Dyade

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Devant l’arche d’entrée du somptueux entrepôt de son employeur, un frisson parcouru le dos de Kel. Le bâtiment était fait d’énormes pierres moussues, et sa forme pyramidale lui donnait un aspect de temple érigé à la gloire d’un légendaire héros disparu depuis plusieurs siècles.

  • Auteur : Kold Trevo, Apprenti Sith (Owen Thrawn)

Avant de parvenir à cette fabuleuse structure, il fallait traverser une allée, bordée par des statues de plusieurs mètres de haut, qui toisaient de leur regard vide quiconque franchissait l’arche. Celle-ci était également haute, faite avec la même pierre que le bâtiment, et ornée de symboles mystérieux. Ils avaient dû être gravés au moment de la construction, car certains d’entre eux disparaissaient, recouverts par la mousse ou érodés par les tempêtes quasi-quotidiennes. 


Bien qu’il travaille ici depuis bientôt trois ans, Kel ressentait toujours la même chose en passant sous l’arche : le sentiment que ce lieu n’avait pas toujours été qu’une cache à épices. Bien sûr, l’architecture donnait la même impression, mais ce n’est pas ça qui impressionnait Kel. Il était fasciné par quelque chose de plus profond, quelque chose d’invisible mais très présent dans ces lieux. L’air était chargé, presque oppressant. Mais comme à chaque fois, il refusait intérieurement de reculer devant cette fascination presque terrifiante, et continua de marcher tranquillement entre les gigantesques statues qui, malgré leur immobilité, semblait suivre du regard le jeune homme. Comme à chaque fois, il se détournait du chemin principal pour trouver un escalier, derrière la dernière statue, qui descendait sous la façade ouest du repère de son employeur. Les marches étaient hautes et étroites, et l’obscurité l’engloutit.


« -4 fois ! ça fait 4 fois ! » cria la voix grave et puissante de l’oncle de Sanaa depuis son comlink. « 4 fois. Et tu comptes remettre ça, j’imagine ? » La question, bien qu’emprunte d’un ton interrogatif, était plus une formalité qu’autre chose. Il savait très bien qu’elle retenterait, encore et encore, jusqu’à réussir. Le brevet de pilote de niveau 1 n’était pas forcément très compliqué à obtenir, mais Sanaa n’avait aucune expérience, pas même de simulation.


« -Autant de fois que nécessaire pour fuir ce trou miséreux ! » Lui répondit-elle, sous le coup de l’émotion. Cette émotion, elle la connaissait trop bien : un mélange de colère et de déception, qui s’exprimait à chaque fois qu’elle avait à faire aux crises de Kuurt. Il n’a jamais voulu reconnaître qu’elle avait raison : si elle voulait avoir une vie digne de ce nom, il fallait quitter Seron, et s’installer sur une planète plus développé économiquement et industriellement. Seron était peu connue du reste de la galaxie, et pour cause : elle n’abritait que des colons sans le sou, qui finissaient mineurs ou trafiquants peu fréquentables. Ainsi, Kuurt avait été contraint de s’installer ici après avoir perdu toute sa fortune aux jeux, très populaires dans la Bordure Extérieure.


Kuurt retrouva un peu de calme. « -Sérieusement, Sanaa. Tu es consciente qu’il faut une formation académique si tu veux obtenir ce diplôme. Tu n’as aucune chance tant que tu ne t’inscris pas à l’école…


-Tu ne sais rien de mes capacités, Kuurt ! » Toujours sur le ton de l’émotion, elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, car elle savait exactement ce qu’il allait lui proposer. « Et jamais je ne ferai confiance à ton soi-disant réseau de contacts ! « Elle n’arrivait pas à se contenir, elles entait le battement du sang dans ses tempes, ses yeux rougissaient et devenaient humides : elle était au bord des larmes. Ses muscles étaient tendus, sa mâchoire crispée, et sa colère bouillonnait en elle comme la lave d’un volcan avant une éruption. Elle s’en voulait de parler sur ce ton à son oncle, qui n’avait pas eu d’autre choix que de l’héberger et l’éduquer après la disparition de ses parents, onze ans plus tôt.


La salle était relativement grande, à l’image de l’architecture extérieure, mais elle était cubique : quatre murs, chacun parallèle à l’opposé, et au centre, un étrange socle, sur lequel ne reposait rien. S’il avait déjà accueilli quelque chose, cela faisait bien longtemps que l’objet en question n’y était plus. Comme pour contraster avec l’aspect antique de la salle, des étagères en bois verni était disposées contre trois des quatre murs. Elles contenaient des caisses étiquetées, remplies des épices qui faisaient gagner sa vie à Kel. D’un pas tranquille, il s’avança jusqu’à l’une des étagères et appuya sur des boutons, disposés sur un panneau de commandes. Une des caisses se souleva, comme privée de gravité, et Kel, d’un geste machinal, en saisit les poignées usées. Il la poussa jusqu’à la base des escaliers par lesquels il était descendu, et appuya sur les boutons sans même les regarder. C’était presque s’il s’abstenait de siffloter, car l’ambiance lourde qu’imposait cet endroit n’en donnait pas l’envie, ni même le droit. Depuis qu’il devait refaire ses stocks ici, Kel avait appris à faire abstraction de la sensation de peur et de fascination qu’il éprouvait dès qu’il entrait et jusqu’à ce qu’il sorte, mais il ne pouvait pas s’empêcher intérieurement de redouter la puissance obscure que dégageait l’endroit. L’appréhension lui mordait le ventre à chaque fois que son vaisseau se posait sur la plateforme qui lui était attribuée, et ne le lâchait pas jusqu’à ce qu’il décolle, la soute remplie de caisses d’épices.


Son employeur lui transmettait les modalités du contrat par son réseau privé d’holovision, et il ne l’avait jamais vu ni même entendu. Il lui était impossible de déterminer la localisation de l’envoyeur, et à vrai dire, il avait beaucoup d’autres préoccupations, notamment avec son vaisseau. Bien qu’il ne soit pas totalement obsolète, son appareil n’était pas le plus moderne : des réparations et maintenances étaient sans arrêt nécessaire, mais son salaire plutôt correct lui permettait de ne pas s’inquiéter des prix de chaque pièce de rechange. De plus, son employeur, n’importe qui soit-il, n’interdisait pas à Kel de porter des armes, et d’en installer sur son vaisseau, afin de ne pas redouter les pirates qui parcouraient la galaxie à la recherche de richesses qui pourrait étancher leur soif de fortune et de pouvoir. Le jeune homme s’était donc équipé en conséquence, et n’avait encore jamais eu affaire à de vrais mercenaires, seulement de vulgaires bandits qui tentaient de le poursuivre avec un appareil encore plus archaïque que le sien.


-C’était la dernière, pensa Kel. Il était heureux de ne pas avoir à retourner dans la salle sombre, seulement éclairée par une vieille installation donc les lumières jaunâtres grésillaient à l’allumage. Il allait enfin pouvoir se retrouver dans le vide de l’espace, seulement protégé par les fines couches de matériau qui composait la carlingue aux couleurs démodées et à la peinture usée de son vaisseau. De même que l’architecture imposante de l’entrepôt, l’apparence de son vaisseau ne l’importait guère. Le jeune homme n’était pas du genre indiscret, ainsi ces teintes non tape-à-l’œil lui convenait parfaitement.


Sanaa était plutôt grande pour son âge. Elle avait les cheveux sales, et ne nettoyait jamais trop ses vêtements, car l’eau crasseuse à disposition abîmait les tissus plus que n’importe quelle corvée. Bien qu’une réserve d’eau potable fût disponible, il lui était interdit de s’en servir pour autre chose que boire, et cela lui convenait. Elle appréciait l’odeur de métal rouillé et de sueur qui embaumait son bleu de travail lorsqu’elle rentrait le soir, après plusieurs heures à côtoyer des machines en tout genre. Depuis qu’elle était arrivé ici, elle avait désignée assistante mécanicienne aux côtés de Kuurt, un boulot qui consistait à simplement réparer les speeders, les armes et même des pièces de vaisseau afin que son oncle les revende. Pour les connaisseurs, faire réparer son matériel sur Seron était une bonne affaire : la main-d’œuvre ne manquait pas et était qualifiée, et le coût de la maintenance était ridiculement faible, car les colons locaux n’avaient que faire d’amasser une fortune : très peu d’entre eux comptaient quitter Seron, car leur situation misérable les maintenait à l’abri de la politique et de l’économie galactiques : ici, tous les problèmes étaient suffisamment insignifiants pour être réglés à coup de blaster. 


Ainsi Kuurt avait pris des précautions et, bien qu’il ne l’apprécie pas plus que sa nièce ne l’appréciait, il avait dégoté et offert à Sanaa un modèle assez moderne et sûrement cher de pistolet, afin qu’elle s’occupe de ses affaires toute seule. Son ambition de quitter la planète vers un avenir plus radieux en faisait sourire certains, rendait indifférent quelques autres mais pouvait déclencher des moqueries et des rires méprisants chez les plus en proie à l’ennui et la soif d’action. Les deux jumeaux zabraks Tavek et Tavrak avec qui elle travaillait étaient de la troisième catégorie : alors qu’elle venait à peine d’arriver, Kuurt l’avait choisi comme assistante, un poste qu’ils convoitaient depuis longtemps, mais qu’ils n’avaient jamais réussi à obtenir, malgré tout ce qu’ils avaient fait pout convaincre l’homme de les embaucher. Il avait fini par penser qu’ils lui seraient utiles à l’atelier, mais l’arrivée de sa nièce ne lui donna pas le choix, bien qu’il sût les capacités de Sanaa bien en dessous de celles des deux jumeaux. Ainsi, ils nourrissaient depuis cette époque une farouche antipathie envers elle, mais leur ridicule aversion n’était rien à côté de ce que Sanaa était capable de ressentir lorsqu’ils la malmenaient assez habilement et discrètement pour que son oncle ne s’en rende pas compte.


Le tableau de commandes se mit à clignoter en rouge, tous les écrans et voyants s'affolèrent, alors qu'une alarme sonore réveilla brusquement Kel. Le jeune homme s'était assoupi sur le siège de pilote, laissant la navigation automatique tracer son chemin à travers les couloirs hyperspatiaux, menant l'appareil et son chargement à Coruscant. La planète mère de la République abrite la gigantesque bâtiment du Sénat Galactique, le prestigieux Temple Jedi ou siègent les êtres les plus puissants et les plus respectés de la galaxie, mais également le milieu du crime le plus développé après l'espace Hutt. Kel traitait avec tout le monde, bien que les Jedi ne soient pas addicts aux substances illicites qu'il distribuait. La position dans laquelle il s'était endormi était des plus inconfortables, ainsi ses cervicales souffraient à cause de l'angle qu'elles avaient dû tenir jusqu'ici. Il avait également étendu ses jambes sur le panneau de commandes, et il les retira aussitôt qu'il fût assez réveillé pour comprendre pourquoi les alertes s'étaient excitées. Il lut sur l'écran clignotant "HYPER-PROPULSEUR DYSFONCTIONNEL -- RALENTISSEMENT EN VITESSE SUBLUMINIQUE REQUIS". Kel soupira, et dans un geste las, tira la manette d'hyper-propulsion. Son équipement lui faisait encore une fois défaut, et il dû consulter le système de navigation afin de trouver un lieu permettant de réparer son matériel défectueux.


-Seron, pensa-t-il. Une vieille décharge peuplée d'autonomistes aigris, trop insignifiants pour attirer le regard...Il se gratta le menton d'un air pensif, et appuya sur le bouton qui verrouillait la trajectoire de son appareil. Parfait. Personne ne pourrait me remarquer là-bas. Les réacteurs se mirent en marche, et propulsèrent le petit cargo vers la minuscule planète.




Encore une fois, Sanaa devait supporter les méprisantes remarques que lui soufflaient Tavek et Tavrak, dont l’objectif devait consister à la déstabiliser suffisamment pour qu’elle ne soit pas assez efficace au regard de son oncle. Bien qu’ils n’aient jamais entretenu une relation très affectueuse, Kuurt devait veiller sur elle, l’éduquer, jusqu’à ce qu’elle parte d’elle-même de son foyer et qu’il n’ait plus à s’en occuper. Leurs interactions se limitaient souvent à des formalités consistant à connaître l’humeur actuelle de l’autre, sans forcément prêter attention à la réponse. Mais quelquefois, si l’un deux arrivait dans une conversation banale à évoquer un sujet aussi complexe que la disparition des parents de Sanaa, l’ambiance devenait plutôt étrange, lourde, presque palpable, et Kuurt était capable d’un minimum de tendresse envers sa nièce, et même de lui trouver quelque surnom qui venait transgresser l’habitude qu’ils avaient de s’appeler par leurs prénoms respectifs.


Ainsi, les deux jumeaux ne trouvaient rien de mieux que de titiller les nerfs de Sanaa, sans dépasser la limite du murmure agaçant qui sortait d’entre leurs dents comme du venin de dragon krayt. De cette manière, Kuurt n’avait jamais eu l’impression que sa nièce fût malmenée, et ne donnait la faute à ses baisses de rythme soudaines qu’à son manque de discipline. 


L’échoppe de Kuurt était composée seulement d’une longue table et d’une toile tendue au-dessus, afin de protéger le commerçant et ses clients du soleil oppressant de Seron. Mais ça n’était que la vitrine de sa véritable entreprise : Sanaa réparait les pièces que lui donnait son oncle dans une fosse, derrière l’étal. Malgré ses vêtements en toile légère, le soleil lui brûlait la peau, la chaleur étouffait son corps en plus de la charge de travail importante, qui s’intensifiait avec la température. La pellicule de poussière qui recouvrait le sol rocailleux de la fosse s’envolait au moindre coup de vent, remplaçant l’air dans ses poumons et rendant désagréable le simple fait de respirer. Mais l’impact de ces conditions s’estompait au fur et à mesure des semaines et des mois, car elle s’adaptait : sa peau s’habituait progressivement aux rayons perçants du soleil, elle gérait les hausses de température en ralentissant son rythme, sans toutefois le perdre, et elle s’était fabriqué un masque dans le même tissu que son bleu de travail afin de filtrer les grains de poussière.


Tout l’appareil se mit à trembler à l’entrée dans l’atmosphère. Bien qu’aucun obstacle ne soit présent sur la trajectoire du vaisseau, le senseur s’agita bruyamment au moment où il perçait les nuages pour découvrir le pauvre paysage de Seron : Encore autre chose à changer, pensa-t-il en haussant les épaules de lassitude. Au premier abord, il ne vit rien d’autre qu’une vaste plaine grise bordée de ce qui devait être une chaîne de montagnes, un horizon plutôt commun dans la galaxie pour une planète aride et rocailleuse. Mais en plissant un peu les yeux, il découvrit un amas de petites habitations miséreuses. Le hameau était organisé comme un campement : les tentes et cabanes étaient disposées en rond autour non pas d’un feu de bois, mais d’une place qui devait cumuler les activités économique, politique et culturelle de la région. 


Les endroits plans ne manquaient pas pour atterrir, et il choisit de se poser au plus près possible des habitations : c’était ici qu’il allait trouver un réparateur, et il ne comptait pas s’éterniser sous une telle chaleur. Bien que l’intérieur du Space Mynock soit climatisé, sa fine carlingue argentée n’était pas la plus adaptée à de telles températures. Une bouffée d’air chaud le prévint à l’ouverture de la soute par laquelle il avait l’habitude de descendre une fois son appareil posé. 


Il retourna sur ses pas pour aller chercher quelque chose qui pourrait le protéger du soleil, et ne trouva que la couverture de survie, obligatoire pour chaque appareil de la galaxie, enregistré comme actif. Étant du genre prudent, il décida de la garder pour une situation vraiment nécessiteuse, et se dirigea à nouveau vers la porte coulissante de la soute qui donnait dehors. Il tripota quelques boutons et commandes sur le panneau de contrôle de l’ouverture, pour que celle-ci se referme après son passage et se verrouille à tout utilisateur n’ayant pas le code spécifique au Space Mynock. Après avoir fait quelques pas et entendu la dépressurisation de la porte, il se retourna et regarda son appareil de la même façon que s’il ne le reverrait plus jamais. Les plaques de duracier qui en constituait l’apparence extérieure ainsi que les vitres de la cabine brillaient fortement, et il dût protéger ses yeux à l’aide de son coude. Les rares endroits où la peinture était encore intacte contrastaient avec la luminosité intense et presque désagréable de Seron.


Dès qu’elle aperçut l’appareil descendre du ciel, Sanaa sut que c’était autant de travail supplémentaire dans les heures et minutes à venir. Elle avait pris l’habitude de scruter le ciel afin d’anticiper et de pouvoir s’organiser pour être la plus efficace possible. Mais son emploi du temps quotidien ne prenait jamais en compte les jumeaux zabraks, qui trouvaient chaque jour des nouvelles combines afin de la déstabiliser. Cette fois-ci, ils avaient choisi de cacher le peu d’outils dont Sanaa disposait, et leur méthode fonctionnait : elle perdait du temps, et son oncle risquait de s’en apercevoir et de le lui faire remarquer. Tavek et Tavrak raffolaient de chaque intervention de Kuurt, et la regardaient se faire houspiller, tels des charognards rieurs observant un carnivore se délecter de sa proie.


Après avoir retrouvé son chalumeau à gaz, elle leva à nouveau la tête vers le ciel pour chercher le vaisseau argenté qui en descendait il y a quelques secondes : il ne s’y trouvait plus. D’après son expérience, Sanaa savait que le prochain client de Kuurt serait le propriétaire de cet appareil et il lui faudrait encore retrouver le reste de ses outils si le pilote souhaitait repartir au plus vite, ce qui est en général le cas sur Seron.


Le chemin qui menait vers la place centrale se matérialisait progressivement dans le désert rocailleux, entre deux misérables habitations à l’entrée du « village ». Sur le mur de l’une d’elles était attaché grossièrement un panneau de bois, où il était écrit : « NASAR, COLONIE DE MINEURS ». Les mineurs en question devaient avoir disparu depuis longtemps, car les lettres avaient partiellement été effacées par, imaginait-il, la poussière que des bourrasques de vent faisaient remonter au niveau des yeux.


Tenant fermement la sacoche qui contenait les crédits nécessaires à la réparation, mais aussi une petite vibro-dague au cas où les choses dégénéreraient, Kel suivait le chemin d’un pas prudent, mais sans pour autant laisser penser qu’il se méfiait de quelque chose. Il fallait se montrer naturel s’il ne voulait pas attirer l’attention et tous les problèmes qui vont avec. Il transpirait, ses habits n’étant pas adaptés à la température étouffante et oppressante, et leurs teintes sombres n’arrangeaient rien : la chaleur du soleil était happée et gardée par le noir et brun de sa tunique épaisse. La luminosité constante l’empêchait de bien distinguer les détails de son environnement : il suffisait qu’un objet en métal réfléchisse les rayons dans sa direction pour qu’il soit contraint de fermer les yeux, ou du moins les protéger par ses bras. Il passait le plus clair de son temps dans la cabine climatisée Space Mynock, et quand il en sortait, que ce soit pour charger ou décharger, l’air était frais, ou du moins supportable. Rien ne l’avait habitué à un tel environnement, mais il fallait faire réparer son hyperpropulseur s’il voulait repartir à destination de Coruscant.


Malgré ses yeux mal habitués, il remarqua un étal au-dessus duquel était marqué « RÉPARATIONS EN TOUT GENRE REMISES À NEUF ». -Bingo, pensa-t-il. Ses rétines le brûlaient, mais l’échoppe vers laquelle il se dirigeait était protégée par une toile tendue au-dessus. Il remarqua que la plupart des locaux étaient vêtus de la même matière que la tonnelle improvisée du réparateur. -S’il me reste quelques crédits, je me payerais de quoi me faire un vêtement de ce tissu, ça peut toujours servir. L’homme qui tenait l’étal était grand, assez robuste et ses sourcils foisonnaient en dessous de son crâne rasé.


Par expérience, Kuurt savait reconnaître ses clients. Ils n’avaient pas tous une tenue inadaptée au climat de Seron, mais un détail les caractérisait sans exception : le bras plaqué contre le front, pour à la fois étancher la sueur et protéger leurs yeux du soleil. Tout le monde ici s’était habitué à la luminosité intense et à la chaleur suffocante, il était donc aisé pour un œil expérimenté de distinguer un intrus dans Nasar.


En bon commerçant, il héla le jeune homme, bien qu’il sût qu’il se dirigeait déjà vers lui : il était toujours bon de montrer aux autres marchands de la place qu’il attirait plus de clients que ces derniers. Dès que l’étranger fût assez proche pour s’entendre mutuellement à un niveau sonore raisonnable, Kuurt pris la parole en premier et posa ses mains calleuses sur la table pour dire d’une voix faussement amicale :


« - Qu’est-ce qu’il vous faudrait, monsieur ?


- J’ai besoin que vous répariez mon hyperpropulseur, dit¬-il d’une voix pressée. Le jeune homme n’était pas à l’aise ici, et il était clair qu’il comptait redécoller le plus tôt possible.


- On s’en occupe tout de suite. »


Alors qu’il s’approchait du bazar qui servait de commerce au grand homme, il le vit lui faire des signes et l’entendit le héler afin de l’attirer vers lui, bien que la destination de Kel fût assez claire pour tout le monde. La voix grave de l’homme portait, bien plus que si ses mots n’étaient destinés qu’à lui. S’il ne voulait pas attirer l’attention, ce marchand avait complètement mit sa couverture en branle, et les autres personnes présentes se retournaient pour le comme s’il se rendait dans un établissement peu fréquentable, et il choisit de se faire encore plus petit qu’avant. Hélas, son accoutrement ne le lui permettait pas.


Arrivé à hauteur de la table, il vit que l’homme souhaitait entamer la conversation sans chercher à faire les présentations, ce qui soulagea Kel. Moins ils parlaient, plus vite il repartirait de ce four à ciel ouvert.


« - Qu’est-ce qu’il vous faudrait, monsieur ? lui demanda l’homme, avec un sourire qui paraissait beaucoup trop sincère.


- J’ai besoin que vous répariez mon hyperpropulseur.


- On s’occupe de ça tout de suite. Il se retourna et cria : « Sanaa ! Le vaisseau à l’extérieur de la ville et son hyperpropulseur ont besoin de toi ! ».


Le ton employé par l’homme ne semblait pas adapté pour parler à un autre être humain, mais une tête surgit brusquement d’un trou, derrière l’épaule de l’homme. C’était une jeune femme brune, dont le visage était couvert du nez à la gorge par un masque artisanal du même tissu que la tonnelle qui le protégeait actuellement. Kel ressentit un frisson qui fît discrètement trembler tout son corps, mais ce n’était ni la température actuelle, ni la manière déplacée du marchand à parler à sa comparse qui en était la cause.


Sanaa avait rarement à sortir de sa fosse, à moins que le client n’apporte pas à Kuurt la pièce qu’il voulait faire réparer ou remplacer. Mais cette fois, elle dût se lever pour faire comprendre à son oncle qu’elle se dirigeait tout de suite vers l’appareil posé en dehors de Nasar, celui qu’elle avait aperçu quelques minutes auparavant. Mais au lieu d’acquiescer immédiatement et de se mettre en route, son regard se posa sur le client de Kuurt, qui n’était apparemment pas préparé au climat local. Elle resta quelques secondes bloqué de la sorte, comme si cet homme diffusait autour de lui un halo lumineux dont on ne pouvait détacher les yeux. Elle réussit finalement à sortir de son emprise, bien que cette impression tînt plus d’elle-même que de l’étranger.




 Le lourd soleil de Seron avait entamé sa descente vers l’horizon lorsque Sanaa referma la trappe d’accès aux systèmes internes du Space Mynock. L’hyper-propulseur avait été endommagé suite aux nombreux voyages de son pilote à travers la galaxie, et ce dernier saut en vitesse lumière lui avait donné le coup de grâce. Irréparable, la pièce avait dû être échangé contre une autre, et Sanaa avait effectué plusieurs aller-retours du vaisseau à sa fosse afin de trouver le modèle adéquat. À ce moment de la journée, la température diminuait faiblement, mais la luminosité était toujours aussi intense, et trouver l’ambiance tamisée et la fraîcheur d’un intérieur climatisé était un luxe auquel il lui était trop rare d’accéder. Le Space Mynock était un appareil pratiquement obsolète, mais son propriétaire avait dû débourser de grosses sommes pour le maintenir en bon état de marche, car elle trouva plusieurs pièces modernes installées à côté d’antiquités technologiques, sûrement aussi efficaces qu’un droïde de protocole le serait en bataille.


La trappe refermée, Sanaa se dirigea une énième fois vers le centre de Nasar, afin de retrouver son oncle et le pilote et les prévenir qu’elle en avait fini et qu’il pouvait repartir serein. Cependant, elle n’avait pas oublié l’échange de regard qui marqua sa première rencontre avec l’étranger, et appréhendait à l’idée de le revoir. Lorsqu’elle travaillait sur son vaisseau, il n’était pas revenu pour surveiller quoique ce soit, il avait dû vagabonder dans le village et commercer avec quelques arnaqueurs locaux qui cherchaient à gagner suffisamment de crédits pour quitter ce miséreux caillou, perdu aux confins de la galaxie.


Cela faisait la troisième fois qu’un nébuleux commerçant tentait de lui refourguer des objets quelconques, sûrement fabriqué à partir de pièces récupérées dans une décharge. Et pour la troisième fois, il répliquait poliment qu’il n’avait pas la somme nécessaire pour l’achat de ces vulgaires bibelots. Bien que ce fût complètement faux, ces marchands vendaient leur camelote à un prix trop élevé, et il n’était pas prêt à gâcher les crédits qu’il lui restait. Son idée d’acheter un vêtement local était toujours d’actualité, mais aucune échoppe ne faisait dans l’habillage. Les gens devaient sûrement se fabriquer eux-mêmes leurs tenues, avec des pans de tissus débusqués çà et là.


Il avait déjà penser à demander à la mécanicienne où avait-elle trouvé son masque, mais le souvenir de l’étrange sensation qu’il avait senti dès qu’elle entra dans son champ de vision l’en dissuada. Ce n’était pas de la peur, ni de l’amour, ni quoi que ce soit de physique. Il avait déjà éprouvé ce sentiment, mais les évènements récents l’avait quelque peu troublé. La panne d’hyper-propulseur, l’environnement local très éprouvant, et même ce court échange de regards lui avait fait oublier l’origine de sa familiarité avec ce frisson, qui avait profondément fait trembler tout son corps. Mais il était bien décidé à trouver ce qui en était la cause.


Une fois revenu auprès de l’homme en charge de sa réparation, il aperçut, dans le trou qui servait de lieu de travail à la mécanicienne, deux zabraks en train de pouffer de rire. Leur posture et l’énergie qu’ils dépensaient afin de ne pas montrer leur hilarité laissaient imaginer qu’ils avaient préparé une plaisanterie ou pire, commis une faute dont les potentielles conséquences leur échappaient. C’est alors en tournant le regard désespéré qu’il jetait sur eux qu’il aperçut la fille discuter avec ce qui semblait être son employeur : à première vue, elle avait été la cible des affaires des deux zabraks car elle les fixaient avec colère. Son apparence ne laissait pourtant pas supposer qu’elle exprimait quoi que ce soit, mais Kel percevait tout de même l’aura négative qui l’entourait. Il ne savait pas comment, ni pourquoi il était capable de sentir ceci, mais la fille intériorisait une sorte d’énergie qu’elle semblait tirer de sa haine envers les deux jumeaux, qu’ils étaient apparemment incapables de sentir, puisque toujours lamentablement cachés derrière leurs bras afin de dissimuler leurs énormes sourires. Kel se rendit compte alors où il avait ressenti cette sensation : sur Exogorth, autour du bâtiment qui servait de réserve illégale à son employeur mystérieux. Une puissance brute, un pouvoir obscur qui ne cessait de le poursuivre qu’à partir du moment où le Space Mynock et lui aux commandes quittaient la Planète Maudite.


Sanaa avait à peine fini d’informer son oncle de son rapport de travail sur l’hyper-propulseur de l’étranger qu’elle l’aperçut au bout de la ruelle commerçante, en train de dévisager intensément Tavek et Tavrak. Les deux zabraks avaient sûrement encore caché quelques outils, et elle sentait encore une fois ce sentiment intérieur de haine intense, pure, qu’elle arrivait tout de même à contrôler. Elle n’avait pas encore explosée devant quelqu’un physiquement, et elle essayait de se retenir, car elle sentait qu’elle serait capable de faire beaucoup de mal si cela venait à arriver. Déverser tous ces sentiments négatifs, les exprimer soudainement après les avoir intériorisés, accumulés au plus profond de son être depuis plusieurs années risquait d’être dévastateur pour quiconque se trouverait là au moment où elle perdrait le contrôle. Mais elle ne pouvait cependant pas ignorer les existences malfaisantes des jumeaux, qui savaient viser juste quant à l’énerver au plus haut point. Il fallait qu’elle tienne encore le coup, peut être indéfiniment, ou du moins jusqu’à être débarrassée d’eux une bonne fois pour toutes.


Bien que cette pensée soit totalement déplacée, elle la garda à l’esprit suffisamment longtemps pour qu’un sourire vicieux se forme au coin de ses lèvres. Se rendant enfin compte de son faciès complètement corrompu par l’idée d’éliminer cette source de frustration, elle secoua rapidement la tête, comme si le sourire allait être désarçonné de son visage. En se tournant prudemment sur elle-même, elle put se convaincre que personne n’avait pu interpréter son expression par la pensée sanguinaire qu’elle avait eue, pas même Kuurt, qui se trouvait pourtant en face d’elle. Sanaa remarqua également que le jeune étranger se dirigeait vers eux, cette fois-ci en les regardant. Et à nouveau, elle ne put détourner les yeux de l’aura lumineuse et tranquille qui le drapait, tel un Jedi dans sa robe traditionnelle.


Elle avait entendu parler des Jedi : des guerriers qui symbolisent l’espoir et la Lumière dans la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Ils étaient des sorte de guides, des personnes qui montraient l’exemple à toute la galaxie, déchirée par une guerre qui affaiblissait les plus pauvres et enrichissait les plus puissants. Les gens de pouvoir ne se souciaient guère du sort des tréfonds poisseux de l’univers, du moment que les multiples usines qu’ils possédaient fabriquaient assez vite pour suivre le rythme du conflit. Ainsi, Seron n’était un carrefour stratégique pour aucun des camps engagés, et sa misérable situation la tenait éloignée de tous les problèmes qu’une guerre pan-galactique est susceptible d’amener à une population. Les Jedi n’avaient aucun partisan ici, pas plus que l’Alliance Séparatiste. Personne ne cherchait à bouleverser les habitudes et les existences, aussi miséreuses soient elles. Mais malheureusement pour Sanaa, quelqu’un avait bouleversé la sienne, et elle était prête à comprendre pourquoi.


En essayant de faire abstraction de l’étrange et obscure aura qui entourait la fille, Kel s’approcha en souriant, malgré la luminosité qui l’oppressait. Il s’était quelque peu habitué, mais le climat mêlé à la pauvreté malsaine de l’endroit ne faisait sûrement pas partie des choses auxquelles il s’adapterait, aussi longtemps resterait-il sur ce rocher miteux. Cette fois-ci, ce fût lui qui engagea la conversation : 


« -Il vous faut encore du temps ? C’est que j’ai une course urgente pour Coruscant, et… » Le grand homme, toujours aussi souriant que lors de leur première interaction, l’interrompit et attesta : « Ne vous inquiétez pas, Sanaa en a enfin fini ! Non mais sérieusement, vous ne trouverez pas mieux ailleurs, ou en tout cas dans la région. Ce n’est pas dans mes principes de me mêler des affaires de mes clients, alors je n’ai qu’une seule chose à vous dire : bonne route !


-Voilà vos crédits, marchand. Merci.


-Merci à vous, et revenez quand vous voulez ! Ou conseillez-moi à votre entourage, si jamais quelqu’un passait dans le coin… » L’intonation de fin de phrase laissait supposer que les touristes étaient rares, ce que Kel admettait totalement. Rien dans la région ne donnait envie de s’y arrêter, et, pour sa part, il n’avait pas eu le choix.


En effet, ce système échappe totalement à la juridiction et aux lois dictées par le Sénat, et la République autant que les Séparatistes n’y avaient aucune prise. Cela se mariait parfaitement avec l’activité illégale de Kel, qui n’avait jusqu’ici jamais été repéré par les autorités du domaine, mais préférait prendre le moins de risque possible. Ainsi, une telle région aurait pu l’attirer, si elle avait fait partie de son itinéraire original. Dans son milieu, rien ne différenciait les partisans d’un camp ou de l’autre : une petite minorité des gens de pouvoir étaient accros aux épices, et leur réputation ainsi que leur fortune leur permettaient d’en consommer au nez et à la barbe des autorités, trop corrompues pour être aussi efficaces qu’elles n’auraient dû l’être en temps de guerre.


Après avoir déposé un nombre suffisant de crédits dans la main calleuse du grand homme, il se rendit compte que la mécanicienne n’était plus là. Sûrement de retour à son poste de travail, pensa-t-il. Après un bref hochement de tête reconnaissant, il se retourna, et se mit en marche dans la direction de son vaisseau. Maintenant que le Space Mynock avait été réparé, il ne voyait aucune raison de rester plus longtemps ici, bien que la sensation étrange et familière que la fille dégageait l’eût intéressé. Je ne suis simplement pas assez habitué au climat, et mon corps me joue des tours, raisonna Kel. Non convaincu de cette explication trop peu rassurante, il tenta d’oublier ce qui s’était passé ici. Seron ne serait bientôt plus qu’un lointain souvenir, au même titre que ses précédents escales imprévues.


Arrivé à son appareil, il remarqua que le clapet qui devait protéger le panneau d’ouverture de la porte était ouvert. Ce n’était pas dans ses habitudes de laisser quelque-chose derrière lui, mais son détour pour trouver un vêtement adapté avait peut-être dérangé ses réflexes machinaux. Sans chercher plus loin une explication rationnelle, il rentra le code d’identification et la porte de l’arrière du vaisseau s’ouvrit dans un chuintement de dépressurisation. Kel entra, et le panneau coulissant se refermât aussitôt dans un mouvement rapide et silencieux. Il se dirigea machinalement vers la cabine de pilotage, sans voir la faible lueur qui gisait au fond de la soute, dans l’obscurité, telle une étoile qui s’éteint dans l’immensité du vide spatial.


Satisfait de la somme qu’il avait amassée, Kuurt se retourna dans l’espoir qu’il parviendrait à se persuader d’en céder une part minime à sa nièce. En prenant une grande inspiration, il pencha le regard dans la fosse. Tavek et Tavrak ne pouffaient pas comme à leur habitude, mais ce fût un autre détail qui attira son attention.


« -Sanaa ? »


A suivre...

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