Le Temple Jedi 6 (page 108)

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    AngeSolo

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    Cela faisait près d’une vingtaine de minutes qu’ils couraient dans les méandres de la zone industrielle aux relents des gaz d’échappement et d’acoustique qui démultipliaient leurs pas. Ils n’étaient pas tirés d’affaire, loin de là, juste gagnés quelques mètres, tout au plus, sur ces mercenaires qui les traquaient sans relâche.
    Les rues devinrent ruelles, la lumière rare et l’état de délabrement avancé quand ils jugèrent le moment opportun pour reprendre souffle et lucidité. Le Mandalorien repéra une porte fatiguée qu’il fit plier de ses mains et tous deux s’engouffrèrent dans cet asile de fortune dont bien d’autres avant eux avaient su profiter à en juger par l’odeur âcre et putride de ces excréments qui leur assaillirent gorge et poumons.

    Cera : Exquis.
    Ange, qui tournait déjà de l’œil : Je crois que je vais dégueuler…

    Elle soupira bruyamment comme pour pallier un sens par un autre et lissa sa tenue, machinalement, une fois, puis deux, puis trois – habitude névrotique de son temps passé d’emmurée volontaire dans cette tombe qui avait jadis dérivé dans l’espace. Il leur fallait un plan, il leur fallait réfléchir, il leur…

    Cera, la pressant : On devrait retourner à la ferme et mettre les voiles avant qu’il ne soit trop tard.

    Mais Ange ne l’écoutait pas : elle s’était immergée dans la Force, à l’abri de ses regards, à l’abri du monde et de cette atmosphère qui lui oppressait la poitrine. Les idées fusaient, se bousculaient, entraient en collision et parfois s’annihilaient. Tout allait vite, beaucoup trop vite. Les possibilités se succédaient, divergeaient, se repoussaient. Elle n’avait pas le temps de penser. A peine nées, elles s’évanouissaient, remplacées par les plus brillantes, celles qui survivaient.

    Cera, lui saisissant le bras : Solo, il faut qu’on y aille !
    Ange, se raccrochant à la matérialité de son environnement : Non. On ne peut pas aller à la ferme : c’est beaucoup trop risqué !
    Cera : Je croyais que c’était sûr.
    Ange : Ça l’est sûrement encore mais les risques à encourir pour s’en assurer sont beaucoup trop grands et tu es désarmé.
    Cera, la corrigeant : … presque…
    Ange, l’ignorant : … la distance à parcourir est conséquente, à découvert et il n’est pas impossible que les hommes du Courtier l’ait déjà investie, ton vaisseau réquisitionné…
    Cera : Ça, c’est impossible.
    Ange, le toisant par-delà sa visière : Ça t’arrive de penser avec ta tête, Boîte de Conserve ? Laisse ta testostérone de côté cinq minutes. Le timing est mal choisi. On vient de descendre le Gouverneur. A l’heure qu’il est, la moitié de Coronet sera à nos trousses. On ne pourra pas quitter la planète ni par la force, ni par mon joli minois. Et si mon vaisseau est toujours là où je l’ai laissé, j’entends bien qu’il me serve quand le moment sera venu pour nous de nous sortir de ce bourbier.
    Cera : Très bien, Solo. Tu suggères quoi ? Moisir dans ce trou à rats ?
    Ange : A quelque chose près… Depuis vingt ans, Corellia est une…

    Les mots lui manquaient.
    Il n’était pas d’ici.
    Comment pouvait-elle lui expliquer ?

    Ange¸ faisant la grimace : … cocotte-minute… Je sais, l’image n’est pas géniale mais elle a le mérite de bien traduire ma pensée. Les gens étouffent. La République leur a pris leurs libertés. Tout le système est épié, surveillé. Bommbassa les a laissés crever. Ce que j’ai fait, tout à l’heure, mes propos, mon baratin, le mur et mon enregistrement, c’était pour ça. C’est devenu viral. La pression monte. Le Gouvernement, espérons-le, reprendra les choses en main ou alors…
    Cera : Ça sera la guerre civile.
    Ange : Je ne fais pas te faire l’offense d’insinuer que tu ne sais pas ce que c’est qu’un peuple qui crève la faim, n’est-ce pas ?

    Il n’avait rien à ajouter.
    Il savait.

    Ange : Dans deux ou trois jours, le couvercle va sauter. Il va y avoir des émeutes, des manifestations, des coups de blasters. A ce moment-là, on trouvera des sympathisants si les choses tournent mal…
    Cera : Tu ne veux vraiment pas jouer la carte de la Guilde, dis-moi.
    Ange, secouant la tête : Non, je ne peux pas. Je…

    Sa phrase mourut entre ses dents.
    Elle ne pouvait pas tout perdre, pas maintenant, pas après tout ce qu’elle avait déjà traversé. Elle avait une guerre à gagner, la sienne sans doute, celle qu’elle avait peur de ne plus pouvoir mener. Elle ne pouvait pas baisser les bras.

    Ange : Je sais où l’on peut aller.

    Elle ne sut, au juste, comment s’imposa cette idée, si naturellement, qu’elle s’étonna presque de ne pas y avoir songé. Devait-elle y avoir un signe ou une manifestation d’une présence invisible qu’elle avait tendance à trop souvent oublier ?

    Ange¸ souriant au vide : Il faut que j’aille voler un speeder.

    Une lueur brillait dans ses yeux bleus.

    Ange : On doit s’assurer de semer ses types. On oublie les basfonds avec le Courtier : autant se tirer un laser dans le pied. Le quartier touristique sera notre aubaine mais il est un peu loin pour y aller dans notre plus simple appareil.
    Cera : D’où le speeder.
    Ange, un rictus se dessina sur ses lèvres : Tu commences à me plaire, Mandalorien. Tu m’attends ici.
    Cera : Te laisser, seule ? C’est hors de question !
    Ange : De la discrétion, il nous faut de la discrétion et tu…
    Cera, le ton n’appelant pas la discussion : Je ne te laisserais pas seule ! On ne sait pas combien sont ces types. A deux, on est plus fort.
    Ange : A deux, on a surtout plus de chances de se faire coincer…

    Elle entendit un râle.

    Ange : J’ai grandi ici. Je sais me fondre dans le décor, disparaître et je pourrais même te faire les poches sans que tu t’en aperçoives. J’ai besoin de te savoir ici, là, prêt à bondir à la seconde où je débarquerai. Fais-moi confiance.
    Cera : Ce n’est pas une question de confiance.

    Il eut un silence.
    Pesant.
    Beaucoup trop pesant.

    Ange, souriant faiblement : On la retrouvera.

    Ce fut tout et elle lui tourna le dos.
    Le contact, lui, fut froid, pour ne pas dire glacial. Elle ne s’y attendait pas, c’était venu comme ça. Elle tomba en arrière, la tête la première, dans ce ***illégal*** noir, intérieur et sinistre. Ses doigts s’agitaient, déchiraient l’eau, tandis que les vagues battaient son visage en proie à la lutte, à la surface. Elle but la tasse, plusieurs fois, ingéra ses relents amers et s’agrippa péniblement sur son rocher. Elle se hissa, difficilement, à la force de ses bras épuisés et bascula sur le dos. Elle toussa, ravala sa salive et chassa de son front ses mèches encore suintantes d’humidité. Elle frissonnait, seule sur son île, entre ces deux rives, entre lesquelles elle perdait pied. Puis, elle ferma les yeux à la recherche de cette sérénité contemplative et la tempête prit fin. Les voix se muèrent en murmures et elle le sentit, ce lien, obscur, beaucoup trop obscur. Souffrance, colère, lassitude : elles le rongeaient à l’unisson.
    Alors, Ange se redressa.
    C’était vrai : ce n’était ni Mirax, ni Kaarde, ni sa fille, ni Tyria. Pourtant, de cette nouvelle connexion à travers la Force, elle se drapa. Son corps se réchauffa et une nouvelle étoile, plus sombre que les autres se mit à briller dans son ciel intérieur.


    mardi 12 mai 2020 - 23:57 Modification Admin Réaction Permalien

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    Padme111

    25877 Crédits

    Dialogue réaliser en collaboration avec Galen

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    A bord de la Tarentulle II,

    le besalisk s’était afféré à divers exercices de padawan. Il avait accumulé des entraînements au sabre laser, de la forme I à la forme III avec différents padawans sous la supervision de quelques maîtres. Avec ceux-ci, le padawan c’était aussi amélioré dans les pouvoirs de la Force tel que la perception de Force, la Vitesse, le saut, la télékinésie, le Curato Salva, l’ionisation niveau 1 et la dispersion d’énergie. Comme la majorité des maîtres Jedi furent débordés par des préoccupations qu’ils refusaient de partagés avec les moins expérimentés dans la Force, Dexter n’avait pas pu s’initier à l’étourdissement de Force. Cela fut une double déception pour le quadrumane même s’il en comprenait la raison. Le cyborg était conscient qu’il avait encore énormément à apprendre dans l’Ordre Jedi. Cependant, étant le plus âgée des padawans et le plus expérimenté sur le terrain, une part de lui était frustré de ne pas pouvoir être au cœur de l’action. 

    Et pourtant…

    « Phoenix, tu dois retourner sur Phoenix »

    Dans ses rêves, cette phrase était récurrente. Même s’il n’avait jamais rencontré de fantôme d’un maître Jedi, Padmée lui avait enseigné qu’un Jedi était capable de faire un avec la Force et de communiqué oralement ou sous une forme immatérielle avec les vivants. Elle-même l’avait vécu avec Maître Pollux HornTerrik. Au bout de plusieurs nuits, le colosse était certain que la voix prononçant cette phrase était celle de Maître Brûle. Mais pourquoi se manifestait-elle uniquement lorsqu’il dormait ? 

    ***

    Le cyborg venait d’entrer dans la salle commune pour prendre son déjeuner lorsqu’il ressenti une forme d’agitation autour de lui. En questionnant les quelques padawans autour de lui, il apprit que l’équipe parti en mission, diriger par les Chevalier Talik et Arek, était de retour. Un sentiment de soulagement l’envahit ! Le besalisk aspirait à ce que cette équipe rapporterait des informations nécessaires pour contrer une bonne fois pour tous les horribles hexapodes qui furent responsable de la mort de son père. Malachite s’obligea a terminé son repas et refréner son envie d’aller sur le pont leur demander ce qu’ils avaient trouvés. Après une mission pareille, l’équipe aurait besoin de soufflée et de remettre leur rapport au conseil Jedi et au général. 

    Le padawan dut se faire violence et preuve de maîtrise de lui afin de ne pas déranger les membres de l’équipe. Dexter cherchait à s’occuper en retravaillant l’ionisation niveau 1 et la dispersion d’énergie dans une des salles prévues à cette effet. Étrangement, sa connexion avec la Force lui renvoyait des images de ses paysages préférés de Phoenix. Le padawan avait beau essayé de se concentrer sur le présent et sur l’exercice qu’il s’était fixé, des images des montagnes, des plaines des 7 volcans, et même d’une tombe. A ce moment précis, Dexter se figea ! Il secoua la tête et s’adressa au vide.

    Dexter – Maître ? Est-ce vous ?

    Silence. 

    Dexter – Cet image de tombe… cela ne peut être la vôtre. Je ne connais personne qui soit enterré là, près de votre maison…

    En prononçant ses mots, le cyborg eut comme une révélation. Il se souvenait que sur Dracon, lors d’une méditation avec son maître, ils avaient partagé des souvenirs. Padmée s’était ouverte à lui, en lui montrant son chagrin d’avoir perdu son animal de compagnie, le Thernbee nommée Sacripant. 

    L’animal était mort de vieillesse, pourquoi Padmée voudrait que Dexter se souvienne de lui ? Cela n’avait pas de sens. Malachite secoua la tête et se replongea dans la Force afin de court-circuiter le droïde devant lui prévu pour s’exercer à l’ionisation. Lorsque le padawan fut plongé dans la Force, la même image s’imposa à lui, mais cette fois-ci une silhouette se dessinait devant la tombe. Alors Dexter se laissa baigner dans la Force, oubliant ses réticences et objections. La silhouette devenait de plus en plus nette. Le colosse reconnu alors son tuteur. 

    Dexter – Vyvacy…

    Juste avant d’ouvrir ses yeux, le padawan crut voir le phoenicien tourner sa tête vers lui et les yeux remplit de larmes. 

    « Quitte la flotte, tu lui seras bien plus utile à lui qu’à eux »

    Dexter – Maître !?

    Cette fois-ci, il en était certain, c’était la voix de Padmée. Même si elle était lointaine, même si elle était à peine audible, son maître lui avait parlé. 

    Dexter se leva et se dirigea vers les quartiers qu’on lui avait octroyer. Il réunit les quelques affaires qu’il avait et les transporta dans son cargo Hilote. Il devait retrouver Weedge sur le Mirax Terrik car le guérisseur voulait venir avec lui sur Phoenix. Toutes vérifications étant faite, Malachite décida de ne pas partir sans dire au moins au revoir aux chevaliers revenus de mission. Par respect, il leur devait de leur dire pourquoi il partait. 

    ***

    Tout en allant à la salle du conseil Jedi, le cyborg avait croisé divers Jedi. Une rumeur semblait récurrente : Kinsa Talik n’était pas revenu ! Personne n’avait d’informations réel d’où la chevalier était. Le Cyborg en conclus que les affaires Mandalorienne l’avaient obligé à les rejoindre eux tandis que l’équipe Jedi rentrait à la flotte. 

    Dexter attendit près de la porte de la salle du conseil. Il voulait parler à Galen. 

    Le temps d’attente lui paru une éternité, mais enfin les portes s’ouvrir. Les maîtres Jedi sortirent en premier. Jourus ignora royalement le colosse. Aynor s’étonna de le voir. 

    Aynor – Si c’est pour un entrainement, tu tombes mal…

    Dexter – Non, je parts. Je voulais juste dire au revoir. 

    Aynor – Sur Phoenix. Le général va mettre la flotte en route, nous ne resterons pas à ces coordonnées. Tu pourrais ne pas pouvoir nous retrouver. 

    « Fuis la flotte ! Ne revients pas, ne te retourne pas ! »

    Dexter – Je… Je ne pense pas revenir. 

    Aynor – J’en suis bien triste, mais je n’ai vraiment pas le temps d’en discuter avec toi. Si ta décision est prise…

    Dexter – Oui. 

    Aynor – Alors que la Force soit avec toi. 

    Dexter – Avec vous aussi Maître. 

    Aynor avait à peine tourner les talons que Galen sortait de la pièce. 

    Dexter - Bonjour Galen, je ne vais pas te retenir longtemps, mais j'aimerai te parler.

    Galen : - Oh Dexter ! Je ne m’attendais pas à te voir ici, à faire le piquet. Y a un problème ?

    Dexter - Oui et non. Je n'ai pas vu Kinsa, elle est retourné chez les Mandalorien? Avez-vous pu ramener des infos intéressantes ?

    Galen est hésitant, son expression dénotant qu'il cherche comment annoncer le plus dur alors qu'il est tenu par une sorte de confidentialité. Dexter reste silencieux et patient.

    Galen : - C'est difficile à dire. Nous avons déniché des pistes assez surprenantes au cours de notre enquête mais il est encore trop tôt pour entrevoir une victoire. Quant à Kinsa... (Il serre les poings en tremblant.) Je ne devrais pas le dire pour éviter plus de panique que de sûreté.

    Dexter tressaillit. L'émotion du chevalier était certes maîtrisée, mais ses yeux trahissaient un mélange d’inquiétude et de culpabilité. L'empathie du padawan fit le reste. Il laissa un silence car le colosse ne savait pas s'il désirait en savoir davantage. Dans tous les cas, il ne resterait pas. 

    Après une profonde respiration. 

    Dexter - j'ai pris l'habitude que les Maîtres Jedi, les chefs de la rébellion ont leurs secrets. Ne vous fourvoyez pas. Je peux être une tombe quand je veux. De toute façon, j'étais venu vous dire que je parts pour Phoenix.

    Galen : - Je vois... Phoenix, hein ? Hé, il faudra que je m'y rende un jour. Arf... J'imagine que ça ne me coûtera rien de te mettre au parfum. (Il se détend du mieux qu'il peut et poursuit avec pragmatisme.) Kinsa est retenue en otage et je pars la chercher.

    Une gifle n'aurait pas pu être plus violente que cette nouvelle. Le quadrumane eut un mouvement de recul. Puis, il se plongea dans la Force afin de maîtriser ses émotions. 

    Dexter - En otage !!! ... Je me doute bien que vous alliez la chercher. (Il eut un moment d'incertitude). J'aurai voulu vous accompagner mais... (hésitant) Vyvacy a besoin de moi. Weedge m'accompagne sur Phoenix, il a besoin d'une pause. Je...

    Le reptiloïde ne voyait pas comment expliquer tout ce qu'il ressentait à Galen.

    Galen : - Je comprends parfaitement Dexter. Monsieur Brûle a besoin de se remettre de la perte de sa femme et son monde a besoin de lui. S'il a bien besoin de quelqu'un pour l'aider, tu en fais partie. Il n'y a pas de mal à ce que tu t'absentes pour une bonne raison.

    Le padawan cherchait ses mots. Le chevalier Arek lui avait confié un secret, il lui faisait confiance. Le cyborg décida d'en faire autant.

    Dexter - Merci Galen, ça me touche mais... J'ai une autre raison. Depuis votre départ en mission, j'entends mon maître dans mes rêves. Elle est insistante pour que je quitte la flotte. (Silence). Elle n'a jamais voulu que je vous rejoigne. Elle... Galen, je crains le pire pour l'Ordre Jedi.

    En écoutant attentivement le besalisk, Galen reste muet et immobile. Son attitude neutre à la raison donnée semble imprévisible et Dexter ne saurait dire ce qui se trame dans l'esprit du chevalier.

    Galen, tjs aussi ferme : - Je vois…

    Dexter - Tant mieux, parce que moi, pas du tout ! Padmée ne voulait pas venir sauver la flotte pendant la bataille de Fondor. Elle est venue car elle espérait déjà me faire m'éloigner de la rébellion. Je ne l’ai pas écouté et elle est... (la tristesse et la culpabilité l'envahit). A chaque fois que je ne l’ai pas écouté, je l'ai payé cher. J'aimerai vous aider, mais je crois qu'écouter maître Brûle est plus sage. Mon cœur est avec toi, j'aurai voulu t'accompagné pour sauver Kinsa. Mais ma raison me dicte d'écouter cette voix fantôme. J'espère qu'on pourra se revoir Chevalier Arek. Et ce jour-là, j'aimerai que vous soyez mon maître pour moi achever ma formation et devenir Chevalier à mon tour.

    Galen, tâchant de sourire amicalement : - Ce serait avec plaisir Dexter Malachite. Et je pense que Pad doit avoir de bonnes raisons de te tenir à l'écart, même si tu ne sembles pas comprendre. Avec ce qui nous tombe dessus en ce moment, la prudence est plus que nécessaire. Mais je dis ça, hé, il est possible que je fonce tête baissée dans un piège.

    Dexter - Moué, elle a toujours été énigmatique ! Merci d'accepter ma requête. Maître Brûle vous répondrait qu'un piège n'est qu'un piège si on ignore que c'est un piège. Autrement dit, agissez en prenant compte que cela est un piège et prévoyez une issue insolite. C'est ce qu'elle faisait le mieux. Que la Force soit avec vous... maître Arek!

    Galen affiche aussitôt un rictus plein de passivité et d'indifférence, avant de lui retourner l'adage : - Et puisse-t-elle t'accompagner où que tu vas. Toujours.

    L’un et l’autre se quittèrent ainsi. Chacun savait exactement ce qu’il devait faire !

    mercredi 13 mai 2020 - 15:07 Modification Admin Réaction Permalien

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    AngeSolo

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    A pas feutrés et sans le moindre bruit, la Corellienne se faufilait entre les différents entrepôts de la zone industrielle, déserts à une heure aussi avancée de la nuit. De temps à autre, des échos se joignaient à son propre souffle, lui ôtant la sérénité d’une avancée solitaire. S’agissait-il d’une simple milice locale ou devait-elle y deviner les hommes à la solde du Courtier ? Elle préféra que cette interrogation demeurât entière. Ses sens restèrent donc en alerte et elle-même à l’abri d’un regard égaré qui pourrait à tout moment les condamner.

    Après trente minutes de pérégrinations furtives, Solo trouva enfin ce qu’elle cherchait. Deux « Condor » airspeeders aux couleurs des forces de la sécurité corellienne se situaient à trois cents mètres de sa position. A leur proximité toute relative bavardait un nombre similaire d’individus, blaster ceint à la hanche. La Force et son instinct de hors-la-loi ne présageaient nulle difficulté et lui apportèrent de surcroît la précision que la paire manquante à cette patrouille de surveillance prenait du bon temps dans le poste de garde juste à côté.

    Ange se résolut à l’opération suivante : s’approcher du CAV-11 légèrement en retrait, saboter le système de démarrage et prendre la fuite le plus rapidement possible. Telle une ombre parmi les ombres, la cambrioleuse mit son plan à exécution et s’infiltra dans le véhicule à l’insu de son (ou ses) propriétaire(s). A l’aide d’un passe-partout qui ne la quittait pour ainsi dire jamais depuis qu’elle avait franchi la ligne de la légalité, elle dévissa consciencieusement le panneau en deçà du manche à balai et, à l’aide d’un bras de levier, fit choir la plaque. Les connecteurs électriques n’apparurent que pour mieux lui laisser sélectionner avec soin des fils qui la menaient à la batterie, au démarreur et l’allumeur. D’une main experte, elle dénuda un centimètre d’isolant sur les deux derniers, les lia étroitement ensemble et prit la précaution qu’ils n’entrassent pas en contact avec une quelconque partie métallique. Ange répéta prudemment sa manœuvre entre le fil du contacteur et de la batterie, s’assura de l’allumage des premiers voyants et s’apprêta à s’attaquer à la partie la plus délicate du processus qu’une gigantesque explosion illumina le ciel. Sursautant, elle se cogna douloureusement au tableau de bord tandis qu’une réaction de surprise tout aussi similaire s’empara des hommes à côté d’elle.

    La présence du Mandalorien, jusqu’alors en retrait, l’enveloppa brutalement dans la Force. Elle allait bien et l’informa que la déflagration avait vraisemblablement eu lieu dans la direction opposée à la sienne, c’est-à-dire celle qu’ils avaient fuie. Spencer. Elle fut de son avis et repoussa tout aussi sèchement sa présence qu’elle était apparue.
    Se concentrer, elle devait se concentrer.

    La Force lui transmit des informations précieuses avant même que ces dernières ne se fussent réalisées. Les deux membres de la sécurité corellienne cessèrent leur conversation et sautèrent dans le premier speeder qui filait déjà. Les deux autres, encore dans le bâtiment, s’activaient à sortir.

    Lâchant un juron, Solo se hâta de dénuder le fil du démarreur pour lui faire rencontrer successivement et sans contact prolongé celui de la batterie. Il eut des étincelles, le moteur rugit et elle se redressa sous les cris de stupeurs des deux miliciens qui couraient désormais dans sa direction. Ange s’assura hâtivement que son véhicule ne calait pas à l’aide de quelques coups d’accélérateur, déconnecta le fil du démarreur en maudissant l’univers entier et sa propre incapacité télékinésique à briser le verrou de direction du manche à balai. Sous la pluie des premiers tirs de blasters, elle se baissa par réflexe et plaça l’un de ses sabre-laser dans le volant jusqu’à entendre le bruit significatif lui certifiant que sa manœuvre avait porté ses fruits. Alors et alors seulement, elle mit les gaz.

    Une impulsion invisible prévint le Mandalorien de sa venue qui, aussitôt qu’elle fut à sa portée, la rejoignit sans attendre. La fréquence spéciale des forces de sécurité, allumée, narrait déjà le vol. Solo accéléra significativement et le Condor mit les voiles vers le quartier touristique de Coronet, celui qui ne dormait jamais.

    Cera : Tu me laisses le volant ?
    Ange, lui adressant un regard de biais : Parce que tu crois que je ne sais pas conduire, peut-être ? Je piquais et pilotais des vaisseaux avant même tes premières couches.
    Cera, intrigué : Vraiment ?
    Ange, agacée : C’était une formule toute prête, Mando-Macho ! Accroche-toi, ça risque de secouer un peu.

    Et elle n’avait pas tort.
    Le speeder, qui avait démarré quelques secondes avant le sien, avait subitement changé sa trajectoire comme l’avertirent les premières rafales qui fusèrent dans leur direction. Solo fonçait en ligne droite, parée à toute éventualité. Le Mandalorien, lui, s’était levé, avait activé sa lame et commençait à dévier la mortelle averse qui les menaçait. Plusieurs parades firent mouche mais il fut rapidement submergé par une seconde vague d’assaillants qui tentèrent de les prendre en tenailles. Visiblement, ils n’étaient pas les seuls à avoir les oreilles rivées sur la fréquence de la milice corellienne. Délaissant son sabre pour le DL-44 que la Corellienne n’eut pas besoin de voir pour reconnaître celui qui avait jadis été le sien, il rendit à ses adversaires leurs tirs.

    Ange n’avait pas le temps de s’embarrasser d’une communication superflue pour annoncer ce qu’elle désirait faire, aussi envahit-elle à brûle-point l’espace mental de son comparse. Partageant ses pensées avant même qu’elles ne fussent formulées, Cera reprit place à ses côtés et boucla sa ceinture à l’instant où elle tourna brusquement à droite. A cette gigantesque avenue sur laquelle ils lévitaient jusqu’alors se suppléa une succession d’artères aussi étroites que mal fichues. Les airspeeders, privés de leur avancée de front, furent obligés de se suivre. Le feu arrière s’en retrouva ainsi moins nourri tandis qu’un intrépide – ou stupide – pilote crut bon de s’élever davantage dans les airs pour les canarder de haut.

    Au lieu de ralentir l’allure, Ange accéléra, manœuvrant le Condor dans un état second. Au prix d’un enchaînement d’une série de virages de plus en plus serrés, agrémentés de secousses et de tôle froissée, elle distança un peu ses adversaires. Ils se rapprochaient effectivement du quartier touristique, plus dense et plus lumineux, mais toutefois précédé de quelques klicks d’étendues moins urbanisées.

    Le Mandalorien, profitant grâce à la Force des appréhensions de son propre pilote, glissa sa main dans les replis de la tunique paysanne de ce dernier à la recherche de ses armes. Solo lui renvoya une image mentale de leur exacte position ponctuée d’un tacle aussi railleur que douteux. Lui renvoyant la pareille, Cera la pria de stabiliser l’allure le temps qu’il s’assurât de sa fenêtre de tir. Elle obtempéra et, après une flopée d’insultes en ancien corellien, fut soulagée d’entendre que l’un des tirs provenant forcément de l’un de ses propres blasters venait de toucher un des stabilisateurs du CAV-11 qui, dès à présent, piquait dangereusement vers le sol, vers eux.

    Ange augmenta leur vitesse autant qu’elle le put afin d’éviter la collision, freina violemment et engouffra leur airspeeder dans une ruelle dans laquelle il ne pouvait manifestement pas passer en un seul et unique morceau. Plus le boyau se resserrait, plus elle estimait qu’il lui fallait une idée. Elle perdit un rétroviseur, plus l’autre, sous l’invisible regard tout aussi peu rassuré de son passager. Le véhicule vacillant percuta l’un de ceux qui n’avaient pas eu le temps de les suivre dans cette impasse et le souffle de l’explosion commença alors à balayer l’artère avec suffisamment de puissance pour leur permettre d’envisager de regagner l’avenue principale sans trop de dommages. Au moment où elle se préfigura l’impact, Solo hurla intérieurement au Mandalorien de mettre tout son poids sur la droite tandis qu’elle virait toute la puissance du stabilisateur droit sur le gauche. Le Condor s’affaissa à tribord et la puissance de la déflagration s’occupa du reste. Le flanc gauche se leva de cette trentaine de degrés qui leur manquait, rasant la paroi de l’entrepôt avec fracas. Ange rétablit l’équilibre précaire un peu tardivement, leur octroyant une secousse qui les aurait sans doute éjectés s’ils n’avaient pas été solidement harnachés, et mit le cap vers leur destination.

    Cera, se tournant pour constater qu’encore deux speeders les talonnaient : C’est qu’ils sont bons !
    Ange¸ modestement : Ils sont Corelliens.

    L’airspeeder, en parfaite ligne droite, ne pouvait pas aller plus vite. Heureusement, ceux qui les pourchassaient non plus. Le quartier touristique de Coronet, quant à lui, se rapprochait à une allure terrifiante.

    Cera : Et maintenant ?
    Ange¸ bafouillant : Je suis un peu à court d’idées…
    Cera, railleur : Génial.
    Ange¸ raisonnant à voix haute : Ton jetpack…
    Cera : H.S., je te l’ai dit plus tôt ! Tu m’écoutes quand je te parle ?
    Ange : Me gueule pas dessus, Boîte de Converse ! Je réfléchis ! Bordel de merd* ! Tu peux maintenir la manette des gaz enfoncée à distance ?
    Cera : Bien sûr ! C’est quoi, cette question ?
    Ange, hurlant : Je suis Corellienne, merd* ! Tu l’as oublié ? Je ne peux pas utiliser tous vos tours de passe-passe de feignasses !

    Les premiers immeubles démesurément gigantesques n’étaient plus qu’à cinq klicks.

    Ange¸criant pour se donner du courage : On va sauter ! On va se réceptionner et ils vont suivre notre CAV avant de s’apercevoir qu’il n’est plus piloté… et, surtout, tu vas me serrer très fort !
    Cera, parlant fort à son tour : C’est peut-être pas le moment…
    Ange, lui coupant la parole : Je suis sérieuse ! J’ai pas fait ce genre de trucs depuis des années !

    Trois klicks maintenant les en séparaient.

    Cera, se voulant rassurant : Ne t’inquiète pas, ça va bien se passer.
    Ange : Tu ne comprends pas ! Ça fait genre presque trente ans !
    Cera, surpris : Tant que ça ?!
    Ange, vociférant de plus belle : Je ne suis pas si vieille, ok ? Mais ça fait seulement quelques mois que je me suis recon…

    Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que le Mandalorien lova ses brava armés autour de sa taille et l’arracha de son siège, tout en maintenant actionné à distance l’accélérateur. La réception, quant à elle, fut plus douce qu’elle ne s’y était attendue. Son ange gardien de beskar absorba la majeure partie du choc et lui réserva la quasi-exclusivité du coussin de Force.

    En d’autres circonstances, sûrement, Ange aurait remercié sa paternaliste attention d’une farandole de jurons mais, en l’état actuel des choses, elle en fut soulagée. Outre la frayeur ante-saut suicidaire, elle n’avait pas une égratignure.

    Ange, se redressant tout en constatant que leur ruse avait marché à merveille : Est-ce que ça va ?
    Cera, encore le dos à même le sol : J’ai connu mieux.
    Ange, lui portant assistance : Tu peux marcher ?
    Cera, le timbre de sa voix fluctuant : Ça ira.


    Ce message a été modifié par AngeSolo le vendredi 15 mai 2020 - 19:15

    jeudi 14 mai 2020 - 21:12 Modification Admin Réaction Permalien

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    Kinsa-Talik

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    J’ignorais combien de jours avaient passé. Dans mon état, j’étais déjà étonnée de parvenir à formuler des pensées cohérentes. Enfin… Il y avait des moments où la simple idée de réfléchir me paraissait inatteignable. La pensée. Une ressource précieuse. Certains disaient que la seule chose qu’on ne pouvait pas enlever était la pensée, mais sous cette lumière aveuglante, affamée, assoiffée, épuisée, je commençais à questionner ce principe. Oh, bien sûr, mon goêlier avait fini par me donner de l’eau, il ne tenait pas à ce que je meure de déshydratation avant que je cède. Je ne mourrais pas de ça. Pas tout de suite en tout cas. Après qu’il ait obtenu ce qu’il voulait de moi – car il ne s’agissait pas de si, mais de quand – il pourrait bien me laisser dépérir, à moins qu’il compte m’utiliser comme otage. Mais la fin la plus vraisemblable qui m’attendait était une exécution. Peut-être publique, qui savait ? Il fallait bien donner l’exemple.

    Je remuai faiblement la tête. Pitoyable… J’étais pitoyable. Si j’avais pu sortir de mon corps et m’observer, je me serais sûrement désignée comme faible. C’était ainsi que je me sentais : atrocement faible. Incapable de bouger correctement, encore plus de me battre. Je me demandais ce qui était arrivé à mon armure… Mon beskar’gam. Et mon sabre. 

    Ma poitrine arriva à se contracter en un petit rire qui ne fit que blesser ma gorge. J’avais toujours pensé à ma propre fin comme quelque chose de plus…flamboyant. Partir au milieu d’un champ de bataille en affrontant un adversaire digne de ce nom était la mort que toute Mandalorienne souhaitait avoir. En accord avec mon rôle de Jedi, en sauvant quelqu’un. Jamais je n’aurais pensé finir mes jours dans un vaisseau Sith, à bout de forces, défendant sur le fil du rasoir mon esprit contre un ennemi. Heh. Des pensées plutôt morbides dans lesquelles me plonger, si on considérait ma situation.

    La porte de ma cellule s’ouvrit sur Shina. Enfin, le visage de Shina. Ce…monstre avait pris l’habitude de prendre les traits de mes camarades d’équipe pour venir me voir. Zadyssa, l’apparence qu’il affectionnait le plus. Galen, qui n’avait cessé de me narguer. Shina, qui venait de s’agenouiller à mes côtés. Eckmül, qui avait fait semblant de faire irruption dans ma cellule pour me secourir, tout comme Orvi. 

    Combattre le sentiment instinctif de sécurité qui m’envahissait en voyant leurs visages était le plus difficile. Pour la plupart d’entre eux, je les connaissais depuis des années. Je m’étais entraînée avec eux. J’avais combattu avec eux. J’avais appris, petit à petit, à leur faire confiance : autrement, je ne les aurais pas choisis pour cette mission. Pour respecter les consignes du général Gunnar, je n’avais sélectionné que des Jedi dans les mains de qui j’aurais placé ma vie sans hésiter. Vicious avait bien vite deviné les liens qui nous unissaient, et n’avait pas hésité avant de se servir de leurs traits pour me rendre vulnérable. En les voyant, j’avais envie de les protéger, pas de me méfier d’eux. Et petit à petit, jour après jour, le Sith endommageait ces liens. Je me retrouvais obligée de considérer ces visages en qui j’avais puisé tellement de réconfort à une époque qui me paraissait lointaine – presque une autre vie – comme des ennemis. Je devais me convaincre de ne pas baisser ma garde en leur présence, car ce n’étaient pas eux. 

    Absolument Pas Shina : Ce n’est plus très drôle de te briser. Cède, Talik. Tu sais que ce n’est qu’une question de temps. Si tu coopères gentiment, je pourrais bien t’accorder une mort de guerrière.

    Et Vicious se projeta contre mon esprit avec toute sa force. Je tressaillis. Contrairement à moi, le Sith avait droit à un vrai repos et à de la nourriture… Il était au sommet de sa forme, alors que j’étais étendue par terre dans le vain espoir de conserver de l’énergie. Il allait réussir à entrer… Mes barrières ne tiendraient plus : je les sentais s’effriter comme de l’argile dans un poing de fer. Dans un instinct désespéré, je me repliai sur moi-même et reculai mes murs mentaux en réprimant l’ensemble de ce qui m’était personnel. Mes souvenirs, mes sentiments… Tout fut enfermé dans cette bulle renforcée sur laquelle je concentrai toute l’énergie qui me restait. 

    Aussitôt, je le sentis pénétrer dans mon esprit et se heurter à cette bulle. Une retraite stratégique pour protéger ce qui était le plus précieux… Je cédais du terrain pour gagner sur d’autres tableaux. Il fallait croire que les leçons de stratégie de mes enseignants étaient restées gravées dans ma mémoire… 

    Vicious : Mauvaise idée.

    Pendant quelques secondes, il ne se passa rien. Puis, tout à coup, des visions entremêlées s’imposèrent à moi, sans que je puisse y échapper. Mort. Souffrance. Ces notions m’avaient toujours été familières et j’y avais été confrontée plus d’une fois, mais ces images… Je n’avais pas de mots pour les décrire. J’aurais pu, mais l’horreur qui les accompagnait était bien trop forte pour que je puisse exercer une quelque réflexion dessus. C’étaient mes amis qui mouraient dans ces visions. En quelques minutes, j’assistai à des centaines de fins différentes pour eux, torturés, mutilés, assassinés sans pitié. 

    Une larme coula sur ma joue, puis une autre. Une autre suivit et avant que je puisse y faire quoi que ce soit, je sanglotais, recroquevillée sur moi-même. Me dire que ce n’était pas la réalité était inutile. Voir ainsi Zadyssa être torturée… Galen se vider de son sang… Il n’y avait pas de raisonnement logique qui pouvait me permettre de le supporter. Et pour la première fois de ma vie, je pensai que si j’avais l’occasion d’achever ma propre existence, je le ferais. 

    J’avais réellement renoncé, cette fois. 

    Si je mourais, tout serait terminé. Il n'aurait pas accès à mon esprit, et je ne souffrirais plus.

    Je voulais mourir.

    vendredi 29 mai 2020 - 15:14 Modification Admin Réaction Permalien

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    galen-starkyler

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    La réunion stratégique du débriefing de notre mission est terminée, l’annonce de la nouvelle concernant Kinsa est tombée, les informations ont été échangés et les directives prochaines ont été données par notre interlocuteur le Général Gunnar. Autant de temps passé entre nous et l’image holographique brouillée, c’est presque autant de temps remanié pour revoir toutes les cartes en main avant de prendre une lourde décision. Et je dis ça de mon point de vue, à ne pas prendre avec des pincettes.
    La conversation s’est rapidement terminée, avec l’énigmatique Général de la Rébellion qui coupe la liaison de son côté, et nous voilà tous plongés entre nous. Dans le silence. Je devine à l’air de chacun de mes camarades que le débriefing s’est passé calmement mais avec encore de l’amertume en eux ; savoir que notre chère camarade est entre les mains de notre ennemi n’en rassure pas un seul. Et leur silence pèse comme si nous étions encore à un énième deuil.
    Un silence qui je sens ne s’éternise pas pour la simple et bonne raison que les maîtres du Conseil viennent s’approcher de nous afin de rediriger selon la situation présente.

    Aynor, faisant un peu d’humour : - Je dois dire que vous avez été formidables. Tenir une conversation avec le meneur de la Rébellion sans perdre ses moyens, c’est une expérience que vous pourrez inscrire dans votre curriculum vitae.
    Jorus : - Je suis d’accord sur ce point. Vous vous êtes montrés courageux et responsables en terminant jusqu’au bout l’objectif de votre périple malgré que nous avions perdu Kinsa. Maintenant que nous sommes en possession de nouveaux éléments contre les Shaax ainsi que Sovereign, il est temps de les mettre en pratique afin de reprendre le dessus sur le cours de la guerre. (Il se tourne vers Shina.) Chevalière Ten’Shi, nous ne te retiendrons pas longtemps et nous comptons sur toi pour trouver une solution possible contre la menace des Shaax.
    Shina : - Je vais de ce pas continuer les recherches et éplucher les données du datacron.
    Sol’As : - Je te raccompagne Shina. Il te faut de l’aide pour résoudre ce dilemme et Ellia devrait pouvoir t’assister dans les recherches. Quant à Weedge… il s’absentera pendant un moment hors de la flotte.
    Jorus : - Le prévenir que la flotte du Général va se mettre en mouvement est nécessaire, si nous voulons conserver l’un de nos plus fidèles guérisseurs survivants. (Il se tourne vers les autres.) Eckmül, Orvi, je vous propose de vous tenir à disposition au cas où nous aurions besoin de vous envoyer en mission pour l’Ordre ou encore la Coalition. Peaufinez vos aptitudes en attendant et gardez la tête froide.
    Orvi : - Je n’y manquerais pas maître Beku’N.

    On l’autorise à disposer, accompagnant aussitôt Shina et maître Sol’As qui regagnent de leur côté les locaux médicaux du Mirax Terrik. Eckmül, lui, se contente d’acquiescer mais ne bouge pas encore.

    Jorus, pivotant vers la seule padawan du groupe : - Jeune Yunixy…
    Zadyssa : - Oui…
    Jorus : - Le fait que Kinsa soit retenue contre son gré quelque part fait de toi une padawan orpheline, temporairement je l’espère. À compter de cet instant, tu devras poursuivre ta formation avec le reste des apprentis sans maître et t’entraîner, le temps que nous te trouvions un remplaçant…
    Zadyssa : - Je veux moi aussi retrouver Kinsa. C’est à cause de moi qu’elle s’est sacrifiée mais c’est tout de même mon maître. Je tiens à elle et personne ne pourra la remplacer.
    Eckmül : - Je ne veux pas me faire avocat de la raison Zadyssa mais il se trouve que c’est un Sith qui s’en ait pris à Kinsa. Ce n’est pas le genre d’adversaire à prendre à la légère, surtout s’il est un clawdite.
    Aynor : - Et je pense que Kinsa ne voudrait en aucun cas te mettre en danger par sa faute. Tu es en sécurité à bord de la flotte Jedi, à continuer de suivre ce qu’elle a inculpée et appris durant tout ce temps. C’est une chance précieuse qu’elle t’offre pour te protéger.
    Jorus : - L’avenir de notre Ordre dépend de la survie de nos membres accomplis autant que de nos apprenants. Et en tant que grand maître régent, je ne peux que te suggérer de patienter et de prier la Force pour qu’il n’arrive rien à Kinsa. Ceci dit à présent, tu peux disposer pour rejoindre tes quartiers et poursuis sans plus attendre ta formation.
    Aynor : - Si tu as besoin d’aide, n’hésite pas à te rendre auprès de nos instructeurs.

    Le regard de Zadyssa montre à quel point elle est frustrée ; malgré sa timidité due à la séance, elle fait la tête gravement et elle prend la direction de la sortie. Ce n’est qu’après l’avoir vu franchir le seuil et disparaître derrière la porte coulissante d’entrée que…

    Aynor, conciliante : - Elle finira par comprendre. Elle a juste besoin de temps pour s’en remettre.
    Moi, sceptique et moqueur : - Pff ! Alors là tu es loin du compte. Elle va bouder et s’isoler dans son coin aussi longtemps que Kinsa ne sera pas revenue saine et sauve, ou bien qu’elle n’aura pas eu confirmation. Elle est aussi obstinée que son mentor, je sais de quoi je parle.
    Eckmül, croisant les bras : - Elle a le mérite de se soucier de celle qui l’a prise sous son aile, même alors que tout se joue contre elle. Et puis, il y en a eu d’autres auparavant qui sont bien allés remuer étoiles et planètes pour retrouver la personne la plus chère à leurs yeux.
    Jorus : - N’exagérons rien, il faut qu’elle comprenne qu’elle ne doit pas mettre sa vie et celle des autres en péril alors qu’elle est encore une apprentie. (Il se tourne vers moi.) En ce qui te concerne Galen, ta demande devant le Général était du moins précipitée.
    Moi : - Il faut bien que quelqu’un prenne l’initiative de commencer la recherche de Kinsa. Surtout maintenant que Vicious et son maître savent qu’elle a un rôle important dans la confiance du Général. Mais je suppose que je vais devoir « patienter » à mon tour le temps d’en savoir plus sur sa disparition.
    Jorus : - Nous ignorons complètement où est retenue Kinsa prisonnière, ni même si elle est encore de ce monde, mais il est normalement que tu demandes à porter secours à l’un de nos membres et l’une de tes amies. J’espère cependant que tu as un plan et envisagé de ne pas faire cette mission seul.
    Moi : - Hé, j’suis pas fou non plus. J’aurais moins de chance de survivre et de réussir en y allant de mon côté et je serais embêté si jamais je me retrouve aussi en sale situation. Je vais commencer d’ici peu à monter une petite équipe pour m’accompagner, si c’est votre question.
    Eckmül : - Tu penses avoir besoin de mon aide ?
    Moi : - Et si jamais la République nous tombe dessus ? Il faudrait au moins qu’un membre du Trio Chevaleresque reste à la flotte pour limiter les dégâts et sauver le plus de meubles.
    Aynor : - Je devine que tu as prévu d’emmener la jeune Keto avec toi n’est-ce pas. Tu dois avoir une bonne raison pour lui donner sa chance dans un moment pareil, surtout en plein intermède de guerre.
    Moi : - Admettons que Vicious ou tout autre agent de Sovereign connaisse chaque Jedi ou membre-clé de la Rébellion, il en prendra parti et se servira de ses pouvoirs pour duper ma vigilance. Or, il ne sait pas pour Fanny et ignore qui elle est. Fanny est prédisposée à rendre service et à fournir ses capacités pour m’aider, surtout après avoir passé du temps en cellule sous « liberté conditionnelle ». En étant accompagné de Fanny, je dispose à la fois d’une ancienne agente du cercle intérieur républicain et d’une personne méconnue de Vicious… qui sera imperméable à ses pouvoirs. C’est un atout à ne pas délaisser.

    Je prends tout de même la peine de leur expliquer le test que j’ai eu à faire passer à Fanny, la révélation de sa connexion latente à la Force et sa motivation malgré la confidence ; si Eckmül est un peu surpris qu’une chasseresse de Forceux soit elle-aussi une sensitive, Aynor et Jorus sont méditatifs sur les capacités passives de la jeune cinnagarienne qui la rendent invulnérable aux manipulations mentales. Tout compte fait, et au nom du Conseil, il m’a été autorisé à m’organiser en vu de partir à la rescousse de Kinsa.
    Nous quittons enfin la salle privée de réunion, avec entretemps une discussion de passage avec Dexter Malachite qui m’apprend son départ pour Phoenix avant que nous nous quittions, puis je me rends tranquillement vers le sas d’entrée de ma corvette Raider. Il est temps de continuer les préparatifs.

    Je trouve bizarrement le reste de mon « équipage » dans la salle commune du vaisseau, assis autour de la table et en pleine discussion. Fanny Keto semble avoir pris les devants en renfilant sa veste militaire en sergé de cuir vert vif par-dessus son ensemble vestimentaire… de civil. Rien à voir avec la combinaison ou tenue habituelle de chasseur de Forceux, elle porte des vêtements simples mais élégants qui lui donne une allure de milicienne en pleine reconversion. Toujours est-il qu’elle converse avec ma sœur et mon padawan, tous deux muets et attentifs, et si j’en crois les quelques brides perceptibles elle leur dépeint sa vie quotidienne abrégée en ne donnant que les parties en-dehors de ses objectifs de mission. La jeune blonde devait être vraiment perturbée en cellule pour vouloir discuter avec des padawans : surtout pour les entendre à leur tour raconter leur vie d’avant et leur parcours.
    Je m’avance vers eux tout en évitant de brusquer leur conversation, écoutant en silence leurs échanges. Il n’a seulement fallu que ma présence pour que les trois lurons s’arrêtent et me fixent de surprise.

    Moi, amusé : - Je vous ai dérangé ?
    Fanny, un peu gênée : - Non non, pas du tout. Je… Je ne faisais qu’apprendre à connaître un peu plus Reyn et Ilan, histoire de consolider notre tolérance dans le même vaisseau…
    Moi, un grand sourire aux lèvres : - Avouez-le hein. Après tout ce temps isolée en cellule, ça vous a manqué de parler avec les autres.
    Fanny, l'air snobe : - Hum ! Ne vous méprenez pas Galen. Je suis capable de m’abstenir de converser avec autrui pendant un bon bout de temps. On m’a appris à s’en tenir à soi-même comme seul interlocuteur quand il le faut, alors ce ne sont pas quelques journées longues en cellule qui me donneront l’envie de causer.
    Moi, le regard de côté en plissant des paupières : - Mouais, j’vois ça.
    Ilan : - Alors Galen, comment s’est passé cette réunion du débriefing ?
    Moi, reprenant mon sérieux : - Un peu tendu mais fluide. Le Général est plutôt satisfait de l’avancée de nos découvertes et nous a félicités. Il prévoit de faire déplacer la flotte dans un autre système, vu que Kinsa est tombée entre les mains de nos ennemis. Il a demandé aux Jedi chercheurs de servir de nos trouvailles pour rechercher un moyen de contrer les Shaax, au cas où l’on en rencontrerait à nouveau.
    Reyn, télépathiquement : - Et pour Kinsa, est-ce que le Conseil prévoit une mission de sauvetage ?
    Moi : - Je me suis proposé pour aller lui porter secours. J’ai même dit au Conseil que je montais une équipe pour éviter d’éventuels ennuis et pour faciliter le moyen de la récupérer. Mais le problème reste le même.
    Fanny : - Vous ignorez où elle se trouve.
    Moi : - Tout juste.

    Je la vois se lever et se poster devant moi, en croisant des bras pour montrer sa frustration.

    Fanny : - Vous n’avez même pas une petite idée d’un endroit où elle serait enfermée ?
    Moi : - La galaxie est vaste et son ravisseur est quelqu’un de malin malgré son caractère disons « vicieux ». Il a fait en sorte que l’on ne sache pas vers où il est parti quand il a emporté Kinsa. Je me suis dit que vous auriez aussi une petite idée, vu que le BSR a dû employé de nombreux ponts stratégiques ou secrets pour quadriller les secteurs en quête de sensitifs ou utilisateurs basiques de la Force.
    Fanny : - Galen, je ne sais même pas à quel genre de ravisseur vous parlez puisque vous vous abstenez de me dire qui c’est. Alors je ne vois pas comment vous suggérez une base temporaire du BSR ou un quelconque lieu stratégique où une chevalière Jedi mandalorienne pourrait être isolée. On voit que vous n’avez même pas encore de plan préparé pour le sauvetage. Mais qui sait, son armure est peut-être équipé d’une balise de secours et il nous suffit de trouver le signal en cherchant.
    Moi : - Une balise de secours ?! Nom de Vador, vous êtes sérieuse ? Je ne crois pas que les Mandaloriens iraient jusqu’à installer une balise dans leur armure en cas de détresse.
    Fanny : - Et pourquoi pas ? Talik est certainement assez intelligente pour avoir prévu un signal de détresse caché au cas où il lui arriverait quelque chose. Vous devez bien savoir puisque c’est votre petite amie.

    Non.
    Je ne sais rien d’elle. Je pensais avoir appris à la connaître pendant toutes ces années, de l’Académie de Yavin IV jusqu’à notre autarcie dans une flotte fantôme, mais je me suis rendu compte que ce n’est pas le cas et que je me suis bercé d’illusions. Elle n’est plus ma petite amie. Et je ne sais même pas ce que je suis encore pour elle. Ah, bon sang il faut que j’arrête d’y penser ; l’important est de lui venir en aide.

    Moi : - J’en sais fichtrement rien.
    Fanny, devin : - Ha… Je saisis. Désolé pour vous, vraiment. Il n’empêche, je suis sûr que Talik doit avoir un moyen de signaler sa position pour qu’on la retrouve. Et si vous comptez aller à son secours, je serais ravie de vous assister dans cette entreprise. De plus… entre nous… c’est forcément un piège.
    Moi : - À qui le dites-vous.
    Fanny : - Dans ce cas je marche. Je peux même vous emmener à bord de mon yacht H2, histoire de masquer votre présence au moindre radar et contrôle.

    Je suis ravi de voir que la blonde cinnagarienne est toujours partante pour m’épauler, malgré son statut et son casier moral, et j’espère trouver d’autres personnes aptes à me suivre dans mon périlleux choix. Pour le reste de mon équipe, j’entends bien évidemment Ilan et Reyn qui veulent aussi être de la partie ; je leur fais clairement savoir que je ne risquerais pas leur vie dans une mission aussi dangereuse et avec un adversaire aussi cinglé que puissant. Depuis, ils se sont mis à faire des heures supplémentaires pour compenser leur ignorance du danger et leur faiblesse ; comme ils retournaient s’entraîner après le court repas du soir, je les ai sommés d’aller vite se coucher quand je les voyais encore dans la salle au beau milieu de la nuit.
    De toute façon, je me doute qu’ils se lèveront demain de bonne heure pour reprendre leur activité intense.

    Le lendemain matin, alors que je me levais justement de bonne heure et en forme, c’est en rendant vers la salle commune du Tarentule II que je vois arriver vers le sas d’entrée… Je m’arrête sur le palier d’entrée et attend qu’elle arrive devant moi.
    Zadyssa Yunixy semble vouloir me parler.


    Ce message a été modifié par galen-starkyler le vendredi 29 mai 2020 - 18:41

    vendredi 29 mai 2020 - 18:25 Modification Admin Réaction Permalien

  • Avatar Zadyssa

    Zadyssa

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    Après la réunion, je m'isolai aussitôt dans les quartiers qui m'avaient été attribués. Ma tête tournait et je ne me sentais pas bien, vraiment pas bien. Je revoyais encore et encore Kinsa qui me disait de fuir tandis qu'elle se battait contre Vicious, cet être si dangereux qu'il avait réussi à capturer mon maître. Depuis qu'elle m'avait sauvé la vie, je l'avais toujours pensée inatteignable. Oh, bien sûr, je me doutais que nos vies étaient en jeu : elle me l'avait régulièrement répété et c'était ce qu'impliquait une guerre, mais il y avait une différence entre le savoir, s'en douter, et le vivre. Là, je le vivais et c'était très douloureux.

    Je me laissai tomber sur mon lit, assaillie par des souvenirs. Ma mémoire photographique me permettait de me rappeler de nombreux détails et était donc très utile mais c'était à double-tranchant : je me souvenais aussi très précisément de ce qui m'avait touchée.

    Je revoyais mon ex-maître, celui qui avait eu le courage de m'enseigner les bases de la formation d'un Jedi. Il avait abandonné l'Ordre avant le massacre des Forceux et s'était caché. J'étais tombée sur lui par hasard - ou l'inverse, c'était selon - et l'avais alors supplié de m'entraîner. Et à cause de cela, des chasseurs de Forceux nous avait trouvés et il m'avait permis de fuir en échange de sa vie. Son visage ne cessait de m'apparaître en se mêlant à celui de Kinsa. Elle aussi, elle m'avait protégée. Elle aussi, elle m'avait dit de fuir. Et... elle aussi, elle avait disparu. Des larmes se mirent à couler sur mes joues et je serrai les poings. J'avais l'impression de porter la poisse et d'être complètement inutile. Je m'étais incrustée dans leur mission parce que j'avais eu le pressentiment qu'il arriverait quelque chose à Kinsa mais en réalité... j'étais peut-être bien la cause de ce quelque chose. Si je n'avais pas été là, si je n'étais pas venue... elle ne se serait pas mise en équipe avec moi et ils auraient été capables de repousser le Sith. C'était à cause de moi si elle avait été enlevée...

    Cette idée se répétait en boucle dans ma tête, trouvant une résonance avec d'autres souvenirs. Je revoyais ces enfants se faire massacrer devant moi et tout se mêlait pour donner un cacophonie de souvenirs. Ils étaient trop bruyants, trop présents... Plus j'essayais de m'en soustraire, plus je plongeais dedans, comme des sables mouvants.

    Kinsa qui me sauvait, Kinsa qui m'apprenait les mouvements du Shii-Cho, Kinsa qui se sacrifiait... Et en arrière plan, il y avait toujours le visage de mon ex-maître, celui qu'il arborait quand il s'est sacrifié, serein et renouant avec son passé de Jedi. Oh, lui, il était très certainement serein, mais ce visage ne m'inspirait que de la tristesse et des regrets.

    Deux heures durant, je laissai mon esprit me torturer avec ces images, ne pouvant de toute façon pas faire autrement. Puis quand le débit se calma un peu, je pris mon sabre et décidai d'aller m'entraîner dans une des salles dédiées. C'était de ma faute si elle avait été enlevée, du moins en partie, et j'étais peut-être un poids mort, mais je devais aider à la sauver. Alors pour ça, je devais m'entraîner. Tandis que je répétais assidûment les mouvements du Shii-Cho, j'eus l'impression de voir des souvenirs qui n'étaient pas à moi. Or s'ils n'étaient pas à moi, ce n'étaient pas des souvenirs.

    Je voyais Kinsa affaiblie, seule et attachée. Où ? Je l'ignorais. Est-ce que c'était récent ? Je ne le savais même pas, j'étais incapable de dire son âge, c'était bien trop flou pour ça, et les images ne restaient jamais assez longtemps pour que je puisse bien tout détailler. Ce n'était pas bien important mais je le pris comme un encouragement de la Force et cela suffit à me motiver.

    Le lendemain matin, après m'être entraînée jusqu'à tard dans la nuit, j'avais pris ma décision : qu'importe mon niveau actuel, je voulais sauver Kinsa. Au moins aider à la sauver. Nous n'avions pas encore de pistes alors cela me laisserait le temps de progresser. Si je m'entraînais d'arrache-pied jusqu'au moment opportun, peut-être que je pourrai servir à quelque chose, pour changer.

    Comme c'était Galen qui avait parlé d'une mission de sauvetage, j'allai le voir de bonne heure avec la ferme intention de le convaincre de ne me laisser venir. Je ne voulais pas la galaxie, seulement un petit rôle tertiaire... Le Chevalier m'apparut avec un mug bleu en main, visiblement étonné.

    Galen : Salut Zadyssa. Tu t'es levée de bonne heure toi aussi, à ce que je vois.
    Moi : Oui. J'ai une demande.

    Je voulais paraître sûre de moi mais ma voix trembla légèrement.

    Galen : Je t'écoute.
    Moi :
    Tu vas essayer de sauver Kinsa, non ? Tu l'as demandé au général. Je veux la sauver aussi. Je peux aider.

    Il ne répondit rien et je m'efforçai de le regarder dans les yeux sans broncher pour essayer de lui prouver que j'étais bel et bien déterminée. Sans même s'en soucier, il se mit à marcher.

    Galen : Suis-moi, je vais à la Salle me faire un p'tit-déj. On pourra discuter plus tranquillement.

    Ok... Je le suivis sans rien dire étonnée de la tournure que prenait cette conversation. Je pensais qu'il me dirait un non ferme ou qu'il essayerait de comprendre mes motivations immédiatement, pas qu'il irait se faire à manger. Arrivés à la Salle Commune, il prépara habilement un petit-déjeuner puis nous nous assîmes à une table. J'étais de plus en plus intimidée, n'ayant rien dit pendant toute sa préparation. S'il pensait que manger me raisonnerait, il se trompait.

    Galen : Voilà. Bon appétit.
    Moi : ...Merci.

    Je le fixai, attendant qu'il daigne enfin répondre à ma remarque. Au lieu de quoi, il se mit tranquillement à manger. Kinsa avait rompu avec lui juste avant et je commençai lentement à comprendre pourquoi... Mon maître allait plutôt droit au but, sans prendre de chemins détournés. Tout le contraire de ce que faisait actuellement Galen. Ils n'étaient probablement pas suffisamment sur la même longueur d'onde pour rester ensemble.

    Galen : Je suppose que tu te doutes quel genre de danger retient Kinsa contre son gré en ce moment même, si tu me dis que tu veux la sauver.

    Enfin une réponse ! Mais pas celle que j'espérais.

    Moi : Bien sûr que je sais, j'étais là quand Vicious est arrivé.
    Galen, en s'arrêtant de manger, avec un air sérieux :
    Que sais-tu exactement de Vicious ?
    Moi : Je sais que c'est un Sith, je sais qu'il vous a attaqués sur le Chu'Unthor, je sais qu'il est très dangereux, que c'est un des larbins de Sovereign. Je sais déjà tout ça. C'est pour ça que Kinsa est en danger et qu'on doit l'aider.
    Galen : Kinsa a pris soin de te révéler ce genre de choses parce qu'il fallait que tu comprennes qui nous combattions réellement derrière cette guerre avec la Rébellion. Mais ce n'est malheureusement pas tout. Il faut que tu saches Zadyssa, que Dark Vicious... est aussi un clawdite.
    Moi :
    Je sais. Il peut prendre l'apparence de n'importe qui. Je sais déjà dans quoi je veux m'embarquer.
    Galen :
    Donc tu comprends que nous aurons affaire à un individu qui prendra à loisir les apparences des autres pour essayer de te tromper. En venant avec nous, tu te retrouveras dans une situation compliquée qui te demandera beaucoup de prudence et d'attention. Mais surtout, il faut envisager que Kinsa se méfiera de nous quand nous la retrouverons.

    Cette éventualité était... horrible à imaginer, mais je l'avais prise en compte. Et dans ce cas, je n'étais de toute façon pas la personne à plaindre : si Kinsa se méfiait de moi ou non, c'était elle qui avait souffert, ce n'était pas ce qui allait m'arrêter.

    Moi : J'ai bien réfléchi avant de demander ça, Galen. Je sais que... qu'il faut envisager ça.

    Ma voix faiblit plus que prévu, mais je me ressaisis rapidement.Et comme si cela ne suffisait pas, Galen me fixait avec intensité sans rien répondre. C'était très perturbant, je devais l'avouer.

    Galen : Zadyssa, je ne voudrais pas entraîner quelqu'un d'autre dans ma chute si jamais je venais à être à mon tour pris au piège. J'ai déjà assez de soucis avec Reyn et Ilan qui veulent eux aussi se joindre à moi alors que je ne veux pas. On se retrouvera seuls là où nous irons, si jamais je sais où nous rendre...
    Moi : Je veux sauver Kinsa.
    Galen :
    Bon ça va, j'ai compris. Franchement, tu es aussi obstinée que Kinsa ma parole. Il ne te manqu'rait plus que la raison et vous vous ressembleriez comme deux gouttes d'eau.

    J'esquissai un mince sourire, le sourire de la victoire.

    Galen : Je préfère te prévenir au cas où, si tu as encore des doutes. Lorsque Kinsa verra que je t'ai laissé venir avec moi pour la sauver, elle voudra immédiatement m'étriper vif. Mais je vais tout de même ce risque, parce que je pense que Kinsa ne t'aurait pas laissée seule sans t'avoir inculpé une partie de son expérience. Tu devras appliquer la moindre leçon qu'elle t'a transmise lorsque nous serons en terrain inconnu et ennemi. Et puis... t'auras intérêt à être convaincante si tu veux ramener Kinsa saine et sauve avec nous.
    Moi : Je le serai !

    J'espérais...

    Galen :  Pour le moment, on ne sait pas où Vicious se terre avec Kinsa. Utiliser la Force pour repérer son aura parmi des milliards de milliards de vies ne donnera rien et il se peut qu'il y ait des ysalamandris qui la dissimule de nous. J'ai repensé à une suggestion de Keto concernant une éventuelle balise sur le beskar'gam de Kinsa mais je ne connais pas assez son armure pour savoir si elle en a une d'intégrée. Comme tu vois, les pistes sont froides et il faudrait un miracle pour connaître la position exacte de Kinsa. Ou même un indice, ça aiderait beaucoup. Du coup, on est loin de partir d'ici là et il faudrait déjà que je vois qui d'autre pourrait m'assister à cette mission.
    Moi : Oui. Ça pourra prendre du temps, je m'en doute, mais je veux être de la partie le moment venu.
    Galen : Dans ce cas, utilise le temps qu'il te reste pour t'entraîner et te préparer au pire. Ce qui me fait penser... (Il en profite pour manger à nouveau quelques bouchées.) Il faut que je retourne rapidement à mon vaisseau pour voir ce que font Reyn et Ilan en ce moment. Si je ne suis pas là pour les arrêter, ils vont continuer jusqu'à ce qu'ils se tuent à la tâche. Je n'avais vu Ilan aussi déterminé depuis que je l'ai amené ici et pris sous mon aile.
    Moi :
    Je vais m'entraîner, oui ! Et tu peux y aller. Je vais finir de manger seule.
    Galen :
    Je comprends. (Il finit son assiette puis se lève pour aller vers la sortie mais il s'arrête un moment pour se retourner.) On fera ce qu'il faut pour ramener Kinsa avec nous. Elle aussi mérite de rentrer à la maison après s'être sacrifiée pour que nous sauvons cette galaxie. D'ici là, profite bien de ton p'tit-déjeuner. Quatre années d'autarcie pour cuisiner et à chaque fois Kinsa se régalait.

    Puis il quitta la Salle Commune, me laissant seule devant le plat auquel je n'avais pas encore touché. Je m'empressai alors de le dévorer pour retourner m'entraîner. Maintenant que j'avais réussi à négocier ça, je ne pouvais m'empêcher d'être appréhensive : et si je faisais tout rater ? Je secouai énergiquement la tête. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Je devais plutôt trouver quelque chose qui me rendrait utile pour une mission de sauvetage.

    lundi 01 juin 2020 - 14:03 Modification Admin Réaction Permalien

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    AngeSolo

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    Si le Mandalorien tâchait de ne rien laisser transparaître, il n’en demeurait pas moins que le choc de leur chute n’avait pas été sans conséquences. L’allure de Cera s’en était retrouvée quelque peu ralentie tandis qu’ils déambulaient entre les flux et reflux de touristes. De son œil aguerri, Ange traquait les potentiels pickpockets qui prospéraient en un si lucratif terrain de chasse tout en se dirigeant vers la partie la plus à l’est de leur position. L’ancien Jedi la suivait et son moral, jusqu’alors au beau fixe, se ternissait au fur et à mesure de ce temps qui s’écoulait. Quand Solo lui offrit l’une des deux capelines vert-forêt qu’elle venait d’acheter dans un magasin de textiles bon marché afin de se fondre davantage dans la foule, sa morosité alla croisant jusqu’à ce qu’elle s’aperçût que l’homme qui l’accompagnait lui avait brusquement coupé l’accès de ce lien mental nouvellement partagé. Elle s’abstint de tout commentaire et se concentra un peu plus sur son rôle de guide dans cette marée humaine.

    Après maints prudents détours visant à s’assurer d’avoir semé leurs éventuels assaillants, Ange l’entraîna dans des ruelles moins fréquentées et appela finalement un taxi. Le Mandalorien, lui, se taisait, prit place dans le véhicule quand il arriva et marcha en silence les trois kilomètres qui les séparaient encore de leur destination à partir du moment où le speeder les eut déposés à une adresse qui n’était évidemment pas la bonne.

    Au seuil du hall d’entrée d’un banal immeuble de la paisible banlieue éloignée de Coronet City, Ange présenta par deux fois son empreinte digitale aux différents sas de sécurité et sélectionna son étage dans le turbolift qu’elle valida par le même procédé. Elle présenta encore une fois son laisser-passer palmaire à sa porte d’entrée et pénétra dans ce sanctuaire dans lequel nulle âme autre que la sienne n’avait été invitée à pénétrer. Elle ôta aussitôt ses bottes, accrocha sa veste à l’une des trois patères et somma Cenovii de faire de même. Il s’exécuta et scanna vraisemblablement cet endroit qui ressemblait si peu à cette façade que la Corellienne s’évertuait à tous leur afficher.

    L’idée d’avoir son intimité si privée, si secrète, exposée à tout autre individu qui n’était pas sa personne avait plongé Solo dans un profond malaise qu’elle avait toutefois jugé inévitable. La guerre l’avait exigé et elle devait s’y plier. Néanmoins, et contre toute attente, le seul fait de se sentir chez elle l’avait profondément apaisée. Madalorien ou non, rien ne pouvait éclipser ce sentiment de bien-être que lui procurait cette bouffée d’oxygène à l’abri des regards indiscrets. Ainsi l’invita-t-elle à se mettre à son aise dans le canapé, à se servir à manger ou à boire dans les placards, le frigo ou la malle faisant office de bar avant de revenir, une vingtaine de minutes plus tard, propre et dans une tenue plus que décontractée. Elle s’affala sur le sofa sans la moindre délicatesse et s’intéressa à son comparse dont l’humeur s’était visible détériorée.

    Ange : C’est quoi le problème, Mandalorien ? Tu deviens presque agréable et l’instant d’après aussi aimable qu’un Hutt.

    Son casque se tourna dans sa direction.

    Ange, perdant patience : Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne suis pas une championne de la communication. Si tu veux faire la gueule, très bien, c’est pas mon problème, mais si t’as quelque chose à me reprocher, j’te conseille de cracher le morceau fissa. L’enrobage, la diplomatie, tout ça, tout ça, c’est vraiment pas mon fort, et je tiens vraiment que cet endroit reste un havre de paix tant que l’on soit obligé de s’y terrer, c’est-à-dire pendant encore plusieurs jours, très certainement.
    Cera, se levant et la regardant de toute sa hauteur : Cette mission est un fiasco.
    Ange¸ se grattant le haut de la cuisse que laissait entrevoir son short : On est d’accord. Ce n’est pas véritablement les résultats que j’attendais.
    Cera, explosant : Mais t’attendais quoi au juste de ce plan de merd* ?
    Ange, piquée au vif : Mon plan de merd*, comme tu l’appelles, va aboutir à une révolte sur Corellia qui risque de faire frémir la République et la priver, à terme, de nos chantiers navals, ce qui n’est pas rien… Mon plan de merd* a aussi confirmé que la Chancelière était un pion entre les mains se Sovereign et que le prochain à s’emparer du pouvoir serait très probablement ce foutu Sith en personne.
    Cera : Tu m’avais promis Sovereign, Solo. Tu m’as menti.
    Ange, qui sentait l’émergence d’un voile obscur : On s’est un peu plus rapproché de Sovereign, que tu le veuilles ou non. Quant à ma promesse, elle n’est pas caduque. Quand je m’engage dans une voie, Mandalorien, j’y vais jusqu’au bout. Croire le contraire, c’est mal me connaître.
    Cera, qui s’énervait de plus en plus : Kinsa s’est fait capturer !
    Ange, se redressant à son tour : Je sais ! Et tu comptes faire quoi au juste, prendre ton vaisseau et te jeter dans la gueule du loup ?

    Elle claqua son doigt sur son casque

    Ange : Utilise ton cerveau, Boîte de Conserve ! On doit rester planqués et attendre…
    Cera : … attendre quoi ? La révolte d’une bande de ploucs fous du volant ?
    Ange, le menaçant : Fais gaffe à ce que tu es en train de dire…
    Cera : Je me casse d’ici. Je pars chercher Kinsa.
    Ange, sarcastique : Attends, tu as sûrement oublié la suite de la tirade : « puisque je suis visiblement le seul à m’en réoccuper ». Mais tu te prends pour qui à la fin ?
    Cera¸ l’ignorant : Tu vaux pas mieux que tous ces Guildeurs.

    Pour toute réponse, elle poussa un soupir exaspéré et croisa les bras.

    Ange, lasse : Va, pars, fous le camp, dégage de là, prends ton foutu vaisseau, fais-toi repérer et va crever entre les mains du Courtier ou de Sovereign, tant qu’on y est ! On se retrouvera dans le Chaos !
    Cera : J’y compte bien.

    Se dirigeant vers la porte, elle le vit sortir son datapad, pianoter dessus, s’énerver et jeter l’appareil qui alla s’écraser avec fracas contre un hologramme qui se lézarda momentanément. La Force décupla cette rage intérieure qu’elle sentait se diriger contre elle.

    Cera, excédé : Tout ça, c’est de ta faute, Solo !
    Ange : Tu m’expliques au lieu de jouer les Inquisiteurs ?
    Cera¸ son imposante stature surplombant celle beaucoup plus menue de la Corellienne : Le Rebel Spire ne répond pas. Ta planque, c’était du vent. Celle-là ne doit guère valoir mieux.
    Ange : Ma planque était sûre, Mandalorien, jusqu’à ce que notre petit copain assoiffé de sang n’ait mystérieusement disparu. Je t’ai vu essayer de le contacter en vain pendant qu’on marchait. Spencer…
    Cera, lui coupant la parole : Spencer ou pas Spencer, je m’en fais reprendre mon vaisseau, coûte que coûte.

    Cette fois, il enfila ses bottes et s’apprêta à ouvrir la porte qu’elle le retint par le bras.
    Elle sentit le sien se lever.

    Ange, le défiant : Qu’est-ce que tu attends, vas-y, frappe. Si c’est comme ça qu’on se comporte sur Mandalore…
    Cera, retenant son coup : Ne me tente pas.
    Ange : Fais pas le c*n et reste ici.
    Cera : Tu ne comprends pas.
    Ange : Ton côté matérialiste ? Plus que tu ne le crois.
    Cera : J’ai besoin de mon vaisseau. Ma cellule régénération s’y trouve.
    Ange : Et ?
    Cera : Mon armure est à plat. Je n’ai que quelques heures devant avant…

    Et tout fut soudainement limpide dans l’esprit de la Corellienne.

    Ange : Ok et une cube à bacta, ça ne peut pas faire l’affaire ?
    Cera, la dévisageant à travers sa visière : Tu as une cuve à bacta ?
    Ange : J’ai une cuve à bacta. Pas toute jeune, je te l’accorde, mais en état de fonctionnement, entre mon dressing et la salle de bain. Tu la veux, elle est à toi.
    Cera, après quelques secondes de réflexion : Ça ne marchera pas. J’ai besoin d’oxygène.
    Ange, haussant les épaules : Si y a que ça, je peux aller en acheter et bricoler le système. Ça sera sans doute moins efficace mais je peux te bidouiller un caisson, si c’est ça l’urgence.

    Il resta coi.

    Ange, soulevant un sourcil : Le deal te convient ? On gère d’abord cette priorité et ensuite on avise pour le reste, ok ?

    Il murmura un grognement inaudible qu’elle prit pour un assentiment.
    Solo attrapa un pantalon et une veste à la va-vite qu’elle enfila par-dessus ses vêtements. Après avoir vérifié qu’elle disposait suffisamment de liquidité, elle disparut pendant une petite heure avant de revenir chargée d’une dizaine de bombonnes qu’elle avait ramenées à l’aide d’un mini-plateau antigrav qu’elle avait été contrainte, faute de bras, de se procurer.

    Quand elle passa la porte, elle fut soulagée de voir que le Mandalorien ne s’était pas carapaté. Assis dans le canapé, il semblait dans une posture méditative, un tant soit peu plus serein qu’avant son départ. Verrouillant derrière elle et se débarrassant de ses encombrants vêtements, elle mena sa cargaison dans la pièce attenante à sa chambre. Dans ce lieu, à peine plus grand qu’un placard, des décennies auparavant, la Corellienne avait à tout prix voulu installer ce genre d’équipement afin de parer à toutes éventualités. Quoiqu’il advînt, ce chez-soi devait pouvoir lui assurer de survivre plusieurs semaines en autarcie en cas de danger dont l’attente seule pouvait l’en préserver.

    Dans le cellier de l’entrée, elle attrapa une caisse à outils et s’activa à mettre en application cette solution faite de bric-et-broc qu’elle lui avait fait miroiter. Après une multitude de jurons, de gouttes de sueur versées et quelques essais, elle revint dans la pièce principale et annonça à son invité que son sarcophage était avancé.

    Ce message a été modifié par AngeSolo le lundi 08 juin 2020 - 21:45

    mercredi 03 juin 2020 - 16:42 Modification Admin Réaction Permalien

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    Kinsa-Talik

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    Fatiguée… J’étais si fatiguée…
    Étendue sur le sol comme un animal blessé, mon esprit n’était qu’un brouillard épais. Chaque pensée échouait au périlleux exercice de parvenir à la surface, et quand par miracles elle le faisaient, elle ne faisaient aucun sens. Rien ne faisait sens. Des formes se dessinaient devant mes yeux… Mais la force pour les déchiffrer me manquait. D’ailleurs, je n’avais la force pour pas grand-chose. Pourquoi étais-je ici, au fait ?
    J’essayais bien de me souvenir ce qui m’avait emmené ici, mais je n’arrivais pas à le saisir. Il y avait bien quelques mots qui tournaient dans ma tête, mais il suffisait que je tente d’y réfléchir pour qu’ils s’évanouissent dans le néant.
    Kinsa. J’étais Kinsa Talik et je devais protéger mon esprit. Mais pourquoi… ? Ah oui… Les monstres… Mes amis… J’étais en mission ?
    C’était trop difficile de continuer… Pourquoi est-ce que je n’abandonnais pas ? Jedi. J’étais Jedi. Protéger. Protéger. Je me raccrochai à ces mots comme un noyé se raccroche au moindre objet flottant à la surface. Mais ce n’était pas assez. Ces mots coulaient avec moi.
    Je sentis des larmes perler de mes yeux, avant de s’écraser immédiatement sur le sol. Une. Puis deux. Trois. Quatre. Et puis, trop nombreuses pour qu’on puisse les compter. Simultanément, la bulle qui protégeait mon intérieur éclata en mille morceaux, trop fragiles face à la poussée incessante du Sith. Il y eut un instant de flottement, puis il s’y engouffra sans hésitation.
    Je vis défiler devant mes yeux un bon nombre de mes souvenirs. Quelques images de mon enfance s’imposèrent à moi, entremêlées à celles de ma formation ainsi que celles de la longue période d’autarcie. La bataille d’Anaxes. Le Conseil Mandalorien. Zadyssa qui se blottissait contre moi. Yavin IV. Les visages de Keller, Shina et Eckmül, avec Ceno dans l’Arrow. D’innombrables entraînements. Le conflit de Rhommamool.
    “Souviens-toi, malgré tout ce qu'il peut se passer, malgré tout ce qui nous oppose, nous sommes une famille, et nous veillerons toujours l'un sur l'autre.”
    Les images stoppèrent tout à coup et je pus enfin respirer. Quelques secondes plus tard, elles reprirent, mais cette fois uniquement focalisées sur… Ceno et Ange ?
    « Je suis désolé, Kinsa. »
    Quand j’avais appris que mon père était mort. Ange qui arrivait dans mon champ de vision.
    « Si je meurs, tu me tues, c’est ça ? »
    Un regard complice échangé. Un entraînement au sommet des montagnes de Mandalore.
    « Fais-moi confiance. »
    Une salle commune bien familière. Nar Shaddaa. Moi et mon maître, penchés sur une table d’autopsie. La voix bourrue d’Ange, lors de notre autarcie.
    Soudain, les images cessèrent de défiler et je sentis la présence qui avait pénétré mon esprit se retirer. Un étrange soulagement m’envahit, alors que je me sentais lentement dériver vers le sommeil. C’était fini… J’ignorais ce qu’il avait appris ni combien de temps cette recherche mentale avait duré, mais il semblait plutôt satisfait. Mais c’était enfin terminé. Je n’aurais plus à lutter… Depuis le début, je savais que ce moment arriverait, que je ne résisterais pas éternellement.
    Fatiguée… J’étais si fatiguée…
    La lumière s’éteignit finalement, après tous ces jours, et j’accueillis le sommeil avec un demi-sourire résigné.


    Lorsque je repris conscience, mon corps était toujours aussi douloureux et il me fallut quelques secondes pour que ma vue redevienne assez claire pour que je puisse discerner des formes. Ma tête me faisait extrêmement mal, et lorsque je tentais de me relever, je ne réussis qu’à me mettre à genoux avant de m’écrouler. Mes mains toujours liées par ces menottes anti-Force, j’eus le réflexe de ramper jusqu’à la surface surélevée voisine. J’échouai lamentablement et retombai sur le sol aussi sec.

    Mais à quoi bon ? J’étais si faible… Même si j’avais dormi, j’étais aussi fatiguée qu’après avoir passé une nuit blanche à veiller. Je fermai les yeux. Je me sentais nauséeuse… Et cela ne fit qu’empirer lorsque je me souvins de ce qui s’était passé avant que je m’endorme. Vicious… Vicious avait réussi à envahir mon esprit. Pourquoi n’étais-je pas encore morte ? N’avait-il pas fini d’extraire les informations désirées de ma mémoire... ? Avec difficulté, je portai la main à ma tête, alors que ma vue se faisait plus nette et que je me rendais compte que je n’étais plus dans ma cellule.

    Je n’étais venue ici qu’une fois dans ma vie, et encore, cette visite avait été très brève. Pour autant, je n’avais pas oublié ce sentiment d’y être minuscule, plus petite encore qu’un insecte au milieu de sa ruche. Il n’y avait qu’un endroit dans la galaxie où on pouvait apercevoir de telles capsules à perte de vue, organisées en cercles concentriques. Aucun doute : je me trouvais en plein milieu du Sénat de Coruscant. Pourquoi… ? Si j’avais été dans une planque miteuse au milieu de la Bordure Extérieure, je n’en aurais pas fait grand cas, mais le Sénat… Je n’avais jamais kidnappé quelqu’un de ma vie, mais j’étais quasiment certaine qu’on n’emmenait pas sa victime en plein siège de la politique galactique par pur hasard. Comptait-il faire de moi un symbole ? M’exécuter face caméra ?

    Moi : Argh…

    Je rejetai ma tête en arrière, la laissant reposer contre l’assise, le regard vide. J’avais échoué… Chaque chose que j’avais vu à l’intérieur de la rébellion pourrait se retourner contre mes camarades, à présent. L’organisation des Jedi, des Mandaloriens, la répartition des forces… S’ils n’avaient pas ces informations auparavant, je les avais livrées à Vicious. Et à quel prix ? Je savais dés le début que toute résistance était futile, pourtant je m’étais entêtée à lui barrer la route, dans un vain espoir que quelques jours, quelques heures, même quelques minutes, pourraient changer quelque chose à l’échéance. J’avais souffert pour rien.

    Démunie, désarmée, je n’avais même pas la force de faire un réel mouvement. En avais-je même envie, en sachant que cela n’arriverait à rien ? Mon corps tremblait. Était-ce ainsi que les autres se sentaient lorsqu’ils ne pouvaient pas agir, avec le seul choix qui s’offrait à eux étant celui d’attendre ? Dépourvue de ma capacité de combattre, je n’avais même pas de but. Pas de plan, pas d’objectif à atteindre. Pas de moment pour lequel patienter bravement.

    Vicious : Réveillée ?

    Mes tremblements s’accentuèrent en voyant le Clawdite sauter sur la plateforme où j’étais recroquevillée, et une peur intense tordit mon estomac. Ma vie entière, j’avais combattu la peur, je m’étais forcée à garder la tête haute devant le danger et ne jamais être paralysée. Mais là… Sa simple image me donnait envie de m’enfuir et de disparaître. Déjà, les visions cauchemardesques qu’il m’avait données me revinrent à l’esprit, et je voulus détourner la tête. Mais j’en étais incapable. Il sembla le remarquer, et son sourire s’élargit.

    Vicious : Hé bien, hé bien… On a appris sa leçon à ce que je vois.

    En temps normal, je lui aurais servi une réponse cinglante qui aurait rendu Ange fière. Je ne fis que me retourner et enfouir ma tête dans mes genoux. Je ne voulais plus le voir… C’était pitoyable et je le savais, mais je n’y pouvais rien. Alors qu’un petit rire s’échappait de sa gorge, il se pencha vers moi et me pris par le menton pour tourner ma tête vers lui.

    Ce fut à ce moment là que mon regard tomba sur la télécommande à sa ceinture. Je connaissais ce type d’objet… C’était ce qui contrôlait les menottes. Pas étonnant qu’il le garde sur lui. Sans m’en rendre compte, ma respiration s’accéléra. Peut-être… Je devais… Non, je n’y arriverais jamais… Et à quoi bon ? Ma condition physique ne me permettrais pas de me battre, même si je regagnais la Force.

    Un Mandalorien ne ressent pas la peur ! Bats-toi !

    J’entendais encore la voix de mes multiples instructeurs me sermonner. « À terre, un Mandalorien se relève, sinon ce n’est pas un Mandalorien. La défaite n’est certaine que par la résignation ». Je respirai profondément. J’étais peut-être faible. Mais je devais à ma famille de tenter quelque chose.

    Vicious : Je te remercie. Tu étais drôle à briser. J’ai pu tenter certaines de mes visions, et c’était assez efficace.

    Oublie tout ça, et vient te battre.

    Moi : …Oui, maître.

    Rassemblant le peu des forces que j’avais, j’envoyai mon pied dans la gorge du Sith et étendis ma main pour me saisir de la télécommande. À la seconde où mes menottes tombèrent, je sentis la Force revenir en moi comme un ***illégal***. Revivifiée, je l’expulsai d’une poussée de Force bien sentie, l’envoyant bouler jusqu’à une autre plateforme, avant d’écraser la télécommande.

    Je ne pouvais rien faire seule. Mais avec ceux qui m’étaient proches… Je fermai les yeux et tâchai de maîtriser ma respiration, ce qui n’était pas chose facile avec la poussée d’adrénaline à laquelle j’étais sujette. Je plongeai dans la Force tête la première et repérai les liens les plus forts que je possédais. Toutes ces personnes étaient loin et j’étais faible… Je n’avais droit qu’à une seule chance pour mon appel à l’aide.

    Sénat. Vicious.

    Quelques secondes plus tard, le Sith réapparaissait en face de moi et je sombrais dans l’inconscience, vidée par l’effort.

    mercredi 01 juillet 2020 - 20:12 Modification Admin Réaction Permalien

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    AngeSolo

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    Ange, complètement détendue désormais, s’était endormie devant un holodrame de piètre qualité. Son bras gauche pendait mollement dans le vide tandis que son autre membre tirait machinalement à elle le plaid paresseusement engourdi sur son giron. Elle resta ainsi plusieurs heures, dans la quiétude de cet appartement qui somnolait au rythme de sa respiration et du ronronnement régulier du caisson à oxygène improvisé.

    Quand la Force et son ouïe l’informèrent conjointement que le Mandalorien reprenait du service actif, elle émergea de sa léthargie, rongée par une faim grandissante. Elle ouvrit un placard et attrapa la première conserve qui lui vint sous la main. Après avoir déversé le contenu dans une casserole encore froide, ses yeux quittèrent son repas futur et saluèrent le nouveau venu qui s’assit sans un mot sur l’un des tabourets attenant au bar.

    Ange : Tu veux manger quelque chose ?

    Un bref hochement de tête lui servit d’assentiment.

    Ange : Je t’avertis juste : je suis une très mauvaise cuisinière.

    Il ne dit rien et, une fois son casque ôté, porta à ses lèvres l’informe masse qu’elle avait répartie dans leurs deux assiettes. Solo, encore debout, se nourrit dans un silence éloquent pour son invité dès lors où les aliments entrèrent en contact avec ses propres papilles. Un haut-le-cœur saisit le Mandalorien qui recracha la substance sans tact mais non sans éclat.

    Ange, riant à gorge déployée : Je t’avais prévenu…
    Cera, se rinçant abondamment la bouche : Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?
    Ange¸ lisant l’étiquette : Du nerf et des petits légumes.

    Il lui arracha la boîte des doigts et compara successivement le contenu et le visuel du contenant. Jugeant avec incrédulité les différences abyssales et, de ce fait, l’ampleur du désastre culinaire incarné par Solo, Ceno bannit la Corellienne de sa propre cuisine et s’autoproclama pour les jours à venir seul et unique préposé aux fourneaux, acte héroïque et salvateur qui les préserva sans aucun doute d’une sérieuse intoxication alimentaire.

    Du reste, il fallut apprendre à cohabiter ensemble durant cette période, cloîtrés entre quatre murs. Si Ange s’évertuait à profiter de ces quelques jours d’accalmie – qui n’étaient, d’ailleurs, en rien comparables avec ces vingt dernières années – pour se reposer, l’absence d’action fut une véritable épreuve pour le Mandalorien comme en témoignèrent ses fréquentes sautes d’humeur. Incapable de se cantonner à une modeste attente, le comportement de Cenovii oscillait entre exécrable morosité et confidences aussi intimistes qu’inattendues. Solo, quant à elle, prenait littéralement sur elle afin de maintenir l’état d’esprit du Mandalorien aussi actif que possible, s’accordant toutefois un répit bien mérité dès que son hibernation se muait en urgence vitale.

    Faute d’avoir suffisamment d’espace dans ce lieu restreint pour s’adonner à des activités physiques telles que l’entraînement au combat, Ange accepta la proposition de Cera qui consistait pour elle à renouer de manière plus sélective avec la Force. Ainsi, quotidiennement, allongés à leurs aises sur le matelas de l’unique chambre à coucher, les deux anciens Jedi se laissaient aller à un état second où leur enveloppe charnelle et leurs sens s’oubliaient pour un univers aux perceptions moins tangibles.

    Il eut deux existences, cet appartement où la vie, à peine visible pour cet œil qui ne pouvait la voir, cet immeuble qui abritait ces centaines d’âmes qui pullulaient, insouciantes, sous ce regard quasi divin qu’elles ne soupçonnaient pas et, enfin, Corellia. Plus ils s’abandonnaient au flux mystique, se mêlant et se démêlant à cette lumière qui les irradiait tous, plus Ange sentait sa propre existence lui échapper, lui apportant une quiétude langoureusement rassurante. En dehors de l’immédiateté de son environnement qu’elle avait appris à redécouvrir grâce à la Vision de Force enseignée par Kaarde, la Corellienne avait perdu l’habitude de s’abandonner à de si vastes horizons. S’offrant à l’aura du Mandalorien, beaucoup plus sereine lors de ces phrases d’exploration et le laissant enlacer la sienne, elle se laissait aveuglement guider et se perdre en elle.

    Au fil de la durée qu’ils ne pouvaient plus mesurer, ils dérivaient toujours un peu plus loin dans les profondeurs de l’espace. Ils se nichaient aux confins du cœur d’une étoile ou d’un vaisseau qui plongeait la tête la première dans le hors-temps hyperspatial. Parfois, leurs esprits glissaient sur la queue d’une comète avant de plonger dans le vide sidéral. Et, alors, tout devenait calme, étrangement calme. Lovés dans le silence infini, ils s’endormaient presque jusqu’au moment où leur propre matérialité les rattrapait. Peu importaient les distances, peu importait le temps qui défilait, leurs pérégrinations cosmiques avaient la même finitude : Rhommamool, planète aux souvenirs qui l’avaient fait prisonnier. A chaque fois, l’on y revenait. A chaque fois, l’on ne pouvait y échapper et tout prenait brusquement fin. Le Mandalorien la chassait et s’emmurait dans ce mutisme qu’elle avait si souvent côtoyé.

    Ange ignorait ce qui s’était précisément passé, là-bas, au début de la guerre et tous ces démons qui, depuis, lui faisaient courber l’échine. Kinsa n’avait abordé le sujet qu’une seule fois pendant ces années d’errance au sein de l’ancienne flotte de Dark Maléfica. Le frère de son ancien mentor avait rendu son dernier souffle de la main-même de sa propre chair, acte sans conteste traumatique qui l’avait irrémédiablement transformé à jamais. Comme tout un chacun, l’homme nourrissait ces fantômes qui le hantaient depuis en tout occasion et il lui était presque aussi impossible de les affronter.

    En proie à des angoisses qui lui étaient siennes et qu’il lui faisait partager par effet de calque, Ange eut le tact de s’abstenir d’un seul commentaire relatif au ressenti de son compagnon d’infortune. Le Mandalorien, lui, n’était pas dupe. La position qu’il se vit adopter dès lors fut si maladroite que la Corellienne comprit que la plaie demeurait plus vive et plus profonde qu’elle ne se l’était figurée. Plus étonnant encore, elle fut saisie d’une tristesse qui la mit d’autant plus mal à l’aise qu’elle se savait absolument inapte à verbaliser cette empathie qu’elle éprouvait.

    Quand, à leur énième chevauchée, ils se hasardèrent à dessein vers la funeste planète, l’un comme l’autre surent que le sujet ne pouvait plus être évité. Dans cette demie torpeur de laquelle ils ne s’étaient pas encore éveillés, il voulut inexorablement se justifier.

    Cera, la voix emplie de morosité : On peut tout percevoir à travers le temps et l’espace mais parfois la Force impose sa propre voie. Elle me ramène toujours en ce lieu précis.
    Ange : Ce n’est pas la Force : c’est toi.

    Elle ne s’était pas voulue blessante mais les mots eurent cette portée qu’elle leur avait trop souvent ignorée. Ne pouvant le nier, Ange le sentit doucement glisser, glisser, glisser vers cet endroit contre lequel ses anciens maîtres l’avaient si fréquemment mise en garde et vers lequel la mort de Kaarde et Gunnar l’avaient dangereusement rapprochée. L’eau sombre tempêtait sous son crâne et noyait presque l’homme qui se tenait à ses côtés. Pire encore, en cet instant, et comme si la Force elle-même lui avait suggéré, elle savait que si elle n’agissait pas, c’était un peu plus qu’elle-même qu’elle condamnerait. Transportée par l’invisible puissance qui tous deux les unissait, Ange fit alors ce qu’elle n’avait jamais fait.

    « Suis-moi. »


    Docilement, son aura serra la sienne, leurs deux mains évanescentes se lièrent. Les rôles, eux, n’étaient pas les mêmes. L’exploration vivifiante des profondeurs du cosmos se métamorphosa en une descente infernale dans le monde souterrain. La Corellienne se laissa tomber en arrière, dans son fleuve intérieur, et inonder par l’ondée qui la maintenait à flot. Elle lâchait prise et entraînait avec elle le Mandalorien lui aussi sur le dos, bercé énergiquement par cette eau à laquelle ils avaient désespérément livré leur corps, libéré de toute attache et de cette berge qui doucement s’éloignait. Les murmures de l’autre rive amplifiaient. Ange percevait désormais nettement les deux fantômes de Force qui la majeure partie de sa vie durant l’avaient accompagnée. Sans doute, les percevait-il aussi, partageant plus avec elle qu’une simple connexion. Elle était la Force, cette Force qui n’avait plus rien à voir avec le royaume des vivants et qui même la transcendait.

    Au moment où ce qui s’apparentait le plus à son pied foula le sol, Ceno comprit à son tour qu’il ne pouvait pas trop longtemps rester. Attiré par cette irradiante blancheur qui lui paraissait si familière, cette antichambre qui, à elle, ne lui était pas inconnue, il s’approcha pour être sitôt invité, avec douceur, à emprunter cette voie beaucoup plus brumeuse qui s’étendait à perte de vue. Baignés par des chuchotements indistincts qui les accompagnaient, ils durent s’éloigner, s’éloigner de ces rivages connus en quête de ce que Ceno seul pouvait trouver, perdu dans ce lointain qu’il avait veillé à étouffer. Ils avançaient encore, encore et encore, jusqu’à ce qu’il acceptât finalement ce pourquoi il n’avait pas hésité à se laisser guider.

    Quand il fut en paix, cette paix qui faisait que l’on était prêt à enfin tout accepter, ils surent qu’ils avaient trouvé ce qu’ils étaient venus chercher. Le Mandalorien fut à son tour aiguayé par cette étrange lueur qu’il avait cru sienne et qui l’avait si amoureusement embrassé. Ne faisant plus qu’un avec la Force et libres de toutes ces contraintes humaines qui avaient fait d’elles ce qu’elles avaient été, ces feus reliquats du passé, poussières du néant mais étoiles à jamais scintillantes pour cet homme qui ne les avait jamais abandonnées, partageaient cette sérénité que la culpabilité lui avait oublier. Ange, elle aussi, fut gagnée par cette plénitude retrouvée qui atteignit son paroxysme quand se matérialisa indistinctement mais plus nettement néanmoins la présence de ce défunt frère sensible à la Force.

    Alors, Cera Ordo fut absous, absous par cette épiphanie funèbre, de tous ces péchés pour lesquels il s’était lui-même damné. Les morts lui avaient pardonné, lui avaient toujours pardonné mais il n’avait jamais su comment les écouter. Et puis, ils disparurent comme ils s’étaient présentés, murmures parmi les autres, parmi ceux qui frémissaient et ils revinrent sur leurs pas, plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été et qu’ils ne le seraient sans doute plus jamais, leurs âmes unies par cette allégresse d’une candeur retrouvée et qui décupla ce cri qu’ils sentirent les terrasser.

    Ils tombèrent à terre, le souffle court, dans ce monde immatériel où ils parvenaient encore moins à respirer. La douleur, vive, insidieuse, leur barra la poitrine. L’étau broya leur chair, la pression sanguine augmenta et leur cœur, brûlant d’adrénaline, leur déchira la cage thoracique. Puis, ou peut-être en même temps, il eut cette aiguille, à blanc, qui transperça leur esprit de part et d’autre pour s’enfoncer plus loin, toujours plus loin, à en perdre la raison.

    Et tout résonnait, s’amplifiait, se décuplait.
    Ils ignoraient lequel d’entre eux souffrait et lesquels se miraient.
    Cela ne dura qu’une seconde.
    Cela dura une éternité.
    Kinsa.
    Vicious.
    Le Sénat.
    Ils savaient.

    Ce message a été modifié par AngeSolo le jeudi 16 juillet 2020 - 00:17

    mercredi 01 juillet 2020 - 20:58 Modification Admin Réaction Permalien

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    ProjetT

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    Pendant des jours, selon un cycle réglé comme une pendule, Cole retrouva Weedge à l’infirmerie pour procéder à son traitement. Et ainsi recommençait inlassablement le rituel de vérifier le flux sanguin, le réseau lymphatique, le cœur, les organes vitaux, puis ensuite reprendre un nettoyage complexe, une cellule à la fois, pour supprimer cette protéine étrange créée par erreur, qui aurait pu tuer ce membre de la Guilde.

    Aidé par le groupe de Padawan qui, grâce à la Force, lui permettait de garder un niveau d’énergie convenable pendant les longues heures de traitement, Weedge ne pipait mot, concentré comme jamais pour manipuler cet appareil capable de décomposer une protéine en briques simples, mais nécessitant une importante concentration dans la Force pour cibler avec précision celle-ci.

    Le Zabrak devait paraître froid et peu empathique à la situation, mais c’était nécessaire. L’attachement à la condition d’un patient était source de distraction et d’erreurs de jugement. Son devoir était de lui sauver la vie. Et le Zabrak était focalisé sur cette seule et unique tâche.

    La situation était rendue plus difficile encore du fait des derniers évènements, et de la perte de Kaarde, ce qui pesait sur tout le monde. Si Weedge ne montrait pas ses sentiments, les padawans supportant la procédure n’étaient pas aussi solides, nécessitant de fait une rotation plus importante de leurs effectifs. Certains gardaient un ressentiment marqué suite à cet évènement, et au fait que nous continuions à aider un membre de la Guilde, cette organisation dont Ange, accusée de la mort de Kaarde d’après l’holonet, était le chef. « Quoi qu’il arrive, un guérisseur protège la vie, quelle qu’elle soit. » rappelait Sol’As aux padawans.

    Le Jedi se révélait intraitable dès qu'il s'agissait de s'adonner aux exercices physiques qu’il imposait au Gotal, indispensables pour compenser la détérioration musculaire consécutive et au traitement et au vieillissement accéléré qu'il entraînait. Mais Weedge remarquait quelques difficultés se développant avec le temps.

    Le Zabrak n’était lui-même pas en reste. Les jours de repos de Cole, Weedge s’en imposait aussi à lui-même. Rester debout, statique, toute la journée, était aussi difficile pour son organisme, et il se devait aussi de maintenir sa propre forme. « Il est important que quoi qu’il arrive, tu ne soignes jamais quelqu’un si tu es toi-même diminué. Non seulement tu risques d’échouer, mais aussi de te perdre toi-même. » Les mots de feu Mirax Terrik, résonnaient toujours dans sa tête. Cette même phrase qu’il répétait à tous les padawans voulant apprendre les arts de la guérison. Les exercices que Weedge s’imposait n’étaient pas moins exigeants que ceux qu’il prescrivait à Cole. Il pouvait d’ailleurs compter sur Dexter qui s’était proposé de l’aider, lui qui souffrait encore de la disparition de Pad doublée de celle de son frère. Autant dire sa famille. Les deux compères s’entraidaient ainsi mutuellement. Weedge appréciait aussi la proposition de ce dernier de l’accompagner sur Phoenix pour prendre du repos après la fin du traitement de Cole, ce que le Zabrak avait accepté avec plaisir.

    Les 4 semaines passèrent, et selon ses estimations, aujourd’hui devrait être le dernier jour. Il ne restait au guérisseur que certains cartilages au niveau du crâne, ainsi que la structure unique du Gotal, ses cornes qui lui permettaient de ressentir les émotions de ses congénères.
    Weedge avait d’ailleurs noté un fait étrange : les midichloriens que le Gotal s’était injectés pour tenter de piéger un Shaax n'avaient pas disparu de son organisme. Fait encore plus surprenant, au fur et à mesure de l'avancée du traitement, ils avaient migré vers ses cornes. Les midichloriens semblaient se concentrer là et nulle part ailleurs.

    Laissant ce détail de côté, le Zabrak venait de finir de revérifier les réseau sanguin et lymphatique (la protéine en était maintenant quasi absente, la concentration avoisinait les 1ppm). Il s’apprêtait à terminer le travail avant une ultime vérification. Quand soudain…


    jeudi 02 juillet 2020 - 13:43 Modification Admin Réaction Permalien



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