L'Académie Jedi

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    Kinsa-Talik

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    Bienvenue à l’Académie Jedi ! 


    Nous sommes en + 196 après la Bataille de Yavin. Le Temple Jedi se trouve sur Coruscant, mais l'Académie est cachée sur Yavin IV au milieu de la jungle, dans des temples massassis. Nous vous proposons un parcours initiatique sur cette lune mythique, là où les rebelles avaient établi leur base pour lutter contre l’Empire. Après une hibernation de vingt ans et une guerre difficile, l'Ordre Jedi se reconstruit lentement et se remet des épreuves passées en recrutant de nouveaux padawans. Et ces padawans, c’est vous !

    Une fois arrivés, nous vous invitons à présenter votre personnage et raconter l'histoire de sa vie, le "background". Les détails suivants sont requis : sexe, âge, race, planète d'origine, physique, caractère et histoire. L'histoire de votre personnage doit être un minimum originale et votre arrivée doit résulter d'une suite d'évènements cohérents. Pensez à indiquer vos qualités et vos défauts, ses dons, ses spécialités, et surtout, de son lien avec la Force.

    N'hésitez pas à jouer autre chose qu'un humain. En effet, l'une des caractéristiques de l'univers Star Wars est son incroyable diversité d'espèces. Vous êtes plutôt Twi'lek ? Wookiee ? Zabrak ? Cathar ? Ou même Ewok ? Calamarien ? Ce large choix est une aubaine pour un JDR et un avantage pour un joueur, alors profitez-en ! Toutefois, rappelez-vous qu'un personnage parfait n'existe pas et que le vôtre se développera au fil du temps. Pour votre fiche-personnage, il existe de nombreux modèles de présentation dans l'Académie, mais si le coeur vous en dit, vous pouvez bien sûr procéder différemment, avec par exemple une présentation in-RP. Je posterai pour accueillir votre personnage.

    Et ensuite, c’est à vous de jouer, littéralement ! Interagissez avec les autres Jedi dans les différents lieux de l’Académie , développez votre personnage, trouvez un maître pour vous apprendre les voies de la Force et le combat au sabre laser, partez en mission au Chu'Unthor, construisez votre sabre laser… En bref, devenez un Jedi accompli.

    Enfin, lorsque le Conseil jugera que vous êtes prêt, une mission en solo vous sera proposée pour valider votre passage au rang de Chevalier. Après une cérémonie, vous serez sacré Chevalier Jedi, et vous pourrez alors à votre tour former un padawan.

    Présentation de la responsable de la caste Jedi

    Je suis Kinsa Talik, twi'lek rutian de 23 ans, originaire de Mandalore. Étant une Gardienne, je passe beaucoup de temps dans les salles d’entraînement au sabre laser, et quand je forme un padawan, ce n’est pas pour plaisanter ! N’hésitez pas à me contacter par Comlik (messagerie) si vous avez des questions, je suis entièrement disponible. 

    Les informations théoriques sur les pouvoirs de la Force et le sabre laser sont disponibles dans le topic de base de données. Pour des questions sur les pouvoirs de la Force, vous pouvez envoyer un MP à Padme111, et sur le sabre laser, à moi. En effet, vous êtes encouragés à inclure des entraînements dans la vie quotidienne de votre personnage.

    Au cours de votre formation, vous serez invité à choisir votre "orientation", c'est à dire Gardien, Consulaire, Sentinelle ou Guérisseur. Réfléchissez bien car cette orientation déterminera beaucoup de choses sur l'avenir et les capacités de votre personnage. Une présentation approfondie de ces quatre voies se trouve ici.

    Pour se repérer plus facilement, vous êtes appelés à indiquer où votre personnage se trouve au début de votre post.

    Recensement des Jedi actifs

    Maîtres
    Padmée Naberry, Humaine de Phoenix
    Chevaliers
    Kinsa Talik, Twi'lek Mandalorienne (responsable de l'Académie)
    Galen Arek, Humain de Tython 
    Zadyssa Yunixy, Humaine de Metellos
    Padawans
    Enoliwen, Bothan de Bothawui (padawan de Zadyssa Yunixy)
    Dexter Cho, Besalik (padawan de Padmée Naberry)

    Note de la responsable 

    Si vous avez la moindre question à propos du JDR, n'hésitez pas à m'en faire part, que vous soyez padawan ou simple curieux !

    Les padawans inactifs verront leur recensement annulé au bout de deux mois d'absence (sauf, bien sûr, si vous avez prévenu au préalable). Si vous quittez le JDR (pour X raison : manque de temps, plus de motivation...), vous êtes priés de m'en informer. C'est plus gentil et évite d'attendre des semaines pour essayer de voir si ce n'est qu'une petite pause ou un départ définitif.

    Ce message a été modifié par Kinsa-Talik le mercredi 10 avril 2019 - 18:09

    mardi 02 avril 2019 - 20:05 Modification Admin Réaction Permalien

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    Kinsa-Talik

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    Bibliothèque

    Il y avait récemment eu des travaux à l’Académie, et cela avait entraîné un désordre considérable qui avait chamboulé padawans et Chevaliers. À présent, tout était revenu à la normale, et je profitais d’un moment de calme dans la bibliothèque alors que la plupart des padawans étaient dehors. Je faisais des recherches sur l’histoire d’une planète, Grilamen, où je m’étais rendue il y avait un certain temps. C’était aussi la planète d’origine de mon ami Eckmül, même s’il ne le savait que depuis quelques années. Si on considérait les faits, mon groupe avait eu un certain impact sur l’histoire récente de cette planète… 

    Mon étude fut interrompue par une voix féminine qui provenait de derrière moi :

    Voix : L’histoire de Grilamen est fascinante, n’est-ce pas ?

    Je me retournai et me retrouvai face à une Mikkian qui ne paraissait pas avoir trente ans. Si mes souvenirs étaient exacts, je ne l’avais jamais vue. Toutefois, elle portait une bure Jedi claire, et pas de sabre laser à la ceinture, ce qui laissait sous-entendre qu’elle était Consulaire. Je me levai de ma table et lui répondit :

    Moi : C’est vrai. Et c’est une belle planète. J’ai eu la chance d’y aller. 
    Mikkian : Alors… j’imagine que vous êtes Kinsa Talik. 

    Je soulevai un sourcil. Rares étaient les personnes qui me reconnaissaient comme ça. Mais il y en avait quand même : je ne savais pas si je devais m'en inquiéter ou en être fière. J'aimais passer inaperçue, et je n'étais pas particulièrement friande d'attention, surtout que la plupart du temps que cette dernière était fixée sur moi, elle n'était pas toujours positive.

    Moi : Pourquoi dites-vous ça ?
    Mikkian : Parce que j’étudie l’histoire…et que l’un de mes cours portait sur la mission diplomatique des émissaires de la Coalition. En plus, je ne suis pas sûre que les Jedi portant un beskar’gam courent les rues. Enfin, ce que je veux dire, c’est que…

    Je souris.

    Moi : Bonne déduction. Et vous êtes ?
    Mikkian : Tirsa Itil. Je viens de Coruscant. 
    Moi : Ah ! Oui. Tirsa Itil. Je vous attendais pour ce soir, il y a eu une avance ?
    Tirsa : Il y a une escale qui a été annulée, c’est pour ça (elle hésita). Est-ce que vous pourriez me tutoyer ? Je ne suis pas très à l’aise avec le vouvoiement.
    Moi : Sans problème…à condition que tu me tutoies aussi.
    Tirsa : Ça me va ! 
    Moi : Alors, bienvenue à l’Académie ! Puisque tu es Consulaire, tu dois être dans ton élément à cet étage. Il y a une lieu d’échange pour ta voie juste à côté.

    Je la fis visiter rapidement les deux temples constituant l’Académie, après avoir consigné son arrivée à l’administration et lui avoir attribué des quartiers. Par rapport à ce que nous étions avant, nous étions peu, mais il fallait quand même garder une trace régulière des arrivées et des départs de Yavin IV. D’autant plus que je tenais à connaître toutes les têtes qui participaient à la vie de l’Académie ! Après l’avoir laissée se reposer du voyage et prendre ses marques, je croisai mon ancienne padawan Zadyssa, qui entraînait son padawan à la télékinésie de précision dans la Salle aux Milles Fontaines. Je les observai pendant quelques minutes essayer de faire des formes dans l’eau des fontaines, avant de manifester ma présence par un toussotement.

    Zadyssa : Salut ! Tu fais encore le tour des temples ?
    Moi : Oui, il y a une Consulaire qui est arrivée de Coruscant. J’avoue que c’est bizarre de voir l’Académie sans les travaux… Je m’étais habituée aux échafaudages.
    Zadyssa : Moi aussi, figure-toi ! Mais je suis contente que tout soit revenu à la normale. 
    Moi : Alors, Enoliwen, comment se passe la formation ?

    Le jeune Bothan acquiesça la tête avec un grand sourire, et je pus sentir l’enthousiasme qui émanait de lui.

    Enoliwen : Très bien ! Maître Zadyssa a promis de me montrer bientôt des mouvements au corps-à-corps !
    Moi : Ho ho… Intéressant, tout ça. N’hésite pas à passer dans les salles si tu veux approfondir ça.
    Zadyssa : Hé !
    Moi : Quoi, c’est mieux d’apprendre à la source, non ?

    Ma petite sœur secoua la tête, amusée, puis me poussa gentiment en dehors de la salle à grands renforts de « Allez, ouste, y’a des gens qui essaient de travailler ici ! ». Je souris, puis me rendis dans la Salle Blanche : je devais un entraînement en binôme à l'Ataru à Orvi, mon ami Kiffar.  Une autre bonne journée venait de commencer.

    jeudi 04 avril 2019 - 22:02 Modification Admin Réaction Permalien

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    Zadyssa

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    Infirmerie

    Après avoir entraîné Enoliwen dans la Salle aux Milles Fontaines, je sortis dehors pour rejoindre le second temple et pénétrai dans le grand hall. De chaque côté de celui-ci, il y avait plusieurs statues dont celle du célèbre Luke Skywalker. Je m'arrêtai un instant devant elle avant de faire demi-tour et de monter les escaliers jusqu'au deuxième étage, me demandant si des Jedi de ma génération auraient leur statue un jour, également. Enfin bref, ce n'était pas le moment d'y penser. J'avais autre chose à faire : aller voir Shina à l'infirmerie pour une visite médicale.

    J'avais refait une crise deux semaines auparavant et elle tenait à s'assurer que mon état restait stable tout en continuant ses recherches pour m'aider. Il fallait bien avouer que j'étais un cas à part... Elle m'accueillit avec le sourire.

    Shina : Bonjour, Zadyssa, comment ça va aujourd'hui ?
    Moi : Ça va, pas de cauchemars cette nuit.

    La Guérisseuse était celle qui me suivait depuis ma première crise mémorielle, et je lui avais fait peur plus d'une fois. Kinsa aussi avait eu des peurs bleues avec moi, c'était d'ailleurs la seule personne capable de me tirer de mes souvenirs. Moi-même il m'arrivait d'en être incapable... et c'était bien ce qui inquiétait Shina. Elle me conduisit jusqu'à la salle de recherches et me fit asseoir sur le lit qui était placé contre le mur, en face du bureau qui se situait devant un projecteur holographique.

    Shina : On va en refaire une, aujourd'hui.

    Elle parlait évidemment d'une IRM. Depuis ma dernière crise, elle cherchait à étudier mon cerveau pour tenter de les comprendre. Il paraîtrait qu'après l'une d'entre elles, prononcer le moindre mot en rapport avec mes souvenirs activeraient mes aires visuelles et elle voulait voir si c'était également le cas avant une crise afin de déterminer s'il était possible de les prédire. Enfin bref, des trucs de Guérisseur. Elle me mit un casque sur la tête, la version réduite de l'IRM fonctionnelle, et me recommanda de me détendre. Facile à dire.

    Shina : J'aimerais bien te dire des mots plus... forts, si tu n'y vois pas d'inconvénient.
    Moi : Euh... c'est-à-dire ?
    Shina : Des mots que tu associeras plus facilement à tes souvenirs. Tu t'en sens capable ?

    J'acquiesçai tout en cherchant intérieurement à me motiver. Allez, ça ira. Elle prononça toute une suite de mots en rapport avec la mort, qui déclenchèrent effectivement plusieurs souvenirs que je parvins néanmoins à gérer. Toutefois, quand elle dit "Law", le nom de celui qui m'avait infligée tant de souffrances, je me mis inconsciemment à trembler tandis que ma respiration s'accéléra. Elle arrêta tout immédiatement et me pris la main tout en diffusant des ondes chaleureuses qui finirent par m'apaiser.

    Shina : Allez, on arrête pour aujourd'hui. En tout cas, ça m'a donné une idée.
    Moi : Quoi ?
    Shina : Tu sais bien que tu ne pourras pas te reposer éternellement sur Kinsa pour apaiser toutes tes crises, pas vrai ?

    Je ne sus quoi répondre. Oui, elle avait raison, mais d'un autre côté c'était plus rassurant ainsi.

    Shina : Je pense qu'il faudrait que tu apprennes à les gérer avec elle. Ce que je te propose n'est pas un exercice facile, j'en conviens, mais il a des chances d'obtenir des résultats. Concrètement, il faudrait que tu essayes de te remémorer volontairement tes souvenirs, avec Kinsa, puis de t'en détacher petit à petit.
    Moi : Faire volontairement une crise ?
    Shina : C'est un peu l'idée. Je ne te demande pas d'en faire une mais de revivre un souvenir et un seul pour qu'il ait moins d'emprise sur toi. Le but n'est pas de te faire du mal, d'accord ?

    J'acquiesçai mollement, assez peu rassurée à l'idée de devoir faire cela.

    Shina : Je te donne une semaine pour y réfléchir, et quand tu auras décidé je vous expliquerai plus en détails l'exercice si ta réponse est positive.
    Moi : Et si je ne veux pas ?
    Shina : Si tu ne veux pas, j'essaierai d'en trouver un autre moins éprouvant. Même si je pense que tu devras forcément en passer par là. Il faut que tu dissocies tes souvenirs des mots et des situations.

    Je lui fis savoir que j'avais compris puis quittai l'infirmerie, songeuse. Que devais-je choisir ? Au fond, je savais quelle était la meilleure solution : accepter d'essayer, mais... ce n'est pas parce que je savais que je voulais. Au final, je me rendis à la Salle Commune, au rez-de-chaussée, et pris une limonade. J'avais une semaine pour réfléchir, ce n'était pas le moment de déprimer. Je rejoignis la table où Ilan, mon demi-frère, et Zokuron, mon petit ami, mangeaient déjà et commandai à mon tour un menu à base de poisson. Nous discutâmes ainsi une bonne heure avant de retourner à nos entraînements respectifs, car je ne m'étais pas encore entraînée, moi !

    samedi 06 avril 2019 - 13:27 Modification Admin Réaction Permalien

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    Kinsa-Talik

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    Salle commune

    Depuis quelques jours, je trouvais mon ancienne padawan plus distraite qu’à l’habitude. D’ordinaire, rien ne lui échappait, mais là j’avais réussi à la défaire dans nos duels quotidiens de manière étrangement facile. De manière générale, elle paraissait troublée…mais par quoi, je l’ignorais. J’attendais qu’elle vienne m’en parler d’elle-même, mais pour le moment elle était muette comme une tombe. C’était en partie pour cela que j’avais tenu à ce « déjeuner entre sœurs » : j’espérais en apprendre plus. Pourtant, elle n’avait à aucun moment abordé le sujet, alors je décidai de forcer un peu le destin

    - Dis, Zadyssa...il n'y aurait pas quelque chose qui te reste dans la tête, ces derniers jours ?

    La jeune fille eut cette moue de « prise la main dans le sac », ou plutôt « prise en délit de dissimulation de choses à sa grande sœur », puis hésita :

    - Si…

    Je me mordis la lèvre. Je connaissais cette attitude. En même temps, elle n’avait pas envie d’en parler, mais elle en avait besoin. 

    - Tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ?
    - Je sais mais…

    Son regard se perdit un instant dans le vide pendant qu'elle jouait avec sa fourchette.

    - Mais c'est pas évident.

    Je réfléchis. Qu’est-ce qui qui pouvait la turlupiner à ce point ? 

    - C'est lié à tes souvenirs ? devinai-je.
    - Oui. Et, hum, à Shina. Elle m'a demandé de réfléchir.
    - Un examen ?
    - Un exercice, révéla t-elle.

    Il y eut un moment de silence où j’avala la dernière bouchée de mon plat.

    - Tu veux m’en dire plus ?
    - Elle m'a... proposé de revivre un souvenir avec toi pour, hum... que je m'en détache.
    - C'est...une bonne idée, admis-je, même si je ne l’aimais pas tant que cela. Mais tu es sûre que ça te ferait pas plus de mal que de bien ?

    Elle soupira et passa une main dans ses cheveux. 

    - C'est bien pour ça que je n'ai pas dit oui...finit-elle par dire. Je n'en sais rien et... et... ça me fait peur…

    Je posai une main sur son épaule et soutins son regard.

    - Hey. Si tu décides de le faire, ce sera justement avec moi. Je serai là pour te soutenir.
    - Merci. Je n'arrive pas à choisir…
    - Je pense... fis-je en choisissant mes mots avec précaution, que tu devrais au moins essayer une fois.
    - Tu es sûre ? s’inquiéta Zad. Je ne risque pas de faire une crise encore plus forte ?
    - Si tu contrôles…
    - Oui, mais si je contrôle pas ?

    J’avalai ma salive, et préférai esquiver la question. Je ne pouvais être sûre de rien lorsqu’il s’agissait de la mémoire de Zadyssa : nous avancions toujours en terrain inconnu.

    - Je serai là.
    - D'accord, alors... peut-être que je vais dire oui.
    - C’est ta décision.

    Elle réfléchit de longues secondes, avant de soupirer : 

    - Je vais essayer au moins une fois. Je ne perds rien à tenter quelque chose.
    - D'accord. Tu me diras quand tu veux essayer, on préparera ça avec Shina. Tu as confiance en nous ?
    - Bien sûr. D'ailleurs, Shina a justement dit qu'elle veut nous voir pour nous expliquer l'exercice en détails si j'accepte, précisa t-elle.
    - Ça marche. 

    Je lui tapotai l’épaule, me voulant réconfortante.

    - Tu es très courageuse, tu sais ça ?

    Elle esquissa un mince sourire, la mine inquiète.

    - C'est surtout que... je sais que je le regretterai si je n'essaie pas. Et... j'imagine que je dois forcément passer par là, alors autant le faire tout de suite au lieu de repousser l’échéance.
    - C'est bien. Je t'ai bien formée.

    Son visage d'illumina d'un vrai sourire, cette fois.

    - Ça va être à moi de voir si je t'ai bien formée avec mes crises alors, dit-elle sur le ton de la plaisanterie.
    - En effet. Bon, c’est pas tout, mais Shina a fait son fameux gâteau aux shuura, la recette de Saccoria, et c’est trop bon ! 

    En face de moi, je vis Zadyssa s’animer à l’idée d’un bon gâteau et ce fut avec le produit de la recette de la jeune Guérisseuse que nous finîmes notre repas.

    mercredi 10 avril 2019 - 19:51 Modification Admin Réaction Permalien

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    galen-starkyler

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    Salle commune

    Une routine des plus monotones et habituelles s'installe dans la Salle comme un épais drap de soie invisible et imperceptible, tel que le temps clément d'aujourd'hui qui incite autant à l'humeur instructive qu'à l'assouplissement de l'agenda journalier. La grande pièce est calme, ni vide ni pleine, avec quelques tables qui sont occupées par quelques petits amas d'apprenants et une sorte d'anti-plein du côté de la table réservée aux membres du Conseil ; les discussions sont à un niveau sonore respectable, les mouvements de déplacement entre le mobilier sobre est moyen et personne n'ose faire un boucan insoutenable ou des chahuts qui obligerait d'élever la voix de manière impérieuse. Bref, une journée normalement normale.

    Il faut savoir qu'être le tenancier de la Salle Commune, ou barman pour les individus, est un rôle qui se limite à quelques stéréotypes à respecter quitte à se faire passer pour un gigolo. Premièrement, faire semblant d'astiquer sans cesse le comptoir pour passer le temps et énerver les gens. Deuxièmement, assurer un service adéquat à un public exclusivement composé de padawan en limitant les consommations alcoolisées. Troisièmement, faire un nettoyage parfait pour éviter que ça ressemble à une cantina comme sur Bestine. Et dernièrement, avoir un garde-manger et des provisions culinaires paré à toute éventualité et renouvelés de manière mensuelle. Ce qui veut dire remplir les distributeurs automatisés avec des snacks et sodas réguliers, acheter des aliments variés pour la composition de menus et prévoir une variété de boissons alcoolisées si jamais vous voyez une Solo ou autre amateur dans ce genre débarquer à l'improviste.
    Bref, c'est ça techniquement être le tenancier de la Salle Commune.

    Me voilà donc à passer mon temps à astiquer mon comptoir de manière stoïque et répétée, sans que personne ne vienne me déranger ou que je dérange quelqu'un. N'importe qui pourrait venir ou m'interpeller pour demander quelque chose, j'ai l'oreille sensible (la droite et pas la gauche). Et en ce moment, je ne vois que peu de têtes connues : Kinsa et Zadyssa, qui déjeunent ensemble à la table habituelle, ont l'air de se concerter sur un sujet sensible. C'est presque devenu une habitude de les voir ensemble, à papoter de tout, mais je ne m'immisce pas dans leurs affaires. J'ai d'autres chats à fouetter, comme par exemple me demander où Ilan, mon padawan actuel, est encore aller traîner. Ou bien observer Reyn, ma cadette, qui s'occupe aussi du service en tant que barmaid stagiaire. Elle a encore du mal à se faire respecter des autres padawan mais elle tient le coup. Au moins, R1-P7 est dans les parages pour faire un peu de police.

    Un instant plus tard, me voilà à réceptionner mes fournitures alimentaires auprès de fournisseurs habituels. Un moment que je me consacre pour vérifier que j'ai bien les produits commandés pour les menus suivants :

    CONSOMMATIONS :
    - Boissons alcoolisées : Bière Corellienne, Brandy Corelien, Brandy Vasarien, Vin de Mandalore, "Souffle du ciel", Pot de Bespin, Mojito, Cocktails et liqueurs diverses et variées...
    - Boissons non-alcoolisées : Soupçon d'Illum, Jus de Gralinyn, Jus de meiloorun, Limonade, Pêche glacée, Virgin Mojito, Frozen Mojito Meiloorun, Diabolos (pêche, citron, framboise, meiloorun), Synthécaf.
    - Entrées : Gauffrettes de Kanali, Salade du parfait Jedi, Rouleaux de Sweesonberry (x4).
    - Plats : Nouilles de Teltier ou de Kanali, Soupe de palourde, Synthésteak (de bantha) avec au choix petits légumes ou frites, Filet de poisson de Naboo.
    - Desserts : Won-Won au four, Cake aérien (sur lit de crème Cavellienne), Citrus enneigé, Tarte Pikatta, Dark Fondant, Dame Hoth (crème glacée).
    - Sandwichs : Jambon-Fromage, Poulet-Mayo, Poulet-Crème, Jambon simple, Viennois jambon/poulet/fèves, Pain suédois (poulet ou saumon), Jedi Tasty (burger), Big Yavin (burger).

    Les vérifications sont faites, je peux ranger tout ça dans mon réfrigérateur ou dans la chambre froide en attendant de servir à chacun. Je referme la lourde porte derrière moi, me présente à nouveau derrière le comptoir et reprend mon rôle à astiquer et servir en consommations. Il y a bien quelques jeunes aliens apprenants qui quémandent directement et je leur sers ce qu'il faut, après avoir fait les préparations et assortiments décoratifs en supplément facultatif.

    Peu après, il n'y a plus personne car les activités de l'Académie reprennent. C'est un moment encore plus calme pour moi, où je peux passer de l'autre côté du comptoir. Une belle bouteille en verre bleu azur translucide en main et deux verres, je me verse un grand doit de rhum blanc, un sachet de poudre sucrée au citron vert et un décilitre de la bouteille. J'en verse un autre verre pour Reyn, qui mérite aussi une petite collation libre, et nous trinquons tous deux avant de laisser l'Eau-de-cristal de Tython nous rassasier de sa pureté minérale. C'est aussi ça être le barman : il y a toujours un moment où profiter d'un verre au calme.

    Et bien que moi, Galen Arek de Tython, je suis chevalier Jedi... je fais partie de ceux qui ont des principes dans la gestion d'un endroit aussi important socialement que la Salle Commune des Padawan.

    Ce message a été modifié par galen-starkyler le jeudi 11 avril 2019 - 20:17

    mercredi 10 avril 2019 - 20:54 Modification Admin Réaction Permalien

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    Zadyssa

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    Infirmerie

    Kinsa avait finalement réussi à me faire parler. Je n'avais pas réussi à le lui annoncer par moi-même, torturée entre deux choix : accepter ou ne pas accepter. L'un ne me mettait pas au devant d'un danger inconnu mais il ne faisait que repousser l'échéance tandis que l'autre ressemblait plus à une solution de masochiste. Je savais déjà quelle était ma décision, en réalité, mais il m'était extrêmement difficile de me l'avouer. Alors le fait que ma grande sœur se charge de me questionner me permis de me libérer et de tout lui raconter, sans toutefois quitter ma mine inquiète.

    C'est ainsi que le lendemain, je me retrouvai devant Shina en compagnie de Kinsa, à mes côtés. La guérisseuse nous avait accueillie dans la salle des recherches et se tenait bien droite derrière son bureau, un dossier sous les yeux : le mien.

    Shina, avec le sourire : Je suis contente que tu aies accepté, Zadyssa. Je sais que ça n'a pas dû être un choix facile.

    Bel euphémisme ! Elle se racla la gorge et son masque de sûreté se brisa l'espace d'un instant. Elle était aussi peu rassurée que nous. C'était compréhensible : c'était son idée, si elle déclenchait une crise, elle allait forcément s'en vouloir.

    Moi : Non, ce n'était pas facile. 

    Un silence s'installa. Nous étions décidément tendues. Kinsa finit par demander les détails de l'exercice.

    Shina : Bien sûr. L'idée, c'est de profiter de votre lien. J'entends par là qu'il faudrait vous ouvrir à la Force et d'utiliser l'empathie pour que vous soyez complètement connectées. Quant à la façon de procéder pour que Zadyssa se détache de ses souvenirs... je ne sais pas exactement, ce sera surtout à vous de trouver. Mais j'ai entendu dire que tu pouvais transmettre des images par télépathie, Zadyssa.
    Moi : Oui. Mais je n'y arrive qu'avec Kinsa.
    Shina : C'est parfait. Je pense que vous pourriez commencer avec ça : Zadyssa, tu pourrais transmettre l'un de tes souvenirs à Kinsa. Le problème, c'est qu'il va falloir aller plus loin car le transmettre ne suffira certainement pas pour que tu t'en détaches. À mon avis... c'est sur les émotions plus que sur les images qu'il faudra jouer. Si vous choisissez ma façon de voir les choses, il faudra donc que tu t'imprègnes du souvenir pour ressentir les émotions qui te nuisent, Zadyssa. Et Kinsa, tu devras lui envoyer des ondes rassurantes à ce moment-là pour l'apaiser. Le but sera que tu sois plus apaisée en les voyant. Pas insensible mais pas à fleur de peau non plus.
    Moi : Ça a l'air... compliqué.

    Kinsa posa une main sur mon épaule pour me rassurer.

    Kinsa : On relèvera le défi. Tu as d'autres pistes de travail, sinon ?
    Shina, en lui tendant une feuille : J'ai une liste des mots qui réveillent ses souvenirs. Vous pourriez peut-être faire en sorte qu'elle s'en détache. Pour cela... c'est le même principe : vous vous ouvrez l'une à l'autre et lorsque les souvenirs arriveront, il faudra l'apaiser.

    Je laissai tomber ma tête contre l'épaule de Kinsa en soupirant :

    Moi : J'ai peur que ça se passe mal...
    Kinsa : Ça se passera bien, d'accord ? Tu seras avec moi.
    Shina : Et je serai là aussi.
    Kinsa : Tu vois, il n'y a pas de raison pour que ça ne marche pas.

    J'acquiesçai lentement, pas rassurée pour autant.

    Shina : Tu n'as plus qu'à choisir le jour et le lieu, Zadyssa. Tu n'es pas obligée de faire cet exercice à l'infirmerie, je serai avec toi dans tous les cas.

    Je ne mis pas longtemps avant de décider de ces deux choses.

    Moi : D'accord. Alors je veux le faire dans deux jours, dans la Salle aux Milles Fontaines.
    Shina : C'est noté ! Tu peux y aller, Zadyssa. Quant à toi, Kinsa, j'ai des questions à te poser à propos de tes expériences sur ses crises.

    Comprenant que ça allait être un interrogatoire entre Shina et Kinsa, je les laissai et filai m'entraîner. J'avais envie de taper pour me défouler et ne plus avoir besoin de réfléchir. Je courus donc jusqu'au temple principal, m'échauffant ainsi, et déversai toute mon énergie sur un punching-ball.

    vendredi 12 avril 2019 - 16:22 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar Kinsa-Talik

    Kinsa-Talik

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    Infirmerie

    - C'est noté ! Tu peux y aller, Zadyssa. Quant à toi, Kinsa, j'ai des questions à te poser à propos de tes expériences sur ses crises, fit Shina en m’adressant un signe subtil de la tête.

    J’acquiesçai. Une fois que Zadyssa ait filé et que nous nous soyons assurées qu’elle n’écoutait pas derrière la porte, je m’adossai contre un mur et croisai le regard de la Guérisseuse. Nous nous connaissions plutôt bien, depuis que j’étais arrivée à l’Académie à l’âge de treize ans, en fait. Ensuite, nous avons toutes deux fait de nombreuses missions ensemble, surtout dans le cadre de l’escorte des diplomates de la Coalition, avant la bataille de Rhommamool. Après, nous étions restées très liées.

    - Alors, puisque tu as fait partir Zadyssa…j’imagine qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, lançai-je.

    Elle esquissa un sourire soucieux.

    - C’est ça. Tu en penses quoi de cet exercice, Kinsa ?
    - D’après toi…quels sont les risques ?

    Shina commença à faire les cent pas. Elle le faisait toujours quand elle avait besoin de se concentrer.

    - Le plus gros risque, c'est qu'elle fasse une crise. Ça pourrait la dissuader de réitérer l'expérience. Et surtout... On ne sait pas ce qu'il peut se passer. A chaque fois, elle a lutté contre ses souvenirs, je ne peux pas être sûre qu'elle ne va pas s'y enfoncer davantage…
    - ...Et potentiellement, qu'est-ce-que ça lui apporterait de le faire ? l’interrogeai-je.
    - J'espère qu'elle pourrait se détacher de ses souvenirs. Elle ferait moins de crises et moins de cauchemars si ça fonctionne.
    - Je…oui, ce serait utile.

    La Guérisseuse m’observa quelques secondes. Au bout d’un certain nombre de temps passé en ma compagnie, elle savait assez bien ce qui signifiaient mes expressions.

    - Tu as peur ? me demanda t-elle. 
    - Pour elle ? Oui.

    Je tenais à Zadyssa comme si nous étions du même sang, et cet attachement était difficilement explicable. Sans doute, je me reconnaissais en elle, en un certain sens, et je voulais être là pour elle comme on avait été là pour moi. De manière différente, bien sûr, mais je savais que Zadyssa comptait énormément sur moi.

    - Je comprends. Ce n'est pas évident pour moi non plus...admit-elle. Je ne voudrais pas la mettre en danger.
    - Je sais. (je soupirai) J'imagine que je n'ai plus qu'à espérer être à la hauteur.

    Elle m’adressa un regard rassurant.

    - Tu le seras. Tu veux voir son dossier ? Ça pourrait peut-être te donner des pistes pour l'aider.
    - Oui, je veux bien.
    - J'y ai répertorié toutes ses crises et les détails qui vont avec, ainsi que tout ce qui a permis de l'aider. J'ai aussi quelques photos des IRMs, m’expliqua t-elle.
    - Merci.

    Elle me tendit ledit dossier et je le lis. Quelques minutes de silence plus tard, je constatai :

    - En fait, je sais quasiment tout, on dirait.
    - Oui. Il faut dire que tu as toujours été là pour elle.
    - C'est mon rôle, après tout. 

    Je marquai une pause. Oui, c’était mon rôle, même si Zadyssa était Chevalière, elle resterait toujours un peu ma padawan. Ce genre de lien de maître à élève ne s’effaçaient pas facilement, j’en avais pu faire l’expérience avec mon propre maître.

    - Tu penses qu'il faut le faire ? finis-je par dire.
    - Je pense, oui. C'est surtout que... nous en avons discuté, avec Sol'As et Ellia. Zadyssa est un cas particulier et elle souffre de ses souvenirs. Or elle risque d'en accumuler davantage, et pas toujours des souvenirs heureux... Qu'est-ce qu'il se passera si elle craque, un jour ? 

    Je hochai lentement la tête. Je ne comptais plus le nombre de fois où j’avais dû aider Zadyssa à sortir d’une crise qu’elle n’arrivait pas à maîtriser.

    - Oui, je comprends. Et je ne serai pas toujours là pour l'aider… Il faut qu'elle puisse se gérer toute seule.
    - C'est l'idée. Alors il faut profiter de votre lien. Si l'exercice fonctionne, je pense qu'il faudrait que vous le fassiez une fois par semaine, que ça devienne une sorte de rituel. Instaurer une routine pourrait favoriser les résultats.
    - D'accord. J'espère que ça se passera bien…

    Elle inspira un grand coup. Mon amie connaissait le poids qui pesait sur nos épaules.

    - Moi aussi, Kinsa, moi aussi. Dans deux jours, il faudra que tu la rassures avant de le faire pour qu'elle soit la plus sereine possible.
    -Oui. La rassurer, je sais faire. Enfin, je pense, lâchai-je.
    - Bien sûr que tu sais faire, sourit-elle. 

    Elle posa une main sur mon épaule et m’assura qu’elle me faisait confiance. Je lui rendis la pareille, puis quittai l’infirmerie. A l’étage en dessous, les quartiers, je croisai mon camarade Eckmül qui m’annonça que sa mission diplomatique sur Grilamen s’était bien passée. Je souris à mon tour. J’étais là quand le Bith avait appris d’où il venait vraiment. 

    - Comment va ta mère ? m’enquis-je ?
    - Elle va bien, elle était contente de me voir. D’ailleurs, elle a dit que les Jedi qui avaient aidé à la libération étaient invités pour une commémoration anniversaire, dans quelques semaines.
    - C’est… Très généreux de sa part. 

    Je vis son regard s’assombrir.

    - Mais… Malheureusement, on ne sera pas tous là.

    Je hochai la tête. De notre groupe ce cinq, il ne restait plus qu’Eckmül, moi, et Shina, justement. Oraclem était décédée, et Ceno… Je me mordis la lèvre, et m’empressai de changer de sujet. 

    - Alors, j’imagine que tu n’as pas croisé la nouvelle Consulaire qui vient de Coruscant ? Tirsa Itil ?
    - En fait, si, m’apprit-il. Elle est plutôt enthousiaste. Passionnée d’histoire. Elle m’a posé quelques questions, d’ailleurs.

    Je commençai à rire. 
    - Génial, on est des fossiles, maintenant !

    Eckmül commença à rire avec moi : tous les Jedi qui avaient été dans l’Ordre avaient connu au moins une fois ce moment gênant où notre congélation se rappelait à notre bon souvenir. Puis, nous nous séparâmes. Il y avait encore deux jours avant notre tentative, et je tenais à y être bien préparée.

    samedi 13 avril 2019 - 18:50 Modification Admin Réaction Permalien

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    Zadyssa

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    Jardins

    Il faisait nuit et les étoiles brillaient dans le ciel. Demain était le grand jour, le jour J, et j'avais peur... J'avais peur d'échouer, peur de faire une crise, peur de décevoir Shina et Kinsa, mais plus que tout, j'avais peur de faire du mal à Kinsa. Était-ce possible de lui transmettre cette... maladie ? Non, elle n'avait pas une mémoire photographique, donc c'était impossible. Pourtant, une part de moi doutait : je savais ce qu'elle représentait et je ne voulais pas que ma grande soeur ait à vivre avec ce fardeau.

    Je soupirai et mon regard se perdit au loin. Ce n'était pas le moment de douter, je devais être forte, pour une fois. Il était temps que je surmonte mes peurs. Mais... comment ? Est-ce que l'exercice de Shina allait seulement fonctionner ? Ne risquais-je pas plutôt de faire une énième crise, mais volontaire ? Rien qu'en y pensant, je sentis mon tourbillon intérieur s'agiter, me rappelant qu'il était là, prêt à m'engloutir au moindre faux pas. Je me mis alors à trembler, prise d'effroi. Comment lutter contre cela ? Les larmes me montèrent aux yeux. J'étais effrayée à l'idée de réveiller le monstre. Évidemment, je serai avec Kinsa mais... mais... cela n'enlevait rien à ma peur. Je lui faisais confiance pour m'aider mais elle ne pourra pas l'empêcher de me prendre d'assaut puisque c'était le but de l'exercice...

    Alors que je me morfondais, une main se posa sur mon épaule et j'eus un cri de surprise. C'était Kinsa, je ne l'avais pas entendu approcher.

    - Tout va bien ? me demanda-t-elle, soucieuse.
    - Je... non, avouai-je. J'ai peur...

    Elle s'assit à côté de moi.

    - Tu veux en parler ?

    J'acquiesçai puis me blottis contre elle. Là au moins, le tourbillon se taisait un peu.

    - J'ai peur de rater... j'ai peur de faire une crise. En fait... j'ai peur de l'exercice.
    - ... C'est normal, tu sais. Mais tu es forte, Zadyssa, tu vas réussir. Et puis, je suis là, je t'aiderai.
    - Et si je ne suis pas à la hauteur ? l’interrogeai-je.
    - Tu le seras.

    Il y eut un long moment de silence. Ni moi ni Kinsa n'avait envie de le briser. Nous étions juste l'une contre l'autre, seules au milieu des jardins, à regarder les étoiles. Finalement, elle me demanda :

    - Tu veux... dormir avec moi ?

    Mon regard s'éclaira aussitôt.

    - Je peux ?
    - Tu demandes l’autorisation maintenant ? s'amusa Kinsa.

    Et c'est ainsi que je dormis avec ma grande soeur, apaisée. Le lendemain matin, nous nous rendîmes dans la Salle aux Milles Aspects où Shina nous attendait déjà, armée de son attirail de Guérisseuse.

    - Comment allez-vous ? s'enquit-elle.
    - Je... ça va, fis-je. Je suis juste... tendue.

    Elle me sourit en m'assurant que c'était normal et nous suggéra ensuite de faire une méditation avant de commencer l'exercice, ce que nous fîmes de bon coeur. Ça laissait encore du temps avant de passer aux choses sérieuses. En tailleur, je pris les mains de ma grande soeur puis m'ouvrit à la Force, la laissant couler en moi. Mon lien avec Kinsa fut ainsi plus intense et je sentais très distinctement son aura dans la pièce. Elle envahissait tout, prenant le dessus sur celle de Shina et des autres Jedi de l'Académie. Je m'amusai à caler mon rythme cardiaque sur le sien, très calme, et cela me détendit.

    - Tu veux commencer ? me demanda Kinsa via télépathie.

    Je laissai couler quelques secondes avant de lui faire savoir que lui, il était temps d'y aller. Alors elle m'envoya des ondes rassurantes grâce à la Force, me transférant la sérénité nécessaire pour que je franchisse le pas. J'étais avec Kinsa et Shina était présente au cas où... tout allait bien se passer. Oui, tout se passerait bien. Je pris une ultime inspiration pour m'ouvrit à mes souvenirs.

    Le tourbillon se déchaîna instantanément et je le sentis gronder en moi. Toutefois, je ne perdis pas mon calme et l'empêchait de m'envahir. Il ne fallait pas que je fasse une crise, il fallait que je revive un souvenir et un seul. La veille, je l'avais choisi avec Kinsa : la mort de ma mère. Les larmes se mirent à couler sur mes joues mais je les ignorai et me concentrai pour le faire remonter à la surface. Ce n'était pas bien compliqué. Sitôt que je l'eus, je transmis les images à ma grande soeur comme j'avais l'habitude de le faire, parfois.

    Ma mère se battait contre Law, il y avait des coups de feu et l'un d'eux finit par la toucher. Elle s'effondrait. Je savais ce qui allait arriver, elle allait mourir. Je voyais la vie quitter son corps mais... je n'eus pas le courage de voir sa mort jusqu'au bout et remontai le temps jusqu'au début du souvenir. Kinsa me rassura à ce moment-là grâce à la Force.

    - Tu peux le faire, Zadyssa. Je suis là, n'oublie pas.
    - Je... je ne peux pas...
    - Si tu peux. Respire. Respire lentement. On va y arriver ensemble, d'accord ? Main dans la main.
    - Main dans la main..., répétai-je.

    Je m'imaginai que Kinsa était là, avec moi. Elle vivait le souvenir avec moi. Elle me tenait la main, elle était là pour me prendre dans les bras quand ma mère s'éteindra. Alors je le revis. Les coups de feu. Law. Ma mère qui s'effondre et qui... meurt en me demandant de ne pas pleurer. Il y eut alors une fracture. Le tourbillon jusqu'alors sage se réveilla et je n'eus pas le temps de lutter. Je n'eus le temps de ne rien faire. Je fus simplement... emportée. Je compris trop tard ce que cela signifiait : une crise.


    J'étais dans la cuisine et maman préparait le petit déjeuner. Tout se passait très bien jusqu'à ce qu'elle pose la question :

    - Dis-moi, Zadyssa, tu as revu tes tables de multiplication comme je te l'ai demandé hier ? m'interrogea-t-elle.

    Oups... Grillée ! Non, je ne les avais pas revue... Mince, mince, il fallait changer de sujet, et vite ! Mon regard dériva jusqu'à l'horloge. Il fallait être à l'école dans dix minutes.

    - Euh... On va être en retard, il faut y aller.

    Soudain, le mur explosa et tout fut confus. Maman fit exploser un autre mur, elle avait apparemment toujours des explosifs sur elle. J'avais peur, j'étais terrifiée. Je n'osais pas bouger et elle m'avait dit de rester cachée. Mais je ne pouvais pas quitter la scène des yeux : maman tirait sur un inconnu. Enfin, ils avaient l'air de se connaître alors... Mais pourquoi maman tirait ? Ça allait attirer les voisins et elle m'avait toujours dit de ne pas attirer l'attention sur nous. Dehors, il y avait des méchants qui nous voulaient du mal...

    Et soudain... elle se prit un tir dans le ventre et s'effondra. Je me mis à hurler. Je ne savais pas pourquoi mais je savais que maman allait mourir. Elle allait mourir comme... comme papa avant. Je ne voulais pas perdre maman, j'avais besoin de maman... Je ne voulais pas être toute seule... J'oubliai le méchant monsieur et courus jusqu'à elle. Elle ne bougeait plus mais quand je m'approchai, elle se mit à parler :

    - Je... n'aime... pas te voir pleurer...

    Son regard s'éteignit et je hurlai encore plus fort. Je ne voyais plus rien, maman était morte et je pleurais. Une main se posa sur mon épaule et je sursautai en me débattant. C'était le monsieur, le monsieur ! Mais quand je me retournai, je vis une Twi'lek bleue, à côté de moi. Elle était grande, c'était une adulte, et elle sortait de nulle part. Qui était-elle ?

    - Zadyssa ? fit-elle en espérant avoir une réponse.

    Je ne répondis pas. Je... comment elle me connaissait ?

    - Tu ne te souviens pas de moi ? Je suis... je suis Kinsa.

    J'étais censée me souvenir d'elle ?

    - Kinsa ? répétai-je.

    Elle acquiesça puis s'accroupit à ma hauteur. C'est à ce moment-là qu'une bribe de souvenir remonta à la surface. L'exercice ! Maman... Je retournai la voir mais elle ne respirait plus, elle était vraiment morte.

    - Je... je suis désolée, dit la Twi'lek.

    Je me souvenais maintenant, c'était ma grande soeur et... je devais me détacher de maman, de sa mort. Mais je ne voulais pas, je ne voulais pas ! Je ne voulais pas qu'elle meurt, elle devait vivre et rester avec moi ! Il fallait que maman vive ! Alors je retournai à un moment où maman était en vie : quand papa mourrait.


    Je rentrai à la maison et j'entendis des éclats de voix. Maman était triste et en colère contre quelqu'un. Ils parlaient de... ils parlaient de papa !

    - Et généralement, lorsque quelqu'un est absent aussi longtemps, c'est que...
    -Tu mens ! m'exclamai-je. Papa avait promis qu'il reviendrait !

    Au même moment, mon coeur se serra. Un étau m'enserrait la poitrine et je compris que... je compris que l'inconnu avait raison. Papa était... papa était mort. Je me mis à pleurer et partis en courant dehors. Dans la rue, je vis la Twi'lek bleue. Encore. Pourquoi encore ? C'était la première fois que je la voyais, pourtant...

    Maman me rattrapa et me serra contre elle, dans ses bras. Elle semblait triste et me força à la regarder.

    - Écoute-moi, Zadyssa. Ta grande soeur t'attend, d'accord ?
    - J'ai une grande soeur ? m'étonnai-je.

    Elle esquissa un sourire amusée.

    - Oui tu en as une. Il faut que tu ailles la voir, tu comprends ?
    - Pourquoi ?
    - Elle va t'aider.
    - À quoi ?

    Maman soupira.

    - Tu ne peux pas rester avec moi, d'accord ? Il faut que... tu te détaches. Que... tu grandisses. Elle va t'aider, elle t'aide déjà.

    Au fur et à mesure qu'elle parlait, le monde autour de nous se fracturait. Le ciel devint noir et des vaisseaux le traversaient. Ils se tiraient dessus ; c'était la guerre. Au bout de la rue, à l'horizon, un homme armé arrivait : Law. Il tira, il tira plusieurs fois et maman s'effondra à nouveau. Je me mis à pleurer, j'avais peur. Papa était mort, maman était morte... Law arrivait, c'était la guerre et...

    Quelqu'un me souleva du sol et me prit dans ses bras. C'était ma grande soeur, c'était Kinsa.

    dimanche 14 avril 2019 - 12:13 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar Kinsa-Talik

    Kinsa-Talik

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    Le jour de l’exercice fixé par Zadyssa, je la sentis très nerveuse – ce qui, au demeurant, étant normal – et je tentai donc de la rassurer. Mais à vrai dire, moi non plus je n’avais pas grande idée de dans quoi je m’embarquais : j’avais une seule fois été « dans la tête de Zadyssa », quand j’avais dû la repêcher d’une intense crise, et cela n’avait pas été l’expérience la plus agréable du monde… Ainsi, je ne pus m’empêcher d’être légèrement appréhensive juste avant de commencer. Toutefois, je me forçais à rester calme : si je paniquais, ma petite sœur le ferait aussi. Enfin, après une méditation, l’exercice commença. Nous avions choisi ensemble le souvenir à explorer : la mort de sa mère. Je savais déjà ce qui s’était passé, c’était un plus.

    Je n’avais jamais vu Keira Yunixy : bien que Zadyssa me l’aie décrite, elle ne possédait aucune photo d’elle. Ainsi, je découvrit à quoi la mère de mon ancienne padawan ressemblait, et constatai que mère et fille se ressemblaient beaucoup. Les mêmes cheveux bruns, la même expression déterminée face au danger… Quelques fois, je me disais que j’aurais aimé la connaître, elle semblait une bonne personne… 

    Juste avant que sa mère meure, Zadyssa paniqua et revint au début du souvenir, comme si elle rembobinait pour tout recommencer et éviter la fin… Une fin qui s’était produite il y avait des années et des années, et dont Zadyssa devait apprendre à se détacher. Moi-même, j’avais perdu ma mère, mais je n’avais pas été là lors de son décès, ce qui avait facilité les choses. Ça, et le soutien d’autres personnes…

    - Tu peux le faire, Zadyssa. Je suis là, n'oublie pas. 
    - Je... je ne peux pas… 
    - Si tu peux. Respire. Respire lentement. On va y arriver ensemble, d'accord ? Main dans la main. 
    - Main dans la main..., répéta t-elle.

    Rassurée par ma présence, elle laissa le souvenir se dérouler, jusqu’au moment fatidique. Je serrai les dents quand soudain, le décor changea brusquement et je fus en quelque sorte éjectée de près de Zadyssa. Lorsque j’atterris dans une rue, je compris qu’elle faisait une crise : justement ce qu’on essayait d’éviter… Et très vite, je réalisai que j’étais coincée. Je n’arrivais pas à me dégager de l’esprit de Zadyssa, j’étais bloquée là-bas !

    Très vite, mes réflexes fruits d’années d’entraînement à rester calme reprirent le dessus sur la panique initiale, et j’inspirai un grand coup – si toutefois cela voulait dire quelque chose, ici. Dans ces cas-là, il s’agissait de chercher l’endroit où il y avait du bruit, et en l’occurrence…la maison de Zadyssa. J’y accourus, pour trouver une petite fille éplorée qui était penchée sur le corps de Keira, et je réalisai qu’il s’agissait de Zadyssa… Une petite Zad de huit ans, aux joues rondes, aux vêtements de civile. Malgré la différence d’âge, j’arrivai facilement à la reconnaître. Elle était tellement adorable… J’avais envie de la serrer dans mes bras et de lui dire que tout allait bien, que sa grande sœur était là. Mais je savais que dans cet état, en pleine crise, elle ne me reconnaîtrait sans doute pas, alors je me contentai de poser une main sur son épaule. Elle sursauta.

    - Zadyssa ? murmurai-je.

    Elle ne répondit pas. Visiblement, mini-Zad ne savait pas qui j’étais. Même si je m’y attendais, cela me faisait quand même bizarre.

    - Tu ne te souviens pas de moi ? Je suis... je suis Kinsa. 
    - Kinsa ? répéta-t-elle.

    Je hochai la tête et m’accroupis à sa hauteur. Elle avait les yeux rouges de larmes. La pauvre petite… Je ressentis un élan de compassion pour elle. Entendre l’histoire était une chose, la voir se dérouler sous ses yeux était une autre. Zadyssa avait huit ans… L’âge que j’avais quand j’avais manifesté pour la première fois de ma vie une affinité à la Force, même si à l’époque j’ignorais ce que c’était. Ce que j’étais. 

    - Je... je suis désolée, furent les seuls mots qui purent sortir de ma bouche.

    Il se passèrent quelques secondes avant que le décor change à nouveau. 

    - Haar’chak ! Mais ça va jamais s’arrêter ?

    Il me fallait convaincre cette version de Zadyssa de quitter son passé… De revenir au présent, définitivement, avec moi, avec les Jedi. Je m’approchai une nouvelle fois de sa maison, et vis cette fois Keira bien vivante, parlant à quelqu’un dont je n’avais jamais entendu parler. Et il y avait bien évidemment Zadyssa, qui regardait la scène. Elle paraissait encore plus jeune, peut-être un an de moins, et je compris qu’il s’agissait du moment où elle apprenait la mort de son père. Son père… L’une comme l’autre savions bien peu de choses sur Eroi Yunixy.

    Mais avant que je puisse parler à cette petite Zadyssa, l’environnement se mit encore à fluctuer, sans jamais se stabiliser tout à fait. Je fus étourdie par la quantité d’images qui m’assaillirent, et je peinai à retrouver ma petite sœur dans ce chaos. Mais quand je la retrouvai, je la pris dans mes bras et la serrai fort. Ce geste fit le paysage se fixer sur un seul décor.

    - Maman m'a dit que tu es ma grande sœur, me dit soudain mini-Zadyssa. 

    J’esquissai un sourire attendri.

    - Oui. Tu ne le sais pas encore, mais je...je suis ta grande sœur, oui.
    - Je m'en souviens. Tu m'as sauvée la vie. Mais pas tout de suite.
    - ...Oui. C'est ça. 

    Je marquai une pause. La manière dont elle mélangeait passé et présent était pour le moins déconcertante…

    - Reviens, Zadyssa, s'il te plaît.

    Elle releva la tête, intriguée :

    - Que je revienne où ?
    - Dans le présent. Tu ne peux pas rester ici...ou maintenant…

    Elle parut plongée dans ses pensées, puis ses yeux s’illuminèrent :

    - Je dois faire un exercice c'est ça ?
    - Oui, fis-je.
    - C’est quoi ?
    - Te détacher de tes souvenirs, pour pouvoir vivre pleinement ta vie dans le présent. Je suis là pour t'aider, expliquai-je.
    - Tu vas m'aider à ne plus avoir peur ? m’interrogea t-elle, candide.
    - Oui.

    Elle se tut un moment, enfouit sa tête contre moi et murmura :

    - J'ai peur du tourbillon, grande sœur.

    J’ébouriffai ses cheveux et me forçai à sourire.

    - Avec moi, tu n'as plus à avoir peur, d'accord ?
    - D'accord. Mais... Il est toujours là. Il gronde. Tu veux le voir ?
    - Oui.

    Tout à coup, la rue dans laquelle nous nous trouvions se métamorphosa en un lieu que j’avais déjà vu dans les souvenirs de Zadyssa : Moridebo.

    - Kinsa, j'aime pas cet endroit, souffla la petite fille.
    - C'est vrai que ce n'est pas un bon endroit, Zad.
    - Il me fait peur. Des gens font des choses bizarres ici.

    J’acquiesçai. Cette version d’elle avait sûrement des échos des souvenirs des moments vécus ici, et je savais qu’ils n’étaient pas du tout agréables…

    - Oui. Il faudrait s'en aller.
    - Mais le tourbillon est là-bas. Au bout de la grande rue.
    - Alors on y va, et on se dépêche, d'accord ?
    - D'accord. Tu es inquiète ? Maman était inquiète aussi.
    - Je... Oui, un peu, finis-je par admettre.

    Je ne parviendrais rien en réprimant mon souci. Lorsque nous arrivâmes devant le tourbillon, qui était effectivement très inquiétant, je constatai qu’il était constitué d’images qui virevoltaient, se fondant dans la masse d’autres souvenirs. J’entraperçus notamment Law… Le garçon dont elle m’avait parlé, Fitz… Et encore Law… Le chasseur de Forceux...

    -Tu as ça toi aussi Kinsa ? me demanda t-elle, collée contre moi.
    - Non. C'est juste toi, parce que tu es spéciale.
    - Pourquoi je suis spéciale ?

    Je soupirai. Si seulement j’avais la réponse à cette question…

    - Je ne sais pas, Zadyssa.
    - Qu'est-ce que je dois faire pour que le tourbillon disparaisse ?
    - C'est ton tourbillon. Tu dois...l'accepter tel qu'il est, improvisai-je, suivant mon instinct.
    - Oui mais j'en ai peur…
    - Je sais.

    Elle alla se réfugier dans mes bras et je ne pus m’empêcher un sourire de se dessiner sur mes lèvres. Mini-Zadyssa était vraiment adorable.

    - Tu vas rester avec moi ?
    - Oui. Toujours.
    - Je devais me détacher de la mort de maman, c'est ça ?
    - C’est ça.

    Tout d’un coup, elle fit apparaître sa chambre et sauta dans son lit. 

    - Pour m'endormir, maman me caressait le visage. Est-ce que... Tu peux le faire ? Comme elle le faisait. Et je te dis comment était maman. Comme ça toi aussi tu sais et elle vit un peu en toi. Pour l'instant, il n'y a que moi qui me souvient d'elle. Tu crois qu'elle se sent seule puisque je suis la seule à me rappeler d'elle ?
    - D'accord. Et non, je suis sûre qu'elle ne se sent pas seule. J'imagine qu'elle est avec ma maman, maintenant, en plus.
    - Tu es sûre ?
    - Oui.
    - Tu sais, maman aimait beaucoup piloter. Il y a quelques jours, elle a même réussi à me faire monter dans une navette, et je l'ai pilotée aussi !

    J’esquissai un sourire attendri, et passai quelques minutes à la câliner. Et lorsqu’une autre petite fille fit son apparition, je sursautai.

    - Eh, c'est pas tous les jours qu'on a des invités ! s’exclama t-elle.

    Je la considérai avec une expression dubitative. Qui était-elle donc ? Je me souvins alors d’une chose que Zadyssa m’avait dit, après sa plus grosse crise à ce jour… Que son inconscient était représenté par une fille qu’elle avait connue quand elle était prisonnière.

    - Tu es Ena, non ? Zadyssa m’a parlé de toi.
    - Ah bon ? fit Zadyssa en se redressant.
    - Je sais, répondit-elle en même temps.
    - Tu es, en quelque sorte, l'inconscient de Zad, non ? demandai-je en tentant d’ignorer l’absurde de cette phrase.

    Elle hocha la tête.

    - C'est plus ou moins ça, pourquoi ?
    - Génial. Alors est-ce que tu aurais une petite idée de comment on sort d'ici ?
    - Hum... Oui. Mais... Zadyssa n'y arrive pas toujours. Et ça change souvent.

    Je haussai les épaules. J’étais en train de me taper la discut’ avec l’inconscient de ma petite sœur, je n’étais plus à ça près, d’un plan plus ou moins foireux.

    - Peu importe. Je prends, déclarai-je.
    - Eh bien... Il faut entrer dans le tourbillon, la porte de sortie est la même que la porte d'entrée. C'est à ses souvenirs qu'il faut qu'elle se confronte. Là... ce sera sûrement à celui de sa mère.

    Aussitôt, Zadyssa commenta, renfrognée :

    - C'est dans Moridebo. Je n'aime pas Moridebo.

    Je serrai sa main.

    - Je serai avec toi. On va y aller, ensemble.

    Elle acquiesça, et le décor changea à nouveau. C’était assez perturbant, à la longue… Mais pas moins bizarre que tout ce qui se passait depuis le début de cette incursion dans l’esprit de mon ancienne padawan. J’avais de la chance que le mien soit plus…organisé. Au moins, je l’espérais. 

    Nous étions devant le tourbillon, et un pic d’angoisse résonna en moi. A côté de nous, Ena nous adressait un signe d’encouragement, tandis que nous prenions notre courage à deux mains et sautions dans ce qui semblait être une mauvaise, très mauvaise idée.


    mardi 16 avril 2019 - 21:15 Modification Admin Réaction Permalien

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    Zadyssa

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    Ma grande soeur me câlinait quand Ena arriva. Qu'elle vienne la voir m'étonna ; encore plus quand je m'aperçus que Kinsa savait qui elle était. D'ailleurs... je ne l'avais jamais vu en réalité, cette petite fille. Ou si. Mais plus tard, dans un an. Elle nous révéla le moyen de sortir d'ici et je compris que je n'avais pas le choix : je devais le faire. Même si c'était dur. Alors je pris la main de ma grande soeur et nous fûmes de nouveau devant le tourbillon.

    Mes souvenirs s'y amassaient et j'eus soudain terriblement mal à la tête. J'avais peur... Je... je ne voulais pas y aller. Chaque scène douloureuse de ma vie y tourbillonnait, n'attendant que de me broyer. Cependant, il fallait que je le fasse. Ena nous adressa un dernier signe de la main puis nous y sautâmes.

    Il fit noir. Puis il y eut un flash blanc. Lorsque je rouvris les yeux, je me rendis compte que je n'étais plus dans le tourbillon. Kinsa n'était plus là. J'étais seule. J'avais peur, je tremblais. J'étais dans une pièce dépourvue de mur : je baignais dans une lumière blanche, d'où le flash. Les larmes me montèrent aux yeux et je me mis à courir en espérant y trouver une sortie. Peine perdu. Plus je courais, plus je pleurais. Mes forces me quittaient peu à peu et je finis par trébucher après avoir couru le plus loin possible. Mais ce monde n'était qu'un désert blanc et aveuglant. Et maman me manquait... En y pensant, je me mis à sangloter.

    Je ramenai mes genoux contre ma poitrine et pleurai longuement. Puis j'eus une idée : Kinsa avait dit que je ne pouvais rester maintenant. Alors où j'étais ? Si Ena est là, cela veut dire que je suis... dans ma tête ! Donc je peux retrouver ma grande soeur. Déterminée, je me relevai et séchai mes larmes. Ce fut à ce moment que j'entendis un cliquetis. Le cliquetis d'une chaîne. En regardant mes poignets, je m'aperçus que j'étais enchaînée. À quoi ? Je ne savais pas. Mais je me mis à paniquer. J'étais prisonnière !

    Calme-toi, maman a dit de regarder les étoiles pour rester calme.

    Alors je levai le nez et j'aperçus des étoiles dans le ciel sombre. La pièce était blanche et noire, maintenant. Elle avait changé. Ce n'était pas normal. Donc j'étais bien dans ma tête. Alors je cherchai Kinsa, je l'appelai, désespérément, et enfin, elle apparut. Je me jetai dans ses bras, tremblante, et pleurai contre elle. Elle avait dit qu'elle m'aiderait à avoir moins peur, elle allait arranger les choses.

    - Shh, tout va bien, murmura-t-elle.

    Mais je sentis qu'elle n'était pas sûre d'elle. Elle aussi, elle ne comprenait pas tout.

    - Je... je sais pas où je suis. J'ai peur. Je suis attachée. Pourquoi on ne peut pas retourner chez moi ?
    - Parce que ce n'est pas vraiment chez toi, Zadyssa. Tu sais...
    - Je suis dans ma tête, la coupai-je.

    Elle parut surprise.

    - Euh... Oui, oui. Alors... tu es prête à recommencer ? Je sais que tu peux le faire, d'accord ?
    - À recommencer quoi ?

    Cette fois, elle marqua un réel temps d'arrêt, bouche-bée.

    - Tu... ne te souviens pas ?
    - De quoi ?

    Elle posa un genou à terre, à ma hauteur, et mit ses mains sur mes épaules.

    - C'est toi qui a... créé cet... endroit. Tu n'as pas voulu revoir la mort de ta mère dans le tourbillon alors tu t'es réfugiée ici. Tu ne te rappelles pas ?

    Je restai muette. Non, je m'en souvenais pas. Kinsa esquissa un mince sourire, sûrement pour me rassurer, puis chassa une mèche qui traînait sur mon visage.

    - Tu peux le faire, d'accord ? Je suis avec toi. Regarde, je suis là.

    Elle me serra la main tandis que j'acquiesçai.

    - Oui mais je suis attachée.
    - Tu es dans ta tête Zadyssa, tu ne peux pas être attachée.
    - Tu es sûre ? demandai-je.

    Elle opina du chef et je me mis à fixer mes poignets. À quoi étais-je attachée ?

    - Est-ce que je peux être attachée à toi ?
    - Comment ça ?

    Je lui montrai mes chaînes et elle parut surprise. Elles se perdaient dans le blanc de la pièce et finissaient par disparaître. En regardant les mains de ma grande soeur, j'eus un cri victorieux.

    - Ha ! Je suis attachée à toi ! Comme tu es dans ma tête, c'est pour ne pas que tu te perdes. Tu t'es déjà perdue ?
    - Eh bien... Pas ici.

    La pièce disparue et je me retrouvai de nouveau dans le tourbillon. C'était intense. Tout partait dans tous les sens et j'aurais pu être emportée si la chaîne n'agissait pas comme un barrage. Avec, je me sentais protégée, parce que j'étais reliée à Kinsa. C'était un lien tactile.

    Les images se superposaient les unes par-dessus les autres et dans tous les sens. Il n'y avait ni haut ni bas, seulement des souvenirs. Puis l'un d'eux prit le dessus, celui de la mort de maman. Je revis alors ce que je venais de vivre. Même si cela allait se passer dans un an. Il y avait des tirs, Law, puis elle s'effondra et mourut en me demandant de ne pas pleurer. Je ne devais donc pas pleurer. J'étais triste, j'avais juste envie de me rouler en boule et de déverser tout mon chagrin, mais je ne pouvais pas. Ce n'était pas ça, l'exercice. Il fallait que je surmonte mon souvenir. Même si j'avais que sept ans. Bon, en réalité j'en avais dix-sept. Heureusement, Kinsa était là. Et quand le souvenir eut disparu, quand je pus enfin fermer les yeux, quand maman mourut pour de bon, je me jetai dans ses bras et pleurai. Mais je sentais que ces larmes étaient différentes, j'avais fait le plus dur.

    - C'est bien, je suis fière de toi, me dit-elle en me caressant les cheveux.

    Elle me souleva du sol et j'enroulai mes bras autour de son cou, posant ma tête sur son épaule. Le tourbillon s'était tu, il fallait en profiter pour y aller.

    - On doit partir ? demandai-je en reniflant.
    - Oui.
    - Tu es une Mandalorienne, grande soeur ?

    Ma question parut la surprendre.

    - Oui... pourquoi ?
    - Tu peux utiliser ton jetpack pour remonter à la surface alors !
    - Mais... je...

    Elle allait sûrement dire qu'elle n'en avait pas, et c'était vrai. Il y avait une seconde. Maintenant elle avait son beskar'gam. Et sortir de là ne fut pas compliqué.

    - Tu es la meilleure grande soeur de la galaxie ! m'exclamai-je avant que ce monde-là disparaisse.

    lundi 22 avril 2019 - 20:51 Modification Admin Réaction Permalien



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