mais nous autres, gardiens des Whills, avons toujours veillé à ce que la Force et ses mondes-vecteurs soient préservés et maintenu dans leur équilibre naturel. Je veille sur la planète Tython, comme mon maître et ses maîtres avant lui l’ont fait, et je continuerais jusqu’au jour où la Force elle-même viendra me chercher pour rejoindre le monde entre les mondes.

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    Chapitre I.2. – Le séjour des voyageurs Jedi.


    Tython – Au même moment, non loin de la vallée de Tythos…

    Le tintamarre de la foudre et du tonnerre depuis les hauteurs du col au-dessus de la vallée résonne et vibre jusqu’aux autres villages et hameaux voisins situés le long de la grande rivière. Un tintamarre qui ne manque pas de faire s’étonner les quelques habitants de la vallée pendant quelques secondes, sans s’interroger davantage sur la signification de cet orage imprévu ni prémédité, mais dont la subite apparition interpelle deux individus étrangers qui sortent tout juste de l’unique spatioport de la planète. Ces deux êtres habillés chaudement de leur bure et tunique de statut socioreligieux-paramilitaire s’arrêtent dans leur marche, après deux à trois mètres hors de l’encadrement de la sortie principale, pour relever la tête et observer un instant le ciel pour s’assurer qu’il ne va pas pleuvoir, d’eau ou d’éclairs. Une de leurs raisons est aussi un ressentiment plus profond et mystique lié à leur usage de la Force ; ainsi, le plus jeune des deux, cheveux brun sombre taillés courts avec une tresse de padawan, s’exclame sur l’étrange perturbation qu’il ressent dans l’apparition de l’orage.

    Le padawan : - Maître, j’ai un mauvais pressentiment sur cet orage.
    Le maître, serein : - Ne te fie pas trop à ce pressentiment et garde l’esprit ouvert. Ce n’est rien d’autre qu’une manifestation de ce que la Force peut faire ou réagir lorsque l’on comprend et utilise son énergie pour interagir avec l’environnement. De nombreux utilisateurs comme nous sont capables d’altérer l’environnement pour qu’il réponde à un besoin ou une volonté passagère.
    Le padawan : - Vous voulez dire que quelqu’un ici se sert de la Force pour plier l’environnement de la planète à sa volonté ? Quel genre de personne oserait recourir à ce pouvoir aussi influent et puissant ?
    Le maître : - Le genre qui s’est ouvert corps et âme à la Force et communique avec le vecteur psychique de ce monde. Ceux qui parviennent à comprendre la nature d’un monde-vecteur tel que Tython sont capables de prévenir les tempêtes de Force courantes lors de la convergence des deux lunes. Et ce genre de personne, jeune Kalaen, ce sont les gardiens et veilleurs qui vivent pour l’équilibre de la Force.

    Kalaen Solar et son mentor, le maître Jedi bothan Ceir Gaah'ris, reprennent tranquillement leur chemin hors de la zone du spatioport métropolitain et se fondent dans la masse allégée de foule autochtone pour rejoindre l’entrée sud de la ville. Le jeune humain en profite pour reprendre sur les dires de son maître.

    Kalaen Solar : - Vous aurez peut-être l’occasion d’en rencontrer parmi ces habitants et en apprendre plus sur ses opinions concernant la Force. C’est en partie grâce à cela que le Conseil vous a envoyé ici.
    Ceir Gaah’ris : - Tu te trompes pas mais tu n’as tout-à-fait vrai sur les motivations de cette délégation que je représente. Bien que je me fascine pour la nature et le mystère de la Force au travers des peuples et des organisations liées à elle, j’ai accepté afin de mettre à contribution mes capacités ethniques d’éloquence et de négociation afin de bien mener cette mission que le Conseil souhaitait mettre en œuvre avant que nous ne soyons tous, probablement, pris par les feux d’un énième conflit philosophique.
    Kalaen Solar : - En même temps, les autres maîtres savent à quel point vous avez consacré autant de temps de rassembler les connaissances perdues de l’Ordre que renouer avec les populations membres de la République qui souffraient de la dernière guerre civile. Sans parler du fait que vous pouvez vous révéler un habile parlementaire autant qu’à la maîtrise du sabre-laser.
    Ceir Gaah’ris : - Tu as beaucoup à apprendre, mon jeune padawan, et la voie sur laquelle tu te lanceras sera autant semé d’embûches martiales que morales. Tout comme le ou les individus qui veillent sur Tython, tu devras certainement savoir défendre ta cause et ta position à l’aide de la parole et de la Force. Ton sabre-laser ne devra servir qu’à recourir à la défense et à la prévention, et c’est dans un cas comme celui-ci que tu pourras voir par toi-même à quel point même un gardien Jedi a besoin de l’éloquence.

    Et ils continuent de marcher en direction de l’immense entrée menant à l’intérieur de l’enceinte de la cité-métropole, qui régit l’ensemble de la vallée et du col de Tythos tout en communiquant avec les autres poches d’habitation éparpillées sur la planète-sanctuaire du fin fond du Noyau.
    La construction de la cité de Tythania dans le creux du bassin semi-montagneux et planaire, qui avoisine la vallée et entoure la rivière Tythos en son centre, était une décision stratégique décidé par les habitants autochtones et nouvellement natifs de la planète. Leur rapport à la société ancré sur plusieurs générations durant plus de deux mille ans leur a donné l’initiative de favoriser une véritable et unique métropole afin de conserver un lien avec le reste de la galaxie, tout en préservant l’aspect et la nature sauvage de la planète en raison des multiples et imprévisibles orages et tempêtes, qui deviendraient de plus en plus violents en civilisant bien plus de parts territoriales qu’elle le tolère.
    Ceux qui ont vécu le plus longtemps pour en parler et témoigner savent à quel point Tython est réputé pour être qualifié de « monde vivant et pensant », comme si la planète était une entité douée d’une conscience propre qu’elle témoigne par des activités sismiques ou météorologiques afin d’exprimer son ressenti. C’est pourquoi Tythania fut fondée au seul endroit possible et stable sur le continent de Talss pour y accueillir non seulement toutes personnes souhaitant vivre en citadins, ouvrir un accès libre sur le reste de l’espace galactique… et établir le siège et quartier-général du gouvernement planétaire.

    L’Autarchie Tythanique n’est pas une organisation sociopolitique que l’on puisse comparer à d’autres dans l’univers connu : ce régime démocratique et oligarchique réunit un conseil dirigeant de représentants territoriaux des quinze à vingt communes réparties sur trois des quatre continents de la planète. C’est par ce conseil dirigeant composé d’ « anciens » que les lois et fondements vitaux et sociaux de la civilisation naturaliste tythane sont présentées, discutées et votées afin de maintenir une paix, une équité et une liberté durable par tous et pour tous. Les Anciens sont la preuve que chaque village et regroupement communal au sein de l’Autarchie accorde sa confiance envers son représentant législatif, dont le mandat dure moins de sept ans, et que ce système gouvernemental va durer pendant de très longues décennies. Toutefois, au sein même du Building Fédéral qui ressemble à une version plus monastique et sobre du building exécutif de la Galactic City, le conseil dirigeant des Anciens ne peut faire appliquer ou déclarer les lois et décisions sociopolitiques votées sans devoir passer par leur représentant exécutif.

    Kalaen, en arrivant à proximité du building : - Alors c’est dans ce bâtiment que nous allons rencontrer les différents gouverneurs de la planète ? On dirait presque une version moins agréable du Sénat.
    Maître Gaah’ris : - Les Anciens de Tython ne sont que les conseillers de l’Autarchie, jeune Kalaen. Ils forment entre eux un conclave de dirigeants territoriaux qui s’accordent sur ce qu’il y a de mieux à faire pour préserver la paix et la sûreté de leur monde et de leur population. Ils ne sont cependant pas les vrais dirigeants de ce gouvernement. Comme ils ne sont que la partie législative et juridique de l’Autarchie, ils délèguent le pouvoir exécutif à un gouverneur nommé à vie qui sert de médiateur, voire de chef d’État.
    Kalaen : - Et qui est le gouverneur alors ?
    Maître Gaah’ris : - Il s’agit du Maréchal-administrateur, fonction exécutive semblable à celle de gouverneur paramilitaire sur certains autres mondes dans d’autres régions de la galaxie. Et c’est cet homme que nous devons rencontrer dans le but de notre venue.
    Kalaen : - Mais vous comptez pas vous y rendre tout-de-suite, n’est-ce-pas maître ? Avec cet étrange orage provenant du cœur de la vallée, je pense que vous vous demandez comme moi ce qu’il se passe.
    Maître Gaah’ris : - Tu as raison Kalaen. Nous ne sommes pas pressés par le temps et il me serait judicieux d’en apprendre plus sur la vie des habitants de Tython depuis ces deux derniers siècles. Allons tranquillement vers le quartier du marché, nous y trouvons de quoi nous renseigner et découvrir.

    Les deux Jedi détournent donc leur chemin à travers la cité pour se rendre vers ce qui leur semble être le quartier marchand de Tythania. Leur traversée des rues et de la foule leur fait remarquer à quel point la disparité entre humains et espèces aliens est extraordinaire : le jeune padawan constate que la communauté humaine est parfaitement mélangée à celles des twi’leks, des mirialans, des chalactans, des kessuriens, des kiffar et même des zabraks. Une diversité d’espèces et d’ethnies où chaque foyer peut accueillir des groupes tout aussi homogènes qu’hétéroclites mais Kalaen reste consterné par le climat sociétal et professionnel des citadins comme des gens de village.
    La plupart ne travaillent que des métiers d’artisanat et de culture, dénotant dans leurs allures vestimentaires un style presque féodal tout en restant à la mode classique. Ce sont tous des gens de la terre et de l’ancien labeur, pense le jeune garçon en les observant chacun dans leur travail. Et en voyant à quoi ressemble la place principale du marché, il se rend compte que même les marchands locaux les plus fournis ne disposent pas de leur propre boutique au premier niveau des immeubles de permabéton artisanal. Les habitués se tiennent debout ou assis derrière le comptoir de leur étal et stand où leurs produits sont présentés aux passants, prenant part aux discussions des clients réguliers ou vantant certains articles aux visiteurs. Et un incident n’échappe pas au regard du padawan, comme pour celui de son maître, en ce qui concerne le marché extérieur provenant du commerce galactique.
    Un marchand whiphid, dont l’étal temporaire présente quelques objets de quincaillerie banale que l’on trouve dans le commerce global, est en conflit avec un officier en uniforme bleu-de-gris accompagné de quatre soldats d’infanterie en armure blanche de type Phase-I sénatorial.

    Marchand whipid : - Comment ça « je n’ai pas le droit de vendre ici » ? Ça fait deux ans que je viens régulièrement à Tythania vendre quelques produits du commerce libre aux habitants. Qu’est-ce ce c’est que cette interdiction soudaine, nom d’un vornskr ?
    Officier : - C’est la loi qui le stipule, whipid. « Toute forme de commerce et de marchandise provenant en-dehors de l’Autarchie doit être exclue des places marchandes et retirée de la circulation, jusqu’à vérification et autorisation de l’impact bénéfique sur les citoyens tythans. » Vous êtes dans l’illégalité.
    Marchand whipid : - J’ai déjà fait vérifié mes marchandises ! Je ne vends rien d’autre que des outils basiques et des pièces de rechange, rien d’illégal ou de malsain ! Je ne vois pas pourquoi je devrais arrêter de vendre sous prétexte que votre loi me l’interdit maintenant.
    Officier : - La loi est la loi. Conformément à chaque nouveau mandat du maréchal-administrateur, notre gouvernement réactualise et réinitialise les procédures pour éviter que les affaires de la galaxie ne viennent perturber le bon fonctionnement de notre société et la vie de nos citoyens. Vous devez repasser un contrôle obligatoire pour certifier que votre « marchandise » est légalisée et saine pour notre société.
    Marchand whipid : - Franchement, c’est n’importe quoi. L’ancien maréchal n’a jamais fait ce genre de coup quand il a été élu, lui au moins ne craignait pas de s’ouvrir un peu plus au reste de la galaxie que de maintenir cet isolationnisme ridicule.

    Visiblement, au regard de certains marchands autochtones ou citadins de passage, l’élan de contestation de la part du whipid ne semble pas joué en sa faveur. Le fait est que l’officier réagit aussitôt avec dédain.

    Officier : - Votre comportement est inacceptable et présente des signes de trahison. Soldats, saisissez-le.

    Les quatre soldats s’avancent et commencent à saisir le pauvre whipid qui s’agite et se débat, sous l’œil méprisant et arrogant de l’officier – un caporal qui plus est, en voyant de plus près son grade – et ils se mettent en route pour l’emmener probablement en cellule voire dans un espace bien pire. Et alors que les quelques marchands du coin ne tentent pas de réagir, Kalaen voit son maître intervenir calmement.

    Maître Gaah’ris : - Un instant soldat.
    Caporal : - Monsieur, je suis un caporal et non un simple soldat. D’ailleurs, vous interférez avec une affaire qui ne concerne que les forces de l’Autarchie. Veuillez céder le passage immédiatement ou je vous fais…
    Maître Gaah’ris : - Je crois que vous devriez relâcher ce whipid et le laisser faire ce pourquoi il gagne de quoi entretenir sa vie. Bien que je ne connais pas toutes les lois décrétées ici, il me semble qu’il n’est pas obligatoire pour lui de repasser ce contrôle pour authentifier son droit de marchandage. C’est d’ailleurs pour les nouveaux marchands que cette loi s’applique, ce whipid a déjà deux ans de certification pour faire du commerce à Thytania. Il est donc en règle et il n’a pas à subir cette arrestation.
    Caporal, l’ignorant et appelant par comlink : - Central, j’ai un étranger visiblement entêté qui me bloque l’accès au quartier-général. Je suis en route pour amener un marchand dissident et cet individu louche me bloque l’accès. Je demande renfort immédiatement pour assistance.
    Central (comlink) : - Reçu caporal. Veuillez préciser la nature de l’arrestation puis décrire précisément l’individu qui vous fait obstacle. Terminé.
    Caporal : - J’ai fait arrêter un whipid suspecté d’activité illégale et refusant de se plier au contrôle de certification sur sa marchandise d’origine outre-tythane. Le suspect prétend ne vendre que de la quincaillerie sans risque mais il n’a pas réussi à me duper. Quant à l’individu devant moi, c’est visiblement un fanatique religieux semblable à ceux provenant du plateau supérieur de la vallée et des vestiges épars. Il porte un manteau ample et un objet long et cylindrique qui pourrait être une arme dangereuse. Terminé Central, à vous. (Long silence.) Je répète : terminé Central, à vous. (Nouveau silence radio.) Allô !
    Central (comlink) : - Restez immédiatement où vous êtes caporal, on vient à votre rencontre.

    C’est au moins dix minutes après que la foule commence à se scinder et à s’écarter pour laisser passer un infime contingent de quinze soldats d’infanterie qui accompagnent un officier supérieur au caporal et visiblement… nerveux et contrarié. Il s’approche à grands pas de son subordonné et l’interpelle.

    Lieutenant : - C’est vous qui avez appelé, caporal ?
    Caporal, saluant militairement et au garde-à-vous : - Oui monsieur, cet individu visiblement fanatique fait obstacle à mes hommes et moi pour amener…
    Lieutenant, aboyant : - Taisez-vous ! Vous arrêtez un marchand déjà contrôlé et certifié par nos services il y a deux ans, sous prétexte qu’il n’a pas fait de nouveau contrôle. Seuls les nouvelles têtes non-déclarées auprès de l’Autarchie sont obligées de passer ce contrôle ! Ce marchand whipid est en règle et il n'a jamais fait de dérapage dans ses allers-venues ! Et de plus, vous étiez sur le point de nous faire arrêter un émissaire de l’Ordre Jedi avec qui l’Autarchie renouvelle des rapports sociopolitiques inaliénables ! Vous voulez nous faire causer un incident diplomatique avec une organisation chère à notre patrimoine ?!
    Caporal, perdu et balbutiant : - Mais…
    Lieutenant, le coupant net : - La ferme, caporal ! (Se radoucissant et s’adressant au maître Jedi.) Mille excuses pour cet incident maître Jedi. Je suis le lieutenant Lenster, chargé d’assurer la sécurité civile de Tythania au sein de l’Autarchie. Cet officier a mal interprété la loi pour laquelle il a fait arrêter ce whipid, nous ne vous accuserons pas d’avoir intervenu sans raison pour le rappeler à l’ordre. Je tiens en vérité à vous en remercier, il nous faut parfois encore être dans le dos de nos recrues pour éviter tout souci.
    Maître Gaah’ris : - Soyez sans crainte, lieutenant, je n’ai fait que procéder à ce que je fais de mieux. La teneur de cette arrestation m’ayant apparu comme inexacte et trop autoritaire, je me permis d’exercer mon droit de médiateur pour empêcher qu’une injustice soit faite.

    Il fallut un moment pour que le whipid soit relâché et que sa marchandise lui soit rendu, puis que le caporal soit renvoyé au quartier-général pour y recevoir une correction, et voilà le calme et la monotonie qui revient dans les rues et places du quartier marchand. C’est à cet instant que le lieutenant en profite pour questionner les deux Jedi sur leur présence dans le coin.

    Lieutenant Lenster : - Dites-moi maître Jedi, il me semble que vous êtes venu à l’attention de votre ordre pour rencontrer le conseil des Anciens et notre maréchal-administrateur. Que faites-vous donc loin du spatioport ou du building, à vagabonder dans les rues de notre métropole ?
    Maître Gaah’ris : - Nous sommes en effet venus rencontrer vos dirigeants au nom de l’Ordre, avec cependant une avance de trois heures. Mon padawan et moi en avons profité pour prendre le temps d’explorer la ville et de nous renseigner un peu plus sur le cadre socioculturel de vos citoyens.
    Kalaen : - À ce propos lieutenant, nous avons ressenti une perturbation dans la Force et provenant de cette région. Quand nous avons aperçu un orage qui s’annonçait, nous étions perplexes et nous nous demandions si quelque chose ou quelqu’un aurait provoqué cette perturbation météorologique.
    Lieutenant Lenster, pas surpris : - Je vois ce que vous voulez dire. En effet, il y a bel et bien quelqu’un qui a provoqué cet orage. Heureusement pour nous et les autres habitants, ce n’est pas une violente tempête mais seulement une démonstration de pouvoir faite pour intimider un jeune ignorant. Sachez, Jedi, que nous avons depuis maintenant plusieurs générations un gardien de la vallée, un vieux maître parmi les veilleurs des Whills, qui communique avec la Force et la planète pour prévenir d’éventuelles menaces. Tous les habitants de la vallée le respectent. Il s’agit du vieux maître je’daii Sigmar del Gormo.

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    Chapitre II.1. – L’un des meilleurs Rangers… malgré lui.

    Commenor – Pendant ce temps, quelque part dans le second bas-district…

    La situation stratégique de la planète Commenor, parmi les autres planètes civilisées de la région des Colonies, est resté la même depuis sa colonisation mais avec quelques légères différences depuis que les derniers évènements ont apporté leur lot de dérapages. Commenor reste bien entendu un avant-poste commercial et un monde-relais transitoire régulier pour les vaisseaux en provenance du long de la Voie Hydienne ou du reste de la région galactique. Le seul souci devenu de plus en plus difficile à gérer était la présence marquante et suppurante de bandes, gangs et sous-cartels de la pègre qui s’établirent afin de s’en prendre aux transporteurs de la République et d’autres cargos appartenant aux secteurs corporatifs comme celui de l’Autorité. C’est pourquoi Commenor est devenu, en dehors de ces océans, ces déserts, ces montagnes et ses villes ouvrières, un repaire-à-vipères dans le courant navigable du commerce spatial.

    Et pour cause, le second bas-district de Commenor City s’est peuplé en quelques décennies de divers gangsters, francs-tireurs, maraudeurs et autres contrebandiers patibulaires qui se préoccupent bien plus de leur profit sur le marché noir et leurs plaisirs personnels que de s’inquiéter de répercussions venant de la part des gouvernements voire de la Guilde elle-même. Les rues et les immeubles presque délabrés sont envahis par des groupes plus ou moins conséquents de membres de la pègre, où chacun s’hésite pas à faire savoir ou non sa liberté excessive et sa propriété sur certains endroits occupés et transformés à leur convenance. Tout ou presque est fait de manière à rendre la vie de contrebandier et criminel plus jouissive et attractive, tout en limitant certains tabous dans les pratiques plus physiques et sportives.
    C’est au cœur même de ce trou-de-rats, dans un ancien bâtiment administratif d’arrondissement de ce bas-district, que la forte majorité de ces habitants scrupuleux viennent et demeurent pour participer et profiter de services plaisants et addictifs (tables de sabaac, machines-à-sous, jeux holographiques, arène de combat sur paris et même scènes à pôle-danseuses) offerts par le principal maître deus lieux. C’est dans la grande salle de réception qu’il trône justement depuis son estrade, assis dans un fauteuil valant une petite fortune, qu’il dirige d’une main et d’une voix de maître l’orchestration d’une vente aux enchères. Cet homme, dans son faux uniforme militaire de prestige et sa cape courte, est connu comme étant le baron du crime de Commenor, le dénommé Lazcar Magnyak.

    Lazcar Magnyak, depuis son fauteuil et de biais à l’estrade et au public : - Et maintenant chers amis et visiteurs, après cet achat de la babiole Gree provenant de l’enclave d’Asation, je vous propose de passer aux lots les plus intéressants de cette vente organisée. Je sais que vous les attendiez tous et que vous êtes toutes et tous ravis de pouvoir mettre la main là-dessus pour votre plus grand plaisir… Rideau messieurs !

    Les gardes feeorins font chacun dissiper un pan de rideau holographique opaque de l’estrade et ils font apparaître, sous les exclamations ravies et enthousiastes du public, une dizaine de grandes cages en métal résistant et serrure électromagnétique où l’on peut voir quelques individus, jeunes comme mûrs, de différentes espèces : deux à trois wookies, cinq zabraks, un groupe de six zeltrons, huit mâles togrutas et une petite dizaine de jeunes femelles twi’leks. Leur allure vestimentaire commune les identifie comme des citoyens de petite et moyenne classe au sein de la Fédération Galactique.

    Lazcar Magnyak : - Nos prochains lots sont de beaux esclaves tout frais, capturés depuis divers transports que de charmants pirates et collaborateurs à mon cartel ont accepté de saborder contre rémunération. Soyez sans crainte, il en aura pour tout le monde. (Il claque des doigts et un garde feeorin amène une première jeune twi’lek.) Nous allons commencer par ce joli spécimen de twi’lek. Femelle rutian, jeune et fraîche, capable de vous servir de toutes les façons avec un peu d’effort et d’entrain, elle saura satisfaire tous ceux qui aiment s’entourer de belles créatures à leur service.
    Jeune twi’lek, s’indignant malgré son collier et ses menottes : - Je ne suis pas une esclave ! Je suis une citoyenne libre de la République, jamais je ne m’abaisserais à vos fantasmes puérils !
    Lazcar Magnyak : - Et comme vous pouvez le constater, elle peut avoir du mordant. Idéal pour ceux qui adorent… montrer qui est le patron. (Nouveau claquement de doigts et le feeorin claque la joue gauche de la jeune twi’lek qui hurle de douleur.) Ha hahaha ! Je ne crains ma jolie que personne ici ne se soucie de ce que tu étais avant de finir sur cette scène, et bientôt dans leur mobilier. Hahahahahaha !

    Une déflagration soudaine et enflammée se produit aussitôt, à proximité du générateur portatif qui alimentait à la fois le rideau holographique et les verrous des cages, et provoque un court jet de flammes qui brûle deux gardes feeorins et manque de brûler le visage de Magnyak. Le baron criminel rabaisse son bras droit après s’être protégé et cherche ce qui a pu provoquer cette déflagration. À vrai dire, la plupart des visiteurs et acheteurs présent dans la salle ont vite compris qu’un tir de pistolet-blaster avait parcouru la pièce pour venir se loger dans le générateur. Et que la personne qui tient le pistolet-blaster, debout à l’arrière de la salle et visible sur les marches d’entrée, est un jeune humain vingtenier aux cheveux bruns semi-longs et effilés habillé de la veste de terrain bleu vif à la corellienne des services de défense au sein de la République Galactique. Le jeune Ranger de la République fait tourner autour du pouce la gâchette de son pistolet-blaster WESTAR-35 avant de le ranger dans son étui contre la hanche droite.

    Jeune Ranger : - Bien, j’ai maintenant toute votre attention. (Il voit plus de la moitié des convives assises se relever de leur chaise ou contre le mur pour pointer leur arme de poing dans sa direction mais il se contente de relever sa manche gauche pour consulter son holomontre.) Dix secondes… Eh ben, je vous pensais plus réactifs que ça. C’est mon coup d’envoi qui vous a réveillé ?
    Lazcar Magnyak, rictus narquois : - Tiens, tiens, tiens… Voyez donc qui vient nous rendre visite. Si ça n’est pas ce tristement cher « agent Perseus Arek ».
    Perseus Arek : - C’est Ranger Arek, mets-toi ça dans la caboche Lazcar. Parce qu’au cas où ça t’aurait échappé, tu es en état d’arrestation pour sabordage organisé de transporteurs et trafic d’esclaves sur des victimes d’enlèvement. Et je te donne dix secondes chronométrées pour te rendre avant que je vienne te tirer d’ici par la peau du cou.
    Lazcar Magnyak : - Très éloquent de ta part Ranger, mais tu oublies que tu pénètres sur mon territoire et en pleine fête. Si tu penses éviter le mécontentement armé de mes invités… (Il sort de sous un pan de veste un boîtier de télécommande) … et les tourelles paralysantes qui t’ont en joue, je serais curieux de voir comment tu arriveras à venir jusqu’à moi et m’arrêter. Tu as beau être connu comme un agent efficace de ta corporation, Arek, mais j’ai un coup d’avance sur toi. Je savais que tu viendrais bêtement te montrer pour venir m’arrêter !
    Perseus Arek, sourire en coin : - Et moi je savais que tu savais que je viendrais bêtement me montrer pour venir t’arrêter.

    Magnyak remarque aussitôt la main gauche d’Arek s’agiter dans le vide, avec quelque chose dans son creux qui s’avère être… une cartouche de batterie d’alimentation. Le baron criminel se rend compte, en appuyant désespérément sur le bouton de son boîtier, que le système principal de ses tourelles défensives sont inactives sans leur cartouche de batterie qui les relient aux ondes télécommandées du boîtier.
    C’est donc avec une soudaine prise de conscience qu’il n’a plus les cartes en main, stupéfié, que…

    Perseus Arek, arme de mêlée en main : - À l’abordage !

    Le jeune Ranger brun s’élance dans la foule, qui commence à le canarder de tirs de pistolets-blasters, et il trace droit vers l’estrade tout en maniant avec adresse et maîtrise son arme blanche énergétique à lame standard à la couleur blanc argenté. Sa dextérité à cette arme lui permet de renvoyer presque instantanément les tirs vers d’autres angles de la salle et parfois vers d’autres tireurs présents qui sont blessés par la suite. En moins d’un quart d’heure, il arrive enfin sur l’estrade et il se lance dans un ballet rapide de frappes et d’estocs sur les gardes feeorins venus l’attaquer à la vibrolame. Une dizaine d’hommes de main, écroulés autour de lui par leurs blessures létales au sabre, et… leur pauvre chef qui tente désespérément de dégainer son propre blaster pour se défendre, s’enfonçant dans son siège.
    Perseus Arek s’avance, sourire victorieux mais stoïque en coin, et frappe Magnyak dans la figure.

    ***
    Le trajet de retour vers Coruscant, planète-capitale de la République Galactique et place-forte de son siège administratif, était presque une promenade de santé et un petit moment de calme avant d’arriver aux quais ultrasécurisés du spatioport militaire dédié aux services gouvernementaux. Un retour sur le sol ferme et dur des plateformes et sols permabétonés de l’infrastructure publique auquel Perseus Arek descend passablement et gaiment de la passerelle de la navette lourde de transport de l’armée pour se dégourdir un peu les jambes et assurer la descente des autres passagers.
    Le baron du crime Lazcar Magnyak, qu’il a pu mettre aux arrêts comme pour la plupart des criminels conviés, est emmené immédiatement hors de la navette et escorté par quatre soldats réguliers de la République vers son futur lieu de détention. Il est presque traîné à l’extérieur du vaisseau, bien menotté et bâillonné pour éviter qu’il n’attire l’attention, et les soldats en armure complète blanche de plastacier le serrent bien fort pour l’empêcher de se débattre. Perseus ne prête pas attention à son regard furieux et menaçant, estimant que Lazcar ne pourra pas mettre à exécution une quelconque vengeance avant un bon bout de temps. Ce n’est qu’après avoir vu le blindé anti-grav de transport embarquer le paquet et partir loin du spatioport qu’il se permet de prendre à son tour le chemin de la sortie et regagner la Galactic City. En pénétrant dans le hall principal du bâtiment, peu fréquenté ce jour-ci hormis par le personnel d’entretien, il aperçoit au loin un petit comité d’accueil dont les trois à quatre personnes en approche portent le même uniforme à veste corellienne bleu vif de sa corporation.
    L’un d’eux, un métisse korunnai, frappe des mains comme pour applaudir.

    Ranger korunnai : - Et le voilà, le champion du moment ! Applaudissez le Ranger qui a stoppé l’activité criminelle sur Commenor en un rien de temps trois mouvements ! (Il tend une poigne de bras.) Ravi de te revoir en vie et en forme, mec.
    Perseus Arek, serrant la poigne : - Merci, ça fait plaisir d’vous voir m’attendre. Vous êtes là depuis quand ?
    Ranger mirialane : - On vient d’arriver il y a à peine dix minutes, après avoir appris que le commando missionné sur Commenor revenait. On se doutait que tu serais parmi les premiers arrivés en navette, alors on est venu t’accueillir et te féliciter en personne.
    Ranger zabrak : - J’étais curieux d’apprendre comment tu as fait pour casser l’ambiance aux enchères de Magnyak et pour délivrer autant de civils sans causer plus de dommages qu’il y en a eu.
    Perseus Arek : - C’est l’un des avantages à anticiper les actions et décisions de sa cible. Figurez-vous que ce fichu excentrique de Lazcar avait…
    Voix féminine : - Ranger Perseus Arek !

    Le trio de camarades se retourne et s’écarte en voyant une de leurs membres venir à leur rencontre et s’approcher plus précisément de Perseus. La jeune femme, humaine à la peau basanée et coupe au carré long aux mèches noires lisses et tombantes, porte une version plus militarisée de l’uniforme de ranger et avec une barre de galon au niveau du cœur. Son expression faciale démontre une attitude neutre et sérieuse. Perseus ne s’attendait pas à ce que l’enseigne Valéria Scent, auxiliaire de commandement du BSR, vienne elle-même se déplacer pour lui, ce qui ne manque de le ravir légèrement.

    Valéria Scent : - Vous êtes enfin revenu de mission.
    Perseus Arek : - Valéria, ça pour une surprise ! Je ne pensais que tu viendrais du QG pour moi.
    Valéria Scent : - Gardez vos commentaires pour vous Perseus. Les général-divisionnaire m’envoie pour vous demander de venir directement à son bureau. Immédiatement. Je vous escorte jusqu’au QG pour que vous ne perdiez pas de temps à rejoindre son bureau.

    Perseus fait aussitôt une grimace de consternation et soupire ; il vient à peine de débarquer de sa mission qu’il est déjà convoqué par son supérieur le plus haut de son organisme. Il a conscience de ce qui l’attend et hoche de la tête, regard sérieux, pour signifier qu’il suit l’enseigne. Ses camarades ne pouvant pas le suivre, ils lui font savoir qu’ils rejoindront le building par leur propre moyen. Le voilà donc hors du spatioport et montant dans une berline anti-grav aux couleurs et marques du gouvernement, profitant de la traversée de la Galactic City depuis la banquette passager pour se préparer mentalement à cette entrevue qu’il redoute. Bien que le ciel au-dessus de la ville gigantesque et remplie de gratte-ciels imposants et miroitants soit bleu et dégagé, il pressent qu’un orage va lui tomber dessus ; parce que c’est généralement ce qui arrive lors de cette convocation. La traversée jusqu’au district du Sénat, où se dressent majestueusement les deux buildings emblématiques de la République, ne dure qu’un quart d’heure et le véhicule ralentit pour venir se garer sur la plateforme d’atterrissage du quatrième bâtiment public où fourmillent des agents et soldats en uniforme similaire mais plus sobre et moins distinctif.

    Perseus sort rapidement de la berline et pénètre à grands pas dans le Quartier-général coruscantii du Haut-Commandement Stratégique, l’organe dirigeant des forces militaires et paramilitaire de la République dont le Bureau de Sécurité fait partie avec ses escadrons et commandos de rangers. C’est à l’intérieur de ce bâtiment immense, foulant les corridors et couloirs remplis par d’autres rangers et agents d’autres services avec quelques droïdes protocolaires ou astromécanos, qu’il se dirige machinalement vers la partie nord du second niveau supérieur pour atteindre l’un des bureaux de direction calqué sur le modèle d’architecture du bureau de l’Exécutif républicain. Sans se soucier de savoir si l’enseigne Scent est toujours là où derrière lui (il marche vite pour elle), il fait savoir sa présence devant les deux soldats en armure para-sénatoriale et il pénètre dans la pièce au moment où les deux battants de porte coulissent.
    Il s’arrête un instant, fixant de loin le bureau sobre et lisse devant la baie vitrée de transpacier sur le district sénatorial et le reste de la cité, avant de faire dix pas lents en avant et se poster au repos militaire devant le meuble, jambes écartées et bras croisés au dos, pour faire face à l’homme cinquantenaire en uniforme blanc strié de bleu de général de division et au front brun sombre sur sa peau bronzé.

    Perseus Arek : - Vous vouliez me voir, monsieur ?
    Général-divisionnaire Garo Pellian, signant des formulaires en les fixant : - C’est exact, agent Arek. Je vois que vous avez reçu mon message à la bonne heure. (Il dépose son stylo après avoir terminé puis il sort un datapad fin qu’il dépose devant Perseus avant de croiser les mains sur son bureau.) Je suis mécontent, ranger. Très mécontent. Et vous savez pourquoi.
    Perseus Arek : - Y a-t-il eu des plaintes ?
    Garo Pellian : - Il y a eu peu de plaintes, ainsi que peu de retours favorables ou défavorables. Mais il n’empêche que le résultat est le même qu’à vos trois dernières interventions. Et c’est là où je veux en venir ! Le Bureau de Sécurité de la République existe pour sauver et protéger le gouvernement et sa population citoyenne contre les menaces intérieures et criminelles. Ses Rangers sont là pour les défendre et les secourir face au danger, pas les exposer à d’éventuels dommages collatéraux !
    Perseus Arek : - Monsieur, on ne peut pas toujours casser des œufs sans dommages collatéraux.
    Garo Pellian, modérément furieux : - Vous avez pour règle de limiter ces dommages collatéraux ! Vous croyez que ça ne me dérange pas de savoir que ces civils auraient pu être blessés par la déflagration de votre tir de blaster ? Que vous auriez pu trancher par inadvertance avec votre sabre-laser cette jeune twi’lek qui se trouvait encore sur l’estrade ?! Et puis… Qui vous a permis de coller ce poing à Magnyak ?! Vous étiez à la limite de le défigurer. Vous auriez pu vous contenter de l’assommer !
    Perseus Arek : - Il était à deux doigts de sortir son arme et me tirer dessus. J’ai agi instinctivement.
    Garo Pellian : - Ne refaites plus ça de manière aussi directe ! Vos actions ont peut-être sauvé des vies, mais vous auriez pu aggraver les choses. (Il soupire.) Perseus, cela fait cinq ans que je vous connais. Depuis que Johan, votre grand-père que j’estime en bien, vous a recommandé. Vous faites partie des meilleurs Rangers de la République que j’ai sous mon commandement et au sein du BSR. Vous faites quelqu’un d’efficace et d’investi dans votre tâche. Mais votre méthode laisse à désirer. Vous ne pourrez pas toujours continuer à agir de cette même manière sans qu’il y ait plus de blessés et de morts que sains et saufs. Pour une fois, je rejoins l’avis de mes pairs et du Haut-Conseil à ce sujet : ça ne peut plus continuer.
    Perseus Arek, stupéfié et consterné : - Vous me renvoyez ?
    Garo Pellian : - Je n’irais pas jusque-là, voyons. J’ai décidé de vous suspendre temporairement de votre travail et vous envoie prendre quelques mois de congé. Sachez, Perseus, que vous travaillez dur et sans relâche. Profitez de ce temps libre pour vous reposer et faire le point sur votre vie.

    Le jeune Ranger en a presque la gorge sèche, de savoir qu’on décide immédiatement de le retirer du système pour un quatrième petit dérapage. Mais il préfère d’abstenir de contredire son haut-supérieur en sachant que c’était peut-être le petit dérapage de trop. Bien que l’idée de congé par suspension ne l’enthousiaste pas vraiment, et qu’il n’aime pas rester inactive sans pouvoir aider.

    Perseus Arek : - J’imagine que le BSR devra se passer de moi pendant un moment…
    Garo Pellian : - Vos camarades sont autant capables que vous à gérer la situation contextuelle qui nous pend au nez, vous n’aurez pas à vous en soucier. Par ailleurs, Perseus, je ne vous reprocherais de garder avec vous votre ceinture utilitaire et votre sabre durant cette suspension… mais tâchez de rester le moins actif et le plus discret possible. Je ne veux pas d’incident malencontreux. À présent, disposez.
    Perseus Arek : - Bien monsieur.

    Le voilà qui cesse sa posture militaire de repos pour tourner les talons et prendre la sortie du bureau.
    Avec toute sa frustration et sa déception bien enfouie dans sa tête.

    jeudi 09 décembre 2021 - 22:46 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre II.2. – La motivation du descendant.


    Coruscant, appartement B12 du réfectoire du BSR – En fin de journée…

    Un placard-casier en duracier qui s’ouvre et une main qui accroche au porte-manteau la tringle qui porte la veste de terrain de ranger, avant de déposer le reste des vêtements de la combinaison militaire dans les cases voisines. Le haut bleu vif moulant en fibre synthétique dans le premier casier, le pantalon en synthécuir moulant dans le second, les bottes-cuissardes en cuir noir dans celui du bas et le reste dans le troisième. Puis le battant est refermé, avec le verrou électromagnétique qui s’enclenche pour sceller. Il garde sa main gauche appuyé contre la surface froide du métal de son placard, conscient qu’il est vraiment en train de ranger ses affaires de travail comme s’il allait partir. C’est probablement vrai, dans un certain point de vue. Mais comme l’a dit le général-divisionnaire, c’est un congé et non un renvoi.

    Perseus soupire et se détache de son placard-casier pour arpenter sa chambre, un simple espace de quatre murs sobres au papier peint uniformément beige sable où se trouve un lit simple, une table de chevet, un bureau, un fauteuil roulant, son placard-casier et une étagère de rangement. Il vient s’asseoir sur son lit et s’intéresse avec lassitude sur son sac de voyage, cylindrique et assez large pour faire croire à un sac de sport, dans lequel il a déjà mis quelques vêtements de rechange pour paraître plus civil. Mais même en se concentrant sur ça, il ne peut s’empêcher de se demander pourquoi il en ait arrivé là. Perseus ne se sent pas motivé à l’idée d’abandonner temporairement son métier pour prendre du temps libre.
    Il décide de laisser à nouveau en suspens son sac et quitte la chambre pour aller dans le reste de son appartement, un parmi les nombreux autres standardisés dans le réfectoire du BSR qui prend plus d’un niveau et demi d’emplacement dans l’immeuble-caserne de résidence pour les membres des services spéciaux et particuliers de la République. Un peu de confort dans un cocon de rigueur, s’était-il dit lorsqu’il a emménagé pour la première fois dans cet appartement, jugeant à la qualité de l’espace commun et de la vue orienté sur l’immense quartier administratif de la Galactic City que les architectes devaient avoir un sacré sens de l’humour et un balai dans le fion. Et puis cinq ans plus tard, à savoir maintenant, il ne trouve rien à redire sur ce logement individuel dans lequel il peut manger, boire et dormir sans être dérangé.

    Enfin, presque. Il se rend tranquillement vers le coin cuisine pour récupérer un verre-gourde en acier inox pour se sortir une bouteille fraîche de bière corellienne de son réfrigérateur, posant le récipient sur la table de cuisine pour déverser le contenu liquide de la bouteille… quand une sonnerie répétitive résonne dans la pièce. Perseus lève les yeux, jugeant du regard l’holocommunicateur domestique qui sonne avec un voyant bleu allumé à la seconde position, puis il patiente le temps que l’appareil veuille bien arrêter son tintamarre. La sonnerie ne daigne pas s’arrêter après deux minutes d’attente, il soupire d’agacement et il finit de remplir son verre avant de le prendre et de venir décrocher l’appel. L’écran holographique multifonction s’allume aussitôt et projette l’image interactive du mode visioconférence de l’appareil.
    Perseus se poste entre son canapé et la table basse, posant son verre dessus avant de faire face à la femme d’âge mûr de l’autre côté de l’image, dont l’environnement domestique témoigne de goûts simples mais divers sur la culture esthétique.

    Femme (holocommunication) : - Coucou Perseus ! Comment va mon petit ranger ?
    Perseus : - Bonsoir maman. Tu décides de m’appeler plus tôt que prévu, là. Je rentre tout juste.
    Dana Arek (holocommunication) : - Vraiment ? Je pensais que tu avais terminé ta journée. Il me semble bien avoir entendu que tu étais rentré de ta mission sur Commenor, après avoir capturé ce baron de la pègre… Enfin bref, je me suis dit que ce serait bien de t’appeler maintenant. Tu n’as pas eu l’occasion de nous contacter dernièrement, surtout avec toutes ces interventions où l’on t’envoie au péril de…
    Perseus : - Maman, cesse de te tortiller l’esprit. Je suis là maintenant, j’ai décroché ton appel alors tu peux me parler pour prendre de mes nouvelles. C’est bien ton intention, j’me trompe ?
    Dana Arek (holocommunication) : - Évidemment. Tu sais à quel point je m’inquiète pour toi, que j’ai besoin de m’assurer que tu vas bien à chaque fois que tu reviens de mission. Et puis quand j’ai appris que tu avais une suspension temporaire pour prendre un congé, j’ai trouvé que c’était idéal pour…
    Perseus, perplexe : - Attends, attends une seconde. Qui t’a informé de ma suspension ?!
    Dana Arek (holocommunication) : - L’enseigne Scent. Elle a tenue à nous informer au cas où, comme nous sommes tes parents. C’est une jeune femme charmante et dévouée, je trouve.

    Perseus grogne en silence en levant les yeux. Il maudit de tête l’enseigne d’avoir eu la bête idée de prévenir ses parents qu’il a été suspendu et qu’il était en permission de congé ; il aurait souhaité l’annoncer lui-même en prenant le temps de se poser et de réfléchir, histoire de ne pas brusquer les choses et d’expliquer le pourquoi du comment. Mais le mal est fait et Perseus va devoir réparer lui-même l’erreur directement avec cette visioconférence lancée par sa mère.

    Perseus : - J’ai été suspendu oui, mais ma permission de congé n’en est pas vraiment une. C’est juste quelques jours ou quelques semaines de repos, histoire de me vider la tête.
    Dana Arek (holocommunication) : - Dans ce cas, tu pourrais en profiter pour venir passer quelques temps à la maison, revenir sur Ganthel. C’est l’occasion ou jamais de venir nous voir et passer un peu de temps à nous raconter tes dernières péripéties de métier. Cela fait plus de cinq mois que tu n’es pas revenu.
    Perseus : - Je sais et je m’en excuse. Seulement, je ne peux pas prévoir à l’avance chacune des missions auxquelles on m’envoie. Je suis au sein du BSR, maman, je suis donc souvent sur le terrain à devoir…
    Voix masculine (holocommunication) : - C’est tout ce que tu trouves à dire, pour contredire ta mère ?

    Une seconde personne apparaît dans l’image holographiée, montrant un homme cinquantenaire aux traits durs et au front court brun dans un uniforme bleu semblable à ceux que portent les membres du service rapproché de la Chancellerie. Perseus serre des poings, il ne manquait plus que son père rentre lui aussi de son service au sein de la Garde sénatoriale.

    Vatem Arek (holocommunication) : - Tu ne manques pas de culot, fils.
    Perseus : - Bonsoir à toi aussi papa. On dirait que tu rentres toi aussi de plus en plus tôt.
    Vatem Arek (holocommunication) : - Je ne fais que rentrer chez moi après avoir reçu une permission en raison de ma présence régulière et active auprès des sénateurs et des membres de l’Exécutif. Une chose que tu peux comprendre de ton côté, vu que j’entends et j’apprends que tu as reçu un congé après avoir été suspendu. Ils ont fini par comprendre que tu n’avais pas le talent pour ce métier ?
    Perseus : - Ça n’a absolument rien à voir. Le général Pellian m’a juste envoyé en congé pour m’éviter de perdre la tête et de refaire des gaffes au cours de mes missions. C’est seulement le temps de me reprendre pour être opérationnel sur le terrain, je n’ai pas arrêté de bosser ces sept derniers mois et…
    Vatem Arek (holocommunication) : - Parce que tu crois que je n’ai pas bossé autant que toi ?! Que je n’ai pas sué pour faire en sorte que la vie de représentants planétaires et territoriaux soit protégée de diverses menaces venant de partout ?! Je ne suis peut-être pas sur le même terrain que toi, mais moi au moins je sais comment faire efficacement mon devoir au lieu de partir dans tous les sens sans rester en place.
    Dana Arek (holocommunication) : - Vatem, ne recommence pas ! Ce n’est pas le moment…
    Vatem Arek (holocommunication) : - Je ne recommence pas, je continue. Il va falloir qu’il comprenne un jour que ce n’est pas en jouant les héros avec le même métier que son grand-père qu’il va se construire un avenir durable et contribuer au maintien de sa famille. Cela fait dix ans que je tente de lui faire comprendre les choses, de l’orienter vers ce qu’il a de mieux pour lui et de lui offrir une voie durable…

    Perseus se retient de mettre son visage dans ses mains, en entendant de nouveau le même refrain.

    Perseus : - Parce que travailler comme garde du Sénat est une voie durable pour l’avenir, selon toi ? Je ne t’ai jamais demandé de mettre sur le dos cette formation de garde, tu as choisi pour moi sans demander mon avis. J’ai choisi de faire Ranger de la République pour me battre pour la dignité des faibles, pas pour me contenter de servir et surveiller une assemblée stagnante d’individus trop occupés à élever la voix.
    Vatem Arek (holocommunication) : - Ces individus sont les membres élus de chacun des mondes et systèmes de la République, dont le nôtre fait partie. C’est grâce à eux que des gens vivent en liberté et en paix, que des discordes sont évitées et que des solutions sont votées. Les protéger et s’assurer de leur présence est une marque de reconnaissance à leur égard. C’est largement plus gratifiant que de perdre son temps à essayer de sauver la veuve, l’orphelin ou encore l’infortuné dans des situations cruciales…
    Perseus, direct et énervé : - C’est justement ça ton problème. Tu valorises ton travail et tu veux absolument que je suive l’exemple parce que tu n’as pas confiance envers les autres services. Tu préfères le confort d’un métier stable et honorifique au sein du Sénat, alors que grand-père et notre famille s’est longtemps engagé au sein des Rangers afin de se battre pour le peuple à travers la galaxie. Je suis exactement ce que tu as refusé ou éviter d’essayer de devenir, juste parce que tu ne lui as jamais pardonné la mort de grand-mère. C’était un accident. Et grand-mère savait quelles étaient les conséquences. Quant à moi, je suis satisfait de ce que je suis et de ce que j’entreprends. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’au moins moi je ne crains pas d’aller affronter l’échec et la mort aux quatre coins de la galaxie, pour m’assurer que des peuples et des êtres vivants continuent de vivre sans problème !

    Perseus tente de se calmer, de ne pas céder davantage à la colère devant l’entêtement de son père. Il prend conscience que, finalement, le général Pellian avait raison. Il a besoin de repos et de se changer les idées à cause de toute cette tension familiale sur sa motivation et son choix. Il finit par retrouver le calme, soupire un bon coup, puis il termine cette conversation.

    Perseus : - Désolé maman, je pense qu’on va en arrêter là. Je raccroche l’appel.
    Dana Arek (holocommunication) : - Je te comprends. Bonne soirée Perseus, je t’aime.
    Vatem Arek (holocommunication) : - Perseus, non, je n’en ai pas terminé avec…

    L’image holographique est arrêtée et renvoyée en quelques secondes après qu’il est appuyé sur le bouton correspondant, coupant la discussion dans son élan et ramenant le calme dans la pièce. Perseus inspire pour s’assurer que sa tranquillité est bel et bien revenue et que la voix de son père ne continue pas d’émettre des propos méprisants malgré la fin de la visioconférence. Rien. Le calme plein. Il se baisse pour récupérer son verre de bière et commence à la siroter à moyennes gorgées, heureux de pouvoir savourer sa boisson après ce moment houleux. Une à deux gorgées bues plus tard, il décide de se concentrer de nouveau sur sa permission de congé et il réfléchit longuement, sur comment il pourrait organiser cela sans se contenter de rester dans les parages, à ne rien faire. Il se dit qu’un voyage sur une autre planète serait peut-être un moyen enrichissant de passer à autre chose : explorer d’autres lieux, découvrir d’autres cultures et faire de nouvelles rencontres. Rencontres. Ce mot le ramène presque à ce que disait son père, qu’il doit construire un avenir durable. Il est vrai qu’il est encore célibataire mais il n’est pas pressé, il doit commencer à y songer et à envisager cette possibilité lentement, au fur et à mesure de ses chances de vie. Rencontrer quelqu’un est encore loin de faire partie de ses options.

    On sonne à sa porte. Perseus se demande qui peut bien venir se poster devant son appart, en sonnant avec le bouton d’appel de son digicode, et il espère que c’est seulement un de ces camarades de brigade venu le voir ou l’inviter parce qu’il sera plus tolérant et s’excusera de ne pas pouvoir suivre. Mais en passant son doigt sur le judas de porte pour voir à travers la lentille de transpacier, il manque de tomber. La personne qui est postée devant sa porte n’est d’autre que Valéria Scent, vêtue non plus de sa tenue d’enseigne mais comme si elle prévoyait de sortir. Perseus hésite, perplexe, à ouvrir mais il se ravise en se disant que ça serait malpoli de me pas répondre alors qu’il est là chez lui… et qu’il a besoin de s’expliquer avec elle. Sa main droite vient se coller contre le panneau de contrôle d’entrée et il déverrouille le battant pour que celui-ci coulisse lentement… et ouvre l’espace de l’encadrement sur le corridor de l’étage.

    Valéria Scent, toujours coiffé avec sa coupe au carré long et lissé, se tient devant l’encadrement et découvre enfin Perseus dans sa tenue civile, qui reste pour le moment un haut simple blanc cassé à manches longues et un jean serré en cuir tanné cobalt avec une paire de bottines d’intérieur. Perseus avait pris la peine de poser son verre sur la table de cuisine avant d’ouvrir, pour mieux avoir les deux mains libres même s’il se penche peu à peu sur la droite pour s’appuyer contre le rebord et croiser les bras. Perseus reste calme devant sa visiteuse et tente d’avoir un air stoïque devant son sourire.

    Perseus, simulant un étonnement : - Enseigne Scent. Vous ici, quelle surprise. Y a un problème ?
    Valéria : - Non non, tout va bien. Je passais comme ça, voir si tout allait bien. Je te dérange ?
    Perseus : - Pas vraiment. Je suis en train de faire du ménage dans mon équipement et de préparer un sac de voyage pour mon congé. Comme j’ai reçu ma suspension, il va me falloir m’organiser pour trouver de quoi tuer le temps efficacement et judicieusement, donc je pense partir quelques temps ailleurs.
    Valéria : - Je vois, tu comptes partir pour profiter de ton congé. C’est une bonne initiative. Hum, alors… À vrai dire, j’ai prévu de sortir un peu et d’aller me ressourcer dans un endroit chic où l’on peut manger et boire pour un revenu moyen. Je me disais que… que tu serais intéressé et que tu serais d’accord pour m’accompagner tout en te changeant un peu les idées. Vois ça comme une invitation, c’est moi qui régale.

    Le jeune humain de Ganthel trouve que cette proposition ne tombe pas vraiment à pic, surtout en sachant que son interlocutrice s’est permise récemment de faire quelque chose qu’il devait faire lui-même et seul.

    Perseus, après un léger silence : - Je peux savoir pourquoi tu as informé mes parents à ma place ?
    Valéria : - J’ai fait ce que mon rôle d’auxiliaire me demande, prévenir les proches de nos agents de toutes nouvelles sur leur état, leur statut et leurs absences. Quand j’ai appris pour ta suspension et ta permission impérieuse, j’ai trouvé logique d’en avertir tes parents au cas où tu n’aurais pas donné de nouvelles depuis longtemps. Je ne vois pas où tu veux en venir, Percy.
    Perseus : - Tu le sais parfaitement. Prévenir mes proches de ma perte ou de mon incapacité à cause de circonstances désastreuses, c’est ton boulot. Mais avertir que j’ai été suspendu et placé en repos indéterminé et obligatoire afin de mieux leur expliquer le motif, c’est le mien. Tu n’as pas à communiquer le fait que j’ai été mis à l’écart à mes parents sans que m’en avoir demandé l’avis. Mon père a cru que j’avais perdu ma place au BSR et que je ne pouvais plus travailler pour la République.
    Valéria : - Mais tu t’es expliqué avec lui pour éviter un malentendu, n’est-ce-pas ?
    Perseus : - Je me suis retrouvé à nouveau à m’engueuler avec lui, en fait. Et je te dis merci pour ça.
    Valéria : - Tu me reproches d’avoir fait que tu t’engueules avec ton père ? J’ai seulement fait mon devoir, Percy, je n’ai jamais voulu que tu te prennes la tête avec ton parent à cause d’une suspension.
    Perseus : - C’est justement pour ça que tu aurais dû me demander avant d’agir. Mon père me prend la tête à chaque fois qu’il a vent de quelque chose sur ma mission de ranger et j’ai pas envie qu’il vienne à chaque fois me bassiner avec son statut de garde sénatorial pour me dévaloriser. J’ai pas besoin de ça.
    Valéria, vexée : - Tu aurais pu venir me le dire au lieu de me laisser faire. Je ne lis dans tes pensées.
    Perseus : - Tu te permets de te vexer, là, alors que tu ne m’as même pas salué en arrivant ? Ça aurait été plus agréable de t’entendre dire « salut Perseus, comment vas-tu ? » que de m’annoncer de but en blanc que le général me demandait dans son bureau. Un peu de sympathie, ça n’aurait pas fait de mal !

    La jeune femme commence à s’énerver et se décide à s’exprimer sur un ton haut et fâché.

    Valéria, en colère : - Tu es vraiment odieux avec moi, Perseus Arek ! Je fais ce qu’il faut pour être une auxiliaire compétente et douée au sein du QG pour faire en sorte que tout le monde puisse avoir ce qu’il y a de mieux auprès du HCS. Si je me suis montrée rigide selon toi, c’est parce que je m’investissais dans mon travail autant que toi dans le tien ! Ce n’est pas parce que je suis sorti avec toi il y a un an que je dois forcément me montrer plus tendre et perdre mon professionnalisme ! Franchement… tu dépasses les bornes. Dire que je pensais te faire plaisir en t’invitant à sortir ce soir… tu n’en as coupé l’envie ! Alors vas-y donc, reste tout seul avec tes problèmes ! Vas donc errer dans la galaxie pour te vider la nébuleuse qui te sert de cervelle ! Sache que tu peux bien t’écraser sur un astéroïde ou te perdre sur Tatooïne… je n’en aurais cure et ça t’apprendra !!!

    Et la voilà qui s’en va dans le corridor, fâchée, et qui disparaît dans l’ascenseur pour descendre de l’étage.
    Perseus referme sa porte coulissante qu’il verrouille, lui aussi fâché, mais il se prend la tête en plantant profondément ses doigts dans son cuir chevelu. S’énerver contre son père est une chose mais se prendre la tête avec sa seule copine du moment, il a vraiment tout gagné. Il se décide machinalement à aller s’allonger sur son canapé et se sert d’un coussin pour hurler dedans, évacuant toute sa frustration envers Valéria et envers lui-même, puis il prend la peine de se calmer et de remettre ses idées au clair. Maintenant qu’il a foutu en l’air une chance de profiter d’un rendez-vous avec la belle Valéria, il n’a plus qu’à passer le restant de sa soirée à continuer son sac et réfléchir à un endroit où se rendre.

    C’est alors, dans un éclair d’inspiration ou par une manifestation quelconque de la Force il pense, que lui vient l’idée de partir demain de bon matin… sur la planète Tatooïne. Quitte à se permettre un congé, mieux vaut pour lui de s’intéresser de plus près au lieu d’enfance de Luke Skywalker.

    jeudi 09 décembre 2021 - 22:57 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre III.1. – Le maréchal-administrateur.


    Tython, building fédéral de Tythania – Au même moment…

    Le Building Fédéral du gouvernement autarchique tythonien se dresse au centre de Tythania, comme un début d’immense champignon dont le chapeau en dôme semble plus haut et plus grand que le pied qui le soutien, et domine l’ensemble de la cité naturaliste par son architecture plus urbaine et propre aux infrastructures administratives. La nette différence avec la ressemblance au Sénat corusantii est la présence de pierre graniteuse blanche, typique du sous-sol de la vallée, qui vient apporter cette impression d’ancrage dans l’environnement socioculturel de Tython. On peut ainsi voir de loin ou de haut un immense bâtiment rond et arrondi aux murs de permabéton local et aux quelques centaines de larges fenêtres et baies vitrées de transpacier, s’élevant au milieu d’un étang de maisons et immeubles résidentiels entouré par un rempart protecteur qui l’encercle, et habité par des individus ne formant pas une assemblée aussi démocratique et nombreuse qu’on le pense.

    Le Building Fédéral est bien calme en cette fin avenante d’après-midi, avec ces halls et couloirs éclairés de lampes-néon murales et décorés de tapisseries uniformes sur un fond beige ocre de peinture, pendant que la centaine d’employés de service et d’entretien va-et-vient dans une démarche plus que monotone. Ce calme profite à ceux qui sont encore assis dans l’hémicycle de vingt mètres de périmètre au douzième niveau, dont la principale préoccupation est de débattre sur la prévention des retombées du contexte galactique actuel sur la paix et la sécurité de la planète. Certes, rien n’a encore atteint le système Tython mais les Anciens ne laissent rien au hasard, ils veulent justement trouver la meilleure alternative pour empêcher que les problèmes de la Fédération Galactique n’impactent sur le bien-être de leur autarchie.
    Et pendant que les quinze conseillers continuent de passer leur soirée à débattre sur leur sujet de réflexion, qui a commencé de bon matin à vrai dire, une ambiance presque agréable et conviviale s’étend dans le bureau exécutif situé au treizième et dernier étage. La grande pièce, circulaire et aménagée sous une coupole de transpacier qui donne sur le sommet du toit et la voûte céleste, est décorée de divers mobiliers de style néo-tythan en bois et duraplaste sur un sol tapissé de duvet synthétique pourpre. Un espace tout aussi confortable que sobre, avec ce vide entre les meubles postés le long des murs et sur le plancher supérieur en anneau autour d’un demi-plancher rond.
    C’est dans ce demi-plancher au centre de la pièce que le maître Jedi bothan Gaah’ris et son jeune padawan Kalaen sont assis dans leur fauteuil anti-grav ovoïdale en duraplaste clair, fixant de loin la personne assise dans un grand fauteuil-sur-roulette en fibre synthétique, derrière son bureau arqué et arrondi et dos à eux, un verre de vin à la main.

    Le maréchal, timbre grave mais suave : - Vous devez avoir eu un aperçu de la vie au sein de Tythania, en profitant de votre avance sur cette entrevue dans mon humble bureau. Vous comprendrez donc que nous autres, habitants natifs et réfugiés de Tython, avons tout fait pour mener une existence paisible et sûre sans être perturbé par les évènements produits au cours de ces deux dernières siècles.
    Maître Gaah’ris : - La situation sociographique de Tython est restée neutre et inintéressante pendant ce temps-là, avec les intérêts économiques et politiques que les factions en guerre se devaient d’acquérir et d’améliorer pour avoir la chance de remporter l’issue avant les autres. Le fait est que Tython n’a plus fait vraiment parler d’elle depuis la tragédie de Ruusan, après que nos prédécesseurs Jedi ont évité de maintenir les liens avec certaines enclaves importantes dont celle d’Ossus.
    Le maréchal : - Cependant, cela n’a pas empêché quelques pirates, contrebandiers et explorateurs imprudents de venir s’aventurer aux confins de cette région, à la recherche de mondes à extraire de ses ressources jusqu’à épuisement. Fort heureusement, nous avons eu un avantage que d’autres ne pourraient en vanter la fierté : Tython est elle-même capable de se dissimuler dans les méandres du Noyau grâce à sa nature mystique et imprévisible. Du moins, c’est que disent les rumeurs et racontars.

    La main droite qui tient le verre rempli de vin rouge se lève pour venir porter le liquide aux lèvres de la tête blonde ambrée presque dissimulée derrière le dossier rectangulaire du fauteuil.

    Kalaen : - Navré de me mêler à cette discussion mais, à vous entendre, on dirait que vous ne croyez pas aux histoires et théories mystiques qui entourent le mystère de la planète.
    Maître Gaah’ris : - Vous devriez prêter attention de temps à autre aux aspects profonds de ce monde. Cela ne vous aidera peut-être pas dans votre travail mais vous pourrez au moins avoir d’autres cartes à jouer sous votre main. Et c’est pour ça que vous devriez réfléchir à cette proposition. Vous n’avez rien à perdre à laisser quelques chercheurs de l’Ordre à venir explorer Tython et son passé. Même si vous n’aimez guère les Jedi, Artheus Tarkin.

    L’homme fait aussitôt pivoter son fauteuil vers sa droite pour apparaître devant son bureau. Le maréchal-administrateur de l’Autarchie Tythanique, habillé de son uniforme militaire bleu cobalt sous un plastron moyen de duraplaste beige cuivre et une grande cape pourpre de fibre imperméable, fait face à ses deux visiteurs en les fixant de son regard sévère mais serein, stoïque malgré la remarque faite sur son opinion. Artheus Tarkin demeure incroyablement calme et humble, malgré quelques traits d’irritation au front.

    Artheus Tarkin : - Maître Gaah’ris, votre jugement est un peu excessif et erroné. Les Tarkin que je représente n’ont rien à voir avec le dédain tristement reconnu de Wilhuff Tarkin envers les utilisateurs de la Force. Mon arrière-arrière-grand-oncle était certes un officier et un gouverneur efficace sous l’Ancien Empire Galactique mais c’était aussi un homme odieux et méprisant. Ma famille s’est peu à peu détaché de lui afin de vivre en paix et en cohésion avec la démocratie et la tolérance des autres espèces, mon grand-père lui-même a contribué à venir en aide aux familles aliens de longue date sur Tython, lorsqu’il a choisi d’y venir pour fuir les horreurs de la guerre avant de devenir maréchal-administrateur avant moi. Aujourd’hui, les Tarkin présents sur Tython sont plus ouverts et tolérants à la diversité ethnique et sociale entre humains et aliens. Quant aux Jedi et à la Force… sachez que reconnaître la légende plurimillénaire de ce monde ne m’empêche pas de me contenter d’une approche plus « pragmatique » de l’autorité envers ses habitants. Je suis un autocrate populiste, pas un mystique.
    Maître Gaah’ris : - Vous ne niez pas au moins être un partisan de l’autorité singulière, maréchal Tarkin. Alors même que le fonctionnement de l’Autarchie repose sur la cohabitation et l’équité entre les différents Anciens des quinze territoires civilisés et habités par la population tythane, vous vous permettez de suivre le même exemple que votre grand-père lors de son mandat, privilégiant votre pouvoir exécutif au détriment de vos pairs conseillers. Vous adoptez un statut « dictatorial », Artheus.
    Artheus Tarkin : - Agir et décider comme bon me semble sur le gouvernement ne veut pas dire que je ne me soucie guère de mon peuple. (Il repose son verre sur son bureau, prêt à bouger de son fauteuil.) Les Anciens passent plus leur temps à profiter de leur statut de représentant et de leur siège en hémicycle que de penser à maintenir l’ordre et la discipline parmi leurs citoyens. Même sans être dépendant de la République ou bien de la Fédération, nous avons nous aussi nos soucis de désordre et d’irrespect envers la loi et la sécurité d’autrui. Mon comportement « dictatorial » est une contre-mesure face à cela.

    Il fait à nouveau pivoter son fauteuil pour se lever et venir se poster devant la baie vitrée de la façade est de sa pièce, observant de loin l’horizon de la plaine qui s’étend dans le creux de la vallée, mais il continue de suivre et d’animer cette conservation avec le représentant Jedi invité.

    Artheus Tarkin, sûr et décisif : - Vous ne m’en voudrez donc pas de parler à la place des « anciens », mais pour en revenir à notre sujet je ne reviendrais pas sur ma position. (Sentencieux.) L’Ordre Jedi n’est plus vraiment le bienvenu sur Tython, sa présence ne causera que discorde et insécurité.

    Le bothan inspire et soupire de dépit, constatant que sa démarche diplomatique n’a pas suffi à convaincre le maréchal-administrateur du bien-fondé de l’Ordre dans la redécouverte et l’étude de la planète. À vrai dire, il le pressentait et il espérait ne pas avoir à envisager ce constat. Bien qu’attristé par la décision, il garde le silence et reste serein pour ne pas perdre espoir et tolère la volonté du gouvernant. Ce que son jeune padawan ne fait pas en réagissant aussitôt de manière outrée.

    Kalaen, énervé : - Comment pouvez-vous montrer autant d’arrogance et d’indifférence devant une demande simple de l’Ordre ? Comment osez-vous refuser l’accès à la planète alors qu’elle a longtemps fait partie des mondes emblématiques Jedi ? Tython appartient autant aux Jedi qu’à vous, maréchal.
    Artheus Tarkin, silencieux et absent : - …
    Kalaen : - En fait, vous n’avez que faire de la mémoire et du patrimoine de Tython ou encore de son lien avec l’histoire Jedi. Vous vous contentez d’exercer votre pouvoir sur ce que bon vous semble, sans tenir compte de l’avis et du conseil d’autres institutions qui ont droit aussi à revendiquer Tython.
    Maître Gaah’ris : - Kalaen, arrête-toi là. Tu en dis trop.
    Kalaen, interdit : - Mais maître…
    Artheus Tarkin : - Personne ne peut revendiquer Tython. C’est elle seule qui décide à qui et quand elle s’ouvre et se dévoile au reste de la galaxie, lorsque le besoin s’en fait ou par le biais de la Force.

    Le maréchal se tourne à nouveau vers ses deux invités et marche de manière nonchalante pour venir de positionner entre son propre bureau et eux.

    Artheus Tarkin : - Les Jedi ont peut-être oublié au fil des générations, mais la planète elle n’a jamais perdu le souvenir douloureux des guerres et des schismes. Elle a supporté pendant plus de trente mille ans la déchirure des idéologies primaires sur la Force, le fracas des lames chargées d’énergie positive et négative, la perte de nombreuses vies sur son sol et la brûlure des inventions artificielles et contre-nature de la civilisation intersidérale en conflit. Voilà la raison de mon refus, padawan Solar : la planète Tython est fragilisée et coalescente, ses vieilles blessures physiques et psychiques n’ont pas fini de cicatriser et certaines continuent de suppurer à cause des derniers bouleversements survenus.

    Le jeune Kalaen n’ose pas répondre à cela, puisqu’il ne connaît pas grand-chose à la planète en-dehors des quelques connaissances basiques et épars dans les livres de la bibliothèque du Temple Jedi sur Coruscant. Il cherche au cas où le soutien de son maître mais le bothan semble concentré et attentif aux paroles du gouverneur, construisant au fur et à mesure sa réflexion.

    Artheus Tarkin : - Vers qui croyez-vous que les tythans de ces vingt dernières générations se sont tournés lorsque la paix et la liberté ont été bannis lors de la décadence de la République et la montée de l’Empire ? Les Jedi ? Les contemporains de l’ordre et des enclaves annexes se préoccupaient bien plus de leur intégrité au Code et au maintien des valeurs du gouvernement que des soucis autres de leurs anciennes colonies. Ils n’ont jamais cherché à revenir sur les mondes sacrés tels que Jedha, Ahch-To ou encore Ossus pour se rendre compte de leurs erreurs.
    Maître Gaah’ris : - C’est donc vers les Gardiens des Whills que vous autres avez sollicité de l’aide.
    Artheus Tarkin : - Les Gardiens ? Pff. Les Gardiens des Whills ne sont plus. (Il se dirige vers le bout supérieur de sa commode de gauche et récupère dans un tiroir un ouvrage artisanal de cuir et de papier végétal qui ressemble à un vieux manuscrit.) L’héritage du savoir de ce peuple décline de jour en jour. Le sang atavique des Grands Seigneurs ne coulent presque plus. Leur sagacité et leur lucidité se détériore à force d’avoir été chassés et persécutés par les autres idéologies plus jeunes de la Force. Mais les gardiens n’ont jamais abandonné Tython, pas plus que les natifs tythans qui ont alimentés leurs rangs pour veiller à ce que la planète guérisse en bonne voie et entretenir l’équilibre tant prôné par les Whills et leurs disciples de la voie Je’daii. Aujourd’hui, ils se sont plus qu’une infime poignée sur notre planète. Vieux et fatigués malgré leur attachement à leur credo et à leur engagement envers Tython. L’Autarchie est déjà satisfaite d’avoir ces hommes et femmes parmi eux, l’arrivée des Jedi ne ferait qu’alourdir la charge de leur travail.

    Un moment de silence revient, ni court ni long, auquel le maître Jedi bothan interpelle à nouveau sur le sujet par une constatation récente.

    Ceir Gaah’ris : - Ce Sigmar del Gormo, dont un de vos officiers m’a parlé, est un des leurs n’est-ce pas ?
    Artheus Tarkin : - Ce pauvre vieil homme a hérité du nom et de la charge de sa famille, vivant depuis des lustres aux abords du vieux Grand Temple sur le plateau de Tythos. Il vit chaque heure de son temps à communier avec l’énergie de notre planète et conserver la philosophie de son ordre en l’entretenant. Mais il arrivera un jour où il finira par nous quitter, et malheureusement il n’a pas d’héritier.
    Kalaen : - Le Conseil Jedi pourrait envoyer un de nos membres consulaires pour le remplacer à son décès.
    Ceir Gaah’ris : - J’ai ressenti au travers de sa quiétude extraordinaire et de sa solitude un profond sentiment de remords camouflé en désir. Quelque chose me dit qu’il attend quelque chose avant de laisser la Force le rappeler à elle. Vous a-t-il dit ce que c’était ?
    Artheus Tarkin : - Sigmar del Gormo n’est plus qu’un vénérable sénile et fou, mais il n’est pas pour autant un idiot ou n’a rien perdu de sa clairvoyance. Les rares rumeurs que ses visiteurs et croyants rapportent de leur entretien avec lui m’ont appris qu’il avait eu une vision lui informant la future venue d’un véritable utilisateur-né de la Force, qui naîtra sur Tython et grandira en se ressourçant de ses énergies ataviques.

    Les deux Jedi s’apprêtaient à demander ce qu’il entend par là mais le maréchal-administrateur les devance en les arrêtant d’un paume de main et en leur facilitant la réponse à leur interrogation.

    Le maréchal : - Il pense qu’un enfant viendra au monde un jour de conjonction entre les deux lunes.

    jeudi 09 décembre 2021 - 23:03 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre III.2. – La servitude d’une métisse bleue.


    Tatooïne – Quelque part aux abords de Mos Eisley…


    La jeune fille traverse la rue large et libre avec une démarche régulière et active, sans accélérer ni ralentir pour éviter de son immense cabas en osier ne se renverse ou ne glisse entre ses mains, et elle fait bien attention à chacun de ses pas pour ne pas perdre son déséquilibre ou rencontrer différents obstacles comme des passants ou des étals de commerçants. Elle prend son temps pour marcher mais elle sait qu’elle ne doit pas non plus le perdre, si elle veut rentrer en temps et en heure pour déposer les commissions que lui ont demander l’aller récupérer les cuisiniers du palais.

    Elle marche donc d’un pas souple et actif en tenant fermement le cabas et en zigzaguant de manière intuitive entre les passants, martelant de ses bottines brunes, sales et rongées le sol terreux et sableux de l’avenue principale de Mos Eisley. Le problème, c’est qu’il commence à il y avoir de plus en plus de monde qui passe dans les deux sens de la route et que la plupart ne prennent pas la peine de la contourner ou de prêter attention à elle. On la bouscule, on passe sans s’excuser, elle doit alors ralentir et resserrer sa prise pour éviter que les commissions ne s’échappent et tombent à terre. Et au moment où la foule se disperse enfin et qu’il y a de l’espace libre pour reprendre son allure initiale…
    Un choc la fait tituber vers l’arrière mais sans la faire basculer, réagissant en se pivotant sur le côté pour se détourner de la bande d’enfants qui accourent sans gêne en se poursuivant et en rigolant. La jeune fille se remet sur une posture stable et abaisse temporairement son bagage dans les mains pour mieux voir les garnements qui ont osé la bousculer dans le passage.

    Elle : - Regardez où vous allez, bon sang ! Sales garnements.
    Eux, se tournant pour lui répondre : - Désolé, on n’avait pas vu que tu étais là… (pouce en bas.) pouffiasse.
    Elle : - Allez emmerder quelqu’un d’autre, petits c*ns !

    Son coup de pied droit dans le sol fait remonter et voltiger un peu de sable et de gravillons qui viennent aussitôt arroser les enfants, infiltrant leurs paupières pour les aveugler quelques temps. Et pendant qu’ils sont occupés à se débarrasser des grains de sable et de roche dans leurs yeux, en pleurant, la jeune fille se remet en route et traverse au pas forcé le reste de l’avenue pour se diriger vers le palais.

    Un palais qui, à l’instar d’autres construits et existants sur Tatooïne, ressemble plus à une résidence secondaire et un pavillon de chasse qu’un véritable palais. C’est comme si un excentrique du milieu du commerce et de la pègre souhaitait aménager dans cette ville-étape célèbre une annexe imitatrice du palais de Jabba le Hutt. La jeune fille se rend donc à ce mini-palais en bordure ouest de Mos Eisley, entre la ville et la périphérie consacrée aux jeux de courses et d’arènes, et emprunte un autre chemin que le principal qui monte vers la grande entrée. Elle fait attention à ne pas glisser sur le sentier, ni lâcher le cabas de provisions, puis elle prend de l’élan une fois que ses pieds fins et bottés trouvent la surface plate et rassurante des marches de l’escalier de service. La voilà enfin arrivée tout en haut, à l’approche des brouhahas lointains de musique et de conversations dont les bruits de friture, de cuisson et de couteau tranchant atténue ou brouille. La cuisine, assez grande pour accueillir fours de terre cuite, établi de préparation et diverses machines basiques, est actuellement bondée par les différents cuisiniers qui s’activent pour faire assez d’apéritifs et de grignotines pour le public présent dans la grande salle.
    Un des cuistots, un commis cosien, entend la jeune fille passer le rideau perlé de l’entrée de service et l’aperçoit revenir du marché avec le cabas rempli des divers produits commandés-achetés. Il termine son découpage sur sa planche puis il vient la voir pour lui récupérer le panier chargé.

    Cosien : - Attends, donne-moi ça. Je te le récupère pour que tu souffles un moment.
    Elle : - Non c’est bon, ça va. Je peux encore le porter jusqu’au garde-manger, il faut juste que…
    Cosien : - Tatatata, ne dis pas de bêtises. Tu tiens à peine sur tes jambes. Sois raisonnable Calyste.

    La jeune humaine abdique, relâchant son bagage pour le laisser se faire amener par le commis dans un recoin de la cuisine, et elle vient s’asseoir sur le minuscule banc au seuil de porte. Un peu essoufflée, les mains moites et la peau claire qui reflète à cause de la transpiration, elle prend un moment pour recoiffer sa chevelure bleue azurée pour défaire quelques nœuds et enlever d’éventuels grains de sable.

    Calyste Lapis est assez fière de sa chevelure, assez longue et lisse pour démontrer sa vitalité, qu’elle entretient chaque matin dès l’aube avant de travailler. Certaines mèches viennent volontairement lui dissimuler son visage rond et anguleux aux traits fins et généreux, qu’elle passe derrière l’oreille pour ne pas les laisser lui brouiller la vue. Elle inspire et soupire, fatiguée par cette course de dernière minute, et inspecte judicieusement ses vêtements pour prévenir d’éventuels écorchures, bosses ou ampoules liées à ces déplacements incessants ces derniers jours. Dire qu’elle doit se contenter de cette tunique et de ces chausses de maigre qualité comme seuls habits de civil, à devoir les coudre et recoudre à chaque fois qu’elle se retrouve avec des bleus et des blessures. Heureusement, on ne voit presque plus ses dernières cicatrices de coups et d’écorchures sur ses bras et ses jambes. Elle sourit même en voyant à quel point ses muscles se sont renforcés et consolidés malgré sa taille de vers-guêpe géant. Au moins, elle pourra montrer qu’elle sera aussi bien farouche que belle.

    Le temps de se poser et de souffler en attendant le retour du commis, elle se fait soudain aborder par un feeorin costaud et patibulaire en tenue et tablier de chef-cuisinier qui l’apostrophe sur un ton dur.

    Chef feeorin : - Calyste, tu es encore là ?! Tu n’as plus rien à faire dans ma cuisine maintenant.
    Calyste : - Je fais une pause chef. Récupérer vos courses tout en dialoguant courtoisement avec vos fournisseurs et en évitant les bousculades, c’est pas tous les jours que je peux fièrement m’en sortir…
    Chef feeorin : - Assez blablaté esclave ! L’intendant te demande depuis quinze minutes, il m’a envoyé te chercher à cause de ton retard. File immédiatement le voir, il doit te préparer pour son Excellence.
    Calyste, soupirante de dégoût : - Arf, j’y vais.

    Elle se lève et commence à prendre le chemin vers la sortie des cuisines, pour s’engager dans les autres couloirs menant aux pièces et salles réservées au personnel du palais et de leurs subordonnées. Dans ces mêmes couloirs, les gardes weequays surveillent les allers-et-venues des serviteurs et des esclaves qui apportent toutes sortes de choses pour alimenter les tâches et les missions du personnel ; ils grognent et ruminent constamment pour se donner des airs de dur, faisant des tons menaçants pour avertir ou effrayer ceux qu’ils jugent passibles de se révolter. Calyste est justement sujet à leurs grognements rauques et brutaux, consciente qu’ils l’ont à l’œil à cause de son statut. Elle se tient toutefois tranquille et garde au fond d’elle sa rancœur vis-à-vis de sa condition : elle ne supporte plus d’être une esclave.

    Ce n’est qu’après avoir dépassé plusieurs entrées du couloir et passé entre quelques autres esclaves qu’elle se poste devant une porte coulissante à double battants, actuellement fermée, et qu’elle porte son pouce gauche contre l’interrupteur à reconnaissance tactile. Une minute plus tard, la porte déverrouillée s’ouvre à elle en faisant coulisser ses battants de chaque côté et elle peut s’avancer de deux à trois pas pour… pénétrer dans la pièce ronde et moyenne dont les murs sobres de permabéton ocre et orange sont recouverts de draperies fines, de meubles vestimentaires et de divers mobiliers d’intérieur. Une pièce constamment occupée par une quinzaine de jeunes filles et femmes, humaines comme aliens, dont les rares habits sont aussi légers et provocateurs que leur corpulence ravissante. Calyste ne peut s’empêcher d’être consterné par la joie et la candeur de ces danseuses, peaufinées par d’autres serviteurs qui veillent à ce qu’elles soient toujours aussi jolies quand elles se rendent sur la scène de la grande salle.

    Mais ce ne sont pas ces pauvres filles qui perturbent la pauvre esclave mais celui qui se tient devant elle et se retourne dans sa direction, après avoir donné de nouvelles instructions aux assistants de loge. Un grand mâle falleen, mince et légèrement musclé, vêtu de sa chasuble noire aux reflets indigo d’intendant. Ledit falleen s’approche d’elle en croisant les bras au dos et en lui adressant un regard mécontent.

    Calyste : - Vous vouliez me voir, maître Xevier ?
    Xevier : - Tu es en retard esclave. Il est bientôt midi et Sa Seigneurie doit avoir son divertissement habituel pour égayer sa journée, et celle de ses hommes. Tu étais encore en train de traîner durant tes corvées, ne me dis pas le contraire. Ou bien tu t’es encore attiré des ennuis au marché.
    Calyste : - Les marchands se sont pris le bec avec moi pour les commissions du chef-cuistot, alors que je ne faisais que transmettre le paiement habituel et récupérer les produits demandés. Ensuite des enfants m’ont bousculé et cherché à me faire tomber…
    Xevier : - Épargne-moi tes excuses et tes explications sans intérêt. Lorsque l’on t’envoie exécuter une tâche, fais-la rapidement et efficacement. Je ne t’ai pas envoyé en corvées obligatoires pour que tu passes ton temps à lambiner. Continue ainsi et tu finiras par retourner passer la semaine aux cachots.
    Calyste : - Si tu n’êtes pas content de moi ou de mes efforts, autant vous débarrasser de moi en me vendant ou en m’envoyant autre part. Au moins je vous épargnerais de perdre votre temps.
    Xevier, menaçant : - Mesure tes paroles, petite insolente. Au cas où tu l’aurais oublié, tu es au service d’un seigneur Hutt et tu n’as aucun droit sur ta vie. Tu n’es encore vivante et valide que parce que tu as les qualités et l’apparence nécessaire pour lui servir de danseuse. Si je ne t’avais pas trouvé et acheté, tu terminerais ta vie miséreuse dans ce taudis au beau milieu de la Mer des dunes. Et ne crois que je vais me débarrasser de toi aussi facilement, tu me coûtes beaucoup trop cher pour t’envoyer croupir dans les mines ou servir un autre sur cette planète. Mais prends garde à ne pas abuser de ma colère, rien ne m’empêchera de t’infliger de plus sévères corrections pour t’inculper le respect. Et si jamais tu cherches à nouveau à fuir ta condition, tu devras en payer les conséquences. Maintenant va te préparer !

    L’intendant falleen se redresse et passe près d’elle pour quitter la loge et s’en aller, laissant la jeune esclave dans son enfermement mental. Calyste est parfaitement consciente de sa position : elle n’avait que six ans quand elle s’est retrouvée seule dans le logis reculé de sa famille, attaqué et pillé par des vagabonds tusken qui ont obligé ses parents à leur donner la chasse, et leur absence trop longue avait permis à des créanciers scrupuleux de venir la prendre en guise de paiement. Calyste vit à présent ici, entre les murs du palais d’été de Rotta le Hutt, depuis treize longues années de servitude. Esclave pami d’eux de ce sale falleen d’intendant Xevier, la voilà forcée à jouer les danseuses pour le bon plaisir du Hutt et de ses subordonnés de toutes espèces et tous profils.
    Il y a de quoi l’horripiler, d’être régulièrement un objet de divertissement pour leurs yeux tandis que leurs esprits et leurs hormones vagabondent. Ils doivent s’imaginer des choses, à force de contempler les autres filles et elle dans leurs tenues légères et sensuelles ; en plus, ces camarades de loge doivent parfois, lors de soirées spéciales, faire leurs danses dans des conditions naturistes. Heureusement qu’ils n’ont aucun droit de les toucher, Calyste aurait voulu mourir si jamais elle venait à se faire prendre dans un coin après chacune de ses prestations.

    Sans ruminer davantage ses pensées, elle vient récupérer son habit de danseuse et se dirige vers une cabine de libre pour commencer à se préparer. Elle retire vite fait bien fait sa tunique et ses chausses de laine abimée, se désapant tout en regardant l’état ou la teinte de ses blessures les plus récentes qui ternissent sa « beauté ». Ce n’est en rien sa faute si les membres du personnel du palais lui rendent la vie dure à chacune de ses « corvées » qui lui servent de punition. Elle profite du fait qu’elle ne porte rien pour se passer rapidement de la pommade beige afin de cacher les bleus qui constellent sa peau beige rosée que les deux soleils de Tatooïne ont peu à peu fait bronzer. Une fois les bleus dissimulés, elle se passe du fard cyan et crème sous les paupières pour mieux cacher ses cernes et de l’eye-liner cobalt pour accentuer le charme de ses deux yeux marrons dorés. Elle enfile ensuite son ensemble deux-pièces cobalt de danseuse, comportant un haut moulant et une jupe courte de toile de velours avec une paire de mitons et des guêtres en soie sertie de petits grelots. Il commence à devenir trop petit pour moi, pense-t-elle en sentant le tissu flexible lui serrer le buste et le bassin. Elle s’en préoccupera plus tard.

    En terminant de se vêtir et de mettre le dernier élément de sa tenue (un chapeau un peu particulier), c’est en prenant ses vêtements de civil qu’elle s’arrête un moment en tâtent inconsciemment une poche dans laquelle elle sent un objet rond. Elle le sort et l’allume, projetant aussitôt une image holographique d’une photo de famille. En voyant à nouveau cette image où règne la joie et le bonheur, elle renifle de tristesse.

    Calyste : - Vous me manquez, papa et maman. Toi aussi grand frère. Vous me manquez affreusement.

    Ladite photo avait prise un jour de voyage durant son septième printemps, dans un cadre agréable et hospitalier de Tatooïne où ses parents les avaient emmenés son frère et elle sur la planète de ses ancêtres. Elle contemple pendant quelques dernières minutes sa petite famille au complet : un homme blond et barbu de trois jours, à la cuirasse cuivrée de chasseur et au manteau long noir ; une zeltronne à la peau claire et aux cheveux bleus en tenue légère de mécanicienne ; un jeune garçon tout aussi blond avec une pigmentation cutanée plus rose que beige… et elle quand elle avait six ans.
    Une étrange petite famille tout juste formée au lendemain d’une bouleversante fin heureuse.

    jeudi 09 décembre 2021 - 23:14 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre IV.1. – Le calme avant la bourrasque.


    Tatooïne – Le lendemain, de bonne heure…

    La chaude planète tellurique aux deux soleils se situe à présent dans le second créneau matinal, baignant la surface de son hémisphère méridienne ouest de leur luminosité ardente pour faire subir une nouvelle journée quasi-caniculaire. Un net contraste avec la froideur glacial du vide intersidéral dont le chasseur lourd Aile-U de type BT-60D quitte peu à peu l’espace pour venir se réchauffer dans l’atmosphère planétaire qui devient plus aérée et plus sèche. Le vaisseau de catégorie civil, à la carrosserie bleue et blanche striée de gris argent, survole tranquillement la gigantesque Mer de dunes pour se diriger vers la ville-étape située sur le plateau de la Mesra, la réputée Mos Eisley.

    Le silence naturel des vents chauds et du sable mouvant n’empêche pas le jeune pilote de l’Aile-U civil de se passer depuis tout son voyage une petite compilation de musiques rétro et vintage, filtrant depuis les haut-parleurs de sa chaîne hi-fi intégrée au tableau de bord du vaisseau. Et sa dernière chanson se termine à temps lorsqu’il arrive au-dessus de Mos Eisley et de son spatioport plus précisément. Une fois l’autorisation d’atterrir demandée et accordée, il vient descendre doucement dans un hangar libre et mettre aux arrêts son chasseur. Un quart d’heure plus tard, le voilà qui franchit les halls du spatioport et qui se présente au seuil du reste de la ville. Il inspire puis expire, cherchant à sentir l’odeur de son congé.
    Perseus Arek ne sent pas pour autant une quelconque odeur qui ne soit pas celle du sable, de l’huile de moteur, des épices minérales et celle de la nourriture cuisinée.

    Le jeune homme de Ganthel se doutait bien qu’il n’aurait pas cette impression d’être en vacances. Il s’est tellement investi dans toutes les missions qu’on lui a confié, ainsi que d’autres où il accompagnait ses coéquipiers et jeunes recrues, qu’il en a oublié que c’était de prendre plus d’une heure de repos pour penser à autre chose… que les dures réalités de la vie et de la société. Et dire que voilà maintenant posé sur la planète Tatooïne, dans la ville-relais-spatioport de Mos Eisley, où la présence criminelle est aussi importante qu’une tumeur lente et dégradante. Il est venu sur un coup de tête, sans réfléchir.
    Il soupire. Il est venu sur Tatooïne alors autant en profiter. Avant de s’engager dans l’avenue, il prend le temps de sortir de sa sacoche à bandoulière son walkman où il a glissé dedans une cassette intitulée Awesome et il met ses deux oreillettes reliées à ses esgourdes pour pouvoir lancer sa compilation rétro.
    Le pouce appuie sur la touche « play » et la cassette démarre. La bobine tourne et lance le premier morceau musical. Perseus peut maintenant s’engager dehors, ses pas et sa démarche suivant la mélodie de Come And Get Your Love, et il marche au beau milieu de l’avenue tout en continuant de se mouvoir sur le rythme de la chanson. Il se concentre aussi vers là où il souhaite se diriger, se demandant s’il ne devrait pas commencer par trouver la cantina en premier lieu. Pourquoi la cantina ? Perseus n’est pas tellement un buveur et il sait apprécier une boisson après une dure mission, mais c’est aussi le lieu propice pour glaner des informations et renseignements utiles auprès des racontars et rumeurs des clients et habitués. Perseus ne perd donc pas une minute en marchant, et ce malgré la chanson qui l’accompagne, et il prend la direction de la partie de Mos Eisley où il a plus de trouver la cantina, voire un motel pour la nuit.

    Perseus trouve enfin la cantina et y entre, rangeant par la même occasion son walkman et ses oreillettes. Comme toutes celles de la planète désertique, la cantina de Mos Eisley n’est pas très regardante sur les clients qui ont l’habitude de la fréquenter. L’endroit peut au moins accueillir une centaine de personne ; on y trouve diverses espèces d’aliens et d’humanoïdes pratiquant principalement des métiers comme chasseurs de primes, pilote et surtout contrebandiers. Quoi de mieux pour lui, à se faufiler parmi les personnes les plus susceptibles de lui en avoir. Sauf qu’il n’est pas en mission mais incognito, d’où le choix d’une tenue para-civile à la mode corellienne. Perseus entre donc dans la cantina sans crainte.
    La salle est remplie de nombreux aliens et proche-humains, tous pilotes et contrebandiers à remarquer leur allure vestimentaire, et aucun ne prête attention à lui. Il se rapproche du comptoir de bar, s’installe à une place libre et prend ses aises… avant de voir le barman, un humain appelé Etan This, l’apostropher.

    Barman : - Qu’est-ce que ça sera, jeune homme ?
    Perseus : - Une bière corellienne avec zeste de meiloorun, siouplaît. Un verre et demi.
    Barman, après avoir fait et donné la commande : - Vous êtes nouveau, hein ? Les quelques clients que je reçois prennent plutôt leur bière sans supplément, même les demoiselles du coin. Vous êtes donc pas d’ici. Qu’est-ce qui vous amène à Mos Eisley ?
    Perseus, tout en buvant sa bière par gorgées : - Je vadrouille sur Tatooïne. En ce moment, les affaires marchent bien pour moi mais j’ai dû me retirer pour un temps indéterminé. Mon patron m’envoie prendre l’air pour que j’évite des accidents aux prochaines opérations.

    Toujours parler de manière sous-entendue et sans détails, une règle d’or qu’il applique pour chaque conversation qu’il engage avec des civils ou de supposés suspects afin d’éviter de trahir son identité. Perseus a toujours eu de la chance d’être confondu avec d’autres pilotes, en partie du fait que la famille Arek était de pure souche corellienne malgré des croisements avec d’autres souches venues de Brentaal, Corulag, Kuat, Rendili, Anaxes ou encore Coruscant elle-même. Mais les Arek ont toujours revendiqué par leurs traits physiques et leur caractère leur appartenance à l’ethnie corellienne qui a longtemps colonisé la planète Ganthel avant l’ère de l’Ancienne République. Et aujourd’hui, cet atout lui sert favorablement pour rester assez incognito pour ne pas attirer des ennuis.

    Barman : - Vous êtes contrebandier ou simple pilote ?
    Perseus, calme et stoïque : - Aucun des deux. Je suis milicien… chez les Régulateurs Interstellaires.
    Barman : - Ah, je vois. Je vous imaginais plus à travailler pour la Brigade des Justicars.
    Vieux franc-tireur kuati : - Les Justicars et les Régulateurs se sont associés depuis belle lurette. Ils étaient présents dans les systèmes périphériques durant la dernière grande guerre, à préserver des familles et des petites entreprises en péril pendant que les forces de l’Alliance et de l’Empire étaient trop occupées à reprendre le contrôle de la galaxie à ses « irrécupérables » de Sith.
    Contrebandier zabrak : - Les deux milices ont finies par s’entendre et fusionner pour devenir une organisation plus grande et mieux répartie. Ils s’occupent autant des petits problèmes que des gros pour le compte des systèmes et des secteurs, faisant le ménage là où l’armée ou la police n’est pas souvent passé ou pour résoudre des dilemmes d’inégalité ou d’injustice.
    Perseus : - Les intérêts communs voyez-vous. On a toujours besoin de quelqu’un de neutre pour parfois régler les petits problèmes, internes comme externes.

    Il poursuit de boire sa bière avant d’inciter les autres attablés du comptoir à faire part de leurs nouvelles, mais il sent qu’une main lui tapote sur l’épaule gauche et il se retourne à demi pour voir qui l’interpelle. Son interlocuteur est un ondigae apparemment proche de la cinquantaine et habillé comme un colporteur de babioles itinérant à tendance contrebandière. Et il a une tête d’ivrogne toute fraîche.

    Ondigae : - Dis donc toi, t’as une sale gueule on dirait.
    Perseus : - Oui j’ai une gueule mais elle est aussi normale que la vôtre.
    Ondigae : - Non franchement, t’as vraiment une sale gueule. T’as une tête de sale con qui se prend pour un dur, tu viens d’assécher le gosier dans « ma » cantina et tu te permets de parler de ces sales enquiquineurs qui se croient plus malins que nous.
    Perseus : - Et vous pensez que m’insulter résoudra la situation ? J’ai rien à voir avec vos affaires et je ne suis pas venu ici pour chercher des noises. Allez embêter quelqu’un d’autre.
    Ondigae : - Fais gaffe à comment tu me parles, sale…
    Barman : - Ça suffit Beg ! Tu déranges à nouveau ma clientèle avec tes accusations à tout rond. Même si c’est un milicien et un Régulateur, il a le droit de venir boire ici. C’est pas uniquement « ta » cantina.

    Sauf que l’ondigae, tellement éméché et bouffi par son orgueil, ne semble pas se calmer. Il saute sur Perseus en lui attrapant le col de veste et il le renverse fortement sur le côté, vers le palier des marches de l’entrée du bar. Le jeune homme se réceptionne habilement sur ses jambes et roule en arrière pour se poster sur ses talons, un genou au sol, et se prépare à réagir.

    Ondigae, éméché et balbutiant : - Fripouille ! Ordure ! Tu te sers des autres pour me faire virer de mon chez-moi, hein ? Les miliciens et les soldats, tous les mêmes ! C’est ma cantina, hips, et je fais ce qui me plaît contre qui je, hips, veux. (Il dégaine son arme et pointe.) Ce midi, c’est bouillie de régulateur au me...

    Il n’a pas le temps de finir car il se fait électrocuter par la pointe propulsé d’un électrodard à câble fin, lancé depuis le brassard droit en alliage métallique gris du jeune Arek qui en a actionné le mécanisme par la pression d’un interrupteur dissimulé. L’ondigae est tétanisé par le choc électrique, cherchant à récupérer de l’air malgré que son cœur est paralysé et l’oblige à s’effondrer d’inconscience. Une fois le voyou cinquantenaire à terre et inerte, Perseus se relève et se redresse pour revenir à sa place sans prêter attention à tous ces regards tournés vers lui et l’incident qu’il a involontairement causé.

    Perseus : - Navré pour le dérangement.
    Vieux franc-tireur kuati : - T’inquiète pas mon gars. T’a bien fait, il ne sait jamais resté en place ce pauvre imbécile de Beg. À part picoler comme une outre et chercher des ennuis là où il en faut pas, il ne sert rien faire d’autre. Un ondigae qui dépense tout en alcool ce qu’il gagne en contrebande, c’est une risée de notre profession. Heureusement qu’il fait pas partie de la Guilde, parce qu’il se serait remonté les bretelles par le Leader et ses hommes de confiance.
    Perseus : - La guilde… vous voulez dire la Guilde des contrebandiers ?
    Barman : - La seule et unique, en tout cas. Cette organisation officielle s’est renforcée de plus en plus avec l’arrivée de la Fédération Galactique, si bien qu’elle a pu remplacer les Jedi au sein du triumvirat pour une durée indéterminée. Et ça, les contrebandiers les plus honnêtes et honorables le doivent aux réformes datant de Talon Kaarde qui ont pu être toutes conclues par le nouveau Leader de la Guilde.
    Porte-flingues iktotchi : - Le problème reste que tous les contrebandiers ne font pas partie de la Guilde, certains préférant louer leurs services indépendamment ou au sein des syndicats existants. En fin de compte, nous autres Guildeurs ne sommes qu’un concurrent de plus pour des précédents organes criminels qui sévissaient déjà. On mène nous aussi la vie dure aux cartels en collaborant vers les autres régimes membres de la Fédération.

    Perseus est ravi d’entendre de telles nouvelles aussi intéressantes. Savoir que la Guilde des contrebandiers est devenue une puissance à échelle quasi-galactique montre qu’il existe aussi de bonnes personnes dans le milieu de la contrebande, capables de traiter de bonnes affaires avec les gouvernements tout en jouant sur le marché illégal avec les autres entités criminelles qui sévissent.

    Perseus : - Et comment ça se passe ici, avec le clan des Hutts ? S’ils sont toujours dans le coin.
    Barman : - Ah ça, ils sont bel et bien dans le coin. Mais chut, attention à ce que vous dites. Les Hutts et leurs sbires sont partout sur Tatooïne, pas seulement ici à Mos Eisley. Ils ont des yeux et des oreilles partout malgré que leur empire s’est peu détérioré. Surtout maintenant que Rotta le Hutt a repris les rênes de la planète après que feu son père ait trépassé. Un mot ou un geste de travers, et hop votre tête est mise à prix avec en supplément leurs chasseurs de primes sur le dos.
    Perseus : - Et la Guilde, qu’est-ce qu’elle en pense des Hutts ?
    Porte-flingues iktotchi : - Pas grand-chose, si ce n’est qu’ils refusent que l’on installe une base de proximité sur Tatooïne pour faciliter les déplacements et les transports dans la Bordure Extérieure. On fait ce qu’il faut pour bien nous entendre avec eux ou leur prouver qu’on peut cohabiter malgré certaines divergences, mais ils ne veulent rien entendre et notre Leader n’est pas quelqu’un de tempérant.

    Perseus se dit qu’il va lui faire attention en traînant dans les environs. Si la planète désertique est encore aux mains d’un Hutt, notamment le fils de feu Jabba l’ancien chef de cartel, et que la Guilde a déjà du mal à se faire accepter sur leur territoire, il lui faut remédier à passer un peu plus inaperçu s’il ne veut pas générer un incident fâcheux contre la République par sa faute. Il termine de boire sa bière, paie le barman pour sa consommation puis il ressort de la cantina pour passer à la suite.

    L’avenue principale de Mos Eisley est encore bondée de monde qui va-et-vient de manière régulière, entre les quelques autochtones qui cherchent à commercer ou chercher des choses utiles et puis les citoyens moins natifs et plus associés au monde de la pègre. Bref, une ville qui sent la contrebande avec un goût de sable, d’huile et d’épice illégale que le vent colporte à chaque brise. Perseus reprend sa marche et se promène un peu plus vers le quartier marchand afin de se mettre quelque chose de local sous la dent ou bien voir ce qu’il pourrait acheter en guise de provisions avant de trouver le motel.

    Au moins je feins d’être ordinaire et anodin en allant me promener au marché, pense-t-il en passant d’un étal à un autre pour consulter les produits agricoles et alimentaires que les commerçants de tous horizons vendent sous leurs préaux de pierre et de terre cuite.
    Seulement, il se peut que ce soient les ennuis qui viennent à lui cette fois-ci.

    ***
    Calyste traîne des pieds en marchant tout le long de l’avenue, grommelant et jurant dans son menton tout en faisant la moue, et n’a que faire de savoir où elle va ou pendant combien de temps elle traîne. Elle commence à en avoir plus qu’assez de devoir toujours exécuter des corvées pour le personnel, en plus de devoir jouer les danseuses pour le compte du Hutt.
    En plus, sa représentation d’hier était toute aussi parfaite et sans accroc mais cela n’a pas empêché certains des porte-flingues de cette sale limace d’oser se rapprocher pour l’intimider et s’amuser avec elle. Elle ne prêtait pas attention à eux pendant une demi-heure mais leur insistance, ainsi que leurs gestes déplacés, l’ont mise en rogne et elle a réagie comme toute femme qui se respecte réagirait. Une tournée gratuite de coups de genou dans le petit canari, et voilà. Bien sûr, l’intendant falleen n’a pas apprécié tandis que le gros Hutt s’est contenté de s’esclaffer comme une baleine en voyant ces sbires à terre en se tenant leur pomme d’Adam douloureuse. On ordonna qu’on la fasse fouetter dans l’arrière-salle avant de se faire enfermer dans sa cellule toute la nuit. Vingt-huit coups. Vingt-coups de fouet acéré sur la peau. Elle continue de ressentir les brûlures du cuir ce matin et ce midi, comme si la douleur ne la quitterait pas avant un moment. Et maintenant, elle est à nouveau envoyée chercher des courses encombrantes.

    Calyste, rouspétant : - Bande de sales brutes… Machistes patibulaires… Sauvages sans-cœur. Tout ça parce que j’ai voulu me protéger et les dissuader. Je suis un être humain bon sang… pas une chose qu’on peut tripoter comme bon lui semble. J’suis peut-être une esclave, mais je ne me laisserais pas toucher aussi impunément. (Elle continue d’avancer et observe l’endroit où elle doit venir chercher les commissions.) On m’envoie encore et toujours faire les tâches ingrates pour me punir, même quand je danse moins bien que les autres fois. Pfff… C’est pas une vie ça d’être une esclave.
    Voix masculine : - Tiens donc, regardez qui on a là.

    La jeune fille s’arrête un moment, le regard choqué-terrifié et déglutit en entendant cette voix derrière elle ; une voix qui lui est assez familière malgré les mois qui se sont écoulés. Elle n’ose qu’à peine se retourner pour apercevoir derrière elle l’homme qui l’interpelle avec un ton aussi surpris que narquois. Elle reconnaît le grand cathar brun-blond en armure complète de cuir de maraudeur de la pègre, dont la corpulence mince est contrastée par une musculature épaisse et la fourrure comme entretenue avec du sang séché sur les pointes et les nattes de la tête. Le même cathar qui a manqué de respect au Hutt par son impulsivité et sa tendance à aimer se battre, au point de se faire chasser et de voir sa tête mise à prix. Le même cathar qui a cherché à se la faire comme une vulgaire proie.

    Calyste, tremblante de peur : - Ramun Luzal…
    Ramun Luzal, sourire carnassier : - Mais oui, c’est bien ma petite pervenche préférée. Dis donc, tu te promènes seule dans les rues maintenant ? On ne t’a jamais dit que c’était dangereux de rester seule, esclave, loin de ton cher maître ? Surtout si jamais tu fais des rencontres improbables… surtout moi.
    Calyste : - Ramun, je ne veux pas d’ennuis…
    Ramun Luzal : - Ho mais tu vas en avoir, ma mignonne. Je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas profiter de nos retrouvailles pour rattraper le temps perdu. Et assez vite pour éviter que cette limace géante ne sache que je suis revenu et que ces chiens de chasse ne me mettent la main dessus… sans que j’ai pu leur offrir un petit piège pour mieux m’amuser avec eux. Slurp. Allez, assez parlé. Je donne dix secondes pour courir et t’enfuir. Je préfère te voir m’échapper… pour mieux t’attraper et mieux dévorer ta virginité.

    Calyste ne se fait pas prier et, inconsciemment, elle coure aussi vite qu’elle peut. Elle coure vers le fond de l’avenue et entre les passants, cherchant désespérément à trouver une échappatoire pour lui échapper, mais elle sent que son poursuivant ne le lui laissera pas le temps.
    Ramun « Poils de sang » Luzal, le mercenaire cathar, est à ses trousses et bouscule sur son passage.

    vendredi 10 décembre 2021 - 18:57 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre IV.2. – Une rencontre décisive.


    Tatooïne, place du marché de Mos Eisley – Aux environs de midi…

    Le marché de Mos Eisley regroupe de nombreuses arcades de bâtiments et étals installés, chacun occupé par différents commerçants humanoïdes ou aliens, et propose de nombreux produits issus de toutes sortes de culture artisanale. Il y a de quoi avoir du choix et du plaisir pour les yeux, malgré que la plupart de ses marchandises sont assez chères et peu accessibles à tous. À croire que les marchands font exprès de faire payer plus pour ne vendre qu’à ceux qui le peuvent. Mais le jeune Ranger en congé s’abstient de le dire à tout haut, sachant qu’il se peut que certains de ces marchands dépendent du cartel.

    Perseus Arek vagabonde depuis une demi-heure entre les différents stands de commerce local, observant chaque produit vendu en se réalisant une petite liste de courses en tête, et il ne s’arrête que pour mieux consulter la qualité et le prix. Il soupire en constatant à quel point la vente est une affaire de profit et d’arnaque mais dont il faut un sacré sens pour contester et argumenter sur les erreurs qui font tricher sur la véritable valeur des produits. Heureusement pour lui, un épicier nu-cosien assez aimable et honnête lui propose des fruits et légumes de saison à un prix et une qualité raisonnable, en plus de quelques idées de recettes pour éviter le gaspillage alimentaire. C’est donc en prenant dans un sac un lot de pommes, de carottes et de poireaux (même assez laids ou à forme variable) qu’il prend la peine de remercier l’épicier.

    Perseus : - Combien pour vos lots de beaux légumes ?
    Épicier nu-cosien : - Pour votre choix admirable de légumes frais et variables, je ne vous en demande pas plus que 30 crédits standard. Et avec tout le respect pour faire vivre le commerce équitable.
    Perseus, après avoir donné les crédits demandés : - Je suppose que vous n’avez pas beaucoup de clients ces temps-ci. Surtout avec toute la concurrence qui se trouve autour de vous.
    Epicier nu-cosien : - On s’y fait un peu. Et puis, j’ai toujours les habitants les moins payés qui viennent demandés au cas où mes fruits et légumes les moins beaux, ou ceux qui restent en fin de journée, pour qu’ils puisent aussi se nourrir. Quitte à les faire vivre, autant les distribuer généreusement aux démunis.

    Perseus remercie le marchand et lui souhaite bonne chance, puis il repart avec sa commission pour remonter l’avenue et chercher un motel ou un endroit convenable pour dormir. Il pense aussitôt qu’il aurait peut-être dû se renseigner sur la ville et ses services avant de s’engager comme ça, ignorant, à la recherche d’un bâtiment hospitalier. Il se dit que son parcours de Ranger ne lui a pas vraiment inculpé comment s’en sortir seul durant une suspension forcée et dissimulée en congé. Il cesse de se creuser la tête pour rien et il prend l’initiative de demander poliment son chemin aux passants.

    Sauf qu’à ce moment… il voit et entend les gens autour de lui commencer à se ruer dans le sens inverse de l’avenue, allant même jusqu’à se réfugier en courant vers tout ce qui pourrait servir d’abri. Perseus se rend compte qu’il assiste à une scène de panique générale, ce qui signifie qu’un facteur de menace rôde dans les parages et se dirige par ici en faisant fuir la population. La forte majorité des passants et des marchands continuent de se précipiter en direction de l’autre côté de l’avenue ou dans les espaces de boutique pour se protéger. Le jeune humain saisit au hasard un passant et le questionne directement.

    Perseus : - Halte, un instant ! Qu’y-a-t-il d’alarmant ?
    Habitant affolé : - C’est le cathar ! Ce monstre de maraudeur félidé est revenu ! Il fonce par ici, en bousculant et saccageant tout sur son passage !
    Perseus : - Un maraudeur cathar ?! Qu’est-ce qui lui prend ?
    Habitant affolé : - C’est un monstre je vous dis ! Faute de ne pouvoir se déchaîner sur les ennemis du Hutt depuis que sa tête est à prix, il vient de se trouver une nouvelle victime à pourchasser… Oh non, le voilà !

    Il regarde dans la même direction et découvre l’origine de toute cette agitation.
    Une jeune fille, humaine et métisse aux cheveux bleus, accourt de toutes ses forces et en zigzaguant de terreur pour échapper… à un cathar assez grand et musclé qui semble prendre plaisir à lui courir après, sans se soucier de renverser du mobilier de rue ou encore de blesser des personnes autour de lui. Une course-poursuite démente, à laquelle le félidé se rapproche de plus en plus de sa proie qui accélère et accélère tout en gémissant de panique. Et le pire dans tout ça, c’est que la panique devient contagieuse et que ceux qui ont trop tardé à aller se réfugier hors de l’avenue commencent à courir dans tous les sens.
    Perseus tente de réfléchir à comment désamorcer cet incident tout en cherchant où poser ses affaires quelque part en sûreté. Mais en voyant une telle panique parmi les passants, à les voir s’enfuir sans prendre conscience des autres, il finit par remarquer que certains n’ont pas le temps ou ne comprennent pas la menace qui vient sur eux. Un enfant d’à peine quatre ans, pleurant debout au beau milieu de la voie, et un jeune boiteux que l’on a bousculé et tente de venir en aide au petit en rampant.

    Perseus ne perd pas de temps et lâche son sac de courses sous un étal reculé vers le fond, avec sa besace, puis il se précipite en courant vers les deux enfants. Ils les récupèrent à tour de bras et les emmènent de l’autre côté de la rue… à temps pour leur éviter de se faire tuer inutilement par le fauve qui vient de passer sans s’arrêter ni prêter attention aux autres étals. Perseus les libère de son étreinte, confiant le petit être de cinq ans à ses parents soulagés de le revoir en vie tandis qu’il dépose le boiteux contre le mur pour qu’il se repose. Pour lui, c’est en est trop. Comme il n’y a aucune force de milice locale qui vient arrêter ce carnage, Perseus est obligé d’intervenir et de mettre fin… en tant que défenseur bénévolent.

    De son côté, Calyste ne s’arrête pas de courir de toutes ses forces pour s’éloigner de son poursuivant sadique. Elle n’arrive pas à penser à autre chose que sa survie, la peur l’incitant à continuer de courir malgré qu’elle met en danger la vie d’autres en traversant l’avenue de long en large. Elle avait pourtant essayé de se faufiler entre les ruelles ou les croisements de bâtiments, pour le semer ou le ralentir, mais rien y faisait et il n’a rien perdu de son entrain. Ramun continue de la suivre sans se fatiguer.
    Calyste sait qu’elle va finir par arriver près de la cantina, qu’à cette heure-ci il y a encore des chasseurs de primes qui seraient intéressés de l’arrêter. Ses pas vont d’eux-mêmes dans la direction de la cantina, tandis que ces chaussures commencent à se déchirer à force de rapper sur le sol terreux et rocailleux couvert de sable et de poussière.
    Et au même moment où elle pensait bientôt atteindre le coin où elle verrait la cantina, elle sent subitement son pied droit rencontrer un bout de roche et la faire trébucher en avant ; elle se retrouve à terre, glissant de quelques centimètres sur le sol et elle sent sa peau meurtrie se faire écorcher par les petits cailloux pointus qui se cachent dans la poussière de sable. Calyste aurait être sonnée à cause du choc mais elle est encore consciente et éveillée… au moment où le cathar bondit et se jette sur elle. La pauvre fille crie d’effroi et se protège avec ses bras, mais ceux-ci sont brusquement plaqués au sol par les mains griffues et velues du fauve. La voilà prisonnière et en mauvaise posture.

    Calyste, terrifiée et affolée : - Laisse-moi tranquille !!! Laisse-moi tranquille, sale psychopathe !!!
    Ramun : - Oh, certainement que je vais te laisser… après que tu m’es satisfait avec ton petit corps fragile. Rien de tel qu’une petite pervenche dans la fleur de l’âge et encore immaculée pour se remettre d’une chasse en course. Et dès que j’en aurais fini, j’irais traîné ton cadavre à ton cher maître la grosse limace.
    Calyste, rageant malgré la peur : - Rotta le Hutt ne te laissera plus jamais en vie si tu fais ça ! Il doublera la prime sur ta tête pour avoir tué une de ses danseuses attitrées et il enverra jour et nuit tous ces chasseurs jusqu’à ce que ta sale gueule de fauve répugnant soit accroché sur son manteau de cheminée !
    Ramun, amusé et narquois : - Qu’il me les envoie ces chasseurs. Je les tuerais, les démembrerais un à un et je les renverrais en colis à son palais. S’il croit que me mettre à prix après que j’ai eu à décapiter deux ou trois de ses subordonnés pour mon plaisir me met la pression, il se trompe énormément. Je le remercie même, parce qu’au moins je pourrais m’amuser et lui montrer que je n’ai pas besoin de lui. De plus, je doute qu’il tienne autant d’importance à une esclave telle que toi, surtout s’il laisse ses chiens t’infliger des coups et blessures pour avoir été une vilaine fille. Mais sois sans crainte, je vais m’occuper de lui personnellement de cette limace dans quelques temps. Il ne tardera pas à te rejoindre. Gnarf gnarf gnarf.
    Calyste, terrifiée et portant la voix : - Au secours !!! À l’aide, je vous en supplie !!
    Ramun, sadique : - C’est inutile, personne ne viendra à ton secours. Personne, gnarf gnarf gna…

    Ramun se fait soudain entourer le cou, et donc la gorge, par une clé de bras. Assez forte et serrée pour lui couper la respiration tandis qu’une main lui tire la crinière en arrière ; le cathar hurle de douleur malgré qu’il manque de souffle, se redressant et se débattant pour attraper l’impudent qui s’attaque à lui. Calyste sent qu’elle n’est plus plaquée par son agresseur et elle se redresse immédiatement en se reculant vers le bord de l’avenue, à une distance raisonnable de sécurité. Mais elle ne peut s’empêcher de voir ce qui a pu inciter le cathar à se relever aussi subitement en hurlant de rage avec une extinction de voix.
    Elle découvre la scène suivante sous ses yeux avec une certaine frayeur : un jeune homme brun et vêtu comme un corellien aux tons bleu et ciel est en train de faire un étau contre le cou de Ramun, lui obstruant la respiration, et cherche à le faire tomber tandis que le cathar s’efforce de le saisir. Elle se rend compte, stupéfiée et choquée, qu’une personne a entendu son appel et qu’elle est venue à sa rescousse.

    Perseus se tient tant bien que mal au cathar furieux en lui tirant sur la crinière tandis qu’il serre son bras droit contre sa gorge pour lui couper la respiration. Mais son adversaire trouve le moyen de le saisir par la jambe gauche et de le retirer fermement, le délogeant de son dos, pour ensuite l’envoyer valser contre le sol avec force et brutalité. Le jeune Ranger aurait pu percuter violemment le sol et se blesser, mais son entraînement paramilitaire lui a donné l’art et la manière de manipuler son corps en l’air pour mieux se réceptionner sur ses membres et éviter d’autres contusions. Il se redresse petit à petit, respirant lentement pour ne pas brusquer son organisme et son endurance, et il se prépare à sortir une de ses armes pour commencer le vrai combat… contre ce maraudeur cathar enragé.

    Perseus : - Je te conseille de te rendre sans faire d’histoires. Tu as assez fait de grabuge comme ça.
    Ramun, énervé : - Je sais pas d’où tu sors ni pour qui tu te prends… mais j’vais te crever en moins de deux.
    Perseus : - J’ai vachement peur. C’est pas un matou monstrueusement imbécile qui va m’impressionner.
    Ramun : - GGRRRRRR !!!

    C’est furieux qu’il se met à dégainer de ses deux fourreaux une paire de vibrodagues et fonce à toute allure sur le jeune Arek, avec une intention claire de le tuer. Perseus le prend de court en faisant une roue sur le côté et en profitant de sa pose accroupie sur un genou… pour appuyer sur la détente de son pistolet-blaster et lui tirer deux à trois fois dessus. Il le touche deux sur trois, lui infligeant de sévères blessures mais qui ne semblent pas l’affaiblir pour autant. Le cathar s’énerve davantage et tente de frapper plus vite et plus fort le jeune humain, qui continue une seconde fois de lui tirer deux à trois fois dessus pour l’affaiblir. Perseus emploie même le surplace pour éviter que le cathar ne blesse dans sa fureur d’autres innocents, l’incitant à rester sur un très court périmètre à combattre. Mais vint un moment où le fauve humanoïde le prend de court et le saisit à son tour par le cou. Perseus ressent toute la poigne du cathar contre sa gorge et sa trachée, manquant peu à peu d’oxygène au point d’avoir le visage de plus en plus rouge. Il se décide à respirer par le nez pour en récupérer un peu.
    Calyste assiste impuissante à la scène, voyant le jeune homme se faire lentement étrangler par le fauve. Elle a entraînée dans son problème un inconnu… et c’est de sa faute.

    Calyste : - Ramun, non ! Relâche-le !
    Ramun : - Certainement pas ! Il m’a interrompu et attaqué. Il va payer pour son erreur. Adieu !
    Calyste : - NON !!

    Le cathar sadique a fait lui-même l’erreur de retirer sa main gauche griffue, pour se préparer à planter dans le ventre sa vibrodague. Parce qu’à cet instant… son avant-bras gauche se détache net du reste du corps et le fauve hurle d’une souffrance indescriptible. Il hurle et feule en même temps, relâchant sa proie de son autre main pour se tenir le membre coupé à blanc. Et tout autour d’eux, les gens hoquètent de stupeur en voyant le jeune humain tenir dans sa main droite… un sabre-laser à la lame argentée.
    Perseus aspire de grandes bouffées d’air, remplissant ses poumons après avoir dégainé miraculeusement son sabre-laser pour l’allumer et le soulever pour trancher l’avant-bras exécuteur du cathar. Il se redresse sur ses jambes et finit de revenir à un état normal, fixant avec calme et neutralité le cathar qui gémit et feule de douleur en se protégeant sa moitié de bras qui est amputée à blanc et à vif. Son regard frénétique en dit long sur sa pensée en lançant des éclairs de ses yeux à son assaillant.

    Ramun : - Sale fils de vornskr ! Tu fais partie de ces saletés de Jedi !
    Perseus : - Les utilisateurs de la Force ne sont pas les seuls à savoir manier un sabre-laser. Et celui-ci a autrefois appartenu à un Chevalier Impérial qui ne pouvait plus servir son régime, il a jugé utile de me le donner afin qu’il puisse encore servir à faire le bien dans cette galaxie.
    Calyste : - Un sabre-laser…
    Ramun : - Grrrrrrr !!! T’es définitivement mort toi !! GGGGRRRAAAAAAAARGH…

    Perseus exécute en une seconde seule une frappe rapide et net alors que le cathar, aveuglé par sa colère, s’est précipité sur lui en s’apprêtant à lui enfoncer ses griffes acérées dans le corps. Ramun s’arrête au passage de la lame de lumière argentée sur lui, son visage de félidé basculant de la rage à un choc fatal de stupeur et de désespoir. Il devient de plus en plus pâle, son souffle s’éteint et ses yeux se révulsent… tandis que son corps chute considérablement contre le sol. Ramun Luzal, cathar sanglant et maraudeur mercenaire aussi terrible qu’efficace, vient de disparaître après avoir été frappé au torse par le sabre-laser du jeune Arek. Perseus respire lentement en éteignant son sabre et en le rengainant sous sa veste para-civile à la corellienne, profitant du silence pour s’assurer que le cathar est bien hors d’état de nuire.
    Constat évident : le fauve est aussi froid et inerte qu’une pierre. La foule tout autour s’écrie de joie, heureuse et soulagée que le terrible maraudeur cathar soit enfin parti et que toutes les pertes qu’ils avaient causées ont été enfin vengées. Pour le jeune Arek, leurs cris de reconnaissance et de remerciements sont un brouhaha perturbant qui menace de fragmenter peu à peu sa couverture et attirer beaucoup trop l’attention sur lui. Mais bon, il se doutait que son geste attirerait toute cette attention.
    L’important, c’est que le danger est écarté et que personne n’a été blessé ou tué durant la lutte.

    Calyste : - Excusez-moi… Vous allez bien ? Vous n’êtes pas blessé ?
    Perseus : - Non ça va, je vous en remercie. C’est plutôt pour vous que je devrais deman…

    Une claque émotionnelle le prend aussitôt. Un instant figé ou ralenti par son cerveau lui vient. C’est à peine s’il a eu le temps de finir, en se tournant vers elle pour la regarder bien en face. La voir enfin d’assez près et tout entière pour… perdre intégralement toute notion de son environnement. Perseus est bloqué par la claque émotionnelle qui le prend dès qu’il posa ses yeux sur son interlocutrice.
    La fille devant lui s’avère être une jeune femme proche de l’âge adulte, au corps mince et bien conservé dont les courbes fines ont été travaillées au fil de sa jeunesse pour lui donner une silhouette gracieuse. Une peau rose-beige qui vire au teint de pêche, dont la surface paraît presque duveteuse et lisse à se miroiter dedans. Une longue chevelure bleu azur profond, lissée et tombante jusqu’au milieu des omoplates tout en cachant un peu son cou et ses oreilles. Un visage enfantin aux traits fins mais durcis par les épreuves, où ses yeux à l’iris marron doré renvoie une douceur sauvage et magnétisante tandis que ses lèvres pâles sont maigrement charnues mais assez pulpeuses pour les effleurer ; sans parler des minuscules taches de rousseur, à peine visibles, qui constellent le long de son nez.
    Perseus est parcouru d'une sensation nouvelle, chaleureuse et agréable, en la regardant. Son cœur bat d'une mesure plus rapide que la normale. Son diagnostic, il pense qu'il est…

    Calyste : - S’il-vous-plaît, vous m’entendez ?
    Perseus, sortant de sa rêverie : - Euh… que… quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
    Calyste : - Les chasseurs de primes de Rotta le Hutt, ils sont venus pour Ramun.

    Le jeune Ranger pivote sur lui d’un cran pour voir qu’en effet, un attroupement de chasseurs s’est rassemblé pour voir la scène et le fixer avec leur regard impénétrable. Il se retourne complètement pour leur faire face, fait deux pas en avant puis il pointe du doigt le cathar mort en leur demandant…

    Perseus : - C’est à vous que je dois le remettre ?

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    vendredi 10 décembre 2021 - 23:47 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre V.1. – Le prix de la liberté.


    Tatooïne, palais secondaire de Rotta le Hutt à Mos Eisley – En milieu d’après-midi…

    La lourde porte de métal épais s’ouvre de bas en haut, laissant le petit groupe franchir passablement le seuil et pénétrer dans le hall d’entrée aux murs et au sol de pierre marbrée aux couleurs du désert. Ils s’avancent au pas de marche, certains avec une démarche presque professionnelle et militaire et d’autres de manière simple et sans stéréotype. Les derniers doivent adapter leur démarche afin de mieux pousser le brancard encordé qu’ils ont fabriqué à la va-vite.

    Perseus Arek avance dans le long vestibule semi-éclairé et peu propre à cause du sable entrant, entouré par la huitaine de tognaths, niktos, duros et palliduvans qui servent de chasseurs de primes, et il garde son calme malgré l’austérité et la peseur des lieux. Il regarde de temps à autre sur sa gauche comment se porte la jeune métisse, qui n’a pas l’air d’apprécier la brutalité dont ces chasseurs font preuve à son égard. Dire que c’est une esclave au service du Hutt. Perseus en vient à regretter que ça ne soit pas une simple habitante de la ville, ce qui lui aurait mieux permis de l’aborder et de faire connaissance avec elle.
    La troupe de chasseurs fait s’arrêter un instant Perseus au beau milieu du hall, au même moment où les gardes weequays s’approchent en levant leurs hallebardes pour bloquer le passage. C’est à ce moment qu’un falleen en chasuble noire d’intendant fait son apparition et se présente au groupe.

    Xevier : - Vous revoilà enfin. (Il juge aussitôt le jeune homme.) J’en déduis à votre présence que c’est vous qui avez fait tout ce grabuge à Mos Eisley. Vous n’êtes pas d’ici, ça se voit, vous êtes un étranger.
    Perseus : - Votre accusation n’est pas fondé. Je suis ici parce que je sollicite une audience avec votre seigneur Rotta le Hutt. J’ai un colis pour lui.
    Xevier : - Son Excellence n’aime pas être dérangé pour rien, votre demande d’audience nécessite un motif clair et valable pour le rencontrer. (Il aperçoit la jeune métisse.) Toi ! Tu t’es encore mis dans le pétrin, c’est ça ? C’est à cause de toi que l’on a dérangé nos chasseurs pour aller en ville.
    Calyste : - Je n’ai rien fait !
    Xevier : - Tais-toi ! Va plutôt te changer et te préparer, nos invités d’aujourd’hui ont besoin d’être divertis.

    Les chasseurs qui la retiennent la relâchent, d’un coup sec, tandis que les gardes weequays la conduisent en direction du reste du hall et lui font emprunter un corridor annexe dans lequel elle s’engouffre.

    Xevier, revenant à Perseus : - Rassurez-vous, elle méritera la correction qu’il faut pour vous avoir dérangé.
    Perseus : - Ce n’est pas à cause d’elle que je souhaite une audience avec Rotta. Et elle n’est pas mon colis.
    Xevier : - On ne dérange pas monseigneur sans raison ni motif qui vaille la peine de…
    Chasseur tognath : - Intendant, vous devriez voir le colis qu’il apporte. Rotta sera plus que ravi à sa vue.

    Les autres chasseurs soulèvent un pan de bâche sur le brancard et dévoilent une partie du corps transporté dessus. Le falleen soubresaute de stupeur en reconnaissant un ancien lieutenant de son maître et traître en cavale ; son visage exprime clairement qu’il ne s’attendait pas à cela, consultant du regard le tognath le plus proche de lui pour avoir son avis. « C’est bien lui qui l’a eu », lui souffle le chasseur. Xevier reporte son attention sur le jeune humain, incrédule.

    Perseus : - Quoi, ça vous étonne que j’ai réussi à le vaincre ? C’est le genre de fauve à m’avoir facilement.
    Xevier, prenant un air satisfait : - Suivez-moi.

    L’intendant falleen emmène le jeune Ranger en congé dans les entrailles du petit palais, escorté par les chasseurs et d’autres gardes (ainsi que le brancard), pour rejoindre au bout du long hall une grande salle circulaire et au plafond éclairé d’un immense néon blanc-jaune rond. Une salle construite pour imiter un jardin des splendeurs et des plaisirs, où les plantes grimpantes d’arbre wrooshyk sur la surface des colonnades sont les seules traces de verdure, tandis que des divans et de grands coussins bordent le sous-plancher de duracier et permabéton. Le reste de la pièce, derrière les colonnes envahies, est plongée dans une semi-pénombre où des petites alcôves permettent aux habitués et aux visiteurs de s’attabler, un comptoir de bar offre un service de qualité avec divers droïdes-serveurs et une estrade où des musiciens bith jouent de leurs instruments pour rendre l’ambiance plus enjouée et animée.
    Le Hutt, reconnaissable à sa corpulence énorme d’alien invertébré gastéropode aux écailles verdâtres et brunies, est paisiblement installé dans son divan spécial prévu pour les siens, du haut de son estrade privée depuis laquelle il préside toute la pièce. Il est actuellement entouré par ses servantes les plus proches, qui le massent et le caressent à sa demande, et profite du calme pour déguster un cocktail.
    Perseus arrive enfin dans la grande salle et il vient se poster au beau milieu, avec quelques-uns des chasseurs qui déposent et lèvent le brancard à sa droite, et il patiente. Le temps que le falleen explique la situation à son maître et seigneur en employant le huttese. Il le fait presque à voix basse mais Perseus connaît le language hutt et n’a pas de problème à comprendre ce qu’il se dit.

    Xevier, parlant en huttese : - Maître, il semblerait que votre souhait de l’an précédent a été exaucé. Cet étranger ci-présent vous rapporte quelqu’un que vous vouliez revoir depuis longtemps.
    Perseus, s’inclinant dans le Hutt en voyant qu’on parle de lui : - Salutations, seigneur Rotta le Hutt. Je suis venu vous voir dans le but de vous remettre un colis particulier. (Il prend la peine de retirer lui-même la bâche du brancard.) Je crois comprendre que vous cherchiez cet individu.

    L’assemblée tout autour soupire de surprise à la vue du corps inerte attaché au brancard. La vue du cathar Ramun « Poils de sang » Luzal, anciennement mercenaire du Hutt et tueur pour le plaisir, est un spectacle aussi troublant que déroutant pour tous ceux qui le connaissaient de réputation. Savoir et découvrir qu’il a été vaincu (et tué) surprend les quelques invités tandis que les autres chasseurs et contrebandiers du Hutt sont frustrés à l’idée d’avoir été devancé par un étranger.
    Seul Rotta exprime clairement son humeur satisfaite en découvrant le fauve capturé mort.

    Rotta le Hutt, en huttese : - Ah, enfin ! Ce redoutable fauve tueur de Ramun Luzal. Dire que je désespérais de ne pas revoir sa gueule de félidé impertinent et moqueur, dans un état de faiblesse et de soumission. Et le voilà, vaincu par son arrogance et quelqu’un de plus malin que lui. Je le préfère comme ça, bien mort.

    Les danseuses du palais arrivèrent au même moment mais elles restent en retrait en voyant que leur maître est occupé avec une audience. Parmi elles, Calyste s’avance un peu plus et se faufile même parmi les quelques convives pour mieux se placer aux premières loges. Elle voit à présent la scène sous ses yeux, avec le jeune humain milicien et sa prise en pleine conversation avec le Hutt.

    Rotta le Hutt, en huttese : - Xevier, approche.
    Xevier, en huttese : - Monseigneur ?
    Rotta le Hutt, en huttese : - Cet étranger m’a dépanné d’une épine dans la queue. Fais en sorte qu’il soit bien récompensé pour la capture de Luzal, il l’a mérité.
    Xevier, acquiesçant puis s’adressent à Perseus : - Le puissant Rotta le Hutt vous remercie pour avoir mis la main sur le cathar Ramun Luzal, qui a été odieux et arrogant envers sa seigneurie. Et vous offre pour sa capture à mort la récompense de 20 000 crédits.

    La jeune fille pense aussitôt qu’elle s’est fait des désillusions sur la teneur de ce combat dont elle est ressortie vivante : son sauveur n’a fait tout ça que pour certainement mieux saisir l’opportunité de mettre le grappin sur le cathar et sa prime sur sa tête. Elle pensait un instant qu’il le faisait pour l’aider… elle se trompait. Après tout, elle n’est qu’une esclave. Une esclave qui n’a pas de valeur aux yeux d’autres.

    Perseus : - 20 000. C’est tout ?
    Xevier : - Quoi donc ?
    Perseus : - Franchement… vous me donnez seulement 20 000, pour cet Irrécupérable ?
    Xevier : - C’est la valeur estimée de sa tête pour avoir trahi et manqué de respect à son Excellence.

    Un long silence de réflexion règne, où Perseus tente de comprendre comment peut-on se limiter à ne prendre en compte que les erreurs commises envers un seigneur du crime, alors que d’autres forfaits sur des personnes civiles ont été commis et ont jugé qu’il était dangereux. Il comprendra jamais la logique des cartels et des syndicats, qui est vraiment très tordue somme toute. Mais durant ce moment de réflexion, il n’hésite pas à détourner son regard du Hutt et de son intendant pour fixer, cette fois-ci, la jeune métisse aux cheveux bleus qu’il a sauvé des griffes du cathar. Elle s’aperçoit qu’il l’observe mais elle se réagit pas, de peur de faire un geste de trop ou bien d’avoir un avis contradictoire sur le message que lui renvoie les yeux marrons du jeune homme. Mais Perseus ne fait que penser à l’opportunité de procéder autrement à l’échange du cathar mort. Il revient rapidement vers son principal interlocuteur…

    Perseus : - Noble Rotta, je pense que j’accepterais de vous remettre le cathar Luzal « Polis de sang » contre une autre récompense que 20 000 crédits. À condition que vous consentiez à y mettre le prix.
    Xevier : - Nous vous écoutons attentivement.
    Perseus, après avoir désigné du doigt Calyste : - Combien estimez-vous la liberté de votre jeune esclave métisse ci-présente ?

    La plupart des gens de la cour et des convives hoquètent de surprise en entendant cette proposition.

    Xevier, moqueur mais gêné : - Les danseuses et maîtresses de sa Seigneurie sont entièrement dévouées à lui et Il ne s’en sépare jamais sans raison valable. Mais si vous souhaitez un esclave, nous allons vous en chercher quelques-uns pour que vous fassiez votre choix selon votre envie.
    Perseus, sans lâcher le morceau et insistant : - Combien, pour « elle » ?!
    Xevier, en huttese à son maître : - Il insiste pour vous échanger Luzal contre votre jeune danseuse impertinente, qui était présent aux moments de la capture par ailleurs.
    Rotta le Hutt, en huttese : - Hum… (Il réfléchit en se grattant le menton.) Je ne m’attendais pas à ce que cette petite perle rebelle se soit trouvé quelqu’un qui veuille l’acquérir. Surtout quand il s’agit d’un étranger qui se trouvait au bon moment et au bon endroit pour arrêter Ramun dans son délire sadique. Hum. Voilà qui est étrange. (Il s’adresse à Perseus sans passer par le falleen.) Dites-moi, étranger, pour quelle raison devrais-je vous échanger une de mes esclaves rapprochées pour m’avoir rapporté Ramun ?
    Xevier, interprétant pour tous : - Le puissant Rotta le Hutt vous demande pourquoi il devrait vous donner son esclave en échange de la capture de Luzal le cathar.
    Perseus, sourire en coin : - C’est simple, seigneur Rotta. Très simple même. Si vous ne pouvez pas monnayer la liberté de cette jeune fille… (Il sort de sa poche de veste un comlink branché sur écoute.) J’envoie mon message de livraison au poste le plus proche de la Guilde pour leur dire que je leur remets Ramun Luzal, en échange de leur prime de 55 000 crédits toutes charges comprises.

    L’argument choque l’ensemble de la cour tandis que la plupart des subordonnés du Hutt réagissent en braquant tous leurs armes vers le jeune homme. Perseus ne bronche pas en les voyant tous tendus et prêts à riposter s’il fait un geste de trop : s’il appuie sur le bouton de son comlink, les chasseurs de primes pourront dire adieu à leur paiement car la Guilde revendiquera la prise en main du cathar comme dû et cela mettrait en péril l’notoriété du Hutt sur Tatooïne. D’ailleurs, Perseus se dit que les Guildeurs auraient au moins un bon prétexte pour faire valoir leur droit d’installation d’une base sur la planète.
    Calyste, qui ignore complètement du plan du jeune homme, s’interroge sur le comportement qu’il adopte en agissant ainsi. Rares sont ceux qui osent s’opposer ou défier le Hutt sur des problèmes d’argent ou d’honneur qui peuvent ternir son image. Mais d’un autre côté, elle se demande s’il ne fait pas exprès de provoquer le Hutt dans le seul but de voir comment il choisirait entre son honneur ou une esclave. En observant du côté de son invertébré de maître, elle constate que celui-ci ne bronche pas.

    Xevier, nerveux : - 55 000, par la Guilde ? Vous bluffez !
    Perseus : - Il se trouve que j’ai quelques contacts auprès de la Guilde et ces derniers ont eux aussi leurs comptes à régler avec Luzal. Sa tête n’est pas seulement recherchée chez vous, Hutt, mais aussi chez eux et dans d’autres syndicats. 55 000, pour tout ce qu’il fait, je trouve que c’est raisonnable et adapté à sa réputation de meurtrier. Vos 20 000 équivaut à ne rapporter que la tête au moins. Or, j’estime que la valeur de la liberté de cette demoiselle vaut au moins plus de 50 000. Et si le puissant Rotta le Hutt ne se sent pas de se séparer d’une telle somme pour récupérer ce cadavre, je pense que je devrais aller voir ailleurs pour gagner assez de quoi offrir une vraie vie pour cette jeune femme qui le mérite.

    Calyste n’en revient pas. Elle croyait qu’il faisait cela pour gagner plus d’argent mais elle se trompait. Elle se rend compte avec émoi et stupéfaction que la véritable raison du jeune homme, c’est elle. Il joue ce jeu dangereux de la surenchère pour lui montrer qu’elle vaut bien plus qu’une simple esclave anonyme et sans avenir ; personne n’oserait faire ça pour quelqu’un que l’on connaît pas, ni que l’on a à peine rencontré. Mais quoi que ce soit sa motivation véritable, Calyste est touchée par l’intention qu’il lui porte au point d’inciter son propriétaire à bien vouloir se séparer d’elle. Mais cela fonctionnera-t-il ? Est-ce qu’il aura assez de temps pour envoyer le message avant de se faire abattre ? Tous semblent attendre l’ordre de leur maître pour tirer. Mais après un long silence sans broncher…

    Rotta le Hutt, s’esclaffant en huttese : - Hahahaha ! Ce jeune humain sait appuyer là où il faut, quand il s’agit de blesser l’ego d’un Hutt qui a le sens des affaires. Je croyais avoir affaire à un vulgaire chasseur de primes, mais je découvre qu’il est plus franc-tireur que mercenaire. Et oser me parler avec la Guilde, surtout en pleine négociation avec elle pour une histoire de base-relais sur Tatooïne, on ne l’avait jamais faite celle-là. Hahaha. Tu as du cran, étranger. Il est vrai que je n’accorde que peu d’importance à ce que ce fauve de Ramun a fait en dehors de mes affaires. Mais cela ne m’empêche guère de voir certains juger si la prime que j’ai décidé est convenable ou pas. Ton prix n’est pourtant pas ce que j’ai pour habitude de payer et cela m’amuse à un tel point… que je me sens d’humeur à te faire une faveur. (Il pivote de peu vers la gauche pour appeler quelqu’un.) Calyste, approche.

    Cette dernière reste un moment étonnée d’être appelée comme ça, en pleine audience alors que cela ne se faisait que rarement. Voire jamais. Mais elle s’exécute en venant se positionner à quelques pas du divan-sur-estrade du Hutt, dévoilant sa tenue de danseuse à l’ensemble deux-pièces en tissu cobalt avec un chapeau de cuir à calotte creuse et bords moyens flottants dans son dos. Pour la première fois de sa jeune vie, Calyste se retrouve au milieu de l’attention.

    Rotta le Hutt, en huttese : - Dis-moi Calyste, penses-tu valoir plus de 20 000 pour la capture de Luzal ?
    Calyste, après avoir médité sur ses propos : - Puissant Rotta, vous m’avez accueilli et logé dans votre palais pour une bouchée de pain. J’étais encore petite et faible à l’époque, votre générosité m’a sauvé de la rue. Seulement… j’estime que ma vie et ma liberté valent bien quelques dizaines de milliers de crédits en compensation d’un criminel aussi cruel et dangereux que Ramun. Je ne suis qu’une esclave médiocre et entêtée qui ne vous sert que de bibelot pour votre bon plaisir, obligée de subir le cuir de vos fouets pour me faire trimer et me soumettre comme une chienne. Mais la vérité c’est que vous n’avez que faire de ma vie puisqu’elle n’a pas de valeur. Et si cet étranger, qui a risqué la sienne pour me sauver, estime que je vaux bien 50 000 pour avoir survécu au sadisme de ce fils de gundark de cathar, je pense lui devoir beaucoup plus qu’à vous et à vos acolytes crapuleux.
    Xevier : - Insolente ! Qu’on te donne immédiat…
    Rotta le Hutt, en huttese : - Paix, Xevier. La petite s’est exprimée avec franchise et elle n’a pas à s’en priver. Cela fait treize ans qu’elle grandit et vit au sein de ma cour, à travailler et danser pour moi depuis son plus âge. Treize ans de servitude, auxquelles elle pensait ne jamais connaître l’opportunité de goûter à la saveur de la liberté. Et pour ça… elle n’hésitera pas à cracher ce qui lui pèse sur le cœur. (Il s’adresse à nouveau à Perseus.) Jeune étranger, j’ai bien réalisé ta proposition et j’ai pesé le pour et le contre. Pour récupérer le corps du cathar Ramun Luzal, je suis prêt à se laisser ma jeune esclave métisse en guise de récompense sur la base de 50 000. Mais j’impose une condition, que tu devras t’engager à t’y plier.
    Perseus : - C’est la peur du ridicule vous a soufflé cette idée, seigneur Rotta ?
    Xivier : - Mesure tes paroles devant sa Seigneurie ou tu le regretteras, impertinent !

    C’est alors que le Hutt se retourne vers son intendant et le pousse en arrière, mécontent.

    Rotta le Hutt, en huttese : - Silence imbécile ! C’est moi qui traite avec notre invité. (Il revient vers Perseus.) Tu as fait preuve de finesse en monnayant ta prouesse et ta capture de ce traître cathar, mais tu restes encore un étranger aux airs de milicien qui ne fait qu’agiter un meiloorun mûr sous mon museau pour s’approprier un caillou brillant. Si tu veux pouvoir repartir vivant et entier avec ma jeune esclave libérée, tu vas devoir te mesurer aux dangers de la Mer des Dunes… et récupérer une perle de dragon krayt. Si tu réussis à rapporter une perle de dragon, alors je consentirais à te donner ma chère Calyste.

    L’enjeu est de taille et les conditions sont extrêmes, mais cela n’est pas plus dur que tout ce qu’il a eu à faire durant ces missions pour s’assurer que les faibles et les opprimés puissent vivre encore longtemps. Sauf que cette fois, Perseus doit le faire pour libérer une personne plus particulière encore qu’ordinaire. Et alors que tous s’attendent à le voir contester…

    Perseus : - Je vous rapporterais cette perle sans problème.

    Et il annule l'envoi de son message par comlink en baissant son bras, pour conclure l'affaire.

    samedi 11 décembre 2021 - 23:00 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre V.2. – L’aube d’une nouvelle rivalité.


    Coruscant, au sommet du Building Exécutif – Tard dans la fin de soirée…

    Le crépuscule s’étire sur toute la voûte céleste aux teintes rosées, orangées et blanchies par les longs nuages qui voyagent à lente allure dans l’espace bleu azuré, qui s’assombrit au fur et à mesure que l’astre majeur de Coruscant prime s’éloigne de plus en plus vers le ponant. L’atmosphère tiède entre les gratte-ciels et les gigantesques buildings résidentiels de la Galactic City se maintient avec le va-et-vient incessant et régulier des véhicules civils anti-grav qui circulent sur les routes aériennes. Une léger pollution sonore et motorisée qui se mêle à la puanteur invisible de l’acier, du verre fondu et des vapeurs substantielles venues des tréfonds des bas-niveaux de la planète œcumopôle.

    C’est toutefois une plus grande odeur nauséabonde et agressive qui remonte depuis les confins périphériques de la City, semblable à celle qu’une attaque de grande ampleur sur une infrastructure ancienne mais solide qui a plusieurs fois connue cela sans jamais vraiment s’effondrer. Un endroit que les citadins et habitants d’origine corusantii considèrent encore et toujours comme un monument du passé malgré que ses murs sont perpétuellement occupés par l’organisation légendaire liée à la Force claire.

    C’est toutefois au cœur du grand district du Sénat Galactique, à quelques lieues à pied de l’immense entité démocratique et parlementaire, que la signification de cette senteur agressive est portée jusqu’au bureau du chef suprême de l’État. C’est à l’intérieur de la grande pièce d’audience aux murs tapissés de pourpre et de cuivre, dans un style immobilier assez sobre et esthétique où l’on peut y voir toutes traces du passage des prédécesseurs à cette fonction durant leur mandat, que se tient une réunion des plus hâtives et des plus perturbantes qu’il y ait dans toute l’histoire de la jeune Troisième République.
    Le Chancelier Suprême actuel, Jacen Horn, est assis dans son fauteuil présidentiel derrière son bureau de travail tandis qu’il observe tour à tour ses visiteurs debout avec un calme transparent d’inquiétude. Il vient d’apprendre, avec horreur, que le Temple Jedi de Coruscant vient d’être détruit.

    Chancelier Jacen Horn, troublé : - Je n’arrive pas à vous croire, maîtres Jedi. Comment diable a-t-on pu en arriver jusque-là ? Et moi qui espérais en avoir fini avec la tension engendré par la dame Timoros et son apprenti Olethros, vous venez m’informer que le Temple a été détruit ?

    Les visiteurs venus de l’Ordre, plus particulièrement du Conseil lui-même, se tiennent bien droit devant leur ancien membre devenu le dirigeant élu de la République depuis plusieurs années et évitent de laisser leurs sentiments altérer leur dialogue avec lui afin de lui offrir un compte-rendu objectif. L’humain originaire de Myrkr, reconnaissable à ses mèches mi-longues brunes et son bouc taillé court, est le plus proche du bureau que ces compères et sert de principal intermédiaire.

    Kaarde Naberry : - Je regrette pour ces mauvaises nouvelles, chancelier, mais c’est la réalité. Le Temple Jedi vient d’être saccagé et détruit, par une attaque imprévisible menée une armée de soldats clonés et de Jedi noirs réunis qui est parvenue à complètement raser le bâtiment. Il ne reste plus du Temple que des vestiges et des ruines de sa forme et de sa gloire passée.
    Haut-conseiller : - C’est inadmissible. Les forces de défense présentes sur Coruscant auraient dues prévenir et intervenir pour empêcher une telle attaque sur notre capitale planétaire.
    Chancelier Jacen Horn : - La perte du Temple Jedi sur Coruscant est un nouveau coup dur pour nous tous, mais j’espère que son effondrement n’a pas emporté avec lui de nombreuses personnes de l’Ordre qui étaient présentes. Quels sont les effectifs de pertes et de blessés parmi les membres ?
    Clickman Terrik : - Une petite vingtaine de blessés seulement, grâce à la Force, mais… une seule perte. C’est le cœur lourd que nous déplorons le décès de Polux Horn Terrik.

    Le Chancelier Suprême est choqué et troublé par la nouvelle ; il connaissait bien le jeune maître Jedi de la famille Horn-Terrik, dont il partageait des liens de famille même lointains. Apprendre que ce dernier venait de mourir lui donne la boule au ventre, mais il se refuse à le montrer. En tant qu’ancien Jedi, il n’a pas le droit de se laisser à l’émotion ni perdre de son objectivité vis-à-vis de la situation galactique.
    L’autre visiteuse Jedi, une grande twi’lek rutian au teint plus azuré que vif, perçoit tout de même la tristesse dans le cœur du chancelier et fait preuve d’une empathie rassurante.

    Aynora’lask : - Maître Polux s’est battu en Jedi tout au long, il n’a pas souffert en nous quittant après avoir défendu beaucoup de nos membres et de nos novices qui étaient au Temple.
    Clickman Terrik : - Son sacrifice nous a permis de sauver le plus grand nombre des nôtres pour préserver l’unité de l’Ordre. Son courage et sa ténacité serviront d’exemples pour les générations à venir lorsque nous aurons terminé de tout réacheminer vers le Temple intérimaire.
    Chancelier Jacen Horn, réagissant à l’annonce : - Un Temple intérimaire ? Dois-je comprendre que vous délaissez Coruscant et l’ancien Temple pour nous quitter ? Vous ne pouvez tout de même pas laisser ces ruines silencieuses et inoccupées après une telle attaque, surtout s’il nous faut s’attendre à de nouvelles manigances de ses maudits suppôts de cette sale falleen.
    Kaarde Naberry : - C’est bien là le problème, Horn. Cet assaut destructeur du Temple Jedi n’est pas l’œuvre de Timoros ni d’Olethros, encore moins que Dark Soul. C’est encore pire.
    Haut-conseiller : - Que voulez-vous dire ? Qui d’autre serait encore pire que trois seigneurs Sith ?
    Kaarde Naberry : - Leur éminence de l’ombre. Un Grand Seigneur Sith, qui se fait appeler Baaaaaaal.

    L’évocation d’un tel ennemi aussi haut hiérarchiquement et dangereux ne plaît guère au chancelier.

    Kaarde Naberry : - Mon ex-disciple Tyria, ma sœur et moi l’avons rencontré et combattu lors d’une intervention sur Crondre. C’est un individu physiquement humain, marqué par le poids de la guerre, mais sa puissance, son sens tactique et sa sournoiserie sont effroyables. Cet homme semble venu de nulle part, son origine et sa psyché sont aussi impénétrables que le fond d’un maelstrom.
    Chancelier Jacen Horn : - J’imagine que notre chère Grand Maître de l’Ordre a rapidement pris conscience de la menace que représente ce seigneur Baaaaaaal sur la sûreté de notre communauté galactique. Et j’espère qu’elle vous a fait part d’initiatives ou de suggestions à transmettre pour se préparer au pire.
    Aynora’lask : - Padmée Naberry est en pleine migration et reconstitution de l’Ordre, en se cordonnant avec maître Remeyodi et les autres membres du Conseil pour établir efficacement l’intégration et l’habilitation de nos membres dans une ancienne et authentique enclave d’avant Yavin. Concernant des mesures sur le nouveau Seigneur Noir, c’est une tout autre affaire.
    Kaarde Naberry : - La priorité est pour nous de réunir et sécuriser le patrimoine de l’ordre pour continuer de préparer nos novices et renforcer nos rangs contre l’émergence de ce second Nouvel Ordre Sith. Mais certains de nos chevaliers les plus émérites, dont mon amie Bloli Meyst, se sont arrangés pour garder une cellule locale sur Coruscant, afin que la République ou les autres membres de la Fédération puissent nous contacter ou nous solliciter. Les Jedi n’abandonneront pas aussi facilement les habitants de la Galaxie à cause de la chute du Temple. Vous pourrez toujours compter sur nous, chancelier Horn.

    Ledit Chancelier Suprême hoche affirmativement de la tête, priant intérieurement la Force que de telles paroles ne soient pas vaines, puis il remercie chaleureusement ses visiteurs pour leur venue. Avant de les voir sortir et quitter la pièce sous l’escorte et l’œil vigilant des gardes sénatoriaux à la robe bleu roi. Un court instant de silence passe et il se décide à aussi renvoyer son haut-conseiller chalactan, afin de pouvoir méditer en paix sur toutes ces informations reçues. L’homme typé, barbu et aux dreads noires s’incline respectueusement devant le chef d’État puis il s’en va à tour d’une démarche nonchalante.

    Jacen Horn se retourne seul à présent, perdu dans ses pensées, en pensant d’abord son temps dans son fauteuil en croisant des mains jointes contre son nez avec les coudes sur son plan de bureau. Il se pivote ensuite de son siège présidentiel pour se lever et se tenir debout, mains croisés au dos, devant la baie panoramique de transpacier qui offre une vue toujours aussi incroyable sur la Galactic City. Mais même la vue de la monotonie incessante des citadins de cette planète ne l’aide pas, il ne peut se questionner sur les conséquences désastreuses et humaines que la destruction du Temple Jedi auraient pu causer, moralement comme physiquement. Même si les habitants du Noyau ne se soucient guère de la mémoire et de la notoriété des Jedi, ils sont les premiers et principaux défenseurs contre les forces du mal et du côté obscur. Ils ont été longtemps garants de la liberté, de la paix et de la justice dans l’ensemble de la galaxie et ce durant plus de trente mille ans. Jacen Horn sait ce que c’est, d’être à la fois un Jedi et le chancelier suprême actuel du régime démocratique majeur ; il ne peut se reposer sur son fauteuil ou dans son podium dans l’Assemblée sénatoriale alors que toutes ces vies dépendent de son jugement et de son savoir-faire. Il se doit de prendre des décisions fermes mais généreuses pour veiller au maintien de la paix, de l’égalité et de la souveraineté du peuple face aux menaces d’ordre socio-économique et politique.

    Ses sens de la Force lui indiquent que la porte coulissante de son bureau s’ouvre et qu’une personne entre sans vraiment annoncer sa venue, mais Jacen Horn reconnaît sans mal la signature de sa secrétaire pantorienne qui collabore avec lui depuis le début de son mandat.

    Secrétaire : - Chancelier, pardon de vous déranger…
    Chancelier Jacen Horn : - Je vous écoute, ne vous inquiétez pas ma chère.
    Secrétaire : - Je viens vous informer que le maréchal Thelnarris est arrivé et attend pour son rendez-vous.
    Chancelier Jacen Horn : - Dites-lui de venir, je vous prie.

    C’est un court moment plus tard que la porte s’ouvre pour qu’une nouvelle personne pénètre dans le bureau et vient se présenter au seuil du meuble surélevé de présidence, sans se mettre au garde-à-vous ni en repos militaire mais saluant brièvement de la main le chancelier. Glenn Thelnarris, maréchal de la République et dirigeant de la Défense Intérieure, se tient droit et observateur dans son uniforme militaire de manufacture corellienne qui dénote sa place autant derrière un bureau que sur le terrain. Faire partie du Haut-commandement Stratégique ne veut pas dire qu’il reste enfermé derrière la paperasse ; bien que ce soit en partie pour cela qu’il a demandé une audience avec Jacen Horn, surtout avec les nouvelles concernant l’attaque sur plusieurs fronts d’une nouvelle génération de guerriers ténébreux.

    Glenn Thelnarris : - J’imagine que j’ai manqué de peu votre visite des émissaires du Conseil Jedi. Je les ai vus repartir au moment d’arriver, j’en déduis qu’ils vous ont annoncé leur départ de Coruscant.
    Chancelier Jacen Horn : - Je suis peiné et consterné, en tant qu’ex-Jedi et chancelier. Apprendre que le Temple qui m’a vu grandir et mûrir en tant que garant de la démocratie est dorénavant une ruine désolée, dévasté par un Seigneur Noir mystérieux et ses sbires, et que les Jedi doivent partir s’établir ailleurs. (Il se tourne vers le maréchal, le regard ferme.) C’est encore une période sombre pour la République.

    Il prend la peine de descendre du sur-plancher d’estrade de son bureau, rejoignant le maréchal-ranger pour avoir une conversation d’homme à homme. Le grand humain de Chandrilla s’approche tout autant pour confier un databloc de données qu’il tenait sous son bras.

    Glenn Thelnarris : - Et ce n’est malheureusement pas tout. Une vingtaine de nos mondes périphériques s’est retrouvée prise dans le sillage de l’arrivée de ces Sith et de leurs forces insurgées. On nous a signalé que des divisions armées de soldats clonés, toutes menées par un acolyte ou disciple de cet ordre, avaient envahis des villes et villages reculés pour réquisitionner les ressources et soumettre les habitants, avant de massacrer quelques-uns pour asseoir leur pouvoir par la peur. Et lorsque nos troupes sectorielles arrivèrent sur place pour intervenir, tout n’était plus que ruines et fumée noire. Et parmi les décombres, ils se sont retrouvés face à des pilleurs et autres syndicalistes de la pègre qui récupéraient tout ce qu’il restait. Une confrontation s’est engagée mais les pirates ne voulaient pas lâcher l’affaire.
    Chancelier Jacen Horn, après avoir consulté le databloc : - Les charognards passent toujours là où il y a des restes à exploiter. Comme si s’occuper de la résurgence des Sith et de leurs acolytes ne suffit pas, nous voilà à devoir aussi gérer les criminels qui veulent faire fleurir leur marché dans les vestiges de civilisation. (Il rend la tablette au maréchal.) Le mieux serait de réorganiser les troupes sectorielles et les polices locales afin de surveiller toute tentative de pillage sur des zones de combat ou de ravage, tout en prévenant l’apparition de raids de la part des Sith. Le HCS peut-il s’en occuper ?
    Glenn Thelnarris : - Les autres maréchaux s’entretiennent déjà avec les officiers d’armée et de marine pour transmettre l’ordre de passer en alerte orange. Nous avons relayé comme condition principale de s’assurer que les citoyens de la République, mais aussi des systèmes indépendants voisins, puissent se faire assister contre de prochaines attaques et invasions ennemies. Seulement, la plupart des gouverneurs et des députés trouvent que cela ne suffira pas et une majorité d’entre eux ont demandé à recevoir un appui des chevaliers Jedi pour éviter d’avoir affaire aux Sith et autres usagers de la Force sombre. J’ignore si les sénateurs auront le même genre de discours ou les mêmes attentes.
    Chancelier Jacen Horn : - Alors vous devriez envoyer le plus de Rangers possible pour répondre à leurs attentes, maréchal. Je sais que vous et vos prédécesseurs avaient beaucoup réformé le corps spécial d’armée afin d’accepter des profils adaptés et adaptables pour mieux palier aux situations rencontrées. Leur présence sur le terrain et auprès des citoyens devrait permettre de remplacer temporairement le manque de chevaliers Jedi, n’est-ce pas ?
    Glenn Thelnarris : - Je ne crains que ce soit impossible actuellement, chancelier. Le général Pellian, à la tête du BSR, vient de déployer l’ensemble de ces agents sur des territoires actuellement menacés par la hausse de criminalité, aux confins de la Bordure Extérieure. Même les Régulateurs, avec qui nous avons décidé d’un engagement renouvelable d’aide à la citoyenneté, se sont répartis sur les mondes les plus enclins au désordre afin d’empêcher les cartels et les syndicats de se ragaillardir de leurs profits. Quant aux Antariens… eh bien, nous venons d’apprendre que leurs effectifs ont chutés et que certains se sont reconvertis dans la milice indépendante, jusqu’à même intégrer les rangs de la Guilde pour prêter main-forte aux honnêtes contrebandiers. Comme vous pouvez le constater, tous sont occupés ailleurs.

    Il s’arrête un instant et détourne de peu la tête, plongé dans une réflexion plus poussée et se rappelant quelque chose, avant de vérifier un détail dans les dossiers et fichiers de données de son databloc. C’est une fois qu’il retrouve l’information qu’il revient sur sa dernière phrase.

    Glenn Thelnarris : - En fait, le seul à être disponible et proche des lieux stratégiques à surveiller serait le Ranger de classe A junior Perseus Arek. Il est actuellement suspendu pour repos obligatoire, suite à ces nombreuses missions enchaînées une à une, et il pourrait nous être utile en l’envoyant en avant-garde dans les systèmes les plus fragilisés par le passage des Sith.
    Chancelier Jacen Horn : - Peut-on lui faire confiance pour remplir une telle tâche ?
    Glenn Thelnarris : - À vrai dire, je ne l’ai jamais rencontré personnellement ni même aperçu dans les brigades tournantes que je dirige dans le Noyau. Mais je connaissais son grand-père, Johan Arek, qui a servi toute sa vie comme Ranger de la République avec plus de cent cinquante missions réussies à son actif. Johan était mon instructeur et j’ai un grand respect pour cet homme qui s’est battu pour que les gens des peuples soient protégés et compris. Pour ce qui est de Perseus, son petit-fils, je sais seulement qu’il figure parmi nos plus jeunes éléments à avoir intégrer le BSR après avoir fini l’académie tôt. En tant que Ranger, son parcours est autant celui d’un soldat de paix que d’un ranger antarien tandis qu’il a assez bien mené toutes ses opérations dans le meilleur des cas, malgré quelques défauts mineurs.

    Le maréchal prend la peine de soupirer, se sentant presque lourd à l’idée d’oser parler plus librement et subjectivement sur un jeune agent de son organisation pour offrir son opinion au chancelier.

    Glenn Thelnarris : - Mais je trouve que Perseus Arek a le mérite d’agir pour ce qui bien et bon envers son prochain. J’ai la certitude qu’avec le temps et les rencontres qu’il fera, il finira par devenir un remarquable défenseur et un tacticien hors-pair pour la République. D’autant plus qu’il pratique couramment l’art et le maniement du sabre-laser, allez savoir pourquoi.
    Chancelier Jacen Horn : - Voilà un homme assez prometteur. Vous devriez le contacter, et sans tarder.

    dimanche 12 décembre 2021 - 18:12 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VI.1. – Aux airs la ressemblance.


    Tatooïne, entre Mos Eisley et la résidence de Rotta le Hutt – Dans la soirée…

    Le jeune Perseus Arek marche le long de l’avenue principale de Mos Eisley sans presser le pas ni le ralentir ; ses pas sont seulement souples et appuyés alors qu’il se dirige de manière pensive et prudente vers le centre de la ville-relais. Le soir étant tombé, les habitants sont rentrés dans leurs maisons et appartements dans les immeubles de terre cuite couleur sable, se réunissant autour de leur table de repas et oubliant peu à peu l’incident d’aujourd’hui. Les marchands ont rangé leur étal et fermé leur boutique, se rendant dans leur pension louée auprès des services de la ville.
    Les pauvres et les miséreux doivent aller se réunir et se rassembler dans une partie des quartiers périphériques où ils peuvent affronter la faim et le froid ensemble. Alors qu’il continue de traîner des pieds sur la route, son sac sur le dos avec ses courses, il remarque le jeune boiteux qu’il avait sauvé le midi même : ce dernier tremble de froid et semble avoir très faim, en entendant le grondement de son estomac. Perseus passe près de lui et, d’un geste élégant, décroche de son sac une couverture de rechange et le lui donne ; le garçon le regarde avec étonnement mais le remercie les larmes aux yeux. Un sourire en coin, Perseus lui donne même une des pommes qu’il avait acheté et lui souhaite bon appétit.

    Le revoilà qui continue son bonhomme de chemin, plongé dans ses pensées, et il cherche un endroit où crécher pour cette nuit. On lui avait dit qu’une sorte d’auberge de jeunesse se trouvait à deux pas près de la cantina, ce que Perseus ne comprenait pas pourquoi il ne l’avait pas vu plus tôt. Et si elle existe vraiment, il sera bien content de pouvoir y dormir pour être paré demain. En y repensant, il se dit que le Hutt en a bien profité pour lui forcer la main à son tour. Rapporter une perle de dragon, en voilà une drôle d’idée et surtout une manière de l’envoyer au casse-pipe. Mais Perseus ne se démotive pas pour autant.
    Pas après avoir eu cette conversation chaleureuse avec la jeune Calyste.

    ***
    Le jeune humain de Ganthel vient tout juste de se retirer de la résidence, après avoir conclu le marché avec Rotta le Hutt, en passant de nouveau par la porte principale et longer le sentier qui mène jusqu’à la ville et ses quartiers centraux. Il est à ce moment embêté et embarrassé de s’être fait presque avoir par la grosse limace quand il a accepté de récupérer une perle de dragon en échange de la jeune fille.
    J’ai l’ai bien bête maintenant, pense-t-il blasé et ennuyé, à devoir aller chercher un objet rare qu’on ne trouve que dans le gosier d’un dragon krayt. Tu parles d’un professionnel.
    Il est clair que son cerveau de Ranger ne tourne plus aussi rond que lors de ses missions aux quatre coins de l’espace républicain. Mais il accuse aussi le contrecoup de la décompression, à s’être pris vraiment en congé alors qu’il n’est que suspendu.

    Et alors qu’il redresse la tête pour se concentrer sur sa route, il se rend compte qu’il n’est pas seul sur le sentier et qu’une personne est assise sur le bord du muret naturel de roche qui longe la descente. Et ce n’est pas n’importe qui, car il reconnait la jeune métisse aux cheveux bleus dont la tenue de civil au tissu médiocre a été recousu une énième fois. Elle semble là à l’attendre, pensive mais consternée, et il la rejoint pour s’approcher d’elle. Perseus se sent plus lourd et plus anxieux à proximité d’elle, avec cette boule au ventre qui lui remonte presque dans la poitrine et un étau invisible qui serre son petit cœur battant. Il fait déjà frais ce soir mais il se sent intérieurement chaud. C’est… perturbant.
    Une fois qu’il est assez près d’elle, la voyant le regarder de biais d’un air blasé, il se décide à lui parler.

    Perseus : - Euh… hum, bonsoir.
    Calyste, le prenant de court : - Il vous est passé quoi par la tête exactement ?
    Perseus : - Plaît-il ?
    Calyste : - Vous vous faites conduire chez Rotta avec le corps de Ramun, vous monnayez la prime sur sa tête et vous vous permettez de lui faire du chantage pour remplacer les crédits par ma petite personne ? J’ignore de quel monde vous venez mais ici on ne marchande pas aussi risqué avec les Hutt, surtout pour une esclave en échange d’un ancien tueur-à-gages mort comme Luzal. Vous risquez votre vie pour rien.
    Perseus : - Bah, ce n’est pas comme si je ratais quelque chose à regretter. Autant vous l’avouer, j’avais prévu une chance sur trois qu’il accepte le chantage sans représailles pour préserver l’intégrité de son autorité. Et je suis bien content qu’il l’ait bien pris, même si je vais devoir lui ramener une perle rare pour récupérer une autre perle rare. Enfin de compte, c’est un échange de bon procédés.
    Calyste : - Un « échange de bon procédés » ? Perle rare ? Vous… est-ce que vous avez conscience de ce que je suis ? De ce que je représente ici ? Je suis une esclave ! Un bibelot vivant qui n’a aucune valeur, sociale comme psychique. Pourquoi vous vous embêtez à risquer votre peau pour une chose comme moi ?
    Perseus, un peu plus sérieux : - Tu n’es pas une chose pour moi, encore moins un bibelot. Tu es esclave, c’est vrai, mais même les esclaves ont droit à une meilleure vie. Que j’aurais eu appris que tu en étais une avant de sauver de Luzal, ça n’aurait rien changé au fait que je serais tout de même intervenu. Je ne laisse quelqu’un de faible ou de miséreux dans son problème, je lui viens en aide. Comme je te viens en aide.
    Calyste : - Je ne vous ai rien demandé.
    Perseus : - La liberté ne se demande pas, elle se mérite et se fait donner par autrui. J’ai beau être étranger à cette planète, j’ai déjà rencontré d’autres esclaves et je sais ce qu’ils ont enduré à vivre au service et aux dépens d’une personne supérieure, sans aucun avenir ni lendemain heureux. On a rien à être heureux de vivre esclave si on ne vit pas pour soi-même. Et je te regarde, je vois presque ton histoire dans tes yeux.
    Calyste : - Qu’est-ce qui vous fait croire que je veux être libre ? J’ai nulle part où aller, ni personne qui s’inquiète si j’existe encore ! Si être libre ça signifie se retrouver seule, alors je préfère rester esclave.

    Elle se baisse sur son côté gauche et tend ses deux bras minces pour saisir quelque chose et le passer de l’autre côté, pour mieux le présenter. Perseus y voit une cassette en bois de wrooshyr, raffiné et un peu sale, dans laquelle il peut entendre le tintement des pièces rondes de métal brillant dans le mouvement. Elle serre bien la boîte fermé entre ses mains et la lui tend.

    Calyste : - Voilà, j’ai réussi à chaparder dans le coffre personnel de ce falleen de Xevier. Vos 50 000 demandés pour la prime de Ramun Luzal. Prenez-les, ils sont à vous. Encaissez-les et oubliez-moi, ça vaut mieux pour tous. (Le jeune homme reste immobile et fixe.) Prenez-les. (Pas de réponse ni réaction.) Prenez-les ! (Toujours rien.) Prenez-les et partez ! C’est votre argent maintenant !
    Perseus, croisant des bras sur son torse : - Tu t’embrouilles l’esprit pour rien. J’irais chercher une perle de dragon, même si j’y risque ma peau comme tu dis. Je suis peut-être égoïste, à vouloir t’aider comme je le fais alors qu’on ne se connaît pas, mais je sais reconnaître un cœur en détresse qui souffre. Pour moi… tu es une personne. Une personne qui mérite de vivre libre. Et d’être aimé.

    La jeune métisse, interdite, n’arrive même plus à savoir si elle devait le haïr, le blâmer ou le remercier pour son entêtement. Elle s’est longtemps cru une vulgaire marchandise ou décoration à exhiber devant des gens pour le prestige et le plaisir, qu’elle n’espérait plus rencontrer quelqu’un qui lui rappellerait qu’elle est un être vivant. Une personne, avec des joies, des peines et des envies. Un instant elle se dit qu’elle imagine tout ça, que son désir profond et enfoui lui joue des tours, mais elle se rend bien vite compte qu’elle est vraiment là. Dehors, assise sur le bord du sentier du palais, face à ce jeune homme qui l’a sauvé de la mort et à qui elle souhaitait voir partir dans son désespoir. Il est toujours là, sans abandonner ni lâcher prise. Calyste sent que ses yeux s’humidifient de fines larmes, perdue par tant d’émotions contradictoires. Le jeune brun remarque les larmes au coin des yeux puis, souriant d’amusement, plonge sa main dans une poche et en ressort un petit et fin carré de tissu doux. Il l’approche de ses yeux à elle, essuyant les gouttes d’eau qui perlent, avant de le lui donner.

    Perseus, avant de partir : - Tu peux le garder. C’est cadeau.
    Calyste, en le voyant s’éloigner : - Attends ! (Il s’arrête et pivote en peu.) Co… Comment tu t’appelles ?
    Perseus, après un court silence : - Arek. Perseus Arek. Et toi ?
    Calyste, hésitante puis directe : - Calyste. Calyste Lapis. Je ne devrais pas te le dire mais… bonne chance.

    ***
    Le geste de Perseus envers la détresse de cette pauvre fille, en lui laissant son mouchoir en tissu, était la moindre des choses qu’il puisait faire pour la soulager un peu. Il n’a pas supporté de la voir comme ça après son échec à l’inciter à repartir avec l’argent comme compensation. Il sentait qu’elle le faisait pour se donner une nouvelle raison à son malheur, une justification. Perseus lui a montré qu’il n’était pas sans-cœur, comme ceux qu’elle du énormément croiser durant ses prestations pour le compte du Hutt. Il met dans ce marché un point d’honneur à lui montrer qu’il lui veut son bonheur en lui offrant la liberté.

    Une bonne heure vient de passer et il ressort de l’étrange auberge de jeunesse, ravi d’avoir pu trouver une chambre pour passer la nuit (qui risque d’être longue), et il profite que les lumières des services bistronomiques de la cantina soient encore ouverts à cette heure-ci de la soirée, pour aller manger un morceau et boire une bière. Il longe tranquillement les murs des bâtiments pour atteindre ensuite l’entrée de la cantina et il constate qu’il n’y a personne qui semble aller et venir pour entrer ou sortir ; c’est d’ailleurs trop calme pour lui, alors qu’il pensait que les pilotes, contrebandiers et autres filous du coin viendraient plus en soirée pour se remettre des émotions fortes du jour. Il s’approche de l’entrée, descend les marches du palier une à une et… il entend comme du grabuge. Il continue de descendre d’escalier d’entrée et il découvre ce qui provoque autant de brouhaha et de bruits de casse.
    Au beau milieu de la salle, parmi une trentaine de clients qui s’amassent en cercle, deux hommes semblent en pleine confrontation et sont retenus de force par certains pour les dissuader d’en faire trop. Perseus reconnait à gauche l’ondigae de ce midi, dont la figure sous l’éclairage ambiant de la salle montre de nouveaux signe qu’il est éméché et ivre, et à droite il s’aperçoit qu’il s’agit d’un jeune humain blond de sa tranche d’âge, voire un peu plus jeune. Ce dernier semble vouloir continuer d’en découdre avec le vieil ondigae, si bien qu’il parvient à se défaire de ses intervenants et lui saute presque dessus, mais l’alien s’est révélé plus rapide que lui en balayant les siens et plus fort en le saisissant par les épaules et en l’envoyant voler en direction de la sortie. Perseus voit le jeune blond s’effondrer pile à ses pieds, en gémissant très légèrement de douleur : de plus près, il remarque qu’il a une pigmentation cutanée plus rose bonbon que beige clair, ce qui lui fait penser que lui aussi est un métisse.

    Perseus : - Eh ! Ça va aller ?
    Jeune métisse blond, en se relevant difficilement : - Mouais… je crois bien que ce sal*ud m’a déboîté l’épaule gauche en me balançant. Même ivre mort, il a encore plus de force que moi.
    Perseus : - Bougez pas trop, vous allez vous blesser encore plus. Laissez-moi faire.

    Perseus contourne le jeune garçon à terre et il vient se poster devant lui, faisant barrage à l’ondigae qui s’approche en titubant et en hoquetant d’ivresse.

    Ondigae, éméché : - Toi ! T’es aussi là, hic. Je l’savais… hic. C’est une conspi… hip, conspiration. Les Régulateurs, les Hutt, la Guilde… hip, tous des conspirateurs ! Je vous la laisserais pas ! C’est ma canti…

    Il se fait de nouveau tazer par le câble spécial du brassard droit du ranger, se figeant instantanément en serrant les dents et s’écroulant la tête en avant pour finalement se vautrer dans son inconscience. Un silence de plomb règne dans la pièce, puis Perseus rembobine son câble et sort d’une poche une bourse.

    Perseus : - Y a-t-il des partants pour une tournée générale ?

    Il lance la fin bourse au barman, qui la réceptionne habilement et l’ouvre pour y compter assez d’argent pour payer deux consommations chacun. D’un geste, il fait passer le mot que tout est bon et voilà que les musiciens bith présents se relancent dans leur interprétation classique du thème de la cantina. Tous retournent gaiement à leurs occupations, ce qui permet à Perseus de se retourner vers le jeune métisse pour lui tendre amicalement la main.

    Perseus, en tendant la main : - Besoin d’aide l’ami ?
    Jeune métisse blond, la saisissant volontiers : - C’est gentil de la proposer. (Il se fait hisser tout en se redressant sur ses jambes.) J’ai bien cru ne jamais pouvoir me débarrasser de lui, ce fou d’ondigae m’a embêté pendant tout le long alors que je ne faisais que lui demander un renseignement.
    Perseus : - Il y aura toujours quelqu’un pour chercher les ennuis et critiquer le monde. Il n’est pas le dernier des imbéciles à voir le mal partout ni le seul à croire que son lieu favori lui appartient. Bref, il faut savoir comment bien gérer ces individus sans se retrouver dans une bagarre inutile.
    Jeune métisse blond : - Et bien ça m’apprendra à demander quelque chose à tout le monde sans se méfier de ce qu’ils sont. Je pensais pourtant avoir bien appris du métier pour gagner plus aisément la confiance.

    Le jeune humain de Ganthel s’interroge à nouveau sur son camarade d’ennuis, étonné de voir un autre métisse à la peau uniformément rose pâle et légèrement beige mais avec un front blond cuivré et court.

    Perseus : - Vous aussi, vous êtes étranger à Mos Eisley ?
    Jeune métisse blond : - Pas vraiment. Je suis déjà venu de temps à autre sur Tatooïne avec de la famille, afin de faire fonctionner les affaires auprès de certaines personnes. Je ne suis plus revenu depuis treize ans passés, ce qui a brouillé mes connaissances et mes habitudes de la planète et de cette ville on dirait. Je crois qu’il va falloir que je recommence du tout début pour pouvoir bien me faire voir de ces pilotes et contrebandiers de tout horizon. Du moins, histoire d’avoir les informations que je recherche.
    Perseus, curieux mais sceptique : - C’est quoi comme informations ? Une prime, ou dans ce genre-là ?
    Jeune métisse blond : - Pas du tout. Je ne suis pas là pour chercher des criminels à capturer, mais pour retrouver une personne qui est portée disparue depuis trop longtemps. Et la dernière fois qu’elle a été vue, c’était aux alentours de Mos Eisley et de la Mer des Dunes.
    Perseus : - De qui s’agit-il ?
    Jeune métisse blond : - Une jeune fille, métissée humaine-zeltronne avec une chevelure bleue et un air de garçon efféminé. Cette personne… cette personne est ma sœur.

    Gros blanc, avec un choc de stupéfaction. Perseus se rend compte que sa première impression était la bonne, que ce jeune homme avait un air de ressemblance avec… Non, non ce n’est quand même pas une coïncidence ? Il vient à peine de rencontrer et de parler avec la jeune esclave métissée que le voilà en compagnie d’un semblable qui dit chercher sa sœur disparue. Pour Perseus, ça ne peut être une simple coïncidence ni même le fruit du hasard, il ne peut considérer la situation actuelle à partir de ces angles-là. Ce qui veut dire… que la Force a vraiment l’idée tordue de lui jouer des tours aussi flagrants que gênants.
    Franchement, il ne manquait plus qu’il se retrouve à devoir se confronter au frère pour avoir la sœur…

    Jeune métisse blond : - Ah au fait, je vous parle de mon but mais j’ignore encore à qui j’ai l’honneur.
    Perseus, reprenant son sérieux : - Ah pardon, c’est vrai que je ne suis pas présenté. Arek, Perseus Arek.
    Jeune métisse blond : - Sean Blue.

    Blue ? Étrange, il s’attendait à ce que le nom de famille soit le même que celui de Calyste. Mais en y réfléchissant, les deux noms sont similaires à une seule et même couleur. Y aurait-il quelque chose qui échappe au jeune ranger ? Il devrait peut-être enquêter discrètement, surtout s’il souhaite engager une possible relation avec la jeune esclave une fois libérée. Mais bon, cela reste dans le cas du futur possible.
    Une fois la poigne de main échangée durant les présentations, on entend un des contrebandiers au comptoir demander d’augmenter le volume de l’écran holographique et le barman le fait ; Perseus entend aussitôt la voix du présentateur le l’HoloNet puis de l’intervenant de terrain parler de Coruscant. Il regarde plus attentivement les images du journal télévisé et… il découvre avec horreur les scènes diffusées montrant des ruines énormes, lourdes et encore fumantes d’un monument plurimillénaire qu’il connaît.

    Perseus est choqué d’apprendre, par l’HoloNet, que le Temple Jedi de Coruscant est tombé.

    mardi 14 décembre 2021 - 14:24 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VI.2. – Le Ranger, le Chasseur et le Dragon.


    Tatooïne, dans la bordure entre Mos Eisley et la Mer des dunes – Le lendemain matin…

    C’est la fraîche matinée d’une dure journée qui commence, au moment où les deux soleils de la planète désertique Tatooïne se lèvent presque simultanément à l’est et éclairent le plateau de Mesra sous des teintes chaudes de rose, beige et jaune clair. La ville de Mos Eisley se réveille lentement mais assurément, les habitants se préparent dans leurs commerces pour les fournir en nouvelles provisions et pour les ouvrir aux visiteurs et potentiels clients, les autres commencent à vadrouiller dans chaque coin de rue et de quartier pour chercher du travail ou le poursuivre dans des conditions exécrables.

    En sortant de l’entrée de l’auberge dans laquelle il créchait pour cette nuit, Perseus Arek récupère dans une main libre son holocom portable pour décrocher l’appel qui sonne depuis son comlink. Avec les nouvelles qui sont tombées sur la perte du Temple Jedi de Coruscant, il ne serait pas étonné que le centre de commandement général se décide de le rappeler pour avoir tout le monde disponible lors de l’état d’urgence provoqué par l’évènement. Il décroche donc l’appel depuis son holocom et il n’est pas surpris de voir apparaître l’image holographique du général-divisionnaire du BSR en personne.
    Cela ne fait que deux jours qu’il s’est absenté de Coruscant, après avoir été suspendu suite à son dernier succès controversé, et voilà que le chef de son service le contacte directement. Perseus n’est pas soulagé.

    Perseus : - Perseus Arek, j’écoute.
    Garo Pellian (holocom) : - Perseus, enfin. Heureusement que vous restez toujours à l’écoute de votre comlink malgré que vous êtes suspendu pour congés. J’espère que je vous dérange pas dans une quelconque activité que vous auriez commencé durant votre vacance.
    Perseus : - Monsieur, il est encore sept heures quinze du matin sur Tatooïne. Je viens juste de quitter mon lit et de sortir de l’auberge où je viens de crécher.
    Garo Pellian (holocom) : - Tatooïne, vous dites ? Hum… On dirait que cela va peut-être nous favoriser l’approche et le déplacement sans soucis. Perseus, je vous contacte afin de vous faire part de légères modifications sur votre congé obligé. Vous restez officiellement suspendu des missions du BSR et profitant de vos vacances sur la planète de votre choix, mais officieusement… j’ai une nouvelle mission pour vous.
    Perseus : - J’imagine qu’il y a un rapport avec l’attaque et la destruction du Temple Jedi.
    Garo Pellian (holocom) : - Vous avez tout compris. La perte du Temple Jedi vient d’affaiblir l’unité et la présence de l’Ordre dans les secteurs de la République et tous les membres restants viennent de déclarer leur retrait temporaire pour prendre le temps de se reconstruire. Il se peut que leur absence se prolonge pour un certain temps et nous ne pouvons laisser nos systèmes fédéraux sans aide ni protection, surtout avec le désordre qu’engendre médiatiquement la chute du Temple. C’est pourquoi je vous appelle.
    Perseus : - Je regrette mais je ne peux pas mettre fin à ma vacance alors qu’elle a commencée à peine. Vous m’avez envoyé faire une pause dans mon travail de ranger et je dois en profiter au moins une sem…
    Garo Pellian (holocom) : - C’est une requête du Haut-Commandement, appuyée par l’avis du chancelier.

    Il garde le silence pendant un bon moment. Perseus comprend à cette déclaration qu’il n’a pas vraiment le choix et qu’il va lui falloir mettre fin à toute activité secondaire pour répondre à la priorité de son gouvernement. Sauf qu’il ne considère pas comme secondaire le fait de vouloir récupérer une perle de dragon pour sauver la vie et la liberté d’une jeune femme. Il lui faut questionner sur les détails de cette mission prioritaire afin d’en déterminer le degré d’urgence.

    Perseus : - Que puis-je faire « exactement » pour le Bureau Exécutif ?
    Garo Pellian (holocom) : - Les systèmes périphériques du versant ouest de la région extérieure sont en difficulté depuis le passage des nouvelles forces Sith qui se sont infiltrées au-delà de nos lignes. Certains gouverneurs et gouvernants craignent que leurs ressources restantes deviennent le sujet de convoitise pour des charognards de guerre qui recherchent tout ce qui peut leur rapporter du profit. La pègre est malicieuse, Perseus, et quelques pirates ont déjà commencé à venir piocher dans les vestiges d’habitation. Il leur faut quelqu’un pour organiser une avant-garde de prévention et coordonner les opérations d’assistance des troupes sectorielles auprès des mondes sensibles. Vous êtes le seul agent disponible.
    Perseus : - Vous ne me facilitez pas la tâche, général. Il existe plus d’une dizaine de cartels et syndicats de la pègre qui voudraient profiter de l’occasion d’une énième guerre pour s’emparer de ressources utiles au fleurissement du marché noir et de leur profit. Certains sont têtus et boutés mais pas idiots, ils seront certainement chacun organisés pour guetter l’opportunité de prendre la meilleure part du gâteau et laisser le reste à leurs concurrents. À moins de solliciter une aide de la Guilde, ce ne sera pas chose aisée. Mais surtout, je dois aussi faire avec ma propre organisation personnelle dans mon congé.
    Garo Pellian (holocom) : - Je n’en doute pas et j’espère que ce sera bref. Vous avez deux jours pour conclure vos affaires sur Tatooïne, pas plus, puis je vous enjoins de rejoindre la planète Naboo le plus rapidement possible. Il est essentiel que vous puissiez représenter la sécurité de la République devant les dignitaires qui vont de rassembler pour faire entendre leurs problèmes face à la pègre. Je compte sur vous pour être à l’heure, tout comme le Chancelier compte sur votre collaboration généreuse. Sur ce, au boulot.
    Perseus, soupirant et saluant militairement son interlocuteur : - Argh… Bien reçu, monsieur.

    La communication se coupe depuis l’autre côté, l’image holographique disparaissant d’elle-même et il range son holocom sur sa ceinture utilitaire. Perseus se dit qu’il n’a pas vraiment de chance de pouvoir se lancer dans son programme initial s’aller visiter l’ancienne ferme des Lars et l’antique route perdue du pèlerinage Jedi dans la Mer des dunes. Après avoir acheté la liberté de la pauvre Calyste à ce gros Hutt.
    Et alors qu’il est perdu dans ses pensées, une autre personne sort à son tour de l’auberge et vient se poster près du jeune ranger humain de Ganthel. Le jeune métisse blond observe son voisin un instant puis il lui pose une main amicale pour le ramener dans la réalité.

    Sean Blue : - Perseus, restez un peu sur terre. Ce n’est pas le moment de se rendormir.
    Perseus : - Oh, désolé pour l’absence. C’est juste que les nouvelles de l’HoloNet me préoccupent un peu.
    Sean Blue : - C’est à cause de ce qui s’est passé au Temple Jedi, hein ? Mouais, je ne suis pas trop intéressé par ces choses comme la Force, les Jedi et tout ces mystères compliqués. Je sais juste qu’ils sont occupés à jouer les samaritains dans la galaxie et qu’ils en bavent avec ces Sith ci-nommés aux infos. Tant que ça ne me concerne pas ou que ça n’implique pas mes affaires, je ne m’en préoccupe pas du tout.
    Perseus, blasé : - Typique d’un aspirant chasseur de primes. Et moi qui pensais que vous étiez assez ouvert à la situation galactique pour voir tout ce qui « pourrait » préoccuper vos affaires.
    Sean Blue : - Mon père m’a souvent dit qu’un chasseur de primes se doit d’être neutre et désintéressé s’il veut vivre pour mieux survivre. Se préoccuper des soucis des autres et agir en faveur d’un camp n’apporte que davantage de problèmes et moins de chance de se subvenir. Il se contente de vivre tel qu’il est et sans laisser qui que ce soit lui enjoindre de suivre un autre chemin. Et moi aussi. Alors je pense que vous devriez en faire de même, ça vous soulagerait peut-être.
    Perseus : - Je suis aussi un samaritain, Sean, pas un indépendantiste épicurien.
    Sean Blue, haussant des épaules : - C’est votre choix, je le respecte. C’est juste que je trouve dommage de penser aux soucis d’autrui sans se contenter de penser pour soi-même. (Il laisse un petit blanc avant de passer au sujet suivant.) Bien, j’imagine que vous vous mettez en route pour les confins de la Mer de dunes pour commencer cette chasse au dragon-krayt. Si ça peut vous rassurer, moi non plus je n’ai pas eu l’occasion de voir ou d’approcher un véritable spécimen de ces bêtes monstrueuses.

    C’est ce qui est prévu, du moins si les conditions sont favorables. Perseus a profité d’une bonne nuit de sommeil pour se décider à se lever tôt et aller prendre la large en direction de l’immense étendue sableuse pour aller trouver l’objet de sa quête. Il pensait qu’il serait seul à entreprendre cette folle mission mais le jeune métisse humanoïde blond s’est proposé de l’aider à explorer la région et à trouver un spécimen encore présent. « De plus, avait-t-il ajouté après une lampée de bière, cela me permettra d’améliorer mes compétences de chasseur et d’arpenteur en réussissant à affronter un vrai dragon. Sans parler de l’opportunité de pouvoir négocier la liberté de ma sœur grâce à ma participation à la chasse ». Ce soir-là, Perseus s’était abstenu de mentionner qu’il devait échanger la perle contre cette même métisse aux cheveux bleus que son camarade souhaitait libérer. Peut-être parce que ce n’est pas encore le moment pour lui en parler, qu’il faudra plus de temps pour lui montrer de la confiance mutuelle. Et alors seulement, il pourra envisager de lui avouer qu’il fait tout ça pour sauver la même personne que lui et lui faire comprendre qu’il souhaite son bonheur. Allez, ce n’est pas le moment de penser ou de cogiter sur l’avenir incertain. Advienne que pourra et au diable les circonstances. Perseus remonte la bretelle de sa besace sur mon épaule puis il s’engage dans l’avenue, suivi par le chasseur métisse blond, et il s’engage directement vers un aller dangereux avec l’environnement primitif et ardu de la planète désertique.

    ***
    Le sable des étendues immémorables du gigantesque désert, où la faune et la flore n’existe presque pas, sont dormantes et brûlantes sous la lueur des deux soleils qui annonce le milieu d’une matinée estivale. Un silence solennel et millénaire stagne dans cet environnement dépourvu de civilisation et de passage régulier de transports, où seuls les quelques animaux et créatures habitantes du désert vont-et-viennent à leur accoutumée pour vivre et survivre. Ce même silence est aussitôt troublé par le vacarme sourd d’un moteur à répulsion des deux Skyblade-330 qui survolent la mer sableuse.
    Assis chacun dans leur moto-speeder et couvert par leur poncho adapté au climat, Perseus et Sean traversent en ligne droite l’immense étendue sans perdre de loin la ligne d’horizon interminable devant eux ; ils observent de loin chaque dune et chaque mouvement de sable qui pourrait signifier la présence de leur sujet de chasse. Ils n’aperçoivent que du sable à longueur des dunes et que de petits animaux sans trop d’intérêt… sauf s’il y a besoin de se nourrir en voyant le zénith pointer bientôt. Ils continuent de conduire leur moto-speeder pendant encore une bonne demi-heure, tout en guettant la moindre trace avant le passage du mistral, puis ils se décident à s’arrêter en haut d’une dune assez haute et rocheuse pour y poser pied, le temps d’une mise-au-point. Perseus arrête son véhicule et soupire de frustration.

    Perseus : - Rien, toujours rien. J’ai beau cherché de partout du regard, je ne vois aucun signe de passage d’un dragon-krayt. Et pourtant je sais parfaitement à quoi ressemble des traces avant-coureuses de dragon, je ne peux donc pas les avoir loupé ! J’ai l’impression de rechercher un spécimen disparu.
    Sean : - Les dragons-krayt sont de dangereux animaux dans le désert de Tatooïne, tant pour les banthas que pour les habitants du désert. Leur chasse est tellement courante qu’il y a des chances de ne pas trouver de nouveau spécimen… avant un bon moment. Je ne crois pas qu’ils aient tous disparus, surtout en sachant qu’ils peuvent se fondre dans le sable du désert pendant des années sans se faire remarquer.
    Perseus : - Autant chercher une aiguille de tricot dans un grand bac à sable ! Le Hutt s’est bien foutu de moi avec son histoire de perle de dragon, il s’est douté que j’aurais du mal à en trouver un pour lui prendre sa pierre précieuse au fond du gosier. Et dire que la Mer de dunes est atrocement immense…
    Sean : - À vrai dire, je pense que la mer n’est qu’une partie de l’habitat des dragons-krayt et que nous ne cherchons pas au bon endroit. On peut toujours aller fureter dans les canyons profonds entre le plateau et le versant sud de la mer. C’est principalement par là-bas que l’on a dernièrement aperçu un dragon-krayt, d’une taille assez imposante et aussi violent qu’une avalanche de roche.
    Perseus, dubitatif : - Un dragon des canyons ? C’est une bonne idée, mais qui nous dit que Rotta ne souhaite pas plutôt nous voir lui rapporter une perle venant d’un dragon-krayt un peu plus grand et qui vit régulièrement au cœur de la mer de dunes ?
    Sean : - Où est la différence ? Qu’il soit grand ou vienne des canyons, un dragon-krayt produit une seule et même variété de perle après avoir ingurgité des pierres dans son estomac pour sa digestion. Toutes les perles de dragon se ressemblent, aucune n’est assez différente pour parler de qualité selon la taille et la sous-espèce de la bête. Après, si vous trouvez une perle qui serait assez grosse comme mon poing…

    Perseus ne dit plus rien, conscient d’avoir parlé sans vraiment réfléchir aux caractéristiques de la perle que vient d’évoquer le jeune chasseur ; c’est vrai, toutes les perles de dragon-krayt se ressemblent et aucune ne présente de diversité pour estimer de quelle sous-espèce elle provient. Il reste tout de même le problème de la bête à traquer et vaincre pour obtenir pareil bijou, si ce n’est que ses chances sont nulles pour y parvenir. Et il n’a que deux jours pour en trouver une avant de repartir en mission officieuse. Perseus soupire de consternation avec un sourire amusé : sa mère avait raison sur un point, l’amour peut rendre aveugle et faire tourner la tête. Mais que ne ferait-il pas pour les beaux yeux de la jeune Calyste ?
    Il préfère ne pas perdre de temps et il se baisse vers sa sacoche gauche de moto-speeder pour piocher dedans une électrojumelle binoculaire et la porter à ses yeux. Il observe avec elle, de toutes parts, les différentes parties de la mer de dunes autour de lui et il guette tous mouvements qui pourraient être suspect. Il observe à travers ses jumelles pendant un long moment, attentif et concentré dans sa tâche de trouver une trace, mais il sent qu’il va finir par se lasser à force de tourner plusieurs fois sur lui-même pour avoir une vision à 200 °C de l’immense désert. Il se demande même s’il ne devrait pas considérer l’alternative de Sean comme la plus à même de lui fournir des pistes exploitables.

    Sean : - Toujours rien, j’imagine. On devrait changer d’endroit et aller plus loin dans la mer, là où même les nomades tuskens n’osent pas s’aventurer par peur d’anciennes légendes sur les démons de Tatooïne.
    Perseus : - Encore un peu de patience et on se rendra un peu plus loi oui. À condition d’être prudent.
    Sean : - Oh, n’vous inquiétez pas pour ça. « Prudence », c’est mon troisième prénom après « audace ». (Il reprend après un petit blanc.) Si jamais vous réussissez à lui rapporter une perle, qu’est-ce que vous comptez demander à Rotta le Hutt exactement ? Avec un joyau au prix astronomique, vous devez avoir une sacrée demande à lui faire en revenant le voir.
    Perseus : - C’est une longue et drôle d’histoire. Je préfère la garder de côté le temps que l’on trouve…

    Perseus et Sean soubresautent au moment où un cri grondant et rauque résonne dans l’air de la mer. Un cri assez fort et tonnant qui leur donne la chair de poule pendant un court instant, même s’il vient de loin. Le jeune Ranger passe de partout ses jumelles vers la direction d’où il entend le cri, balayant l’horizon nord-ouest de la gargantuesque étendue de sable pour voir où se trouve la créature qui hurle ainsi. Il finit par trouver une lointaine dizaine de petites taches brunes en mouvement ; il se sert des roulettes de grossissement pour amplifier plus loin sa vue et il découvre que c’est un troupeau de banthas sauvages qui accourent dans leur direction… avec derrière eux une grosse bosse mouvante de sable.
    Une grosse bosse qui se dissipe un court instant pour révéler l’énorme tête et les épines dorsales d’une bête monstrueuse reptilienne aux dents acérées et aux écailles beiges et brunes délavées qui rutilent sous l’éclat du soleil. Un énorme monstre d’au moins trente mètres de longueur sur quinze de largeur.

    Perseus, après avoir enlevé ses jumelles et d’un air déterminé : - Un Grand Dragon-Krayt.
    Sean, après avoir approché sa moto-speeder de l’autre : - « Grand dragon-krayt » ? Ce serait trop beau pour être vrai qu’on en croise un de sitôt. Je peux ? (Il récupère l’électrojumelle et le porte à ses yeux pour regarder.) Par le souffle de la Force ! C’en est vraiment un… Mais, c’est… c’est un vénérable de la mer de dunes ! Un dragon-krayt d’un âge vénérable, juste devant nous.
    Perseus : - Et qui fonce droit vers nous à voir la direction que prennent ces banthas. Allons-y !

    Ils redémarrent leurs moto-speeders et s’élancent à toute vitesse dans les étendues bosselées de la mer de dunes, traversant et longeant plusieurs dunes pour se rapprocher du troupeau de grands mammifères herbivores et de leur prédateur. Ils ralentissent et s’écartent chacun d’un bord, après une vingtaine de kilomètres parcourus, pour contourner l’énorme reptile qui reste préoccupé par ses proies ambulantes. Perseus se rend compte que le dragon-krayt est bel et bien monstrueusement immense et que sa carapace écailleuse est plus claire et sale, attestant qu’il doit être proche de la fin de sa longue vie. Il continue de l’observer tout en manœuvrant sa moto-speeder pour le suivre de près et à côté.
    Seulement… il s’aperçoit qu’en restant à proximité de la tête il se fait aussitôt voir par le monstre ; l’œil noir profond du dragon-krayt est presque tourné sur lui pendant un moment, avant de revenir sur le troupeau et se propulser sur ses pattes pour plonger sur les banthas, sa gueule grande ouverte pour les avaler. Le choc de la plongée fait trembler la surface de la mer de sable et créé un immense trou qui emporte les banthas pour les enfermer progressivement dans la gorge de leur prédateur. Un moment passe et le dragon krayt s’est engouffré entièrement dans le trou qui s’est rempli et recouvert automatiquement de sable derrière son passage. Perseus arrête un moment son speeder en voyant que le trou a disparu, avant d’être rejoint assez rapidement par le jeune métisse blond.

    Sean, furieux : - Et zut de fiote de fiote ! Il a replongé ! On n’a aucune chance de le retrouver maintenant que la mer de dunes a effacé le trace de son plongeon derrière lui.
    Perseus : - Il va revenir.
    Sean : - Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
    Perseus : - Un pressentiment.

    La surface de la mer commence subitement à trembler sous eux, le sable bouge et semble s’écarter en ondes grandissantes à une dizaine de mètres de leur position. Les deux jeunes hommes comprennent que le grand dragon-krayt s’apprête à jaillir de la mer en fonçant droit sur eux pour les attaquer.

    Perseus : - Foncez maintenant Sean ! Il vient nous attaquer parce qu’il a deviné qu’on venait pour lui !
    Sean : - J’avais plus ou moins compris ! C’est notre occasion de prouver qu’on peut surpasser le prédateur sur son propre terrain de chasse. Allons vite gagner de la marge et commencez notre riposte !

    Et voilà qu’ils passent à nouveau en pleine vitesse pour s’éloigner de la circonférence d’ondes de la sortie de leur adversaire. Un adversaire qui fait jaillir sa tête hors du sable dans un immense trou puis se dresse de tout son corps pour venir se glisser tout entier sur la surface de la mer sableuse. Le grand dragon-krayt vénérable se lance aussitôt à la poursuite des deux humains sur leurs motos-speeders.
    Sans se douter que ses proies vont devenir ses prédateurs à son insu.

    mardi 28 décembre 2021 - 20:02 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VII.1. – La chasse au dragon.


    Tatooïne, au beau milieu de la Mer des dunes – Au milieu de la journée…

    Le silence habituel de la Mer des Dunes est de nouveau perturbé par le vrombissement des véhicules à répulseurs de voyageurs inconscients qui tracent tout du long vers un endroit sûr, tandis qu’un rugissement tonnant et strident retentit derrière eux avec les secousses quasi-sismiques du passage d’une énorme bête monstrueuse. Les deux jeunes humains se font poursuivre par le grand dragon-krayt vénérable depuis maintenant une demi-heure de traversée, à devoir survoler les étendues de sable en direction des premiers grands rochers à l’entrée du canyon ouvrant sur le plateau de Mesra.
    Perseus et Sean pensent avoir assez de distance avec le dragon-krayt pour éviter qu’il ne les attrapent, mais le gigantesque prédateur reptilien est plutôt rapide pour un bestiau de sa taille et de sa masse.

    Sean : - Il va finir par nous bondir dessus s’il continue à nous rattraper comme ça. Et si on accélère, on risque de se prendre les rochers et de finir dans une collision explosive.
    Perseus : - Il faut alors qu’on commence à l’aborder avant qu’il agisse. À mon signal, on va directement en marche arrière puis on tourne autour de lui pour le désorienter. On y va à trois.

    Un. Perseus se concentre sur sa prochaine manœuvre tout en comptant et en observant le dragon qui reste à bonne distance. Deux. Sean observe son camarade en l’écoutant et en faisant attention à ne pas basculer de sa selle une fois qu’il fera sa manœuvre. Trois !
    Ils passent tous deux, de manière simultanée, en vitesse arrière de course et ils se retrouvent à reculer rapidement à trente mètres pour ensuite revenir à une allure normale et se lancer dans leur opération suivante. L’un comme l’autre, ils font tourner leur moto-speeder Skyblade autour de leur cible immense en faisant une ronde de quarante mètres de circonférence et dans le sens inverse des aiguilles de montre. L’un comme l’autre, ils tournent en observant attentivement les mouvements prochains de la bête et en se tenant prêt à tirer au fusil-lance à grappin lourd avec une belle brochette de crochets filaires.
    Le dragon-krayt s’est arrêté pour voir où sont passés ses ennemis et ils se sait plus où donner de la tête pour savoir lequel attaquer pendant qu’ils tournent autour de lui ; dans son indécision, il se met à tambouriner des pattes et à faire fouetter sa queue de long en large pour les distraire dans leur tour infini et redondant. Le ranger et le chasseur n’en doutaient qu’il chercherait à les prendre à leur jeu et ils s’écartent et glissent de gauche à droite et inversement pour ne pas se faire avoir dans leur ronde. De plus, ils se tiennent parés pour commencer à tirer de leur arme lourde de chasse. Encore une minute et…

    Perseus, criant à la volée : - Maintenant !
    Sean, criant à la volée : - Maintenant !

    Les grappins lourds de fusil-lance fusent dans les airs en se propulsant de leur canon, montant en piquet vers une hauteur de trente mètres pour ensuite descendre de l’autre versant à la même vitesse et venir se planter profondément dans le sol sableux. En sentant le crochet de grappin se planter par la vibration du câble métallique de l’arme, les deux jeunes humains détachent chacun leur câble pour y jeter en vitesse l’autre extrémité lourde sur le côté. Ainsi, les deux câbles forment une première entrave au dragon pour l’empêcher de se mouvoir ; à condition que tous deux parviennent à faire tirer les suivantes à temps.
    Perseus et Sean sont concentrés dans leur manœuvre et ils retirent un autre crochet de grappin lourd pour remettre une seconde couche de liens par-dessus le dos du vieux dragon. Puis une troisième. Le dragon-krayt sent les câbles métalliques le restreindre dans ses mouvements mais il ne se laisse pas tout autant faire sans réagir. Il tourne sur lui-même pour se défaire des liens et use de sa masse pour tirer sur les poids d’extrémité des câbles pour les faire voler dans le chemin des deux moto-speeders.

    Perseus évite astucieusement les deux orbes de fonte au vol, avec une esquive bien calculée de son véhicule, puis il se remet en place dans le circuit. Sean n’a eu que le temps et le réflexe de se baisser et de baisser son véhicule, en une seconde, pour éviter les deux autres poids dans sa direction.

    Sean : - Il ne va pas nous aller l’entraver aussi facilement ! Il faut qu’on trouve un moyen plus rapide !
    Perseus : - Oublions les câbles d’entrave pour le moment et tirons-lui dessus ! Attaquons-le maintenant en prenant garde à ses moindres mouvements !

    Perseus fait sitôt ce qu’il dit, en échangeant durant sa course le lourd fusil-lance pour son fusil-blaster de précision fait pour la chasse et l’assaut. Ce n’est d’ailleurs pas un modèle particulier, seulement une arme intermédiaire fabriquée à partir de différents éléments ayant appartenu à des fusils de l’armée républicaine et de tireurs ou snipers issus de l’organisme Jedi. En soi, c’est un fusil-blaster composite de fabrication artisanale pro-Jedi, dont Perseus profite au sein de son arsenal de ranger pour l’emplacement spécifique où il intègre son sabre-laser en guise de batterie et commence à le pointer vers le dragon. Un fusil-blaster ordinaire ou de fabrication paramilitaire n’osait que peu d’effet sur la carapace d’un dragon-krayt, surtout s’il s’agit d’une sous-espèce comme les grands dragons. Mais Perseus dispose d’un fusil d’un tout autre calibre et il espère que la puissance de tir sera suffisante pour percer l’épais cuir du monstre.

    Il arrête un moment sa Skyblade au niveau de l’omoplate gauche du dragon, prend le temps de braquer son fusil puis… il presse la gâchette pour libérer son tir. Un faisceau d’énergie blanc argenté jaillit du canon métallique tel une lance cylindrique et continue qui vient se figer dans l’épaule du monstre. Le tir fait mouche, arrachant au dragon-krayt un hurlement terrible de douleur qui ferait fuir des centaines de nomades tuskens sur des kilomètres à la ronde. Le jeune humain de Ganthel est même obligé de se couvrir les oreilles tellement le son du hurlement est horrible à entendre, surtout quand la roche de l’entrée du canyon et des rochers renvoient l’écho. Une fois le cri passé, il se remet rapidement en route en lançant sa moto-speeder à son allure de course.

    Perseus : - J’espère que je n’ai pas trop attiré son attention sur moi…
    Grand dragon-krayt, en pivotant de la tête vers Perseus : - GGGGGGRRRRAOOOORRRR !!!
    Perseus : - Trop tard.

    Perseus s’élance à toute vitesse sur sa moto-speeder pour fuir la gueule grande ouverte du dragon, venant sans prévenir tenter de le capturer et de le gober. La puissante mâchoire aux crocs robustes claque dans le vide lorsque sa cible lui échappe de peu mais une patte vient aussitôt s’étendre sur le côté au moment où la moto-speeder passe. Le jeune homme ne voit pas arrivé la patte en traître et il se fait éjecter de son véhicule en sentant celui-ci basculer violemment sur le bord en faisant un tour complet. Son corps est réceptionné et amorti par le sable des dunes au pied d’une colonne rocheuse, sans pour autant l’empêcher de ressentir le contrecoup du choc produit par le coup de patte et celui du contact granuleux et dur de la silice cuivrée-dorée. Perseus, légèrement sonné, tente de se ressaisir et de reprendre ses moyens avant que le dragon ne l’attaque à nouveau.
    Et il a bien raison, car ledit dragon s’est pivoté afin de mieux avoir le jeune humain face à lui pour l’assaillir de front ; l’énorme prédateur reptilien grogne de colère mais Perseus perçoit aussi un essoufflement rauque, comme s’il avait du mal à respirer ou rester actif après un pareil tir. Il tâte rapidement de la main le sable, sans perdre son sang-froid, et il récupère son fusil-blaster par la crosse pour ensuite le braquer de nouveau vers son énorme adversaire. Et cette fois, en pointant au beau milieu de l’arrête nasale et entre ses deux grands yeux noirs accusateurs. Le grand dragon-krayt choisit de lever sa patte avant droite et de la faire cogner pile dans la dune où le ranger se trouve presque assis sur son fessier.

    Soudain… une déflagration. Une explosion retentit et vient toucher le dragon-krayt sous son abdomen, lui arrachant un nouveau cri de douleur, et fait creuser un immense trou dans lequel le sable environnant vient glisser en entonnoir dans le cratère fraîchement fait. Le grand dragon sent ses propres pattes perdre de la stabilité sur la surface graveleuse et il se fait entraîner, malgré lui et sa capacité naturelle à nager dans le sable, au fond de l’énorme trou et il chute en se retournant presque sur le dos. Même en cherchant à s’accrocher ou à s’enfoncer dans le sable pour se stabiliser, il se fait avoir par l’écoulement qui le contraint à se faire basculer sur lui-même et se sentir… au fond du trou.
    Perseus, de son côté, s’est immédiatement relevé pour échapper lui aussi à l’écoulement du sable que l’explosion a provoqué ; il court et bondit pour se poster un peu plus loin et il se perche sur une bosse de la colonne rocheuse. Il s’y installe et assiste depuis son emplacement salutaire à la chute du grand dragon dans un simulacre de sables mouvants sur une circonférences de quarante à cinquante mètres. En reprenant sa respiration, il se demande ce qui a provoqué cette explosion et dans quel but véritable.
    Le vrombissement du répulseur du second Skyblade le tire de sa réflexion. Le jeune métisse blond s’approche prudemment et doucement de sa position perché contre la colonne pour l’apostropher sur un ton rassuré et stupéfié.

    Sean : - Perseus, vous êtes encore là enfin ! J’ai cru que vous aviez été aussi emporté par le sable avec le dragon, vu comment l’explosion a creusé aussi large et profond.
    Perseus : - Je vais bien merci. En parlant d’explosion, qu’est-ce que c’était pour avoir fait autant ?
    Sean, montrant une grenade en main : - Une grenade à faible charge sismique. Moins puissante qu’un détonateur standard mais aussi efficace pour provoquer un tremblement ou un effondrement. En voyant que vous étiez en danger, j’ai anticipé et brusqué les choses en en lâchant une sous son ventre.
    Perseus : - Pour brusquer, vous avez bien brusquer. Vous auriez pu faire écrouler la roche autour de vous avec votre charge sismique ! J’aurais pu me retrouver écrasé et enseveli par une tonne de roche au fond de votre trou de sable mouvant ! Il y a des limites à l’anticipation et la précipitation Sean !
    Sean : - Désolé, j’ai paniqué sur le moment et ça m’avait paru idéal pour l’empêcher de vous tuer.
    Perseus, soupirant de consternation en se calmant : - Bon, l’essentiel reste qu’on a cloué le dragon au sol.

    Le jeune homme brun descend prudemment de la bosse rocheuse et s’approche du rebord de l’immense trou ensablé pour en inspecter l’aspect et l’environnement. Le nouveau cratère ressemble à présent à une fosse arrondie de sable, remplie d’assez de grains de silice pour éviter tout nouveau écoulement qui ferait s’enfoncer quiconque marcherait dedans pour descendre au fond. Et de toute manière, au fond, il y a le grand dragon-krayt vénérable qui gît au centre en respirant bruyamment. Le terrible grand prédateur n’ose plus bouger et sa respiration rauque démontre qu’il est bientôt à bout de souffle. Pour Perseus, le fait est que la bête monstrueuse n’en a plus longtemps pour vivre. Il reste un moment à observer la bête gisante et affaiblie tandis que son camarade fait atterrir sa moto-speeder et descend de selle pour venir se poster à sa gauche. Il découvre à son tour l’état du dragon au fond du cratère.

    Sean : - On dirait qu’on a enfin eu le dessus sur lui. Finalement j’ai bien fait d’utiliser cette grenade.
    Perseus : - Son abdomen était son seul point faible. Il était si sûr de sa supériorité qu’il en a oublié qu’il était vulnérable sous lui. C’est tout-de-même étrange qu’il ne nous ait pas poursuivi en nageant dans le sable, comme pour les banthas. Il a couru sur la surface et n’a pas cherché à se glisser dans les dunes pour se protéger d’une éventuelle tentative à son abdomen. Ce qui veut dire…
    Sean : - Il savait qu’il était en fin de vie et il s’est peut-être dit qu’il mourrait dignement en affrontant des chasseurs comme nous. J’imagine qu’il aurait préféré mourir de la mâchoire d’un autre dragon-krayt.

    Perseus pense aussi la même chose mais il se concentre aussi sur l’état dégradant du vieux dragon qui reste immobile et couché sur le côté droit : en tant que grand prédateur du désert, s’éteindre de vieillesse ne doit pas faire partie de son mode de vie alors il économise ses dernières forces pour affronter le danger jusqu’au bout. Lui qui a temps semer la mort, quoi de mieux que de la recevoir de la part d’un autre.
    Le jeune ranger se tourne vers le côté et ramasse son fusil-blaster pour en retirer son manche de sabre-laser inséré ; une fois son arme blanche en main, il la garde après avoir relâché son fusil et il commence à descendre le flanc de la fosse de sable pour rejoindre le dragon. Sous le regard interdit du métisse blond.

    Sean, abasourdi : - Que… Qu’est-ce que vous faites ? Hé, revenez, c’est dangereux !

    Perseus ne l’écoute pas. Il continue de marcher, tranquillement et nonchalamment, vers la grande créature affaiblie. Cette dernière pivote légèrement de la tête pour le voir s’approcher. Le dragon-krayt se hisse subitement pour se remettre péniblement sur ces dix pattes mais en choisissant de se tenir uniquement sur ses genoux pour ne pas perdre en vigueur inutile, afin de paraître ferme mais prudent devant cet individu bipède audacieux qui vient seul à sa rencontre. Perseus voit que le dragon se tient en posture presque dominante, malgré qu’il n’est pas entièrement sur ses pattes, et il s’arrête à seulement quatre mètres et demi de lui… pour le défier du regard. Ne sachant pas quelle idiotie son camarade compte entreprendre, Sean récupère vite son fusil-blaster et le met en joue pour le couvrir d’une éventuelle riposte de la bête. Deux minutes de silence passent et le grand dragon-krayt se met à rugir de défi sur le jeune ranger brun pour l’intimider, l’apeurer, mais Perseus se tient toujours debout et droit.

    Perseus, haut et fort : - Vénérable Grand Dragon-krayt ! Je ne te crains pas, je ne fuirais pas !

    Sean s’interroge sur la santé mentale du jeune homme en entendant sa déclaration après s’être fait hurler dessus par un énorme prédateur de Tatooïne. Le truc, c’est qu’il remarque que ledit prédateur semble devenir confus, perdu devant la témérité de l’humain et sans savoir comment répondre à cela. À vrai dire, le grand dragon-krayt sentit le poids du courage dans les mots de Perseus et il médite sur l’attitude étrange de son adversaire. S’il était doué de parole et des mathématiques, il regarderait le jeune ranger comme un jeune guerrier face à un vétéran qui le juge sur sa détermination.

    Perseus : - Ose me regarder droit dans les yeux, toi qui ne connaît pas la peur ni la pitié. (Ces paroles semblent calmer et interpeller le subconscient animal du dragon, il voit qu’il est attentif à ces mots.) Je vois que tu souffres et que tu as bien vécu. Je viens t’offrir la mort honorable que tu souhaites.

    Le grand dragon patiente un moment, il fixe calmement malgré sa lourde respiration le jeune ranger et son arme en main, puis… il commence à se tourner lentement sur lui-même pour dévoiler son encolure et son abdomen. De quoi stupéfier le jeune aspirant chasseur depuis son rebord de la fosse. Perseus attend que la créature finisse de se positionner avant de tendre son bras vers le côté en arquant sa main armée. Son pouce frôle l’interrupteur de son sabre-laser et la lame standard de couleur argentée jaillit en une fraction de seconde dans un vrombissement long. Il s’approche pas à pas de la bête pour arriver près du cuir de son cou, inspirant et expirant pour se concentrer sur son acte. Le dragon-krayt ne bouge plus, il attend patiemment et nonchalamment que le jeune homme lui passe sa lame exécutrice et libératrice. Perseus saisit fermement son sabre entre ses deux mains, inspire longuement puis il se lance, prêt à l’acte.

    Perseus : - Repose en paix dans le sable de ton espèce, grand seigneur des dunes de Tatooïne.

    Et il réalise un arc franc et direct en balayage devant lui. La lame énergétique argentée traverse le cuir épais dans une profonde entaille, sectionnant au passage un à plusieurs organes de la gorge. Le dragon-krayt exulte un long râle étouffé puis soupire un tout dernier souffle… en tournant définitivement de l’œil et en fermant ses paupières pour ne plus jamais les ouvrir. C’est fait, le vieux grand dragon-krayt est mort.
    Perseus éteint et rengaine son arme en se redressent légèrement, contemplant la carcasse de l’énorme dragon-krayt qui vient de s’éteindre sous ses yeux et de par son bras. En tant que soldat de la République, il lui ai parfois arriver de donner la mort à son adversaire mais toujours dans un but de protéger. Cette situation n’a rien d’un acte malsain ou vicieux, c’est une preuve de pitié et de respect envers un animal.

    Perseus n’est pas sensible à la Force mais, comme cela ne l’empêche pas de croire en elle, il s’approche un peu plus du corps sans vie du dragon et lui adresse une courte prière pour que l’esprit du grand prédateur puisse trouver la paix et la sérénité dans le cycle de la mort et du renouveau. C’est aussi à ce moment que le jeune métisse chasseur choisit pour descendre et fait remarquer son étonnement railleur.

    Sean : - Je suppose qu’il ne vous hantera pas pour le restant de vos jours, vu votre maniement du sabre.
    Perseus : - J’ai seulement fait ce qu’il souhaitait au fond de lui dans cette rencontre. Il a compris mon aide.
    Sean : - Ouais, je sais. Tout comme vous comprendrez mon geste.

    C’est en pivotant vers lui que Perseus voit que Sean braque actuellement un pistolet-blaster vers lui.

    jeudi 30 décembre 2021 - 21:21 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VII.2. – Le prix de la confiance.


    Tatooïne, près du canyon ouest du plateau de Mesra – Au milieu de la journée…

    Le plus gros souci d’une traversée dans la Mer des Dunes est que cela ressemble un peu à l’espace sidéral, car presque personne ne peut vous voir et vous entendre si vous mourrez au beau milieu du sable. Le presque c’est parce que l’espace est un endroit très froid et dépourvu d’air et que le désert est très chaud et dépourvu d’eau, tandis que l’on peut avoir encore une infime chance de s’en sortir selon le temps météorologique et la hauteur des soleils dans le ciel. Dans cette situation-ci, le presque est que le canyon menant entre le plateau et la mer de sable est souvent traversé par des caravanes itinérantes de nomades tusken ou de ferrailleurs Jawa. Quiconque voudra éliminer quelqu’un dans les environs se ferait aussitôt repérer par des curieux qui n’hésiteraient à profiter de l’observation de la scène et de l’identité du tueur.

    C’est pourquoi Perseus demeure calme et posé devant l’intention pré-meurtrière de Sean, ce dernier braquant actuellement son pistolet-blaster de bonne facture vers le jeune ranger après qu’ils aient tous les deux terminé de combattre le dragon-krayt ancien qu’il chassait. Le jeune homme brun se redresse tranquillement avec une lenteur nonchalante et fixe longuement le jeune chasseur métisse blond à peau rose avant de s’avancer prudemment vers lui. Le sérieux dans le regard de Sean lui informe qu’il ne fait pas ça par plaisanterie ou envie mesquine d’éviter la concurrence.

    Perseus, en faisant dix lourds et lents pas : - J’aime pas beaucoup votre retournement de la situation Sean.
    Sean, faisant de même vers lui son pistolet toujours pointé : - Et moi je n’aime pas que l’on se fiche de moi quand il s’agit de circonstances trop similaires pour faire croire à une coïncidence. J’ai appris à me méfier et à ne pas trop faire confiance aux types sympas qui dissimulent des choses dans le dos des gens. Vous en faites partie selon moi Perseus, et ça me dérange vraiment.
    Perseus : - Qu’est-ce que vous me reprochez au juste, sans vouloir trop m’immiscer ?
    Sean : - De ne pas être honnête avec moi. Un gars venu de nulle part, qui me pose des questions et qui me propose de l’aider à chasser un grand prédateur monstrueux pour un Hutt mais qui refuse de s’expliquer sur les raisons de ce service… franchement, c’est très louche comme coup.
    Perseus : - Rien ne vous obligeait à m’aider et m’accompagner, je vous l’avais dit hier. Je vous avais juste affirmé que cette chasse, si elle réussissait, vous aiderait peut-être à gagner de quoi trouver plus de réponses dans la recherche de votre sœur disparue. Vous avez pris en considération ma proposition…
    Sean : - … En espérant en apprendre davantage sur la teneur de cette mission suicidaire. À présent, plus je vous observe au cours de cette opération et plus je me demande quel genre d’homme vous êtes. Vous n’avez rien d’un simple milicien, ni d’un mercenaire ou d’un chasseur et il est très rare de voir un bretteur ordinaire se servir d’un sabre-laser avec aisance et maîtrise. J’en conclus que vous recherchez une perle de dragon pour le Hutt parce que vous comptez l’échanger contre une autre chose. Un objet ? Je ne pense pas. De l’argent ? Je n’en suis pas certain. Il ne reste donc plus qu’un service et une personne. Et l’un comme l’autre, je pressens que cela a un lien avec notre conversation d’hier. (Il pointe davantage son arme vers sa cible.) Alors vous allez immédiatement me répondre Perseus Arek. Votre intention est-elle d’échanger la perle de ce vieux dragon-krayt contre une servante du Hutt qui serait ma sœur Calyste ?

    Perseus garde le silence pendant un instant, assez pour fixer stoïquement et nonchalamment Sean qui le menace de son pistolet-blaster, et il ne montre aucun signe de panique ou de frustration à lui répondre.

    Perseus : - Oui et non.
    Sean, perplexe et nerveux : - Comment ça « oui et non » ?
    Perseus : - Oui pour « je compte échanger la perle contre une esclave nommée Calyste qui sert le Hutt » et non pour « je n’ai pas de mauvaises intentions envers elle ». Vous voulez les détails ?
    Sean, énervé : - Vous avouez donc que vous saviez qui était Calyste avant que je ne vous en parle ! Vous saviez qu’elle était dans les environs et de surcroît chez un Hutt auprès duquel elle vit en esclave ! Mais vous n’avez rien dit à notre rencontre, rien ! Vous avez gardé le silence avant de pouvoir trouver un dragon vivant et vous procurer une perle, tout ça dans le but de l’échanger contre ma sœur asservie ! Et vous vous disiez être un samaritain alors que vous êtes une raclure…
    Perseus : - Sean, écoutez-moi. Je vous ai dit que je vous en parlerais une fois un dragon-krayt chassé et j’avais bien l’intention de le faire. Tout ce que je souhaitais, c’était nous donner une occasion à tous les deux de faire d’une perle deux coups. Je vous demande de m’accorder encore une fois votre confiance.
    Sean : - Ma confiance ?! Pourquoi devrais-je vous faire à nouveau confiance après un tel aveu ?!
    Perseus : - Parce que nous avons le but commun de sauver votre sœur.

    Le jeune métisse humain-zeltron blond commence à se radoucir lentement en l’entendant parler de « sauver sa sœur », ce qui permet au jeune ranger d’enchaîner sur l’histoire de sa rencontre avec la jeune Calyste en la sauvant du cathar Ramun Luzal. C’est en rapportant le cadavre de ce dernier pour s’en servir de monnaie d’échange contre la liberté de la jeune métisse qu’il s’est fait proposer par le Hutt le marché de rapporter une perle de dragon pour conclure cet échange. Perseus hésita à inclure dans son récit le fait qu’il est tombé amoureux de la jeune fille, sachant qu’il s’adresse au frère de celle-ci et qu’il n’a pas encore déclaré sa flamme devant elle. Bref, il espère que son explication convainc le jeune chasseur.
    Après avoir entendu un tel récit, Sean finit par devenir stupéfié et béat en voyant la motivation du ranger.

    Sean, un peu choqué : - Bon sang… Et dire que je vous ai pris pour une enflure attiré par l’occasion d’avoir une jeune esclave pour votre propre profit et plaisir. Je… Je ne sais comment m’excuser…
    Perseus : - Ce n’est pas nécessaire. Vous aviez vos raisons et je les comprends. Le mieux à faire, ce serait de terminer ce qu’on a commencé. Le temps qu’on parle, d’autres vont s’apercevoir du corps du dragon et venir voir ce qu’il y a à récupérer de profitable. Alors prenons la perle et mettons-nous vite en route.
    Sean : - En effet. Plus on traîne et moins on aura de chance de faire cet échange avec Rotta le Hutt.
    Perseus, observant le cadavre du dragon : - D’ailleurs, je vais en profiter pour prendre un peu de sa peau.

    Il leur fallut plus d’une heure pour chercher à créer une entaille assez grande et assez béante pour ouvrir le ventre et atteindre le gosier de l’énorme bête morte. Une heure pour inciser le cuir épais et tenace avec la lame énergétique du sabre-laser puis écarter l’entaille avec un rehausseur mécanique pour qu’ils puissent voir l’intérieur. Et au bout du compte, cette longue heure de travail est largement récompensée puisqu’ils découvrent que le gosier du grand dragon-krayt abrite… deux perles. Deux belles perles d’une couleur bleu doré et aussi grosses qu’une balle de hologolf. Chacun s’estimait heureux de déjà en trouver une dans le gosier d’un tel adversaire… mais deux, ils ne s’y attendaient vraiment pas. Perseus put donc en prendre une tandis que Sean récupère la seconde, chacune représentant le fruit de leur collaboration.
    Avec l’entaille faite, le jeune humain de Ganthel poursuit sans mal en découpant et détachant de grands morceaux de cuir et d’écailles afin de pouvoir en conserver pour son usage personnel… et professionnel. Au moins, je pourrais tenter de me faire une cuirasse de combat avec un tel matériau. Il se retrouve avec quatre à cinq morceaux carrés de trois mètres carré de cuir, qu’il emballe et range dans son bagage.

    Le temps de sortir de la fosse de sable et de récupérer leur véhicule, Perseus et Sean voient qu’il sera bientôt deux heures de l’après-midi et qu’ils arriveront à Mos Eisley vers trois heures. Sans perdre plus de temps, ils enfourchent leur moto-speeder et ils la démarrent pour prendre l’allure de course vers la direction du versant oriental du plateau de Mesra pour rejoindre la ville-relais.

    ***
    Leur rentrée de la chasse dans la Mer des Dunes n’a fait aucun bruit dans les commérages courants de Mos Eisley, hormis chez divers habitués du désert qui sillonnent régulièrement les dunes et les étendues sableuses de Tatooïne. Personne ne remarqua leur passage dans l’avenue principale de la ville et les arrêta pour venir ouvertement les saluer ; même les quelques clients réguliers de la cantina ne font que les observer de loin en sortant du bâtiment. Perseus Arek et Sean Blue circulent tous deux sur leur moto-speeder Skyblade, à l’allure de marche faible, en se faufilant dans la foule de passants et d’habitants qui occupent leur temps au marché… et s’écartent en les voyant passer sur leurs véhicules chargés d’une dizaine de crocs et de mini-cornes de dragon-krayt. Ce paquetage étrange est pour Sean l’occasion de se faire un peu de blé avec la vente de l’ivoire de dragon, auprès d’un marchand spécialisé qu’il vient voir lors d’un arrêt sur le chemin du retour, et de s’en garder de beaux morceaux pour son futur équipement de chasseur de primes confirmé. Une fois la vente faite, les deux camarades reprennent la route et filent tout droit jusqu’au palais secondaire de Rotta le Hutt pour finir leur tâche.
    Ils arrivent devant l’entrée du palais après avoir remonté l’allée montante, descendent de leur speeder et ils se présentent devant la lourde porte massive pour toquer sur sa paroi. Une première fois par Perseus, avant de patienter cinq minutes dans l’attente d’une réponse puis de retenter une seconde fois. Il ne passe rien non plus après cinq à six minutes, ce qui oblige Perseus à toquer plus de quinze coups pour s’assurer que les résidents ont bien entendus.

    Perseus : - Hé oh !
    Sean, toquant plus fort à son tour avec la paume de main : - Hé oh !!
    Perseus : - Mais qu’est-ce qu’ils font ? Ils en mettent une plombe pour venir ouvrir…

    Une écoutille s’ouvre subitement dans la paroi de la porte et un droïde contrôleur d'accès TT-8L/Y7 en sort, se tenant et s’inclinant depuis sa tige métallique articulée pour voir qui vient toquer à l’entrée. Perseus et Sean attendant que l’orbe monoculaire du droïde finisse de sortir et de s’ouvrir pour les voir.

    Droïde TT-8L/Y7, en dialecte alien avec voix métallique : - Halte étrangers ! Vous pénétrez sur le territoire du seigneur Rotta le Hutt. Le maître des lieux est actuellement occupé et ne veut pas être dérangé. Déclinez vos identités et annoncez rapidement le but de votre visite, sinon partez !
    Perseus : - J’ai une livraison spéciale pour Rotta le Hutt, de la part du Régulateur Perseus Arek. Dites-lui que j’ai sa perle de dragon et je viens la lui donner en guise de preuve de son défi.
    Droïde TT-8L/Y7 : - Régulateur Perseus Arek, analyse en cours. Identité confirmée. Détection d’une personne inconnue (Il dégaine son armement de défense vers Sean.) Halte-là, vous n’êtes pas invité !
    Sean : - Ho, doucement là ! Je n’suis pas un intrus. J’accompagne le Régulateur, j’suis avec lui.
    Perseus : - Cette personne est avec moi. C’est un chasseur de primes en herbe qui m’a aidé à dénicher un dragon et à récupérer sa perle. J’estime qu’il a le droit de rentrer et de participer à l’entrevue avec Rotta.
    Droïde TT-8L/Y7 : - Requête analysée, identité nouvelle analysée. Opération traitée. Veuillez patienter.

    Et voilà le droïde qui se rétracte sur sa tige pour disparaître dans son écoutille qui se referme automatiquement derrière lui. Le jeune Blue soupire de consternation après cet échange dur avec un tel droïde grincheux et tendu, avant de revenir sur un point précis dans la déclaration du jeune ranger.

    Sean : - J’y pense maintenant avant d’oublier mais, vous êtes quoi sous votre couverture de Régulateur ?
    Perseus : - Je travaille pour les forces spéciales de la République, mais bouche cousue je vous prie.
    Sean, en faisant un bec de canard sur ses lèvres : - Archi-cousue, promis.

    Un grondement lourd retentit puis un roulement cadencé, accompagnant l’ouverture de la lourde porte qui remonte son encadrement vers le haut et permet de franchir son seuil après au moins deux mètres relevé pour les laisser entrer. Perseus et Sean franchissent le seuil et ils font deux trois pas à l’intérieur… avant de se faire aborder par un petit comité d’accueil. Ledit comité est en fait un droïde protocolaire de série 3PO blanc sable accompagné par une petite dizaine de gardes nikto ; leur présence dans le hall ne plaît guère au jeune humain de Ganthel qui s’attend à une mauvaise surprise.

    Perseus : - Je peux savoir ce qui se passe, pour que vous ayez fait ce déplacement ?
    T-6PO : - Bienvenue monsieur Arek. Le seigneur Rotta le Hutt sera ravi d’apprendre que vous êtes arrivé à trouver une perle de dragon-krayt et à lui la rapporter. En son nom, je vous remercie de votre geste et vous prie de bien vouloir me suivre. Des rafraîchissements, collations et petits plaisirs vous sont offerts.
    Sean : - On n’est pas venu pour se reposer, on vient pour demander notre dû.
    Perseus : - Je veux parler directement à Rotta le Hutt. Conduisez-moi à lui, que je lui remette la perle.
    T-6PO : - Je regrette mais son Excellence ne peut actuellement pas vous recevoir.
    Perseus : - Je doute qu’il n’est pas de temps à consacrer pour récupérer une perle de dragon.
    T-6PO : - Il est actuellement absent, ou indisponible pour cause de déplacement.
    Perseus & Sean : - QUOI ?!! Comment ça « en déplacement » ?!!
    T-6PO : - Sa Seigneurie s’est rendue cet après-midi à Mos Espa, afin d’assister et de présider la course annuelle de podracers qui se déroule en ce moment au circuit de la ville.

    Perseus le savait. Il se doutait qu’il y avait anguille sous roche en voyant arriver ce droïde protocolaire les accueillir à la place de l’intendant falleen. Il le savait et ça l’énerve : ce sale Hutt n’est même pas foutu de rester dans les parages pour constater s’il est parvenu à revenir avec une perle. Dire qu’il est en déplacement à Mos Espa pour une course de podracers, il profite de son temps et des autres comme bon lui semble. On va voir s’il est aussi heureux de profiter de son temps quand j’aurais refourgué le cadavre de Ramun Luzal à d’autres syndicats pour l’emm*rder. Entretemps, il se demande intérieurement s’il ne devrait pas s’interroger aussi sur le contenu du personnel du palais secondaire encore dans les parages.

    Perseus : - Qui reste-t-il ici pour veiller sur le palais et l’entretenir ?
    T-6PO : - Les membres du personnel du palais sont tous là. Un tiers de la garde de son Excellence occupe les lieux, avec quelques-uns des contrebandiers et chasseurs locaux ainsi que des serviteurs et esclaves ordinaires pour les tâches ingrates. Sa Seigneurie est partie avec ses gardes et serviteurs rapprochés, ainsi que sa troupe de danseuses et musiciens pour qu’il continue de se divertir.
    Sean, en s’adressant à Perseus : - Il y a donc des chances que Calyste soit elle aussi à Mos Espa.
    Perseus : - Est-ce que par hasard il y aurait encore ici une esclave métisse aux cheveux bleus ?
    T-6PO : - Je regrette, personne de cette description n’est resté ici au palais.

    Les deux jeunes hommes soupirent et se retournent pour venir sur leurs pas, dépassant même le seuil de la lourde porte d’entrée, pour avoir assez de marge et de distance pour parler entre eux.

    Perseus : - Je crois qu’on ne va pas avoir le choix. On doit vite se rendre à Mos Espa pour l’intercepter.
    Sean : - Mos Espa est à cent-soixante kilomètres d’ici, on risque de mettre plus de deux heures à se rendre là-bas avant que la course de pods ne se termine. Et puis, la loge de Rotta risque d’être bien gardée ; l’approcher pour le voir sera compliquée avec les gardes qui l’entoureront et l’intendant qui nous empêchera de rester plus d’un quart d’heure.
    Perseus : - Ce Xevier est une raclure mais il n’est pas puissant pour autant. Notre avantage pour la rencontre reste la perle, il sera obligé de nous laisser la remettre à Rotta pour confirmer que j’ai tenu ma promesse à son marché. S’il se montre trop curieux, surtout en vous voyant, je m’occuperais de son cas.
    Sean : - Et après, qu’est-ce qui se passera ? On ignore si Rotta tiendra sa part du marché. C’est le fils de Jabba après tout, la fourberie est de famille et il inventera encore un autre prétexte pour nous envoyer au casse-pipe. Le mieux serait de trouver une faille dans son plan et de l’inciter à ne pas nous prendre pour des imbéciles. Mais personnellement, je ne vois pas comment on va l’obliger à respecter sa parole.
    Perseus : - En fait, c’est simple Sean. Très simple même.

    Le jeune Ranger sous suspension se rapproche du jeune métisse et lui souffle à l’oreille son plan, auquel celui-ci commence à comprendre les tenants et à se réjouir d’une telle initiative.
    Au moins, ils ne seront pas désavantagés face aux sournoiseries du Hutt pour récupérer Calyste.

    mercredi 05 janvier 2022 - 19:30 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VIII.1. – On ne badine pas avec un Arek.


    Tatooïne, au circuit de Mos Espa – Au beau milieu de l’après-midi…

    Le Circuit de Mos Espa n’est pas un quelconque endroit anodin dans la culture et le tourisme de la planète désertique Tatooïne. Il s’agit d’un lieu des plus réputés/renommés des courses dans la galaxie, où se déroule chaque année la Classique Boonta Eve, une course évènementielle qui attire les plus prestigieux pilotes de podracers ; mais elle accueille aussi bien d'autres courses moins reconnues.
    Aucun pilote n'a encore réussi à établir un temps de référence, assez proche de la perfection, puisqu’il s’avère que chaque course est modifiée selon la longueur et la complexité du circuit. Le terrain montre toujours un nouveau raccourci ou un nouveau tracé, plus rapide ou plus court, afin d’éviter que des petits chanceux se servent des mêmes astuces pour gagner. Ainsi, cela apporte plus de fun et de défi.

    L'Arène de Mos Espa est le lieu central et majeur du circuit, en raison de ses milliers de gradins pour profiter du spectacle, et de sa dizaine de hangars polyvalents pour assister les pilotes dans leur préparation. Le public se rassemble dans les gradins et les loges réservées pour parier, écouter les commentaires en direct et regarder la course via des écrans portables. C'est également à cet endroit qu'ont lieu les arrêts aux stands, tenus par divers commerçants ravis de vendre des goodies et des gueuletons pour accompagner le divertissement du public. Mais surtout, c’est aussi au cœur des gradins de l’arène que se trouve la plus grande loge, couverte et plus ombragée que les autres, où l’on voit apparaître très souvent la personne la plus influente de ce monde.

    C’est en ce jour chaud mais animé de la Classique Boonta Eve de cette année que Rotta le Hutt, seigneur de la planète depuis plusieurs années, observe de loin les préparations de la ligne de départ par le personnel du circuit tout en entendant le brouhaha croissant des premiers spectateurs qui viennent prendre leur place dans les gradins. Il est tranquillement installé sur son divan adapté à sa morphologie, à siroter depuis la paille métallique reliée sa grande coupe de boisson préférée tandis que des musiciens bith jouent un petit concerto privé dans une arcade de la loge et que ses danseuses exécutent leurs mouvements gracieux et artistiques pour leur maître. Rotta semble profiter de cet instant calme avant le début des festivités de la course, bien entouré de ses gardes, contrebandiers et chasseurs de primes rapprochés pour veiller à sa sécurité, mais toute cette sauterie privée ne lui importe peu pour qu’il y prête vraiment attention. Il n’est là, à Mos Espa, que pour se montrer devant les spectateurs de la course afin de maintenir sa réputation et sa suzeraineté sur les territoires autour de la Mer des Dunes.
    Il prend un moment pour se distraire avec les mouvements cadencés et chorégraphiés des danseuses, afin de se changer les idées, avant de porter son attention sur la jeune métisse humaine aux cheveux bleus qu’il garde près de lui en cette occasion. Ladite jeune fille est assise sur le bord du divan, les bras croisés autour de ses jambes presque dénudées par son bikini d’esclave-danseuse, et elle demeure silencieuse.

    Rotta le Hutt, dans son dialecte :  - Je vois que tu continues de bouder dans ton coin Calyste. Ce n’est pas en gardant le silence et en restant plantée là que tu penses faire avancer les choses.
    Calyste : - Sauf votre respect, seigneur Rotta, je préfère encore patienter sans parler ni bouger que de faire quelque chose pour vous amadouer et vous distraire. Au mois j’économise mon temps avec vous.
    Xevier : - Si tu crois que tu vas rester aussi longtemps à faire la paresseuse, je vais t’…
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Laisse, mon brave Xevier. Elle se comporte ainsi en pensant qu’elle finira par revoir ce jeune étranger prétentieux revenir de sa chasse à la perle de dragon. Son attente montre qu’elle espère qu’il réussira, mais elle finira par se lasser et comprendra qu’elle a perdu son temps à attendre un homme qui ne réapparaîtra jamais.
    Calyste, furieuse : - Il reviendra ! Vous aurez beau le penser qu’il n’en fera rien mais il reviendra avec la perle de dragon-krayt ! Perseus n’est pas le genre d’homme à se laisser abattre par un grand prédateur ou par les dangers environnementaux de ce monde…

    Elle se fait aussitôt relever de sa posture par le franc mouvement de main tirant la chaîne du collier en électrum qu’on lui fait porter en ce moment. Le Hutt vient de tirer si fort sur la chaîne qu’elle se retrouve en quelques secondes sur le divan, à genoux, à devoir se coller contre le buste écailleux du Hutt tandis que le falleen vient lui passer dans le dos pour l’empêcher de reculer ou de bouger.

    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Je ne crains que tu te fasses des illusions pour rien, ma chère perle bleue, parce que j’estime mieux connaître les dangers de Tatooïne que toi. Il n’existe que très peu de personnes capables de trouver et tuer un dragon-krayt sur son terrain, à moins d’y laisser la vie. Alors ne crois pas trop que ton « prince charmant » reviendra de sitôt avec une perle pour venir…

    Un tir de blaster dans l’antichambre d’entrée menant à la loge, mettant subitement fin au concerto et aux danses pour plonger l’ambiance du lieu dans un silence de surprise. Le Hutt est étonné d’entendre que l’on tire d’aussi proche de sa loge, surtout lorsqu’on sait que nul ne doit se battre dans les parages afin de ne pas déranger le ou les convives ou semer de grabuge. Ses hommes de main se séparent en deux pour d’une protéger leur seigneur et de deux aller voir qui ose faire autant de grabuge.
    Le petit groupe venu voir ce qui se passe dans l’antichambre mais ils reviennent étrangement en arrière en tombant, comme si on leur donnait des coups de poing et de pied. Certains se relèvent peu de temps après, un peu sonnés et désarmés, et d’autres plus difficilement tandis que les deux visiteurs marchent tranquillement en direction de l’intérieur de la loge pour y pénétrer. Calyste est surprise et ravie de voir que l’un des deux est le jeune humain milicien vêtu de bleu et d’acier.

    Perseus Arek et Sean Blue se présentent tous deux devant le Hutt, entouré par le peu de la cour présente, et ils affichent une certaine mine décontractée durant leur entrée quelque peu brusque et non-prévue.

    Perseus : - Re-bonjour à toi Rotta le Hutt. On m’a dit que je trouverais ici, à honorer la course de ta présence tout en vaguant à tes occupations habituelles.
    Calyste : - Perseus ! Grand frère !
    Xevier, stupéfié et nerveux : - Lui, ici ? En si peu de temps ? Impossible !
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Ah, voyez donc qui vient me saluer aussi prestement. Le jeune étranger d’hier. Perseus, c’est cela ? J’imagine que ce garçon qui t'accompagne est un ami. Eh bien, que me vaut donc cette visite impromptue dans ma loge au circuit de Mos Espa ? Si mes souvenirs sont bons et ils le sont, je t'ai déclaré que tu ne pourrais avoir ma chère Calyste que si…
    Perseus, le coupant dans son élan : - Que si je vous rapportais une perle de dragon-krayt. En effet, ce sont les termes de l’accord que vous avez énoncé pour que vous consentiez à me laisser repartir avec Calyste.
    Xevier : - Je constate que vous avez compris que votre audace devant son Excellence s’est retournée…
    Perseus, sans prêter attention au falleen : - C’est ça que vous vouliez ?

    Le jeune Ranger eut le temps de passer la main dans la poche supérieure gauche de sa veste de terrain corellienne bleue, pour en sortir dans sa main refermée l’objet de sa visite. Une minute lui suffit amplement pour tendre à moitié le bras droit devant lui et ouvrir sa paume pour dévoiler l’objet.
    La perle bleutée de dragon-krayt apparut à tous comme un joyau d’une incomparable beauté et d’une rareté incroyable ; les yeux des quelques contrebandiers de service et présents sont plus que grands ouverts, les chasseurs de primes et les gardes sont stupéfaits et les danseuses sont émerveillées. Quant au falleen, il manque de s’étouffer en découvrant la pierre précieuse rarissime dans le creux de la main du jeune homme. Même le Hutt lorgnait d’avidité en la voyant, écumant presque de restes de sa boisson.

    Perseus : - J’en déduis que oui, fondamentalement.
    Sean : - Sachez, puissant Hutt, que nous la devons à la générosité d’un vénérable membre de l’espèce après une chasse-poursuite houleuse et une confrontation difficile. La pauvre créature vivait ses derniers instants mais elle a eue la bonté de nous les accorder en nous affrontant dans son milieu.
    Rotta le Hutt, dans son dialecte en se massant le menton : - Impressionnant… très impressionnant…
    Xevier : - Sa Seigneurie est ravie de voir que vous lui offrez ce noble et précieux présent…

    Le falleen s’était approché pour venir prendre la perle mais il est aussitôt rattrapé par le jeune ranger qui referme sa paume de main en la retirant, pour la tenir cette fois-ci près de son visage au sourire moqueur. L’intendant est stupéfait par le geste de l’humain et recule d’un pas en craignant de se faire frapper, mais ce dernier se contente de croiser son regard… et de pivoter sa main prise pour faire balancer son index de gauche à droite et inversement en claquant de la langue.

    Perseus, exprimant son désaccord de l’index et d’un claquement de langue : - Ne croyez pas que vous l’aurez aussi facilement parce que je suis allé le chercher, pour vous le donner immédiatement. Non non, ça ne marche pas comme ça dans cette affaire. Alors, pas touche le louche.
    Xevier, irrité : - Misérable, tu oses défier un Hutt en lui refusant cette perle qu’il t’a demandé d’amener ?!
    Sean : - Nous ne sommes pas dupes, falleen. En remettant la perle à ton seigneur, nous n’aurions plus aucune garantie pour qu’il tienne sa parole de libérer sa jeune esclave. L’entourloupe est classique mais vieille comme le monde, nous ne faisons que prendre nos précautions.
    Perseus : - Croyez-vous vraiment que je serais aussi stupide pour ne pas assez me méfier, grand Rotta ? Vous pensiez vous être débarrassé de moi en m’envoyant traquer un dragon-krayt dans la Mer des dunes, mais me voici revenu avec une perle et vous pensiez la récupérer sans faire d’histoires… tout en prétextant une autre magouille pour d’une, avoir la perle en votre possession et de deux, garder encore plus longtemps votre esclave en me demandant un autre service. Mais voyez-vous, il se trouve que votre tactique coule à l’eau parce que j’ai encore en ma possession la perle… et la carcasse de Luzal.
    Sean : - Avec une pierre précieuse à la valeur astronomique et votre ancien bras exécuteur mort en votre possession, plus rien ne vous empêcherait alors de refuser de libérer Calyste et de vous débarrasser de nous en prétextant… hum, comment vous appelez ça déjà… ah, un « accident fâcheux ». Et même si vous ordonnez à vos hommes de nous cerner et de nous attaquer, les bruits et les cris dans la loge s’entendront alors que la course annuelle n’a pas commencé. Vous prouvez par ceci que vous êtes un fourbe.
    Xevier : - Des mots, rien que des mots ! Vous n’avez rien qui puisse atteindre fortement son Excellence !
    Perseus : - À vrai dire… il se trouve qu’il y a aussi quelqu’un d’autre qui a des choses à vous dire, Rotta.

    Perseus décroche de sa main gauche son holocom de sa ceinture utilitaire et l’active dans sa paume pour faire diffuser une projection holographique à taille naine. La personne qui apparaît depuis l’autre bout de la ligne n’est d’autre qu’un autre Hutt mais avec une taille, une corpulence et un genre différent de Rotta. Son apparition par holo surprend le Hutt de Tatooïne et le fait hoqueter de stupeur, en reconnaissant l’un des plus éminents membres du clan Hutt et du conseil clanique. Et il semble en colère.

    Rotta le Hutt, dans son dialecte et nerveux : - Aîné Oggurobb, vous ?! Que… Que me vaut cet appel ?
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte et énervé : - Rotta, ne cherche pas à faire le docile devant moi ! Ton comportement n’est pas digne du clan et tu agis encore comme si ta filiation à feu Jabba ton père te donne tous les droits. Je n’ai pas le temps pour tes excuses mielleuses ou tes remarques enfantines, le conseil et moi-même sommes mécontents de ta manière de gouverner Tatooïne !
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Je… J’ignore où vous voulez en venir, j’ai toujours veillé à ce que les intérêts des Hutt soient respectés et appliqués sur Tatooïne afin de préserver l’image du clan et la notoriété de ma famille. Rien qui ne nécessite de vous déranger ou de vous contrarier.
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte : - Détrompe-toi Rotta. Nos espions ont eu vent de tes dernières manœuvres et cela n’est guère plaisant. Qui t’a permis de décider que Tatooïne n’accueillerait pas sur sa surface une base-relais de la Guilde, sans même nous en parler ?! Surtout au moment où nous sommes en pleins pourparlers avec les représentants de la Guilde pour un accord tacite opportun. C’est inacceptable ! La Guilde n’est plus à prendre à la légère Rotta, nous ne pouvons nous permettre de nous les mettre à dos.
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Mes sincères excuses aîné. Je pensais avoir agi dans l’intérêt du clan en préservant Tatooïne de tous concurrents. Je vais de ce pas m’occuper de traiter plus ouvertement la demande de la Guilde pour sa base-relais. Avec votre permission et celle du conseil.
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte : - Tu as bien intérêt à le faire. Tout comme je te conseille de récupérer Ramun Luzal vite fait bien fait en te séparant de cette esclave.
    Rotta le Hutt, dans son dialecte et surpris : - Quoi ?! Aîné, il s’agit d’une affaire personnelle, vous n’avez…
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte : - Ramun Luzal n’est pas uniquement ton souci jeune Desilijic ! Ce sale cathar s’est montré arrogant et ambitieux en s’en prenant à de nombreux membres du clan, ainsi qu’à un tiers des syndicats les plus influents. Sa mort était une nécessité prioritaire afin de rétablir la stabilité et la crainte dans nos affaires. Le conseil et de nombreux membres du clan sont satisfaits d’entendre que ce fauve dangereux n’est plus de ce monde. Mais surtout, cet étranger te l’offre sur un plateau d’argent après l’avoir terrassé dans son assurance maladive et tout ça… en échange d’une bouche en moins à garder !
    Xevier : - C’est ce que sa Seigneurie Rotta tient énormément à sa danseu…
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte et hurlant sur le falleen : - Tiens ta langue intendant ou tu la perdras ! C’est une affaire entre Hutt. (Il revient à Rotta.) Même si tu tiens à garder tes serviteurs et esclaves sous ton joug à moins d’un profit remarquable, sache que la récupération de Luzal est primordiale afin qu’il ne tombe pas entre d’autres mains. Il doit servir d’exemple à ceux qui osent défier aussi sadiquement les Hutt et il n’est pas moins utile que cette métisse rebelle. Et si tu tiens vraiment à ton profit personnel, contente-toi de récupérer cette perle de dragon que tu as demandé comme preuve de bonne volonté. Suis-je clair ?
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Aussi clair que le cristal, aîné Oggurobb.
    Oggurobb le Hutt, dans son dialecte : - Tâche de respecter ton engagement dans cette affaire et tu t’en ressortiras indemne. On ne badine pas aussi facilement avec ces choses, surtout pour une moins-que-rien. (La projection holo se tourne vers Perseus et lui parle en standard.) Jeune Perseus, sachez que votre intervention est brave mais n’en demeure pas moins stupide. Vous avez risqué gros pour déjouer les tours de Rotta pour la vie et la liberté d’une esclave. S’en prendre à un Hutt équivaut à jouer sa peau, mais vous avez fait preuve de zèle et d’ingéniosité pour parvenir à vos fins. Je ne peux que vous tirez mon chapeau.
    Perseus : - C’est tout naturel, noble aîné Oggurobb. Vous avertir et vous témoigner le fruit de mon enquête ne semblait nécessaire afin de mieux prévenir que guérir. J’imagine que la Guilde en a fait voir de toutes les nuances de couleurs au conseil, avec ces histoires de consensus entre syndicats.
    Oggurobb le Hutt : - Je ne vous le fait pas dire. Leur Leader n’est pas réputée pour son tempérament, ce qui rend les pourparlers plus houleux et tendus qu’on pourrait l’entendre. Vivement que cet accord ramène le calme après la tempête. Sur ce, nous en avons terminé.

    Le jeune Ranger, ainsi que le chasseur métisse blond, s’inclinent très modérément devant le Hutt holographique pour le saluer et ce dernier coupe lui-même la communication pour faire disparaitre son image de l’holocom portable. Cet instant assez difficile leur a permis de montrer qu’ils ont su se montrer plus malins que le seigneur Hutt et que ses affaires se sont retrouvées mêlées à celles du clan.
    Il le fait d’ailleurs savoir, en soupirant bruyamment de décompression puis en riant d’amusement.

    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Tu as du cran, étranger, pour avoir attiré l’attention de mon clan sur une affaire aussi affolante que ta capture de Luzal et la condition de notre accord. Je t’ai sous-estimé et j’en suis fort aise. Et rien que pour avoir réussi à m’avoir mis dans un tel embarras, je suis prêt à passer l’éponge pour ce petit manège impertinent et je suis prêt à t’échanger ton paiement pour Luzal.
    Perseus : - Notre accord était le suivant, seigneur Rotta : la prime de Luzal « Poils de sang » converti en échange avec votre jeune esclave métisse ci-présente, avec en supplément une perle de dragon-krayt. C’est mon seul prix, c’est à prendre ou à laisser.
    Rotta le Hutt, dans son dialecte : - Le marché est honnête, je m’engage donc à le respecter. Xexier, libère notre jeune métisse de ses chaînes. Elle est dorénavant libre.
    Xevier : - M… Maître, vous pouvez toujours changer d’avis. Ce n’est qu’un insecte devant votre…
    Rotta le Hutt, lui hurlant de colère dans son dialecte : - Fais ce que je t’ordonne, imbécile !

    Les choses sont enfin rentrées dans l’ordre. Calyste voit ses menottes et chaînes se faire défaire, elle peut donc se lever librement du sommier dur du divan du Hutt et courir rejoindre son frère qui la serre dans ses bras pendant que Perseus s’approche pour remettre directement la perle à Rotta puis la carcasse du maraudeur cathar à ses subordonnés tognath. Une fois l’échange fait, le trio est autorisé à quitter la loge et à ne plus jamais revenir avant longtemps, sous peine de représailles à cet incident fâcheux.
    Perseus sort donc enfin du circuit de Mos Espa pour retourner à Mos Eisley, avec Calyste et Sean.

    samedi 22 janvier 2022 - 00:18 Modification Admin Réaction Permalien

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    Chapitre VIII.2. – Le cœur a ses raisons.


    Tatooïne, aux alentours de Mos Eisley – Le lendemain, dès l’aube…

    C’est un jour nouveau qui se lève sur le plateau désertique de Mesra, au moment où les soleils jumeaux de Tatooïne montent au fur et à mesure dans l’horizon céleste oriental pour indiquer que l’aurore pointe et tend lentement vers le matin. La voûte atmosphérique perd son manteau bleu sombre avec l’apparition grandissante de la double auréole solaire qui le teint d’orange et de jaune, avec l’éclairage naturel qui dévoile les contours rocheux et les couches sableuses des canyons et remparts accidentés qui entoure la ville-spatioport encore endormie. Dans quelques heures, les habitants de Mos Eisley sortiront de chez eux et reprendront le cours de leur quotidien dans les rues, avenues et quartiers peu fréquentables.

    Perseus Arek est perché depuis six heures du matin, sur le bord du belvédère rocheux septentrional qui borde la ville et fait presque barrière avec le reste du plateau. Une heure passée depuis qu’il s’est réveillé involontairement et s’est levé de son lit dans l’auberge pour sortir prendre l’air ; il a marché jusqu’en haut de ce belvédère immense de granit ocre et poncé, sans se perdre dans ses pensées ni chercher à aller vers un endroit précis en tête. Il est installé là, seul et assis près du bord de flanc de l’immense promontoire, à observer de loin la ligne d’horizon couronnée de lueur matinale qui point au-delà de la région orientale du plateau de Mesra. Une demi-heure qu’il y est, à se perdre dans le spectacle du lever des deux soleils avant de repartir vers d’autres cieux et horizons à protéger.
    Perseus soupire en s’interrogeant sur l’état de la galaxie, avec ses dernières nouvelles de la chute affreuse du Temple Jedi sur Coruscant tel une ruine de guerre, et des raids criminels des syndicalistes de la pègre sur des territoires civils touchés par la crise conflictuelle. On lui a reproché d’être actif et trop libre dans son instinct de Ranger et son esprit tactique, ce qui lui a valu cette suspension transformé en repos obligatoire, mais à peine avait-il commencé sa vacance qu’il est rappelé en urgence pour reprendre du service sur le terrain. Officieusement certes, mais c’est tout de même tiré par les cheveux. Il n’aura eu en tout que deux jours entiers de détente (assez rythmée) sur la planète désertique. Quelle vie !

    Le silence de ce moment solennel est rompu par le bruit grandissant de pas derrière lui, l’incitant à se retourner à demi sur sa droite pour voir qui vient donc ici à cette heure à part lui. Sa surprise est modeste lorsqu’il découvre la jeune métisse aux cheveux bleus, habillée d’une tunique locale en tissu uniforme par-dessous un polo léger blanc sable et chaussée d’une paire de sandales renforcées, s’approcher et venir à sa rencontre en s’entourant de son châle-plaid sur ses épaules.
    Elle semble avoir retrouvé quelques couleurs après cette première nuit de liberté.

    Perseus : - Bonjour Calyste. Vous vous êtes levé tôt.
    Calyste : - La mauvaise habitude liée à ma condition, voyez-vous. Je devais être levée dès l’aube pour faire les corvées et trimer sous les tâches ingrates pour le Hutt et sa cour. Pour ce matin… disons que je vous ai vu quitter votre chambre il y a peu alors je vous ai suivi. Je me demandais ce que vous faites ici, tout là-haut sur ce belvédère où il n’y a rien d’intéressant.
    Perseus, désignant le lever de soleil : - Ah vraiment. Et ça, cela ne vaut pas au moins de venir monter ?
    Calyste, haussant des épaules : - Vous voyez le lever des soleils jumeaux comme un spectacle parce que vous ne le voyez qu’une seule fois, alors que j’en ai vu d’innombrables sans pour autant m’en émerveiller.
    Perseus : - Il faut savoir prendre le temps de se poser et de contempler les instants les plus beaux, même s’ils sont récurrents. C’est peut-être moche ce que je vais dire, mais ce genre d’instants nous enseigne que l’on vit chaque jour comme le dernier parce que l’on peut disparaître n’importe quand.
    Calyste, faisant la moue : - Vous avez le chic pour dramatiser les choses quand elles sont positives, vous.
    Perseus, riant de gêne égayée : - Désolé, c’est ma manière à moi de relativiser dans ces intermèdes.
    Calyste, après un court instant de silence : - Est-ce que… je peux m’asseoir à côté de vous ?
    Perseus : - Je vous en prie.

    Perseus se décale un peu et elle s’accroupit pour mieux de placer sur son arrière-train et prendre une posture assise, jambes en l’air dans le vide, et observer à son tour la montée des deux soleils à l’horizon. Un temps se silence revient pendant une éternité de dix minutes, durant laquelle les deux jeunes spectateurs se concentrent sur la ligne ensoleillée d’horizon sans penser à autre chose. C’est alors que Calyste, méditative et décidée, se tourne presque vers son voisin pour lui dire…

    Calyste : - Je voulais vous remercier.
    Perseus : - Quoi donc ?
    Calyste : - J’ai longtemps cru que je finirais mes jours à servir Rotta et son chien d’intendant à danser, voire lui servir de maîtresse une fois plus vieille. Cela fait plusieurs années que je rêvais de recouvrir ma liberté et de pouvoir retrouver ma famille. Douze longues années que je caressais l’espoir de quitter cette vie misérable, au point que chaque jour auprès du Hutt minait mes chances de le voir se réaliser. Je… Je me suis comportée comme une idiote avec vous, avant-hier soir. Je voulais m’assurer que je me faisais des idées sur vos intentions et que vous vous feriez tuer par ma faute. J’ai eu peur… C’est… C’est tellement grisant de voir l’espoir que vous chérissez se tenir à portée de main mais que vous hésitez à saisir en ne revenant qu’avec des regrets d’avoir échoué. J’ai douté de vous et je m’en excuse…
    Perseus, l'arrêtant dans son dernier mot  : - Arrêtez Calyste, ce n’est pas nécessaire. Vous n’avez pas à vous excuser pour avoir mis ma vie en danger, ou pour toutes autres conneries que Rotta ou le falleen vous auraient harcelé de culpabilité. C’est moi seul qui s’est mis dans le pétrin, j’ai agi en connaissance de cause et j’en suis ressorti grand à la fin. Je vous ai dit que je vous sauverais et c’est ce que j’ai fait.
    Calyste : - C’est vrai, vous vous êtes débrouillé jusqu’au bout pour me rendre ma liberté. De plus, vous êtes revenu me chercher en compagnie de mon frère Sean alors que je ne pensais pas le revoir. On a eu tant de choses à se raconter et à se rassurer. Il était à ma recherche depuis peu après qu’il s'est engagé comme chasseur de primes. Hihi, je n'pensais pas qu’il deviendrait comme notre père.
    Perseus : - C’est une voie difficile et risquée qui lui a permis de s’infiltrer un peu plus dans les dessous de la pègre et la renommée par les armes. C’est grâce à cette voie qu’il espérait vous retrouver et vous récupérer, bien qu’il aurait eu un peu de mal à tenir tête à un maraudeur cathar et un dragon-krayt seul.
    Calyste : - Votre rencontre et votre collaboration ont contribué à son objectif. C’est louable de vot' part.
    Perseus : - Oh, disons que j’ai une certaine expérience dans l’art de prendre des risques pour aider autrui.

    Le matin continue de prendre son ascension rythmée et progressive dans le ciel, avec l’azur céleste qui s’éclaircit au fur et à mesure que les deux astres solaires atteignent la position de sept heures et demie. Les contours du plateau désertique et de ses collines accidentées se colorent de vitalité et semblent reprendre vie dans cette palette de tons ocre, sable et grès qui constitue le paysage de la planète.

    Calyste : - Dis, Perseus. Pardon si je te tutoie… Maintenant qu'c’est terminé, qu’est-ce que tu vas faire ?
    Perseus : -  C'est une question légitime. J’ai atteint mon but de t’aider à regagner ta liberté, en la monnayant contre Luzal et une perle de dragon, et tu as pu retrouver ton frère qui était à ta recherche. La vérité est que, maintenant, je n’ai plus qu’à mettre de côté mon moment de repos et reprendre mon boulot en vitesse à cause d’une affaire urgente de mon organisation.
    Calyste : - Tu travailles vraiment chez les Régulateurs comme milicien, en sachant qu’ils œuvrent pour le compte de la République Galactique ? C’est ce que j’ai entendu dire de quelques ragots de la cantina.
    Perseus, hésitant à lui dire la vérité : - Eh bien… je suis en fait véritablement… un Ranger de la République.

    La déclaration du jeune homme l’a laisse pantoise et perplexe, en comprenant petit à petit que l’homme l’a doublement sauvé n’est pas celui qu’elle croyait savoir. Le fait d’apprendre que Perseus est un soldat et un fonctionnaire de la République la choque autant que cela la consterne.

    Calyste, encore choquée mais gardant son calme : - Alors tu… tu es un militaire. Je dois ma liberté à un militaire qui travaille pour la République… (Elle se redresse et va faire deux à trois vers l’arrière, pensive, avant de se retourner vers lui.) Si je te suis bien, tu pensais jouer les bons samaritains en me voyant dans cet état lamentable, hein ? Tu t’es mis en tête de me venir en aide parce que cela t’apporterait de la reconnaissance et une bonne conscience, sans penser à ce que moi je voulais ou ce que pensent les autres de leur situation ? En vérité tu as fait ça uniquement pour te comporter en héros. Et moi qui pensais que j’avais de la chance de rencontrer une âme chaleureuse qui me comprendrait, je me retrouve à devoir m’en remettre à un soldat d’un gouvernement centraliste démocratiquement restreint. Pour toi je ne suis qu’une pauvre pomme à sauver et à délaisser dans l’anonymat, j’me trompe ?

    Perseus ne répond de suite à l’accusation de Calyste, sentant et percevant sa colère et son indignation dans ses mots tandis qu’elle commence à se retenir de verser des larmes, puis il se relève doucement de sa posture assise pour se tenir bien droit devant le bord du flanc de belvédère sans cesser de scruter. Il termine son silence au bout de deux minutes, sans se retourner ni quitter l’horizon des yeux.

    Perseus : - C’est la première fois que je viens sur Tatooïne, sans être envoyé par mon service ni par le biais de circonstances militaro-sécuritaires. Je parcours les systèmes internes et externes de la République depuis six longues années, à toujours se retrouver sur le terrain pour empêcher le délit, protéger les civils, sauver les innocents et réparer les dommages collatéraux. Pas une seule fois je n’ai eu de repos, pas un seul jour on ne m’a laissé le temps de souffler parce l’intérêt général et public ne me le permettait pas. Et puis un jour, après tant d’efforts et de contribution à la vie et la sûreté d’autrui, on décide de me mettre à l’arrêt. Pour quelques jours certes mais à l’arrêt quand même. Cette suspension… je l’ai accepté au départ avec des remords, puis je me suis dit que ça m’aiderait à trouver enfin du temps pour moi. Je me suis mis en tête de me rendre sur Tatooïne pour découvrir les traces du passé des Skywalker, par curiosité et envie de me faire une idée de leur histoire, et à peine je débarque incognito et en touriste… que je vois une foule en panique et une personne en danger. Une jeune fille qui court pour sa vie, pourchassé par un cathar.

    Il prend un instant très court dans son discours spontané pour respirer, tout en pensant que la jeune métisse s’est reconnue en l’entendant presque serrer des poings et se retenir de fondre de nervosité.

    Perseus : - Ce genre de situation, personne n’est capable de la stopper quand on est animé par la peur et le désespoir, quand on ne pense qu’à sa personne pour survivre. Le bon sens n’aurait dit de ne pas mêler de ce qui ne me regarde pas, que ce n’est pas dans mon intérêt de sauver une inconnue. (Il se retourne vers elle en souriant chaleureusement.) Je l’ai fait pourtant, non pas par devoir mais par pur sens humain. Les esclaves, humains comme aliens, méritent d’être considérés comme n’importe quel être vivant et moral et eux aussi ont le droit de vivre pour survivre. Je ne suis pas un héros, je ne me considère pas ainsi. Je suis un jeune ranger en suspension qui était là et qui a agi bénévolement pour sauver une vie. La vie triste et morose d’une jeune femme traitée injustement en objet, seule et loin de sa famille, qui devrait avoir le libre-arbitre sur sa vie et son avenir. Tu ne méritais pas de rester esclave toute ta vie Calyste. Mon intervention était idiote, sachant que l’on ne se connaît même pas. Seulement… (Il soupire.) Je vais être franc avec toi. C’est plutôt égoïste de ma part mais… dès que je t’ai vu ce jour-là… j’ai eu une grosse claque émotionnelle. J’veux que tu saches, Calyste, que j’ai le béguin pour toi et que c’est ça mon excuse.

    Perseus est soulagé de s’être expliqué avec la jeune affranchie métisse sur ses motivations, ce qui lui enlève un poids sur le cœur en plus d’avoir confié sa raison à celle qu’il aime. Il se doute bien évidemment que ça ne doit pas être réciproque et qu’elle ne ressent rien pour lui en retour, mais le lui dire clarifie au moins la chose et prouve qu’il est sincère. Il observe longtemps son interlocutrice en s’attendant à ce qu’elle le démonte verbalement ou l’envoie balader. Calyste est encore plus stupéfiée par les propos du jeune Arek et dans sa peine elle ressent aussitôt un bonheur profondément enfoui et perdu qui se libère : c’est la première fois en douze ans qu’elle rencontre quelqu’un qui ressent de l’amour pour elle, au point de se faire preuve d’abnégation et de désintérêt. Calyste est touchée par la parole de Perseus, accentuée par sa silhouette à contre-jour de la lumière matinale et son sourire amical, et elle ne peut plus se retenir. Cette fois, ce sont des larmes de joie qui viennent embrumer ses yeux et elle se laisse aller à son chagrin.

    Perseus est surpris de la voir pleurer fortement, voire perplexe et gêné, et il s’approche d’elle pour tenter de la consoler et de lui demander ce qu’il a dit de travers. En la saisissant docilement par les épaules et en cherchant à croiser son visage embrumé de grosses larmes, il la voit venir brusquement se blottir contre lui et enfouir son visage larmoyant en cherchant du confort auprès de lui ; d’un point de vue externe, Calyste profite de la présence rapprochée du jeune ranger pour se soulager émotionnellement de toute la tristesse et la souffrance qu’elle a gardée en elle et dont la déclaration sincère lui a donné du baume au cœur. Il fallut un court moment à Calyste pour lui dire entre deux pleurs « Je ne vous remercierais jamais assez pour ça ! Si vous saviez combien ça me touche énormément ! » et Perseus comprit aussitôt.
    Un sourire amusé mais compatissant aux lèvres, il l’entoure de ses bras pour la réconforter tendrement et lui laisse tout le temps qu’il lui faut pour se délivrer de sa peine. Lui qui s’est souvent dit de ne jamais fait pleurer une femme, ce moment restera gravé dans sa mémoire comme l’un des plus touchants de sa vie. Les soleils jumeaux de Tatooïne finissent d’entrer complètement dans la voûte céleste en rendant le ciel aussi bleu que l’azur, au moment où l’un réconforte chaleureusement l’autre dans son chagrin.

    ***
    Le milieu de la matinée est déjà bien avancé lorsque les trois jeunes gens quittent enfin l’auberge de jeunesse et se retrouvent devant le seuil d’entrée avec leurs bagages. Perseus s’était presque remis dans sa tenue semi-décontractée de son arrivée à Mos Eisley et il porte son sac de voyage sur son épaule gauche, tandis que Sean se contente de son sac-besace dans son dos et d’un autre sac de voyage pour les nouvelles affaires de sa sœur. En cette journée assez chaude de la saison, où les habitants et habitués de la ville-étape vaguent à leurs occupations régulières, le jeune Arek et les deux enfants Blue se rendent tranquillement vers le spatioport afin de regagner leur vaisseau respectif.

    Une fois arrivés dans le grand hall de l’infrastructure aérospatiale, parmi une petite centaine de voyageurs et convoyeurs qui vont-et-viennent, ils s’arrêtent au beau milieu de l’immense pièce pour commencer à se quitter pour se rendre chacun à leur hangar de stationnement. Pour Perseus, c’est aussi le moment de la séparation assez dure où il voit Calyste repartir chez elle aux côtés de son frère. Et avec ce qu’il a vécu en haut du belvédère à l’aube, sa peine est devenue un peu plus vive et il a un remords dans la gorge.

    Perseus : - Bon ben, c’est ici et maintenant que l’on se quitte. C’était un plaisir de vous rencontrer.
    Sean : - De même Perseus, c’est un plaisir partagé. Je ne vous remercierais jamais assez pour ma sœur.
    Perseus : - Disons qu’c’est la moindre des choses. Aider les gens en détresse, ça fait partie d’mon métier.
    Sean : - Si jamais vous faites un saut du côté de Castillon, vous penserez à venir passer le bonjour. Ou bien si vous cherchez du boulot chez les chasseurs de primes, si jamais les Régulateurs ne sont plus aussi bien.
    Perseus : - J’y penserais. Mais ça ne risque pas d’arriver de sitôt.
    Sean, en tendant une poignée de main : - C’est vous qui voyez. Enfin… bonne chance à vous Perseus Arek.
    Perseus : - À vous aussi Sean Blue. Au revoir Calyste.
    Calyste : - Au revoir Perseus.

    Les voilà tous deux qui s’élancent dans la direction de droite, le jeune métisse blond saluant d’un dernier geste le ranger, et Perseus les regardent s’éloigner pendant un moment. Il demeure immobile au milieu de la foule, incapable de détourner du regard la jeune métisse bleue qui avance vers le grand couloir tout en tournant une dernière fois de la tête pour croiser son regard au sien. Puis ils disparaissent de l’autre côté du mur. Le jeune Arek soupire de consternation et il se met à son tour en route vers le corridor qui mène au hangar de son vaisseau. Il marche dans la direction opposé tout en se perdant dans ses pensées.

    Perseus, monologuant à lui-même : - Perseus, mon vieux, tu n’as même pas pensé à lui demander si tu pouvais la revoir un jour. Tu lui avoues tes sentiments et tu la laisses partir, t’es vraiment minable.

    Il s’arrête dans à peine un quart de sa traversée et se demande s’il ne devrait pas revenir et essayer de la rattraper pour le lui demander ; s’il arrive à être assez rapide, il pourra le faire avant qu’ils ne soient loin. C’est sur cette pensée qu’il se résout à faire marche arrière et accourt pour aller dans leur direction.

    Entretemps, Calyste se trouvait elle-aussi à un tiers de chemin vers le vaisseau de son frère et elle s’arrête aussitôt en se perdant dans le flot de ses pensées. Elle prend conscience qu’elle ne peut pas se résoudre à quitter comme ça son salvateur, alors qu’il lui a avoué ses sentiments et qu’elle ressent aussi quelque chose pour lui. Elle ne peut (et ne veut) pas se défaire de sa présence, même si sa famille ne l’a pas vue depuis douze ans. Elle est tentée de retourner en arrière et de le rattraper, pivotant instinctivement comme pour aller dans le sens de cette idée. Son frère se rend compte de son arrêt, en s’apercevant qu’elle n’est plus à côté de lui, et il l’interroge.

    Sean : - Hé Calyste, qu’est-ce qui t’arrive ? Y a un souci, tout va bien ?
    Calyste : - Sean, je sais que ça fait douze ans que j’ai disparu que vous m’avez manqué papa, maman et toi mais… Je crois bien que finalement je ne vais pas rentrer avec toi chez nous.
    Sean, choqué : - Attends, quoi ? Calyste, on s’est inquiétés toutes ces années en pensant que tu étais morte. Papa a vraiment cru que les Hommes des sables t’avaient tué ou changé en l’une des leurs. Tu ne peux pas me faire ça, à moi ! Tu ne vas quand même pas renoncé à ta liberté et à reprendre ta vie d’avant.
    Calyste : - J’ai pleinement conscience de ce que je fais. Ces douze ans de servitude ont été un calvaire et j’aurais aimé reprendre notre vie comme elle était avant ma disparition. Cependant… certaines choses ont changées et ne changeront plus. Sean, je ne suis plus une petite fille fragile mais une femme désormais. J’ai grandi et je suis devenue une autre personne. Mais surtout… je ne veux pas quitter Perseus comme ça, alors que c’est en grande partie grâce à lui que je suis libre aujourd’hui. Je lui dois la vie et je… je…

    Elle n’arrive pas à sortir ces mots simples, ces mots pour exprimer ses sentiments pour le jeune ranger, et elle redoute que son propre frère ne comprenne pas ce qu’elle ressent malgré la longue séparation familiale qui s’est déroulée. Sa peur et sa peine est si lourde qu’elle est encore sur le point de pleurer. Sean n’est pourtant pas dupe ni idiot, son calme étonné s’atténue pour laisser place à une affection fraternelle qu’il lui donne en passant un pouce tendre près de ses paupières humides.

    Sean, compatissant : - Franchement p’tite sœur… à peine tu quittes ta dure jeunesse d’esclave que tu t’éprends de ton sauveur. T’es vraiment une veinarde, heureusement que j’avais compris que Perseus a lui aussi le béguin pour toi. Tu l’aimes n’est-ce-pas ?
    Calyste, retenant ses larmes : - J’arrive pas à me défaire de son souvenir et j’ai le cœur qui me serre.
    Sean : - Dans ce cas, tu devrais vite le rattraper. Je dirais à p’pa et m’man que tu vas bien et que tu as trouvé quelqu’un qui veille sur toi. (Il lui tend son sac pour qu’elle le prenne.) C’est ta vie maintenant.

    Calyste est ravie de voir que Sean approuve et elle lui saute au cou pour le remercier chaleureusement, avant de le quitter en le saluant une dernière fois et elle fonce dans la direction opposée pour revenir dans le grand hall. Elle court en prenant soin de ne pas brusquer et bousculer tout le monde et elle finit par atteindre le centre du grand hall… avant de ralentir puis de s’arrêter.
    Perseus arrive au même moment qu’elle et il la découvre face à lui, avec son sac en main, immobile à croiser son regard. Il patiente un peu le temps de s’assurer qu’il ne rêve pas (il ne rêve pas) et il s’approche d’elle pour la réceptionner contre lui alors qu’elle-même s’est avancée pour venir à lui.
    Ils restent tous deux enlacés l’un contre l’autre, savourant ce moment où leur cœur bat fort et en rythme.

    jeudi 27 janvier 2022 - 10:57 Modification Admin Réaction Permalien



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