Le Temple Jedi 6 (page 100)

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    galen-starkyler

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    Bien avant le débriefing...

    J’aurais dû me douter que la rencontre serait aussi brutale que je le redoutais. Non pas que je savais ou ignorais qu’elle reviendrait aussi vite à bord de la flotte Chu’Unthor avec sa jeune padawan mais je ne m’attendais pas tant à ce qu’elle fasse aussi brusquement et brièvement la connaissance physique de la jeune cinnagarienne chasseresse qui ne perdait pas une seconde à railler. Toujours est-il qu’intervenir pour résoudre le conflit n’a pas été positif et m’a même ridiculiser encore plus devant elle. Bien heureusement, la conservation s’est vite terminée lorsqu’elle nous laissa pour aller rejoindre les maîtres du Conseil. Tout en laissant un « tes insultes craignent » à la jeune blonde avant de s’éloigner. C’est en la voyant partir assez loin, en silence, que Fanny Keto a attendu pour lâcher dans son dos…

    Fanny : - Les tiennes aussi, emmerdeuse de sainte-nitouche.
    Moi : - Bon, ça suffit les insultes ! Je ne vous permets pas de vous prendre comme ça davantage à ma petite amie !
    Fanny, incrédule : C'est votre petite amie ? Sérieusement ?
    Moi, menaçant et penché au-dessus d’elle : - Continuez à faire la maline et je vous ramène illico au trou jusqu'à la fin de vos jours ! Avec en option conditionnement sous basse oxygène.
    Fanny, paniquée : - D’accord, d’accord ! Je me tais, je me tais.
    Moi, redressé : - Merci.

    Je lui fais signe de me suivre, elle réagit rapidement, et nous traversons le hangar principal en diagonale pour atteindre l’entrée du sas d’arrimage de ma corvette. Longer le long couloir étroit se déroule dans le silence, moi devant et elle derrière, puis nous entrons à bord du Pégase Vengeur en allant directement au pont unique de commandement. J’aurais pu me rendre directement dans la salle commune du vaisseau, au niveau intermédiaire de la coque, mais mon instinct doublé de mon sens de la vie me prévient que la plupart des personnes de l’équipage s’est rassemblée dans cette pièce importante.
    L’entrée droite s’ouvre de ses deux battants coulissants et épais, je pénètre le premier dans la salle et observe le pont en silence. Si je savais que R1-P7 serait en grande partie occupé à la charge de l’ensemble du vaisseau (il a pris à cœur son statut de quartier-maître), je découvre les deux jeunes humains qui s’exercent modérément avec des sabres d’entraînement. Bien qu’Ilan soit plus grand et plus musclé, il n’est pas aussi entraîné que Reyn dans les bases du sabre ; elle lui démontre ses cadences régulières et approfondies en usant autant de ruse et de finesse et de rapidité. Normalement, rien n’aurait perturbé leur mêlée au sabre avec le calme ambiant mais il s’avère que ma présence dans la Force oblige Reyn à stopper leur dernier croisement et à pivoter vers moi, avec une stupéfaction réjouie.

    Reyn, en précipitant sur moi (télépathie) : - Grand-frère !
    Moi, la réceptionnant : - Salut Reyn !
    Reyn, câlinant (télépathie) : - Je suis contente que tu sois revenu.
    Moi : - Moi aussi je suis content que tu ailles bien. (Elle se recule de quelques mètres puis je regarde Ilan.) Et toi Ilan, comment tu te portes ?
    Ilan : - Je vais bien merci. Je m’en sors bien malgré que j’aie été en difficulté dans l’énorme vaisseau où tu m’as laissé. Une chance que j’ai pu contacter…

    Il s’arrête brusquement et nettement en distinguant derrière moi la silhouette de la jeune blonde.

    Ilan, craintif : - Euh Galen, il y a…
    Moi : - Oui je sais, Fanny Keto derrière moi. Elle est en liberté conditionnelle.
    Ilan : - Tu es sûr qu’on ne craint rien à la voir déambuler dans la flotte ?
    Moi : - Le Conseil l’a mise sous ma responsabilité et je garde un œil sur elle. Tant que je l’ai dans mon giron et qu’elle se comporte bien, tout devrait bien se passer.
    Ilan : - D’accord. Si tu le dis…
    Fanny : - Bien sûr qu’il le dit, j’ajouterais à ça que je me ferais toute petite dans votre flotte. De ce que j’ai pu voir et entendre dans cette flotte, découvrir l’envers de votre ordre est un motif suffisant.
    Reyn (télépathie) : - Je pense que les maîtres te préfèrent loin des activités de notre ordre.
    Fanny : - T’inquiète pas, j’ai saisi que je devrais être loin de vos nouvelles recrues pour ne pas troubler votre recrutement sommaire. Et pendant que j’y pense… tiens, merci pour ta console.

    Fanny lui tend la data-console prêtée à sa propriétaire et celle-ci la récupère bien volontiers, la tenant bien en mains pour s’assurer que tout continue de fonctionner. Je peux déjà voir que l’appareil et son contenu n’ont rien d’inhabituel. Reyn nous laisse toute heureuse pour sortir du pont et aller à sa chambre ; je pense qu’elle veut reprendre une partie laissée en cours. Ilan se décide à ranger de son côté les deux sabres d’entraînement dans le local situé au niveau en-dessous. Quant à R1, il se contente de me signaler que rien de bien mauvais ne vient pointer le bout de son nez ; il ajoute sarcastiquement qu’en compère tout de noir vient de regagner le vaisseau dont il est attaché, soulignant le vocabulaire très strict de leur rencontre.

    Fanny : - C2-B5 est d’un tempérament très militaire, même quand il converse. Il ne faut pas y prêter attention, c’est à cause des nombreuses réinitialisations régulières qu’il a eu durant sa première période d’emploi. Sinon, son caractère sérieux cache un cœur sensible quand on le côtoie bien.
    Moi : - C’est un peu comme R1 et moi, vous le présentez comme un partenaire amical.
    Fanny : - On peut dire ça.

    Ce qui me fait penser à regarder, à travers une des vitres de transpacier à tribord du pont, l’extérieur spatial. Je me rends compte que le yacht royal de type H2 est encore amarré à ma corvette, sans bouger ni laisser transparaître le moindre mouvement suspect. Voir ce vaisseau me rappelle que j’étais surpris d’apprendre que la jeune chasseresse de Forceux vient de Koros Major. Je me tourne vers elle en lui désignant l’appareil.

    Moi : - Dites, il vous appartient vraiment ce yacht nabien ?
    Fanny : - C’est mon vaisseau propre. Un modèle bien supérieur au précédent, dont les plans d’amélioration et de sophistication ont été dessinés dans les industries de Cinnagar. Seules la noblesse, libre comme ancestrale, et la classe méritocratique peut se servir de ce vaisseau pour leurs propres usages de déplacement. Il m’a été offert pour me déplacer convenablement lors de mes missions.
    Moi, railleur : - Alors comme ça vous êtes une aristocrate sous cette peau de chasseresse ?

    Elle ne me répond pas et me lance un regard neutre, presque froid, avant de détourner de moitié ses yeux vers autre chose. J’ai le pressentiment que j’ai touché un point sensible dont elle ne veut pas discuter ou qu’elle n’apprécie pas d’en parler. Tout en la voyant marcher lentement le long du côté bâbord, je relance la conversation en choisissant d’être moins direct et plus tendre.

    Moi : - Vous devez avoir de la chance d’être née noble pour avoir un engin pareil. En soit ça explique d’où vous tirez votre audace et votre instinct de supériorité, sans vous critiquer. C’est juste que je ne vous pensais pas issue du milieu noble. Votre père doit être très haut placé pour offrir un yacht royal H2.
    Fanny, le regard dans le vide : - …
    Moi : - Vous savez, ce n’est pas en faisant la sourde réservée que je vais abandonner le sujet aussi aisément. Vous vous étiez vantée de savoir qui j’étais, pendant que vous me poursuiviez, alors que moi je vous découvre au fur et à mesure indirectement. C’est si dur que ça de se dire fille de noble ?
    Fanny : - Ma mère est l’Impératrice de Teta.
    Moi, après un court silence (façon Denis Brogniart) : - Ah !

    La nouvelle de l’identité véritable de la jeune fille fait plusieurs fois le tour de ma tête avant que je me rende compte que c’est qu’elle a finit par dévoiler et qu’elle ne me ment pas. C’est d’ailleurs tout le contraire, elle vient de le dire en toute sincérité.

    Moi : - Mais alors ça signifie que vous êtes… ?
    Fanny, toute droite et face à moi : - Oui. En vérité je suis Flaurelin Tintallë Keto, aînée de la famille dynatisque des Keto et princesse de l’Empire de Cinnagar. Je suis l’enfante héritière d’une des monarchies les plus anciennes et plus puissantes de la République, voire de la galaxie. « Fanny » est le diminutif usuel de mon prénom, pour éviter qu’on me prenne pour ce que je ne veux pas paraître.
    Moi : - Eh ben… Je me pensais paré à tout en voulant vous connaître davantage mais là vous m’avez surpris. Dire que je me suis fait poursuivre depuis le début par une princesse-soldate, mon père s’est bien amusé à se garder ça pour lui. Il est au courant je suppose, ça ne me surprendrait pas.
    Fanny : - Évidemment, c’est à lui que ma mère m’a confiée pour que je sois admise au CSR. Il a fait longtemps parti de ces personnes qui voyaient l’intrépide guerrière et non la « petite aristocrate bêcheuse » que la plupart de mes camarades me qualifiait. Je vous préviens, je vous interdis de faire pareil.
    Moi : - Tant que vous ne m’appelez plus par mon pseudo à tout champ, vous avez ma parole. Revenons à votre cas, je comprends que votre mère est une personne hyper influente mais qui est votre père ?
    Fanny, se rapprochant un peu plus : - C’est l’ex-sénateur Alastrann Vallow, redevenu commandeur militaire pour maintenir la paix et la sûreté dans le centre de la République. Mes parents se sont connus jeunes et leur relation était autant une histoire d’amour que de profit pour leurs familles. Mon père avait pu prendre la place de sénateur pour ses talents oratoires et médiateurs, bien que son excellence dans ce domaine ne lui a servi que peu quand il s’est opposé ouvertement à la radicalisation du gouvernement.
    Moi : - Vous aimez votre père ?
    Fanny : - Beaucoup. C’est grâce à lui que j’ai pu apprendre à me battre, à profiter des mêmes leçons que mon frère et à me tailler l’identité que je souhaitais adhérer. Il a toujours été là pour me soutenir. Mais aujourd’hui, il est perpétuellement à bord de sa flotte à s’assurer que les mondes centraux de la République restent dans le giron de Coruscant. Il n’a plus de temps pour revenir à la maison.
    Moi : - Je comprends.

    En tout cas, plus j’en apprends sur elle et plus je comprends que j’ai devant moi une jeune fille de lignée royale dont les parents et la formation ont forgés son tempérament et son expérience de la vie, ce qui la présente comme sensible et émotive sous ses airs vaillants et hautains épris de justice. L’idée qui me vient alors est de lui tendre la perche pour l’aider à se faire une meilleure idée de comment se battre dans cette guerre, lui montrer que son souhait de justicière aventureuse peut se mêler parfaitement à la lutte Jedi. En sachant que je vais m’adresser à une emmerdeuse du centre républicain qui m’a fait vivre un enfer, je me dis que je ne perdrais rien à chercher à l’aider. Sa liberté conditionnelle s’avère utile, en réalité.

    Moi : - Vous savez quoi Fanny ? Je pense que vous avez bien fait de vous dévoiler aujourd’hui. Avec le recul, je suis prêt à vous pardonner vos erreurs de soldate endoctrinée. Alors pour une fois, je vais prendre mon mal en patience et mettre cette chance de vous avoir à l’œil pour vous aider.
    Fanny, perdue : - M’aider ? En quoi vous pouvez m’aider, vous êtes un chevalier Jedi.
    Moi : - Je suis surtout un garçon de la même région que vous avec une toute autre expérience de la vie. Certains Jedi ne vous auraient pas laissé de seconde chance ni même sortir de cellule en temps de guerre comme celle-ci. Moi j’ai eu à accorder une nouvelle chance, même à ceux qui étaient symboliquement mes pires ennemis. Je pense que nous devrions prendre d’un bon point cette décision du Conseil comme une collaboration progressive. Avec ce qu’Aynor a révélé de vos intentions, j’en ai maintenant la preuve. Quand vous vous y mettez, vous pouvez avoir un bon fond et mettre de côté la chasseresse que vous êtes.

    La réaction gênée de la jeune blonde est bien représentée par ses pommettes qui deviennent plus roses que beige clair, tandis que la stupéfaction-frayeur miroite dans ses deux yeux émeraude. Une courte minute plus tard, elle se reprend tout en cherchant à éclaircir mes intentions.

    Fanny : - Je ne sais pas si on vous a déjà dit que vous étiez du genre stupide, malgré votre bravoure, mais j’ai l’impression que vous croyez que je vais vraiment changer aussi rapidement de camp.
    Moi : - Je ne vous demande pas de changer de camp mais de changer de point de vue. Vous avez été active pour chasser les sensibles et utilisateurs à la Force alors vous n’avez qu’à convertir votre nombre de vies prises à celui de vies sauvées. D’ailleurs, on va faire mieux. Je vous propose un marché : vous m’aidez à remettre cette galaxie dans l’état où elle devrait être, et vous laisserait consulter le Codex pour en apprendre plus sur l’Ordre et son implication dans ce conflit. Comme ça, nous sommes tous deux gagnants.

    Je crache aussitôt dans ma main droite et la lui tends aussitôt.

    Moi : - Alors, vous vous sentez apte à vous repentir et à satisfaire votre curiosité, « princesse » ?

    Elle me regarde avec de grands yeux, comprenant que l’offre n’est pas anodine ni médiocre pour elle, mais elle n’en reste pas moins dans sa nature réservée et hautaine. Sa réponse est aussi satisfaisante que dédaigneuse quand elle me serre la main après avoir craché dans la sienne.

    Fanny : - Hum ! Soyez sûr Galen, je ne le fais que parce que j’ai l’intention de survivre à cette guerre. Si ça me permettra de mieux comprendre votre retour et l’intérêt de cette Rébellion, tant mieux. Si ça m’oblige à mettre de côté mon souhait de faire justice pour mon gouvernement, tant pis. J’accepte le marché.
    Moi, satisfait : - À la bonne heure. Et n’oubliez pas : je vous ai à l’œil^^
    Fanny, incrédule : - Oh, j’ai peur…

    À peine notre poignée de main franche terminée, je reçois un texto sur mon comlink. On dirait que Kinsa me propose de faire entraîner ensemble Ilan et Zadyssa ; cette occasion me semble adéquate pour que mon jeune padawan se rapproche de sa demi-sœur. Je viens à sa rencontre pour le lui annoncer, après avoir suggéré à la jeune cinnagarienne de rester dans les parages. De toute façon, avec son bracelet à la cheville, elle ne pourra pas quitter mon vaisseau aussi facilement : un dispositif caché l’en empêche.

    La suite dans très bientôt^^


    Ce message a été modifié par galen-starkyler le dimanche 23 juin 2019 - 12:11

    samedi 22 juin 2019 - 22:51 Modification Admin Réaction Permalien

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    Zadyssa

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    Kinsa : Ça te dit un entraînement avec ton demi-frère ?

    L'information mit longtemps à monter à mon cerveau. Demi-frère... ? Ah ! Ilan !

    Moi : On va se battre l'un contre l'autre ?

    Mon maître esquissa un sourire.

    Kinsa : C'est ça. Et je compte sur toi pour le vaincre !

    J'opinai du chef en me remémorant rapidement les rudiments que j'avais appris. Je maîtrisais de mieux en mieux le Shi-Cho et Kinsa m'avait aussi montré quelques coups à utiliser au corps-à-corps, sans sabre, notamment ce fameux coup de pied dans le plexus.

    Nous nous rendîmes donc sur le vaisseau de Galen que je trouvai quand même sacrément grand pour une seule personne. Mon maître m'annonça cependant qu'il n'était pas seul puisqu'il y avait Ilan, Reyn, sa petite soeur, et... la Chasseresse dessus. Si quatre personnes restaient tout de même peu pour un vaisseau de cette taille, la mention de la Chasseresse me fit oublier cela et je me tendis immédiatement. Les Chasseurs... Je les avais tant redouté que le simple fait d'être proche de l'une d'entre eux me faisait peur. Bien sûr, elle était inoffensive, m'avait dit Kinsa, mais je ne pouvais m'en empêcher. Celle-ci parut comprendre et posa une main sur mon épaule :

    Kinsa : Je ferai en sorte qu'elle s'éloigne de toi, d'accord ?
    Moi  : D'accord...

    Par chance, je ne la vis nulle part, elle s'était vraisemblablement éloignée. Tant mieux ! Je ne pouvais pas la voir. C'était l'un des leurs qui avait tué mon ex-maître... Je secouai brusquement la tête pour me concentrer sur l'instant présent : battre Ilan.

    Le jeune humain d'Haruun Kal était en face de moi, le sabre allumé, tandis que Kinsa et Galen étaient en retrait pour nous conseiller en bons maîtres qu'ils étaient. J'allumai également mon sabre d'emprunt tout en songeant que viendrait le jour où je construirai le mien, et il serait vraiment à moi ! En garde, j'attendis que Galen lance le début du duel et m'élançai aussitôt que celui-ci résonna.

    Nos lames se croisèrent une fois, puis deux. Ilan avait aussi beaucoup travaillé, devinai-je. Ses coups étaient plus justes et plus précis que la première fois que je l'avais affronté. Mais moi aussi j'avais progressé et, surtout, je me fondai davantage dans la Force. La Force qui avait été si peu présente quand j'étais enfant me semblait désormais facilement accessible et y plonger fut rapide. Mes sens s'aiguisèrent rapidement et je fis en sorte de me fier davantage à elle qu'à mes yeux. Grâce à cela, je pris l'ascendant sur mon demi-frère et lui qui avait beaucoup attaqué au début commença à être acculé par mes offensives répétées.

    Galen : Reste calme, Ilan. Si tu te pares bien, elle ne pourra pas percer ta défense.

    C'était ce qu'il allait voir ! Diversifiant au maximum mes coups en maniant estocs et attaques circulaires, je crus à un moment avoir réussi à créer une ouverture à l'aide d'une feinte mais le jeune homme eut le réflexe salvateur de s'écarter d'un pas et évita ainsi ma lame. Déçue, je jetai un coup d'oeil à mon maître pour voir si elle avait des conseils à me donner mais rien. Elle semblait au contraire très... confiante.

    Le coup de la victoire arriva ainsi très vite : vint le moment où nous nous retrouvâmes en bras de fer, assez embêtés, en nous demandant comment en sortir sans perdre l'avantage ou se mettre en mauvaise posture. En constatant que les deux mains d'Ilan était occupées et que son abdomen était en libre accès, mon corps réagit tout seul. Répéter le même mouvement plusieurs fois l'avait vraisemblablement rendu automatique. Ainsi, je déviai instinctivement son sabre vers le bas pour être plus en équilibre et enchaînai presque simultanément avec le coup de pied. Ilan en fut surpris et déséquilibré et j'en profitai pour le désarmer en frappant le dos de sa main directrice avec mon pied comme me l'avait appris Kinsa. J'attirai ensuite à moi le sabre qu'il avait lâché et le menaçai avec les deux lames.

    Kinsa : Je pense qu'on peut dire que Zadyssa a gagné.
    Moi, fière : Yes ! Eh, t'as vu, t'as vu ? j'ai utilisé le coup de pied !

    Elle eut un sourire amusé.

    Kinsa : Oui j'ai vu, c'était très bien.
    Moi : En plus, il est parti tout seul, c'est devenu un automatisme !

    Fière, elle m'incita cependant à me calmer parce que d'un, je faisais trop de bruit, de deux ce n'était pas très juste par rapport à Ilan.

    Kinsa : Et souviens-toi : la violence, c'est toujours en dernier recours, d'accord ?
    Moi : Évidemment, on est des Jedi quand même.
    Galen : Vous faites un autre combat ? Je crois qu'Ilan veut sa revanche.
    Moi : Oh non, j'ai une meilleure idée ! On fait Ilan et toi contre Kinsa et moi !

    dimanche 23 juin 2019 - 13:00 Modification Admin Réaction Permalien

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    galen-starkyler

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    Avant le débriefing (encore^^) … (Post fait avec Kinsa)

    La seconde manche de l’entraînement s’était donc déroulée à deux contre deux. Bien que la jeune Zadyssa est épaulée de près par sa mentor, spécialiste dans le combat rapproché et les techniques plus directes, le jeune korunnai Ilan est aussi avantagé par le jeune bretteur polyvalent que je suis ; je n’ai pas passé quatre ans d’autarcie sans avoir perfectionné mes cadences au(x) sabres, allant jusqu’à approfondir ma forme de prédilection vers sa forme supérieure. La jeune humaine de Metellos en a fait l’expérience en pensant m’avoir avec les mêmes stratégies qu’à la précédente manche ; je lui ai retourné la situation à son désavantage, tandis que la gardienne en armure en a profité pour faire de l’environnement son atout. Bref, nos deux apprentis ont pu avoir une occasion de découvrir la valeur respective de leur maître.

    La séance amicale étant terminée, il ne reste plus que moi et Ilan pour faire quelques derniers exercices pour compenser son échec face à sa demi-sœur. « On se relève plus vite en apprenant de nos échecs », lui dis-je pour le motiver. Néanmoins, un énième texto m’empêche de continuer à faire cours à Ilan et je suis obligé de répondre présent. C’est donc en quittant ma corvette que je me rends directement à bord de l’Arrow ; je foule de nouveau ce vaisseau pour rendre visite à son actuelle propriétaire, soit de ma propre initiative la plupart du temps soit parce qu’elle me l’a demandée.
    Et alors que je la trouve dans ses quartiers personnels, la porte étant grande ouverte, je ressens déjà une ambiance tendue. Un pressentiment que quelque chose de très pesant plane dans cette pièce en stagnant : de plus, je découvre Kinsa dans ses vêtements ordinaires et en train de ranger son armure en attente. Son regard est neutre et vide, trop concentrée ou absorbée par ces pensées pour sentir ma présence.
    Je tends mon poing droit vers l’encadrement de la porte et donne trois coups pour toquer poliment.

    Moi : - Kinsa, tu veux me parler ?
    Kinsa, surprise : - Oh ! Oui. Je ne t’avais pas entendue.

    Elle se redresse rapidement, délaisse un moment ce qu’elle faisait puis elle m’invite à entrer. Je me contente de faire trois pas en avant, une distance suffisante entre nous. Je me rends compte de suite qu’elle a l’air un peu gênée de vouloir me parler mais elle l’ose tout de même avec un ton ferme.

    Kinsa, inquisitrice malgré elle : - Je sais que tu ne vas pas aimer mais… Tu es vraiment sûr, de toute cette histoire avec cette Fanny Keto ?
    Moi : - Tu peux t’expliquer plus clairement s’il-te-plaît ?
    Kinsa : - C’est littéralement une Chasseresse, qui a poursuivi les nôtres. Tu ne trouves pas que c’est une mauvaise idée de l’avoir sortie de sa cellule, alors qu’on arrive à un moment si crucial ?

    J’aurais dû m’en douter, elle m’a convoquée en privé pour seulement… me faire part de son scepticisme sur la liberté conditionnelle de Fanny Keto. Comme si avoir en parler quelques instants plus tôt ne suffisait pas à lui laisser une marge. En même temps, elle n’a pas tort de rester sur ses gardes mais elle n’a pas vraiment conscience que cette situation dépend aussi d’une bonne volonté.

    Moi : - La laisser en cellule n'aurait fait que lui donner une raison de plus sur les idées négatives que la République lui a inculpée. Les Jedi sont censés être des médiateurs de paix, pas des geôliers sans scrupules. Et quand bien même elle est Chasseresse, je préfère m'assurer de ses motivations sur le terrain après sa cure d'isolement.
    Kinsa : - Des geôliers sans scrupules ! Elle était simplement emprisonnée. (Elle laisse s’échapper un petit rire avant de se ressaisir.) On est au milieu d'une guerre, Moi. On ne peut pas juste espérer que les autres aient la morale pure et envoyer des ennemis sur le terrain, c'est ridicule. Si j'ai appris une chose chez les Mandaloriens, c'est que les choses ne sont pas toujours comme on veut qu'elles soient.
    Moi : - Je ne te dirais pas le contraire, c'est ce qui se passe dans toute la galaxie. C'est même ce qui se passe aussi au sien de cette Rébellion, on a été obligés de coopérer avec des ennemis que notre mystérieux Général a rallié et on a du mettre notre mal en patience.

    Elle s’apprête à intervenir à ce sujet mais je reprends de suite, tandis que je lève mon index devant elle.

    Moi : - Je sais, tu vas me dire que ce n'est pas la même chose, que là c'est une soldate de la République. Seulement, pour moi c'est une occasion de mener la guerre sans forcément blesser ou tuer. Convaincre de l'authenticité de notre lutte, c'est là ce que je me suis mis en tête quand j'ai accepté que Fanny soit en liberté conditionnelle.
    Kinsa : - Je ne sais pas ce que tu vois en elle, mais tu vas être déçu.
    Moi, frustré : - Ce qui me déçoit pour l'instant, c'est que tu te préoccupes de ce qui pourrait arriver de pire au lieu d'envisager le meilleur de cette situation. Non pas que je me laisse bêtement embobiner, je suis conscient de qui elle est, mais sache que l'avoir eu à dos ne m'oblige en rien à la confondre avec d'autres.

    Mon interlocutrice devient aussitôt plus ferme, sa nervosité se fait encore plus sentir tandis que ma remarque vient de la piquer au vif.

    Kinsa : - Qu'est-ce que tu insinues, Galen ?
    Moi : - Tu crois que j’n’ignore rien de ta double-allégeance depuis que tu es revenue de Mandalore ? Revenir faire la paix avec les tiens et devenir cheffe de clan n'a pas suffi apparemment, vu que tu discutes en cachette avec la souveraine de ton peuple.
    Kinsa : - J'ai toujours eu ma double allégeance. Tu l'as toujours su. Et… Tu m'espionnes ? J'y crois pas… Tu me fais si peu confiance ?
    Moi : - Je t'ai toujours fait confiance jusque-là, durant notre période à l'Académie et notre autarcie dans les confins de l'univers, mais il y aura bien un moment donné où ton secret serait découvert. Je ne l'ai vu que par simple coïncidence, je passais juste par là. Et je n'a rien dit parce que tu devais avoir tes raisons. Alors crois-moi, j'estime que Fanny n'est pas seule à faire double-jeu.

    Si quelqu’un d’autre que nous deux tente de s’approcher du vaisseau pour quémander sa résidente, je lui conseille intérieurement de rebrousser chemin ou de prendre une autre route parce que l’Arrow commence à se remplir de mauvaises ondes encore précoces.

    Kinsa, incrédule : - Mon secret ? Whoah. C'est vrai que c’n’est tellement pas évident de deviner que je suis Mandalorienne, j'y avais pas pensé. J'ai appelé Mand'alore parce que j'étais son envoyée pour une mission, voilà tout. Et depuis quand t'as décidé que je devais justifier la moindre de mes actions ?
    Moi, sceptique : - Vu la tournure des choses qui se sont passées, je ne serais pas surpris que ça concerne les Jedi. Ce serait franchement trop flagrant si ça ne concernait que les Mandaloriens. Même pour de l'espionnage.
    Kinsa, énervée : - On va sérieusement aller sur ce terrain ? Tout à coup, quoi ? Je suis une traîtresse ?! J'ai déjà eu droit à ça, mais de l'autre côté, et surtout pas de la part d'une personne qui est censée me soutenir !
    Moi, énervé : - Est-ce que je viens de te traiter de traîtresse ?! Est-ce que j'ai une seule fois introduit ce mot pour te décrire ?! Non, il ne me semble pas ! Je ne suis pas aller jusque-là, je ne fais que t'exposer mon point de vue sur ce que tu es en train de faire ou de devenir.
    Kinsa : - Bien sûr. Ce que je vois, Moi, c'est qu'encore une fois, tu essaie de me contrôler. Parce que les Mandaloriens ? C'est une partie de moi que tu es très loin de maîtriser.
    Moi : - Je ne maîtrise rien du tout, je n'ai rien à y gagner. Je ne fais que t'aider et t'apporter mon jugement. Tout comme tu me juges sur la manière dont je me charge de Keto.

    Je viens à peine de terminer qu’elle vient de faire un pas de plus vers moi en une fraction de seconde.

    Kinsa, en colère : - Ce que tu fais, ce n'est pas m'aider. C'est porter un jugement sur quelque chose que tu es très, très, très loin de comprendre. Je crois que même ma padawan y connaît plus que toi, c'est dire. Mais tu veux qu'on y aille franchement ? Tu n'as qu'à le dire, parce que dernièrement, il y a beaucoup de choses que j'aimerais faire sortir sur ton comportement.

    Je préfère garder le silence tout restant immobile, m'attendant à toutes les sortes de défauts que va me sortir Kinsa en guise de réplique. Vu la tournure de cette conversation, c’était indéniable.

    Kinsa : - Tu es borné, et tu refuses de voir au-delà de ta vision étriquée et idéalisée de la galaxie. Tout le temps, tu essaies de me changer, parce que je ne corresponds pas à l'idée que tu te fais de moi. Je suis comme je suis, et si ça ne te plaît pas…
    Moi, la coupant net : - Et ça veut dire quoi au juste, « je suis comme je suis » ? Une jeune twi’lek mandalorienne qui a vécu l’enfer sur sa planète, qui a su profiter d’un ordre plurimillénaire pour lui apprendre l’importance de la paix et de la liberté, de la justice, tout en étant tiraillée par les deux côtés de sa personne en faisant un choix difficile ?! Tu es un problème cornélien ambulant, tu ne poses jamais les bonnes questions sur ce que tu veux vraiment être ! Tu n’envisages jamais de troisième chance ! Et encore, tu pourrais très bien finir dans un cas similaire à Ceno lors de la crise sur Rhommamool.
    Kinsa : - Sors.

    Le silence complet. Plus rien ne résonne autour de nous tandis que l’ardeur est au vif. Sors, c’est tout ce qu’elle trouve à dire pour clôturer cette conversation. Sur un ton impératif. Je reste une minute muet et sans bouger, tout droit et patient.

    Kinsa, sifflant de colère : - Je crois t'avoir demandé de sortir.

    Je ne me fais pas prier une nouvelle fois, tourne lentement les talons et je prends la sortie de ses quartiers. Je décide néanmoins de m'arrêter un dernier instant sur le palier...

    Moi, d’un ton neutre et ferme : - Un de ces jours, ça risque de mal finir Kins'ika. Et ce jour-là, je préfère ne pas savoir lequel de nous deux en pâtira de sa vie.

    Puis je m’en vais pour de bon. Je traverse le corridor en direction de la sortie du vaisseau, la dernière chose que j’entends de la pièce étant ces quatre mots hurlés avec colère.

    Kinsa : - Ne m'appelle pas Kins'ika !!

    Un objet vole avec force contre le mur voisin à l’entrée de chambre, se fracassant dans son impact. Je ne me retourne pas ni ne m’arrête pour voir, sachant au bruit qu’il s’agit d’une des petites figurines en phrik que j’avais fabriqué durant notre autarcie. Non, je me contente de partir machinalement sans un mot de plus ni me retourner. Je vagabonde dans les couloirs du Tarentule II, l’esprit noyé de colère et de frustration, avant de me rendre illico presto dans mes propres quartiers sur le Raider arrimé. Ce n’est qu’une fois dans ma chambre… la porte fermée et verrouillée derrière moi… immobile sur le parquet tapissé… que je ne me retiens plus d’exprimer ma colère.

    Moi : - M*RDE, M*RDE, M*RDE !!

    Un grand creux apparaît dans le mur de ma chambre, assez profond pour qu’on s’aperçoive de fissures flagrantes et d’une bosse de l’autre côté. Je ramène mon poing gauche vers moi, sans prêter attention au sang qui commence à couler des quelques coupures sur le dos. J’aimerais déverser ma colère sur autre chose que mes murs mais mon esprit est trop embrumé pour réfléchir. Je ne vois plus qu’une solution.
    Je me couche lentement sur le sol. En biais sur mon bras gauche.
    Et je tente de me calmer. De reprendre un état stable mentalement….
    Tandis que de fines gouttes de chagrin commencent à noyer mes yeux.

    Ce message a été modifié par galen-starkyler le dimanche 23 juin 2019 - 20:11

    dimanche 23 juin 2019 - 15:49 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar Kinsa-Talik

    Kinsa-Talik

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    Au moment où Galen quitta mes quartiers, je me laissai tomber sur ma couchette, découragée. Je ressentais une sorte de mélange de tristesse et de colère, qui prenaient un nouveau sens après cette confrontation. Je n’aurais jamais cru qu’il pourrait agir ainsi… Bien sûr, en défendant Fanny, il prenait le parti le plus Jedi, mais ne voyait-il pas les choses de manière réaliste ? Et quel Jedi digne de ce nom se retournait contre la personne qu’ils étaient censés…aimer ? Je ne savais plus quoi penser, ni de lui, ni de la situation, et je me contentai de fixer le vide, une boule dans la gorge. 

    Je ne pouvais pas nier que j’avais senti venir cette dispute. Elle se profilait depuis des semaines… Depuis que la guerre avait vraiment commencé, en fait. Physiquement, nous n’étions pas toujours séparés, mais à chaque fois, nous étions opposés sur un point. Sur Anaxes, je l’avais réprimandé pour avoir emmené Ilan clandestinement… Quand j’étais revenue de Mandalore, il avait paru déçu de ma réussite – et il avait même tenté de dissuader de m’y rendre. Même si je savais qu’il se préoccupait de ma sécurité, je ne pouvais pas empêcher d’y repenser. Et puis, il y avait ces moments de tension, sans cesse.

    Je soupirai. Si je devais être honnête avec moi-même, je devais admettre que j’avais été plus que blessée par ces reproches, peut-être parce qu’une partie d’entre eux pouvait contenir une part de vérité, ou qu’ils touchaient des points sensibles. Que ma double allégeance puisse me poser certains problèmes, j’en étais consciente depuis mes treize ans, et je n’avais pas besoin que quelqu’un me jette en pleine figure que j’étais « un problème cornélien ambulant ». Encore moins qu’il m’accuse d’espionner les Jedi au profit des Mandaloriens. 

    Le pire c’était qu’il savait que je détestais parler de ça… Et que si j’acceptais d’évoquer le sujet, c’était avec délicatesse, calme, et sans jugement. Je ne voulais pas qu’on m’accuse de jouer double-jeu. Je ne voulais pas que Galen m’accuse d’être une traîtresse… Et comment est-ce qu’il osait me comparer à cette Fanny Keto ? Nous n’avions rien en commun… Rien… Je ne comprenais pas pourquoi il prenait son parti et me rejetait ainsi. 

    La colère et la tristesse s’évanouirent lentement et je me sentis juste…vide. Je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à Galen qui disait : « Je t’ai toujours fait confiance jusque là ». Ce qui voulait dire qu’il ne me faisait plus confiance… Qu’avais-je donc fait pour provoquer une telle réaction ? Je n’avais fait qu’exprimer mon opinion quant à une situation qui me préoccupait… Je comprenais son désir de bien faire, mais pourquoi est-ce qu’il devait faire la démonstration de sa pureté morale au cœur de la guerre ? Les risques étaient trop grands.

    J’essayai de penser à autre chose : sans succès. Mon cerveau paraissait sans cesse me ramener à la scène qui venait de se dérouler. J’en voulais à Galen. Je lui en voulais énormément, même. J’avais la persistante impression qu’il était plus indulgent envers une Chasseresse de Forceux qu’envers moi, ce qui était quand même le comble. 

    La guerre… Je n’avais jamais réalisé jusqu’à ce moment son pouvoir de nous retourner les uns contre les autres. Même dans un même camp, nous avions tous des opinions différentes sur comment la mener… C’était ce qui avait mené Ceno du côté obscur. C’était ce qui avait mené à cette dispute… 

    La guerre montre la véritable nature de l’individu, disait-on. J’enfouis ma tête dans mes mains. Et si c’était Galen qui avait raison ? Et si je… Est-ce que je trahissais les Jedi, même inconsciemment ? Est-ce que je me montrais trop intraitable, en refusant de donner une seconde chance à Fanny ?

    Mais je secouai la tête. Je ne pouvais pas le laisser me faire douter de mes convictions : c’était tout ce qu’il me restait. Sans compter que…au fond de moi-même, je savais que je n’étais pas en tort. Je ne vivais pas dans un monde d’idées et de théories. La galaxie était bien réelle, et si je commençais à considérer une tueuse de Jedi comme une victime, je n’allais jamais en finir avec les états d’âmes, qui n’étaient pas prioritaires. De plus, je ne faisais souffrir personne par mes actions, et c’était l’essentiel : un peu d’ennui n’avait jamais tué personne, ça pouvait même se révéler bénéfique pour la réflexion… J’avais ma ligne morale, je m’y tenais, et ça me suffisait, surtout dans des temps aussi compliqués. Je devais l’assumer, et peu importe ce que Galen pouvait bien dire. Après tout, rester fidèle à moi-même était le mieux que je puisse faire...

    mercredi 26 juin 2019 - 23:15 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar Kaarde

    Kaarde

    16897 Crédits Modo

    (post très attendu et écrit par Baaaaaaal, qui n'a toujours pas accès à son compte, avec la collaboration précieuse de AngeSolo)



    La défaite.
    Pas aussi cuisante que celle qui m’a fait passer pour mort, mais suffisamment pour m’éloigner de mon but. Maudit Sovereign ! Vingt ans de travail qui s’effritent à présent entre mes doigts.
    Je n’aurais jamais cru que la Naberry se sacrifierait pour moi un jour. Quelle terrible ironie. Aurait-elle quand même commis cet acte, si elle avait su que son pire ennemi Baaaaaaal le Seigneur Noir des Sith se cachait derrière le Général Gunnar ? Je me demande.
    À présent je dois tout faire pour maintenir une cohésion dans ma coalition. La petite dispute entre Ordo, Hamera et Spencer m’a donné un avant-goût de la réunion à venir. Mais même si elle a su apaiser les tension mon ange blessé s’est bien trop exposé. Je n’ose imaginer ce qui se passerait si Sovereign et Vicious découvraient que j’avais risqué la Main Écarlate pour elle.
    J’ai intérêt à servir un beau mensonge à tous ces idéalistes et à ne pas rater mon prochain coup, si je veux avoir ma vengeance ET mon ange.



    Sur sa table holo, Baaaaaaal vit la salle de réunion se remplir au compte-goutte dans un silence pesant, suite à l’éclat de Solo. L’Empereur Horn et Kaarde Naberry furent bientôt rejoints par les Jedi du commando Fondor : Talik, Arek, Yunixy et Malachite. Puis Joéspa, Taishakuten et l’Amirale Pirolus. La dernière arrivée fut la grande prêtresse Yuuvharly, nouvelle représentante des Yuuzhan Vong à la place de feu Sakanga.
    Le Grand Maître le cachait bien, mais pour l’ex-maître Sith il était évident que lui et le besalisk étaient profondément affectés par le deuil. Les autres n’étaient pas en reste. Des tensions étaient palpables sans la Force entre Ange et Hamera, entre Kinsa Talik et Galen Arek, ou émanaient de Ordo lui-même.
    L’ancien Seigneur Noir des Sith s’imagina faisant imploser Wes Hamera sur place avec la Force, ce qui lui procura une once de plaisir bienvenue, et entama le débriefing tant attendu.

    Baaaaaaal (com). - Bonjour à tous, mes amis. Je vous remercie à nouveau d’avoir répondu à mon appel, en dépit des circonstances pour le moins accablantes de ce que je ne peux que nommer... la débâcle de Fondor. Si notre objectif militaire a été atteint, grâce à l’effort de toutes nos forces combinées, les lourdes pertes que nous avons essuyées m’empêchent d’employer le terme de succès, même partiel. Je ne pensais pas revoir autant de visages connus autour de cette table… Grande Prêtresse Yuuvharly, sachez que je suis personnellement touché de l’absence du Commandeur Sakanga parmi nous aujourd’hui. Sans lui, la Rébellion et l’espoir qu’elle insuffle n’aurait jamais vu le jour et toute cette opération aurait été réduite à néant. Mes condoléances à votre peuple.
    Yuuvharly. - Ce fut un honneur, Général. Le Commandeur Sakanga a servi Yun-Yammka comme il le devait.
    Baaaaaaal (com). - Et vous pouvez en être fière. Nous devons également déplorer une autre perte terrible, celle Padmée Brûle, ancien Grand Maître de l’Ordre Jedi que, tous, nous avons également connue sous le nom de Padmée Naberry. Son sacrifice s’est avéré crucial afin de sauvegarder ce qu’il nous reste de la Coalition aujourd’hui. Toutes mes condoléances, Maître Naberry.

    Le « Général Gunnar » marqua un temps, le temps de laisser tout le monde apprécier l’effort qu’il faisait en la mémoire de Sakanga et Naberry.

    Baaaaaaal (com).  - Avant de devoir vous demander de faire le douloureux et fastidieux décompte des pertes que vos factions ont endossées, je tiens tout d’abord à revenir sur cette manœuvre que La Main Écarlate a dû opérer avant qu’Astéria-765 n’explose.
    Ordo (sarcastique). -Nous sommes tout ouïs, Général.
    Baaaaaaal (com). - Fondor était un objectif militaire, certes, qui devait nous permettre d’affaiblir considérablement nos ennemis. En détruisant Fondor, nous mettons hors jeu un de leurs plus importants chantiers navals. Si Mademoiselle Solo ici présente est parvenue à déconnecter les boucliers protégeant l’ensemble de ce complexe, elle m’a permis dans le même temps de m’amarrer à  Astéria-765, station principale desdits chantiers et site abritant des soi-disant données top secrètes qui nous auraient permis de localiser le lieu où la République garde ces créatures que nous connaissons tous sous le nom de Shaax.

    Un frisson parcourut l’assemblée. Bien. Il avait soigneusement choisi son mensonge.
    Bien entendu ce n’était pas suffisant pour venir à bout du scepticisme  du mandalorien ou de l’impérial.

    Ordo. - Des « soi-disant » données top secrètes ?!
    Baaaaaaal (com). - Si je n’ai rien dit, ce n’est pas de gaîté de cœur ou pour satisfaire une quelconque soif de puissance. Non, si j’ai pris le risque de fissurer cette alliance en taisant une information aussi capitale, décision qui – je tiens à la souligner – n’a pas été facile à prendre, c’est parce que les événements récents nous ont démontré que le Courtier ou le Change-forme agissant pour le compte de Sovereign ont su infiltrer nos rangs. L’arrivée de la 2ème et la 3ème Flotte de la République me force d’autant plus à croire que nos ennemis sont plus proches de nous que nous ne l’avions envisagé…
    Ordo (tendu). - … ou que votre source vous a menti pour tous nous attirer dans un piège !
    Baaaaaaal (com). - Je comprends votre ressentiment, Cera Ordo. Cette source est fiable mais je n’ai que ma parole à vous offrir.
    Ordo. - Parole envers laquelle nous ne pouvons désormais que nous méfier ! Qui nous dit qu’il ne s’agit pas d’une passation sous silence…
    Ange (lui coupant la parole). - Et avez-vous réussi, Général, à obtenir ce que vous ce vous désiriez ?

    Ne t’expose pas, mon Ange.

    Baaaaaaal (com). - Nous avons dû rompre brutalement le contact avec Astéria-765. Les experts de la Main sont en train de voir ce qu’ils peuvent récupérer.
    Ordo. - Quel hasard !
    Kinsa (désapprobatrice). - S'il-vous-plaît...
    Wes (sur des charbons ardents). - Ce que Ceno essaie de dire…
    Ange (hurlant en vieux corellien). - Koccic sulng ! [Ferme-la !]

    Une fois de plus elle n’avait pas pu se retenir. C’était tendu. Si Ange et Baaaaaaal se retrouvaient seuls contre tous, il n’avait aucune chance de maintenir la Coalition unie.

    Kaarde (usant de la Force pour apaiser les tensions). - Nous sommes tous épuisés et en deuil des proches que nous avons perdus durant cette bataille…
    Ordo (se levant). - Mandalor’e s’est sacrifiée pour cette Alliance basée sur un mensonge ! En vingt ans, Général, c’est la première fois que vous balayez tous les principes qui nous liaient. Pour quoi ou qui, au juste ? Les Jedi reviennent et les règles du jeu changent ! Pourquoi n’y aurait-il que Solo qui connaisse votre identité ?
    Ange (désabusée). - parce que j’étais la seule à avoir perdu la vue et à pouvoir attester que le Général existait physiquement. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’il portrait des vêtements et que, quand il m’a donné son bras pour me raccompagner, j’ai pu sentir de la peau contre la mienne. Pas de fourrure, pas d’écaille, pas d’absence de chaleur : c’est bien un humanoïde.
    Baaaaaaal (com). - Je le confirme et je ne peux malheureusement pas vous en dire plus. Dévoiler mon apparence et mon identité nous mettrait tous en péril, vous, moi et la Rébellion. Nous ne pouvons pas prendre ce risque et je ne transigerai pas sur ce point.
    Ordo (ulcéré). - Donc nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter votre version des faits et de compter nos morts en attendant que vous nous rameniez un hypothétique indice sur les shaax ?!
    Waren (narquois). - À jouer ainsi avec le feu, Général, vous ne risquez rien de moins que l’explosion de cette belle coalition. Un peu plus de transparence de votre part serait bienvenue… ou un nouveau leader un peu plus fiable... et qui sache fédérer une large armée.

    Maudit impérial ! Toujours à mettre son grain de sel corrosif là où il pouvait faire le plus de dégâts ! De toute évidence ses idées intéressées remportaient l’aval du mandalorien et du guildeur.
    Heureusement du renfort arriva de là où l’ex-Seigneur Noir des Sith ne s’y attendait pas.

    Kaarde (s’adressant directement à Cera, Waren et Wes). - J’ai dormi les vingts dernières années mais j’ai essayé de rattraper mon retard, figurez-vous. J’ai étudié toutes les épreuves et les batailles que vous avez traversées, et effectivement il apparaît que le Général a toujours été d’une fiabilité à toute épreuve. Aujourd’hui, à cause du retour des Jedi ou des manœuvres du Courtier, peu importe, il a commis sa toute première erreur.

    Le Maître Jedi prit une profonde inspiration.

    Kaarde. - Il n’y a pas si longtemps, au-dessus de Myrkr, moi aussi j’ai… merdé, avec toutes les conséquences que l’on sait. Et pourtant vous nous avez acceptés, les Jedi et moi, à vos côtés dans la bataille de Fondor. Si vous avez pu mettre de côté vos griefs, voir me pardonner, pourquoi ne le pourriez-vous pas avec le Général ? Il serait hypocrite de ma part de ne pas donner une deuxième chance au Général Gunnar, surtout sachant ce qu’il a déjà accompli.

    L’intervention du Grand Maître amena enfin le calme et coupa court à la petite tentative de putsh de de l’Empereur Horn. Il venait de signifier que le tant estimé Ordre Jedi approuvait toujours l’action du Général Gunnar. Et même vingt ans après leur massacre, la parole des Jedi conservait une certaine valeur. Décidément les Naberry étaient destinés à sauver la mise de Baaaaaaal, aujourd'hui !
    Bien sûr ses principaux détracteurs, Ordo et Hamera, ne lâcheraient pas l’affaire si facilement. Mais pour l’instant la majorité de l’alliance semblait se rallier à l’opinion Jedi. Ordo ne fut qu’à moitié calmé et quitta la pièce le premier sans un mot, une fois que le décompte des pertes fut fait.
    Pour l'instant l'alliance demeurait, fragile et paralysée, en attente d'un nouvel objectif mais toujours sous contrôle.
    Quant à Baaaaaaal, une tâche cruciale l’attendait : trouver rapidement une bribe d’information utile sur les Shaax.



    Salut à tous les fans d’attentes interminable !



    vendredi 19 juillet 2019 - 11:11 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar AngeSolo

    AngeSolo

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    « Tu comptes me faire la gueule encore longtemps ? »


    Ils relevèrent la tête, tous les deux en même temps. Sur leurs traits s’étaient imprimés cet air d’adolescent rebelle pris sur le fait. Il lui tendit du papier qu’elle s’empressa d’employer pour effacer les vestiges du gel conducteur qui lui restait sur les parties de son corps qu’il venait d’inspecter et ignora l’intrus.

    Ganner : ***censuré***, mais vous ne pouvez pas vous engueuler dans un autre endroit que cette infirmerie ? J’ai des patients, ici !

    Le nouveau venu s’était avisé de conserver une prudente distance de sécurité. Plusieurs jours s’étaient écoulés et la malade avait miraculeusement retrouvé sa presque vivacité d’antan. Les béquilles abandonnées, la potentialité des projectiles s’étaient exponentiellement accrue. Son attitude à prendre le large avait, elle aussi, suivi la même progression, assurant ainsi au Petit Miracle de la Science cet évincement situationnel qui l’exaspérait prodigieusement.

    Wes, à bout : Si l’infirmerie n’était pas son asile officiel depuis le débriefing, crois-moi qu’il en serait autrement ! Nuit et Jour, Ganner !
    Ganner¸ brandissant l’echo doppler qu’il tenait toujours en main : Vos oignons, pas les miens ! Ça ne me regarde pas ! Solo fait ce qu’elle veut.

    Elle n’avait toujours pas bougé.
    Ses yeux s’assombrissaient à mesure où mes secondes passaient, la couvrant de ce noir de jais menaçant que sa chevelure avait retrouvé.

    Wes, s’impatientant : Mais, merd*, dis quelque chose !
    Ange : Koccic sulng ! [Ferme-la !]

    L’homme s’enserra le visage entre ses mains et le compressa autant qu’il le put, comme pour contenir ce désespoir viscéral qui paraissait le ronger.

    Le médecin, lui, ne se préoccupait plus que de sa patiente. Il lui saisit le mollet, l’enduisit de gel et y fit glisser méthodiquement le bras du doppler. Les yeux rivés sur l’écran holographique, il modulait la pression et agrandissait l’image de sa main cybernétique quand cela lui était nécessaire. L’instrument remontait toujours un peu plus vers cette hanche devenue presque indolore. Au premier appui sur l’aine, une grimace lui échappa par réflexe.

    Ganner : Tout est bon. Les lésions se résorbent plus vite que le traitement ne le présageait. Aucune anomalie thrombotique. Tu peux te rhabiller.

    Elle s’exécutait en silence pendant qu’il rangeait le matériel dans l’espace qui lui était réservé.

    Wes, la voix fuyante : Et donc, on va juste faire comme ça ? On va royalement s’ignorer ? Tu vas camper ici et là jusqu’à ce que mort s’en suive ?
    Ange, en vieux corellien : Il Minmin vil ut valle Nharquis. [Et je mangerai tes cendres.]
    Wes, maladroitement : Valle Cnous tre nu….euh… Minmin Prek Olys Corellisi ne tre nu… [Tu sais très bien que moi parler pas très bien le vieux Corellien.]
    Ange : Lia ai ne mia provlem. [Pas mon problème.]
    Wes, énervé : Merd*, fais un effort ! Ça fait des jours que je fais des pieds et des mains pour arranger…
    Ange, lui coupant la parole, hors d’elle : Que je fasse un effort, nan, mais tu te fous de ma gueule ? On en reparle de ta mini-rébellion pro-débriefing sous le couvert d’une excuse bidon pour que ma présence n’endigue pas tes plans à toi et l’autre Boîte de Conserve ?
    Wes, le ton montant : Je voulais des réponses, des réponses que tu ne voulais pas entendre !
    Ange : Parce qu’il n’y avait rien à entendre ! Si Sovereign n’avait pas été au courant, personne n’aurait reproché au Général sa manœuvre, personne ne lui aurait reproché de contrecarrer les plans de cette taupe qui a encore tout fait foirer ! Pense avec ta tête, pu*ain !

    Elle s’approcha de lui, son chemisier dans une main. Son index droit se heurta au front du Corellien.

    Ange : Je n’ai pas besoin d’un imbécile à mes côtés ! Je n’ai pas besoin d’un crétin incapable de se fier à mon jugement ! Et j’ai encore moins besoin de m’encombrer d’un homme sur lequel je ne peux pas faire reposer ma confiance !

    Il lui attrapa la main avec une telle force qu’elle ne put lui arracher.

    Wes : Ça fait une semaine que je cherche à te présenter mes excuses. J’ai eu tort de ne pas t’avertir mais…

    Sa poigne lui faisait presque mal.

    Wes, menaçant : … il va falloir arrêter de me prendre pour un c*n. Si tu veux de la transparence, Solo, toi aussi, tu vas devoir jouer carte sur table.

    Il la lâcha et sortit une vibrodague de l’arrière de son pantalon. Sa main droite, il l’entailla et lui présenta.

    Wes, désespéré : Je ne sais plus quoi faire, Ange, pour que tu comprennes…
    Ange¸ baissant les yeux : Wes, fais pas l’imbécile.
    Wes : Ça, tu vois, je sais que tu es à même de le comprendre.
    Ange, posant nerveusement sa main sur son estomac : Une promesse de sang, Wes, ce n’est pas rien…
    Wes : Non et c’est ma manière de te prouver ma sincérité.
    Ange : Si tu mens…
    Wes : … je condamne mon sang et tous ceux qui l’ont dans leurs veines.

    Elle le regarda droit dans les yeux, ne sachant ce qu’elle devait faire et ce qu’elle-même était prête à lui donner.
    Du sang, de l’amour à l’état brut, c’était le seul engagement qu’elle connaissait.
    Il lui tendit la dague.

    Wes : Le Général, tu le connais ?

    Elle se mordit ostensiblement la lèvre.
    Sa tête commençait à lui tourner.
    Il n’y avait pas que sa vie en jeu.

    Wes : Si tu veux de la transparence, Ange, il faut qu’elle soit réciproque… Pour les vivants et pour les morts.
    Ange, ses paupières se fermant : Oui.
    Wes : Longtemps ?
    Ange : Tu n’étais pas né.
    Wes : Et on peut lui faire confiance ?
    Ange : Oui.
    Wes : A quel point ?
    Ange : Au point où s’il me disait de sauter, je le ferai…
    Wes, digérant l’information : Bien.
    Ange : … pour gagner cette guerre.

    Elle prit l’arme et se lacéra à son tour.

    Ange : Et il nous la fera gagner.

    Leurs mains s’enlacèrent.
    A jamais.

    Ange : Tu n’as absolument aucune conscience de ce que tu viens de faire…
    Wes, glissant son bras sanguignolent contre les reins de Solo : Je suis un imbécile, tu te rappelles ?

    Elle rit.

    Ganner : Merd*, à la fin ! Je m’absente cinq minutes et vous êtes sur le point d’élire domicile provisoire sur mon lieu de travail ! Vous avez un sacré problème tous les deux !
    Ange, du tac au tac : Va te faire voir, Ganner !
    Wes, souriant : Cette fois, j’suis plutôt d’accord avec elle….

    Une moue dédaigneuse leur répondit.

    Ganner : Vous allez devoir attendre, foutus Corelliens. Les résultats viennent de tomber !


    samedi 20 juillet 2019 - 09:42 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar ProjetT

    ProjetT

    6244 Crédits

    Les dernières heures avaient été très occupées à réparer les dégâts de la récente bataille spatiale. Ceux sur les femmes et les hommes de la Coalition. Cette bataille avait été aussi éprouvante et difficile pour la petite équipe de Guérisseurs que nous étions.
    Nous avions traité de nombreuses brûlures au plasma du fait des explosions. Des fractures, des amputations… Ces combats spatiaux avaient de nombreuses répercussions sur les soldats et techniciens qui opéraient sur les vaisseaux amiraux. Sans compter les morts survenues lors des tentatives avortées d’abordage par les Républicains.
    Dans tout ce tumulte, j’avais reçu une requête bien particulière, que Kaarde et Sol’As m’avaient demandé d’honorer.
    Un Guildeur du nom de Cole avait besoin d’un traitement spécial. Pour remédier à une forme d’empoisonnement. Les données transmises étaient limitées mais parlaient d’un inhibiteur cellulaire. Il lui fallait un traitement particulier pour annihiler cette molécule qui avait envahi son corps et lui provoquait des pertes de connaissances quand son organisme ralentissait trop.
    Ce Gotal allait arriver sous peu, le temps que le débriefing de la bataille se termine. D’ici-là, il me fallait me préparer. L’appareil dont j’avais besoin nécessitait du calibrage, et ensuite je devrais prendre du repos. Cette intervention allait devoir durer plusieurs jours sans interruption.

    [Plusieurs heures passent]

    Les docks venaient de m’annoncer l’arrivée du Gotal. Il avait été dirigé vers l’infirmerie du Mirax Terrik. J’avais préparé la salle 4, l’appareil était en place, essentiellement prêt, à l’exception des caractéristique exactes de la molécule à traiter.
    Quelques instants passent. Le Gotal arrive et je l’invite à entrer.

    Moi : Weedge Terrik, Guérisseur Jedi. Par ici. Déshabillez-vous dans cette cabine et mettez une tenue blanche, attachée par devant.
    Cole s’exécute sans broncher devant mon ton plutôt froid et professionnel, n’ouvrant guère à une conversation conviviale. Il n’a pas l’air d’aimer ces vêtements de patient mais il ne dit rien Il me tend un datapad en entrant dans la cabine.
    Cole : Ce sont toutes les infos que j’ai pu rassembler sur mon cocktail de jouvence et sur les spores que le champignon de Fellucia m’a inoculées.
    J’étudie les données le temps qu’il se prépare.
    Moi, a son retour : Je dois faire un prélèvement pour bien isoler la molécule. Mais si j’en crois ceci, je ne pourrais pas éliminer uniquement les spores, la molécule entière va devoir être dissoute. Ce traitement normalement est conçu pour éliminer des cellules cancéreuses entières. Seul un Jedi peur obtenir la précision nécessaire pour attaquer une seule protéine. Mais personne, même un Maître ne s’est révélé capable de casser de protéine a ce niveau de précision encore. L’appareil ne le permet simplement pas.

    Une pause

    Moi : De fait, ton « cocktail » de jouvence va être éliminé et cela aura des conséquences sur ton vieillissement. Il est probable que tu subisses un contrecoup et que tu prennes un coup de vieux rapidement. Aussi, je dois te dire que le traitement ne doit en aucun cas être interrompu. Le problème est un champignon, des spores. Des spores qui se reproduisent. Une seule spore reste, et elle se multipliera et recommencera à générer les mêmes effets si tu venais à reprendre ton cocktail. Suis-je clair ?

    Je finissais le prélèvement à mesure que je parlais.

    Cole : Très clair. Combien de temps il faudra?
    Moi : Je dois faire quelques mesures pour estimer le temps.
    Je place l’échantillon dans la machine pour en isoler la molécule.
    Moi : Installe-toi sur la table là.
    Cole : C’est froid.
    Moi : Désolé

    La machine réagit et m’indique que l’analyse est prête. Je passe alors un scanner sur toute la surface de son corps. L’ordinateur m’affiche une superposition de la densité de spores dans son organisme.

    Moi : Hmmmm…. 4 semaines, a raison de 12 heures par jour, à vue d’œil. La concentration est élevée. Quelques semaines de plus et elle aurait atteint le point critique et tu ne te serais jamais réveillé.

    Cole : Je m’en doutais…

    Je me retourne pour me préparer, dans le silence. Un groupe de Padawan s’installe dans la pièce à côté. Les apprentis Jedi étaient isolés de la pièce, mais pouvaient me transmettre leur énergie grâce à la Force. Ils agiraient comme stabilisateur, et comme « pile », se relayant sur toute la période pour que je puisse travailler les longues heures durant sans discontinuer.

    Un silence pesant s’était installé. Cole semblait avoir une question mais hésitait.

    Moi : Si tu as des questions, c’est maintenant, après il sera trop tard.

    Cole : Serais-tu un….

    Moi : Clone? Oui.

    Cole : Ah. Parce que la réaction d’Ange Solo a la mention de ton nom était étrange…

    Et un silence encore plus pensant s’installa. Cole, de ses cornes de Gotal capables de ressentir les infimes changements magnétiques générés par les changements d’émotions, dû ressentir un changement majeur.

    Cole : Je… je m’excuse. Je ne sais pas ce qu’il s’est passe entre vous deux mais…
    Cole hésite à parler, cherche à s’excuser mais ne voit clairement pas comment.
    Cole : La seule fois où j’ai vu Ange faire preuve d’un tel...Comportement, c’était lorsque nous pourchassions un soi-disant clone de Bossk. C’était peu après mon entrée dans la Guilde, bien avant l’hibernation des Jedi. Je ne sais si ce sera une consolation, mais Ange semble éprouver ces...sentiments viscéraux à l’égard de tous les clones. Vous n’étiez pas spécifiquement visé. Elle n’est pas portée sur l’intolérance bête et méchante. Il a dû lui arriver quelque chose de terrible pour qu’elle réagisse ainsi. Désolé que vous ayez dû en subir les conséquences.

    Mais le clone lui n’écoutait guère, calmant sa colère et plongeant dans la Force. Les padawans aussi se préparent.
    Au bout de quelques minutes de silence, Le clone se lève, prend position au niveau des pieds du Gotal, prend l’appareil et commence un long travail avec la Force, appuyée par la technologie. 50 mille milliards de cellule à nettoyer. Une par une.

    samedi 20 juillet 2019 - 17:20 Modification Admin Réaction Permalien

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    Cole_PrCol

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    (En collaboration avec ProjetT, Grand merci à lui !)


    Une navette en partance pour le Mirax Terrik

       Le briefing était passé. Cole n’y avait pas participé mais, de toute évidence, la Coalition avait tenue. Le Gotal n’avait jamais pleinement fait confiance au Général, mais sans lui, tout espoir de victoire était perdu, et il devait reconnaître que l’homme à l’identité dissimulée se révélait un chef exceptionnel.
       Gunnar ne l’avait pas personnellement rencontré, mais juste avant d’embarquer sur la navette, un messager lui avait transmis un présent avec une note succincte, écrite de la main de Kaar : « Pour avoir accompli héroïquement le sauvetage d’un membre essentiel de la Coalition ».
    Le paquet contenait un blaster de type « Revanche de Vilmarh ». En alliage dallorien. Construit sur Lothal, la planète natale de Pr ‘Col. Visiblement le Général s’était renseigné sur lui.

       Un présent bien inutile pour un mort en sursis. Mais après tout, allait-il vraiment mourir ? Si les Jedi s’occupaient de sa guérison avec la même maestria qu’ils avaient manifesté durant la bataille, son avenir n’était peut-être pas si sombre.
       Il occupa le trajet à consigner sur un datapad tout ce qu’il savait sur son affection et les rapports d’examens du Dr. Kirlander et de Ganner.

       La navette s’amarra bientôt au vaisseau infirmerie. On le mena sans tarder jusqu’à la salle 4, le laboratoire dans lequel se trouvait la machine miracle. L’activité à bord de l’appareil était intense. Le Mirax accueillait non seulement les Jedi blessés lors de la bataille, mais aussi des membres des autres factions, qui sans intervention guidée par la Force, n’avaient aucune chance de s’en sortir.
       Cette activité fébrile fit prendre conscience à l’explorateur qu’en la circonstance, il était privilégié.
       Il parvient enfin devant Weedge Terrik. Le Zabrak aux yeux bleus et aux cheveux clairs l’accueillit de façon assez clinique.

       Weedge - Weedge Terrik, Guérisseur Jedi. Par ici. Déshabillez-vous dans cette cabine et mettez une tenue blanche, attachée par devant.
       Cole lui donna le datapad en échange de la tunique.
       Cole - Ce sont toutes les infos que j’ai pu rassembler sur mon cocktail de jouvence et sur les spores que le champignon de Fellucia m’a inoculées.

       Le Gotal détestait ces vêtements. Il n’était pas particulièrement pudique, mais ces chemises lâches lui laissant le derrière à l’air lui semblaient ridicules. Il ne dit rien toutefois. Lorsqu’il fut sorti de la cabine, le Jedi déclara :
       Weedge - Je dois faire un prélèvement pour bien isoler la molécule. Mais si j’en crois ceci, je ne pourrai pas éliminer uniquement les spores, la molécule entière va devoir être dissoute. Ce traitement normalement est conçu pour éliminer des cellules cancéreuses entières. Seul un Jedi peut obtenir la précision nécessaire pour attaquer une seule protéine. Mais personne, même un Maitre ne s’est révélé capable de casser de protéine a ce niveau de précision. L’appareil ne le permet simplement pas.

       Il y avait donc des limites aux capacités de la machine. Et à celles des Jedi. Ce n’était pas surprenant. Mais l’explorateur redoutait ce que cela signifiait. Après une courte pause, que le guérisseur employa à appliquer un pistolet à seringue sur le bras du Gotal, Weedge confirma ses craintes.

       Weedge - De fait, ton « cocktail » de jouvence va être éliminé et cela aura des conséquences sur ton vieillissement. Il est probable que tu subisses un contrecoup et que tu prennes un coup de vieux rapidement. Aussi, je dois te dire que le traitement ne doit en aucun cas être interrompu. Le problème est un champignon, des spores. Des spores qui se reproduisent. Une seule spore reste, et elle se multipliera et recommencera à générer les même effets si tu venais à reprendre ton cocktail. Suis-je clair ?

       Vieillir d’un coup ? Pas une perspective réjouissante, mais valait-il mieux « prendre un coup de vieux » et rester vivant ou faire un « jeune » cadavre ? Pr’Col se consola en se disant qu’il n’était que juste que la nature reprit ses droits. Aussi, il se contenta de répondre :
       Cole - Très clair. Combien de temps il faudra?
       Weedge - Je dois faire quelques mesures pour estimer le temps.
       Le Jedi plaça l’échantillon de sang dans une machine proche qui l’analysa. Des lignes et des lignes de mots incompréhensibles à l’explorateur s’affichèrent aussitôt.
       Weedge - Installe-toi sur la table là.
       Cole, mal à l’aise - C’est froid.
       Moi – Désolé
       Mais il n’avait pas l’air vraiment désolé. Cole ne doutait pas des compétences du Jedi, mais il le trouvait un peu froid.
    Terrik passa un scanner au-dessus de son corps et examina les résultats.

       Weedge - Hmmmm…. Quatre semaines à vue d’œil, à raison de douze heures par jour  La concentration est élevée. Quelques semaines de plus et elle aurait atteint le point critique et tu ne te serais jamais réveillé.
       Cole - Je m’en doutais.

       Le Jedi se détourna et sembla entrer en méditation. Dans le même temps, de jeunes gens -probablement des padawans- pénétraient dans une partie de la pièce séparée du reste par une cloison vitrée. Le Gotal comprenait parfaitement le besoin de former les nouvelles générations, mais il aurait apprécié de ne pas servir d’objet de démonstration, de cobaye. Il avait l’impression d’une atteinte -certes légère- à son intimité et à sa condition d’être sentient.

        Et il y avait ce Jedi au comportement si étrange. « Résidu d’éprouvette ». Quand est-ce que Solo avait déjà utilisé ce terme… ? Cole regarda intensément Terrik. Weedge finit par remarquer cette attention soutenue.

       Weedge - Si tu as des questions, c’est maintenant, après il sera trop tard.
       Cole - Serais-tu un….
       Weedge - Clone? Oui.
       Cole  - Ah. Parce que la réaction d’Ange Solo a la mention de ton nom était étrange…
       La référence à la Correlienne déclencha une tempête dans les émotions de Terrik, même si extérieurement, rien ne transparût à l’exception d’un soudain mutisme. Malaise, ressentiment, tristesse, dégoût de soi, le tout enveloppé dans une criante chape de détresse. Le Gotal subit de plein fouet ce déchaînement de sensations, pourtant étonnamment sous contrôle.

       Cole - Je… je m’excuse. Je ne sais pas ce qu’il s’est passe entre vous deux mais…
       L’explorateur chercha à réparer sa bévue, mais il ne savait comment s’y prendre, ignorant exactement ce qui avait amené à cette situation. En revanche, il se rappela les circonstances d’un changement majeur dans ses convictions, presque trente-cinq ans plus tôt. Il reprit.
       Cole – La seule fois où j’ai vu Ange faire preuve d’un tel...Comportement, c’était lorsque nous pourchassions un soi-disant clone de Bossk. C’était peu après mon entrée dans la Guilde, bien avant l’hibernation des Jedi. Je ne sais si ce sera une consolation, mais Ange semble éprouver ces...sentiments viscéraux à l’égard de tous les clones. Tu n’étais pas spécifiquement visé. Elle n’est pas portée sur l’intolérance bête et méchante. Il a dû lui arriver quelque chose de terrible pour qu’elle réagisse ainsi. Désolé que tu aies dû en subir les conséquences.

       Cole ne sut pas si ses paroles eurent l’effet escompté, mais la tempête reflua à l’arrière-plan des émotions du Zabrak. Sans toutefois disparaître.

       Le silence s’éternisa mais finalement le Jedi se leva et équipé de l’appareil relié à la machine, il débuta son long travail, commençant par les pieds.

       Le Gotal ressentit une sensation de fourmillement, désagréable mais indolore.
       Au fil des jours, le travail avança. A une allure d’escargot aux yeux de Cole.
       Les sessions duraient une douzaine d’heure à chaque fois, à l’issue desquelles, tous, que ce fut Cole, Weedge ou les padawans (le Gotal avait finalement compris qu’ils prêtaient leurs forces au Zabrak), ressortaient épuisés.

       Contrairement à ce que l’explorateur avait pensé, l’opération ne se faisait pas de la périphérie vers le centre nerveux. Si Terrik avait commencé par les pieds, c’était en raison de la multitude de vaisseaux sanguins capillaires qu’ils abritaient. Puis il était remonté jusqu’au coeur.

       Les spores étaient charriées par le sang. Il fallait entamer par là le traitement.
       Veines, artères… Le moindre millimètre carré des vaisseaux passait sous l’influence purifiante de la machine et de Weedge.

       Puis ce fut le tour du système lymphatique. Tout ce qui convoyait des fluides devait être traité en priorité.
       Les glandes produisant des hormones vinrent ensuite.

      Mais à chaque fois, il fallait revenir au système sanguin, pour le purger à nouveau de la moindre spore qui aurait pu y être déversée entre temps par les autres organes. Une tâche répétitive, fastidieuse sans cesse recommencée.
       Pourtant Terrik s’y prêtait sans la moindre plainte, avec une dévotion confinant au fanatisme et à l’oubli de soi.
       Il ne manifestait pas plus d’empathie que précédemment, mais rien n’aurait pu le détourner de son devoir.

       Cole n’avait rien à faire, pourtant son organisme était durement éprouvé par le traitement. Tous les trois jours, Weedge le forçait à pratiquer d’intenses exercices physiques afin que le corps du Gotal ne souffrit pas trop de l’inactivité forcée

       Et ce fut à ces occasions que l’explorateur s’aperçut que Terrik ne lui avait pas menti. Son corps vieillissait rapidement. Des activités qu’il effectuait auparavant sans sourciller le laissaient essoufflé, les muscles douloureux et tremblant. Son acuité visuelle décrut, de même que celle de ses réflexes et son endurance.
    Le traitement était indolore, il n’en allait pas de même des premiers signes d’arthrose qui virent le jour.

       Les jours succédèrent aux jours succédèrent aux jours… Cole ignorait même ce qu’il se passait dans le reste de la galaxie...

    lundi 22 juillet 2019 - 21:15 Modification Admin Réaction Permalien

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    Padme111

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    Le débriefing !

    Dès son entrée boiteuse dans la salle de débriefing, le colosse ressentait une atmosphère lourde et pesante. Un parfum de frustration, de colère, de peine et de déception flottait. Le quadrumane s’appuyait sur la canne en bois de feu son maître, jusqu’à ce qu’il prenne place dans une chaise à peine assez large pour son séant. 

    Durant toutes les discussions que Dexter entendit, il prenait le temps d’examiner l’attitude de chacun des membres alliés de la Coalition. Il s’intéressait à tous les dialogues, en s’abstenant de prononcer un mot. De toute façon, il n’avait plus rien à dire. Le cœur du padawan trentenaire était trop lourd. 

    L’entrée en matière du Général Gunnar était adéquate, solennel et parfaitement doser émotionnellement. Il fut clair pour le besalisk, que le leader avait soigneusement préparé son discours pour qu’il soit laconique mais n’oubliant aucuns points importants à citer. Ce tacticien ne l’était pas uniquement dans la bataille, mais il l’était également avec les mots. Cependant, le cyborg fut touché par les paroles concernant les pertes humanoïdes. L’empathie du padawan fut trop saturé par les émotions des personnes dans la pièce pour parvenir à déchiffrer l’intensité de sincérité du général. 

    Ensuite, toujours aussi stratège, le mystérieux commandant aborde le sujet brûlant : la fameuse manœuvre incompréhensible ! Les réactions d’Ordo, Ange, Kinsa et Wes ne se firent pas attendre. Une pluie d’explications attendues déferlait d’un côté. De l’autre, Ordo et Wes respiraient la méfiance et doutaient de la justification. Tandis que Kinsa et Ange furent agacées par les interruptions du Mandalorien et du Corellien. 

    Devant ce spectacle, le réptiloïde se contentait d’enregistrer mentalement les différentes réactions. Malachite comprit (a tort ou à raison) que pour l’homme dans son armure, aucunes excuses, aucunes réponses de ce manœuvrier ne pouvaient être la vérité. C’était très intriguant. 

    Enfin maître Naberry tenta en vain d’apaiser l’assemblée. Dans un premier temps, ce fut l’effet inverse et l’empereur Waren s’en mêla. Le sujet principal semblait déjà très loin d’un débriefing pour dériver sur la suspicion et la confiance. L’identité du général semblait être devenu plus important que le combat contre Sovereign. 

    L’endeuillé ne pouvait que compatir envers le frère de son maitre. Le changement de thème surpris Dexter. Il réalisa avoir passé à côté de cette information précieuse : Ange était la seul qui avait rencontré Gunnar. Padmée s’était dirigé vers Ange pour entrer dans la bataille. Un frisson parcourt l’échine du padawan. Est-ce que son maître savait quelque chose au sujet d’une relation particulière entre Ange et le général ? Non, ce n’était pas possible ! Les mots de l’empereur donnèrent un second frisson et le sens du danger augmenta dans la Force enveloppant le besalisk. Waren venait de suggérer de la possibilité de changer de chef de la rébellion, plus encore, cet homme voulait prendre la place du général. Si cela se sentait depuis longtemps, maintenant c’était dit. 

    Finalement, ce fut encore le frère de Maître Brûle qui tel un démineur, réussit à désamorcer la situation explosive. Dexter trouvait des points communs entre Kaarde et sa sœur à ce moment précis et cela lui mettait du baume au cœur. Dans toutes ses paroles, le padawan ne pouvait qu’acquiescer, applaudir même. En vingt ans, commettre une erreur, n’était pas une raison pour perdre confiance en le plus grand leader que la galaxie n’avait jamais pu rencontrer depuis la nuit des temps. 

    La réunion se termina là-dessus. Dexter ne fut pas pressé de partir de la salle, au contraire des autres. Le besalisk s’imprégna de ces différents dialogues et se les remémoraient. Tous avaient perdus des amis, des proches, des êtres chers. Personnes ne voulaient prendre la peine de les pleurer. Beaucoup furent frustrés de vingt années de secrets, de cachotteries et perdaient la confiance qui fut construite. Des secrets étaient pourtant obligatoires lorsque l’on avait la certitude qu’un espion était dans nos rangs. Beaucoup d’autres eurent une partie de leur vie volée. Vingt ans en sécurité, mais vingt ans où ils furent mis sur la touche. Cela devait les frustrés aussi, mais plus encore, ils avaient un besoin de « rattraper leur retard ». Combler un vide afin de se sentir encore utile. 

    La pièce était vide et plus aucun son ne sortait de le haut-parleur. Lentement, Dexter s’appuya sur la canne. Il tenta de se lever mais ressenti une douleur très vive dans le genou droit. Il fit la grimace, mais aucun son ne sorti de sa bouche. Il s’appuya de son autre main sur la table et réussi à se redresser. Enfin debout, le padawan jeta son regard vers la caméra. Il était certain que le général n’avait pas coupé l’image. Le général s’attendait-il à ce que Dexter lui parle ? Possible. Malachite hésitait à partir sans un mot, mais qu’aurait-il pu dire ? Qui était-il face à ce tacticien et meneur de troupe ? Pad était morte par sa faute à lui, pas celle du Général. Le padawan ne pouvait pas en vouloir à ce leader qui avait toujours agit pour démolir l’empire de Sovereign. Une erreur stratégique ou un mensonge ? Dans le premier cas, Kaarde avait raison, il fallait lui pardonner. Dans l’autre, tout dépendait du mensonge. Dexter lui-même avait déjà dû mentir à des amis pour les protéger durant ses vingt années de guerre. La culpabilité, le doute, la tristesse et la compassion pouvait se lire dans l’œil qui lui restait. L’avis d’un besalisk n’avait jamais peser dans la balance. Ses pensées ou sa douleur devaient certainement être le dernier des soucis de ce grand homme. Le visage impassible, le cyborg en avait trop bavé durant la guerre, trop rencontrer des chefs pour savoir que lui, Dexter n’était qu’un pion à manipuler. Il tourna les talons et quitta enfin la pièce. 

    DAP - "Diagnostique en cours… Alerte ! Hématome sur la rotule droite. Attention : rupture de plusieurs vaisseaux sanguins ; risque de cailloux. Pas d’épanchement de synovie. Avis médical urgent ! Alerte ! Plaie à la crête. Attention : risque d’infection à 85%. Avis médical urgent !"

    ***

    A bord du Mirax Terrik,

    Le cyborg avait reporté sa visite à bord au maximum, mais DAP ne le laissait pas tranquille. Le genou droit du Besalisk avait doublé de volume et la mobilité devenait très douloureuse. La plaie à sa crête suppurait encore un liquide jaunâtre et le colosse souffrait de maux de tête. Ce fut donc péniblement qu’il arriva dans la salle de réception des urgences.

    Malachite ne s’attendait pas à ce que le vaisseau médical soit encore en effervescence. Les guérisseurs semblaient surpassés par le nombre de blessés et pas uniquement des Jedi. Des êtres de toutes espèces et affiliations étaient dispatchés par catégorie de soins urgents. Le quadrumane boitait toujours en s’appuyant d’avantage sur sa canne en cherchant un visage familier. Au départ, il ne reconnut personne ou seulement des gens qu’il avait croisé sur l’un des vaisseaux de la coalition. Puis, il constatait que des patients furent placés sur des lits ou mêmes des brancards mais dans les couloirs. Le nombres de blessés dépassaient de loin la capacité standard de l’infirmerie. Le boiteux s’immobilisa lorsqu’il remarqua un humanoïde inconscient couvert de brûlures au plasma avec une fracture ouverte à la jambe gauche. 

    Un Farghul – Il ne s’en sortira pas. Ses brûlures sont trop profondes.


    Le besalisk se retourna vers l’interlocuteur. Les vêtements du félin indiquaient clairement son appartenance à la guilde. 

    Le Farghul – T’es celui qui s’est battu contre Rulo. Facile, n’y a pas énormément de Besalisk dans le secteur. 


    Le cyborg n’avait pas envie de dialogué, même s’il fut surpris qu’on se souvienne de lui. En s’attardant sur l’alité, Dexter réalisa que celui-ci n’avait plus qu’un seul bras. L’autre n’était plus qu’un moignon enveloppé dans un pansement de fortune. Une douleur fantôme picotait l’épaule gauche supérieur du réptiloïde. 

    Le Farghul – Crapéko était avec toi. S’en est-il sorti ?

    Le colosse se contenta d’hocher la tête. Un soulagement s’affichait sur le visage poilu. Une main se posa sur l’épaule du besalisk qui sursauta, se retourna et fut prêt à broyer la main lorsqu’il reconnut Sol’As. 

    Le céréen – Doucement Dexter ! Ce n’est que moi. 

    Le Farghul – Il semblerait qu’il est sur la défensive. Le coup à la crête, ce n’est pas bon !

    Sol’As – Merci de votre diagnostique Fred’Adrek. 

    Fred’Adrek – De rien, dr Jedi !

    Sol’As – Viens par ici mon ami, je t’ai vu boité et cette plaie n’est pas belle. 

    Le réptiloïde ne répondit rien et se contenta de suivre le guérisseur. Malachite savait que ce natif de Céréa avait longuement soignée maître Brûle durant sa vie au temple Jedi. Tous deux arrivèrent à trouver un coin d’infirmerie où une table d’observation venait de se libérer. Le guérisseur essayait d’entamer un dialogue avec son patient, mais celui-ci se contentait de remuer la tête pour répondre par oui ou non. Sol’As commençait à soigner la plaie à la crête, lorsqu’on l’appela d’urgence pour s’occuper d’un patient qui venait de faire une hémorragie.

    Sol’As – Désolé Dexter, je dois m’occupé de Stan. Je reviens dès que possible. 

    Malachite comprenait et dans un sens, cela l’arrangeait bien qu’on ne le soignait plus. Enfin seul au milieu de la foule, Dexter se contenta de rester assis sur cette table en gardant la canne précieusement contre son torse. Un inconnu lui demanda la place pour soigner une plaie à la tête d’un natif de Iktochon. Le padawan se retira lentement et se plaça dans un coin de la pièce. Le blessé cornu portait des vêtements de Jedi mais le besalisk ne l’avait jamais vu. 

    La douleur dans son genou devenant insupportable, il décida de s’asseoir sur le sol dos au mur, la canne toujours entre ses bras. Baissant la tête, il ferma les yeux, il était si fatigué, si démoralisé, si lasse de cette guerre. Dexter ne s’était pas changé, ni lavé, ni soigné depuis la bataille. Il la pleurait, il se laissa envahir par la peine car il savait que s’il voulait être capable de se relever, il devait accepter ses émotions. Le padawan connaissait les sept étapes du deuil. Choc ; déni ; Colère et Marchandage ; tristesse ; résignation ; acceptation ; reconstruction. Où en était-il ? Sa seule certitude fut que tout son être était douloureux. 

    ***

    … - Dexter…

    L’interpeller avait perdu la notion du temps et de la réalité. Il avait l’œil valide humidifié par des larmes. En relevant la tête vers la personne qui avait cité son nom, le padawan reconnu un visage familier. 

    Sol’As – J’ai fait aussi vite que j’ai pu. Maintenant, je vais m’occuper de cette vilaine plaie. Vient vers la lumière. 

    Le réptiloïde allait se lever, mais il ressenti comme une lame lui transperçant le genou et remontant jusqu’au cœur. Un cri lui échappa des lèvres et le Céréen intervenu afin de soutenir le colosse. 

    Sol’As – Ton genou semble être la priorité. 

    Pendant les minutes qui suivirent, le guérisseur utilisa autant la Force que différents produits pharmaceutiques pour soigner Malachite. Sans que celui-ci n’ouvre un dialogue, Sol’As lui parlait de Padmée et sa fâcheuse tendance à négliger sa santé lorsque l’univers fut en danger. Il lui racontait combien, elle resterait dans la mémoire des Jedi. Qu’elle lui manquerait à lui aussi, mais qu’il ne prétendait pas ressentir la détresse qui devait habiter Dexter. Puis, sans savoir tous les êtres déjà perdu dans l’entourage de son patient, Sol’ entamait une discussion que Malachite avait que trop entendu. 

    Sol’As - … elle n’aurait pas voulu que tu t’écroules. Je ne doute pas que cela te semble tôt pour repartir au combat, mais la coalition ne restera plus inactive longtemps. Ressaisi-toi padawan, bientôt l’Ordre Jedi aura besoin de toi. 

    Le cyborg appréciait l’intention du Maître Jedi et le natif d’Ojom ressentait l’empathie du Céréen. Pourtant, il avait tort. Le padawan décida de sortir de son mutisme. 

    Dexter – Maître As, avec tout le respect que je vous dois, l’Ordre Jedi n’a pas besoin de moi.

    Le guérisseur fut surpris par les paroles de son patient, mais soulager qu’il se décidât à parler. 

    Sol’As - Je t’assure qu’on aura bientôt besoin de tout l’aide possible. En plus, Pad s’est sacrifié pour…

    Dexter – Moi. Elle savait, elle a toujours su que si elle me suivait dans le cœur de cette rébellion contre Sovereign, elle y trouvera la mort. Je n’avais pas compris certaine de ses paroles dans le passé, mais aujourd’hui, elles prennent tout leur sens. Elle n’a pas rejoint la bataille de Fondor pour sauver l’Ordre Jedi ou la coalition ou même la mission. Lorsqu’elle a décidé de ne plus se cacher, ce n’était que dans un seul but. Me sauver. J’aurais dû mourir dans cette attaque. Elle en avait eu la vision. 

    Sol’As – Ah… Je comprends. 

    Silence

    Sol’As – Je ne te dédirais pas. Cependant, je la connaissais bien. Une fois entrée dans l’action, elle…

    Dexter – Non, elle voulait partir, elle voulait que je fuie avant l’arrivée des autres flottes républicaines. Elle vous a tous aider parce que je ne voulais pas vous abandonner. Elle est morte par ma faute. Ce n’est pas celle du général avec sa folle manœuvre ou celle d’un allié fourbe dans nos rangs, c’est ma faute. 

    Silence

    Sol’As – Est-ce pour autant que tu dois renoncer à te battre maintenant ?

    Dexter – Je n’ai jamais dit que je renonçais à me battre. J’ai dit que l’Ordre Jedi n’avait pas besoin de moi, c’est très différent. 

    Le céréen finissait les soins. Il mettait en place ses instruments en cherchant comment reprendre le dialogue. Le besalisk l’observa un moment avant de poser une question. 

    Dexter – Où est Weedge ? lui est-il arrivé le pire ?

    Sol’As – Non, il soigne un gotal de la guilde…

    Dexter – COLE !

    Sol’As surprit – Euh… oui, le connais-tu ?

    Dexter – Oui. Lorsque j’ai perdu mon bras, il m’a sauvé la vie. Je peux le voir ?

    Le guérisseur fut soulagé de constater l’intérêt que portait le quadrumane à d’autres êtres. Le dépressif est-il effectivement moins résigné que ce qu’il ne le pensait ? Que soit, As répondit à sa demande en lui expliquant la situation du natif de Lothal. 

    Après s’être laver et enfiler des vêtements propres, Malachite cherchait à aider les guérisseurs dans des tâches de rangement de petits matériels et de triage de dossiers pendant que son genou restait étendu à la verticale. Le boiteux du attendre deux jours avant d’être autorisé d’aller observer derrières une vitre, Weedge soignant Pr’Col.

    Durant les deux jours qui suivirent, Malachite fut devenu raisonnable et serviable. Il continua à se proposer pour seconder dans des tâches de nettoyage, ou comme bandagiste. Même si le cyborg n’avait plus réellement besoin de la canne, il continuait à marcher avec elle. Le padawan de maître Brûle fut incapable de se séparer du dernier objet lui appartenant.

    En revanche, il prenait toujours un moment pour passer voir ses amis pour qui il était invisible. Dexter espérait que Weedge puisse sauver le gotal. Cependant, en le voyant autant vieillir de jour en jour, il ne pouvait que pensée à comment Cole allait pouvoir gérer cela. 

    Décidément, la guerre contre Sovereign avait fait des ravages dans toute la galaxie, dans la coalition, dans les proches de Dexter. De la tristesse, l’endeuillé passa à la résignation ! Oui, Pad était morte, mais pas pour rien !

    Ce message a été modifié par Padme111 le mardi 23 juillet 2019 - 18:55

    mardi 23 juillet 2019 - 00:00 Modification Admin Réaction Permalien

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    Kinsa-Talik

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    Juste après le débriefing…

    Je n’eus pas le temps de bien quitter la salle du débriefing que Ceno me rejoignis. Je le saluai d’un signe de tête et d’un sourire, alors que Zadyssa regardait ailleurs. Elle était venue avec moi car elle avait participé à la mission, mais je la savais intimidée par toutes ces présences prestigieuses. De mon côté… Je commençais un peu à m’y habituer. Surtout, ce qui m’importait était d’avoir vu Ange en vie, même si je n’avais pas pu lui parler. Me rendant légèrement mon salut, il déclara sans préambule.

    Ceno : Une réunion importante se prépare sur Mandalore, et ta présence est requise.
    Moi : Mais… Je dois rester ici. Les Jedi se remettent encore de la bataille, et ils ont besoin de moi… J’ai promis à Shina de l’aider à l’infirmerie, elle compte sur moi.
    Ceno : Les Mandaloriens sont ton peuple. Mand’alore appelle, tu dois répondre.

    Contrariée par cet « appel » imprévu qui n’était pas dans mes plans, je soutins son regard quelques instants avant de soupirer. À peine avais-je été réintégrée, et déjà ma double affiliation me posait des problèmes. J’allais devoir la jouer fine pour m’en sortir… 

    Moi : Il faut que je demande au Conseil, ou au moins à un maître l’autorisation de m’absenter quelques jours. Je ne peux pas m’éclipser comme ça.
    Ceno : Je t’accompagne.

    Je haussai les sourcils, surprise, puis avisai maître Naberry. Le Grand Maître se trouvait être mon supérieur le plus proche, et lorsque je lui demandai la permission de me rendre brièvement sur Mandalore, il jeta un coup d’œil en coin à Ceno et accepta, m’ordonnant toutefois de revenir le plus vite possible.

    Moi : Cela va sans dire, maître. Je serai de retour en un rien de temps. 
    Kaarde : Je te fais confiance, Kinsa.

    Alors que nous nous éloignions, je considérai Zadyssa. Elle ne pouvait pas venir avec moi sur Mandalore, je devais donc la confier à quelqu’un de confiance pour ces quelques jours. Dans d’autres circonstance, j’aurais immédiatement pensé à Galen, mais étant donné notre récent désaccord et son assignation à s’occuper de Fanny Keto, il n’était pas question que je lui laisse ma padawan. En parlant du loup… Je croisai son regard et il me parut qu’il savait où j’allais. Il n’était pas impossible qu’il ait entendu quelques mots de la conversation… Aussitôt, ses mots blessants concernant les Mandaloriens remontèrent à la surface et mon expression se ferma. 

    Zadyssa : Kinsa ?
    Moi : Pardon, j’étais dans mes pensées. Tu as dit quelque chose ?
    Zadyssa : Il s’est passé quelque chose entre toi et Galen ? Tu le regardes bizarrement…
    Moi : Oui. Je veux dire, non. Enfin, peut-être. Je n’ai pas vraiment envie d’en parler… En tout cas, pendant mon absence, tu resteras avec Eckmül, mon ancien camarade padawan que je t’avais présenté, et si tu as besoin de quelque chose, tu peux aller voir Shina aussi. 
    Zadyssa : D’accord…

    Sur ce, elle s’éloigna, me laissant seule avec Ceno, qui me fixa quelques secondes.

    Ceno : Galen ?
    Moi : Je n’ai pas envie d’en parler. Désolée. 

    À mon grand soulagement, il n’insista pas et je rejoignis en trottinant Zadyssa. Je devais récupérer l’Arrow sur le Tarentule II, de toute manière… En passant, je la confiai à Eckmül, qui accepta de bon cœur, puis je retrouvai avec plaisir R8. Après être passée en hyperespace en même temps que la flotte néo-mandalorienne, je passai le trajet jusqu’à Mandalore en méditant : j’aurais sans doute besoin de sérénité pour une réunion avec les chefs… 

    Une fois sur ma planète natale, je retrouvai Ceno et les jumeaux à l’astroport : nous étions arrivés avec à peine quelques minutes d’écart. Aussitôt, je remarquai une absence à l’habituel clan Ordo : Keller n’était pas là, alors que d’ordinaire il ne quittait pas Ceno d’une semelle. 

    Moi : Où est Keller ?
    Ryff : C’est vrai ça…
    Ceno : Il est en mission. Vous n’en saurez pas plus.

    Ainsi, voilà l’origine de la petite inquiétude que je sentais chez lui… Bien qu’elle soit difficile à discerner, voire impossible pour quelqu’un n’ayant aucun lien avec lui, je connaissais bien ce sentiment, semblable à ce qu’il émanait lorsqu’un de nous partait en mission dangereuse. Keller devait être en pleine mission risquée. Mais je savais également qu’il était inutile d’insister pour essayer de savoir des détails.

    L’ambiance à Sundari était morose, comme si un voile de deuil s’était abattu sur la ville. Cette dernière se remplissait peu à peu des Néo-Mandaloriens qui avaient survécu à la bataille, quittant les vaisseaux de la flotte en morceaux. Mon peuple ne survivrait pas à une autre défaite de cette ampleur… D’autant plus que parmi les survivants, tous n’étaient pas indemnes. Malgré ma faible puissance en ce qui concernait les arts mentaux, je sentais tout de même leur souffrance à la fois physique et morale : il y avait là des orphelins, des veuves, des veufs, des parents qui avaient perdu leur enfant sous les tirs républicains… 

    Même si j’aurais voulu m’arrêter et réconforter chaque âme, je me fis violence et suivis Ceno jusqu’au palais. J’étais là pour la réunion, pas autre chose. Très rapidement, je sentis les regards de certains chefs se poser sur moi, et la sensation que je n’étais pas à ma place augmenta considérablement, mais la présence proche de Ceno m’encouragea à garder la tête haute. De plus, je ne reconnaissais pas certains d’entre eux, deux en fait. L’un deux, un jeune homme de moins de trente ans, avait le symbole du clan Dyre sur une des épaulettes de son beskar’gam. J’avais déjà rencontré Xor Dyre, une fois, au conseil mandalorien, et il paraissait plutôt sympathique. La ressemblance entre lui et le jeune homme en face de moi était frappante : il n’y avait aucun doute qu’il était son fils. Cependant, sa présence signifiait que son père était mort au combat… 

    L’autre inconnu était un rouquin du clan Skirata qui paraissait encore plus perdu que moi. Malgré ses efforts pour garder une certaine prestance, il trahissait sa nervosité par d’incessants coups d’œil autour de lui. Je me rappelai avoir assisté à la destruction du Sulfur, que Davrel Skirata commandait : maintenant, il n’y avait plus de doute concernant le sort de l’ancien Mand’alore. 

    Sans surprise, Ruusan Fett et Jarg Beviin étaient également présents, avec Dua Juun en retrait en tant qu’ingénieur, ainsi que bien sûr, la Mand’alore, Jaia Tepal. Elle paraissait la plus affectée de tous, même si elle le cachait bien. Ce fut elle qui signifia le début de la réunion, en frappant une fois sur la table ronde. Les rares discussions qu’il y avait cessèrent, et elle prit la parole :

    Jaia : Mes frères, nous venons de vivre une bataille éprouvante, et comme vous le savez tous, aux pertes immenses. Nous pleurons deux membres de notre conseil : Davrel Skirata, dont le clan a été décimé, et Xor Dyre, qui s’est sacrifié pour permettre la survie de notre peuple. Nous leur rendrons honneur, à eux et à tous ceux qui sont tombés, dans une cérémonie qui se tiendra demain. Dans le même temps, nous accueillons dans ce conseil leurs héritiers, Xari Dyre et Amis Skirata. 
    Beviin : Est-ce judicieux de conserver la présence du clan Skirata à ce Conseil ? Après tout, leurs effectifs sont à présent minimes, et par conséquent, est-ce toujours utile d’avoir quelqu’un pour représenter un clan exsangue ? Sans vouloir manquer de respect à l’héritage de Davrel Skirata, s’entend…
    Ceno : Je suis d’accord. 

    Il tourna légèrement la tête vers Amis Skirata. Si je ne me trompais pas, il était en train de se dire que ce rouquin n’avait pas l’air d’avoir la carrure pour siéger au Conseil, et je ne pouvais pas vraiment lui donner tort.

    Rusaan : J’appuie cette recommandation.

    Constatant que tous les vétérans paraissaient d’accord, la Mand’alore soupira :

    Jaia : Très bien. Un autre chef de clan sera choisi pour remplacer Davrel, mais si le clan Skirata regagne sa puissance, il pourra prétendre à un siège au Conseil. À présent, sur une autre note… 

    Elle énuméra les pertes matérielles, allant des croiseurs aux Basiliks qui avaient été détruits. Je fus surprise d’apprendre que le commando Ramikad avait perdu deux de ses membres : Jager et Lynx. Je n’avais travaillé qu’une seule fois avec eux, mais Lynx surtout m’avait fait une bonne impression…

    Jaia : Ainsi, la reconstruction de la flotte est l’une de nos priorités. J’attends de MandalMotors qu’ils mettent les bouchées doubles quant à la production de nouveaux vaisseaux, sans compter les réparations de ceux qui ont été abîmés. Je ne tolérerai pas qu’on pense que les Néo-Mandaloriens sont faibles. Dua, vous savez quoi faire.

    Le Sullustéen hocha la tête, son expression indéchiffrable. C’était beaucoup de pression mise sur lui… Je savais qu’il partageait la responsabilité de concevoir la flotte avec Lemann Toe, qui était plus expert dans les systèmes intérieurs des vaisseaux. 

    Jaia : Maintenant que le bilan est fait, il est temps d’avoir des éclaircissements sur la manœuvre qui nous a tant coûté. Chef Ordo, Kinsa, vous avez assisté au débriefing de la bataille. Quelle est l’explication du général Gunnar ?

    On pouvait sentir la colère sous-tendre chacune de ses paroles. Ce fut Ceno qui répondit, plus composé que lors du débriefing.

    Ceno : Le général Gunnar prétend que cette manœuvre avait pour but de récupérer des données top secrètes concernant les Shaax sur la station Astéria. D’après lui, si nous n’étions pas au courant, c’était par peur qu’une taupe dans nos rangs compromette cette mission.
    Rusaan : « Prétend » ? Tu penses donc qu’il ment ?
    Ceno : Je doute que le général joue franc-jeu avec le reste de la Coalition. Et même si c’était vrai, de telles informations valaient-elles réellement le nombre de vies sacrifiées ?
    Beviin : Sûrement pas ! Les Shaax ne sont des menaces que pour les détenteurs de la Force, ils ne sont apparus que lorsque des Jedi étaient impliqués. 

    Ce disant, il se tourna vers moi et j’eus l’impression que sa dernière phrase était une attaque à peine déguisée.

    Beviin : En parlant des Jedi, pourquoi Kinsa Talik est-elle présente ? Elle ne fait pas partie de ce Conseil.
    Ceno : La chef Talik a participé aux deux missions précédant la bataille et assisté au débriefing. Son témoignage est précieux.
    Ruusan : En tout cas, le secret du général n’a pas servi à grand-chose, puisque visiblement la taupe a bien fait son travail d’alerter la République.
    Xari : La fuite qui a mené à l’arrivée des flottes républicaines vient peut-être de ces missions ? 
    Moi : Je répondrai ce que j’ai répondu au chef Ordo : si nous avions été découverts, nous l’aurions su. La République ne nous aurait pas laissé faire exploser un de ses précieux chantiers navaux. Mais faire des spéculations est inutile sans preuves.
    Beviin : Je demande : comment pouvons-nous nous fier à un homme qui nous cache des choses et qui s’arroge le droit de vie ou de mort sur nos soldats ? Le Général a délibérément sacrifié nos vies, celles de Davrel, celle de Xor, pour un motif on ne peut plus cryptique !

    Le ton commença à monter. Même s’ils n’étaient pas beaucoup, les chefs de clan étaient capable de faire entendre leurs opinions de manière…vocale. Il y eut même la proposition de quitter la Coalition, bien vite refoulée. Finalement, Jaia frappa la table.

    Jaia : Silence ! Lancer des accusations au vent ne résoudra rien. Je ne crois pas que le général Gunnar ait eu des mauvaises intentions, mais il a prouvé qu’il n’était pas infaillible, qu’il n’était qu’un homme, et je compte bien le traiter comme tel. Il est hors de question que nous le suivions à nouveau aveuglément au nom d’une confiance qu’il a trahie. L’alliance tient toujours… Mais elle sera bien une alliance, pas une obéissance. Cette réunion est terminée. 

    Sur ces paroles, Mand’alore se retira. Jaia avait toujours été un chef avisé, et malgré la pression, elle avait réussi à ne pas flancher et à prendre une décision raisonnable, avec laquelle j’étais d’accord. 

    Ceno : Tu devrais rester pour la cérémonie. 

    Je hochai la tête : je ne comptais pas faire autrement. Repartir avant les funérailles serait du plus mauvais effet… Et je me sentirais mal de ne pas honorer les soldats tombés au combat. Après tout, je n’étais pas une Mandalorienne à mi-temps.

    mardi 06 août 2019 - 09:41 Modification Admin Réaction Permalien



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