Le Gardien : Souvenirs d'enfance

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Premier Tome de la trilogie du gardien dans lequel Obi-Wan Kenobi apprend la vérité sur ses origines. Suspence, action, émotion, cette Fan-Fiction riche en rebondissements vous laissera scotché devant votre écran !

  • Auteur : Nat
  • Nombre de chapitres prévus : 17

Chapitre 1 - Mise en place

" Ecoute résonner le carillon et entends son appel,
les farfadets dansent leur funeste farandole sous des candélabres de félonie
alors que dans son logis la créature se repaît de sa forfaiture.
Affabilité n'est que chimère consumée par la haine
et partout les hérauts de ce poison feutré répandent la sombre nouvelle d'une chute inéluctable.
La terre en agonie pousse son cri silencieux au propylée indifférent de la conscience générale, à la recherche de cette justice et mansuétude depuis longtemps oubliées parmi les cantiques narquois récités aveuglément et dénués de tout sens.
Résistance au chaos est plus folie que raison,
le courage et la vaillance souffrent des calomnies infatigables des esprits fourbes et fallacieux aux promesses si attrayantes, fardant leur laideur de séduisante duplicité.
A un âge de confusion et de tourmente, quelles seront les sentinelles inébranlables disposées à brandir leur lame inflexible de droiture, exposant et leur vie, et leur âme?
Quel salut et quelle récompense pour les braves martyrs humbles et désintéressés?
Ecoute et ne te désole pas, réfrène ta colère et tes pleurs, car même si la fortune t'échappe, même si tu échoues, ton honneur et ta dévotion apaiseront ta souffrance et adouciront tes épreuves.
Ecoute le carillon et lève-toi.
Ecoute et je serai là. "


~*~


-Que se passe-t-il ?
Le jeune homme se pencha sur l'écran. Son visage grave suffisait à exprimer l'inquiétude qu'il ressentait.
-Un vaisseau approche, répondit le co-pilote. Non, attendez.
Il effectua quelques calculs et ajusta la réception du signal.
-C'est une navette.
-A-t-elle une autorisation ? demanda le premier.
-Je ne sais pas encore. Je leur ai envoyé une demande d'identification.
-Ils ne peuvent pas entrer dans la zone.
Une jeune voix l'interrompit.
-Obi-Wan ! Qui-Gon vous fait dire qu'il faut dévier notre trajectoire…
Le jeune homme ne daigna pas se retourner.
-Anakin, va dire à Qui-Gon que nous respecterons notre circuit actuel : il y a une navette en approche.
-Oui, il est au courant, et il dit qu'il faut quitter cette trajectoire pour emprunter le couloir extérieur. Une histoire de bouleversement de la Force, un mauvais pressentiment, insista le garçon.
-Eh bien va lui dire de se souvenir de ce qu'il m'a appris sur le vaisseau de la Fédération du Commerce. Il comprendra. En attendant, va à l'arrière.
Le jeune garçon, impressionné par ce ton sec, se retira en un clin d'œil. Obi-Wan s'en voulut immédiatement, mais ça avait été plus fort que lui, quelque chose le dérangeait au sujet d'Anakin. Il sentait le tumulte en lui, le danger, tout comme le conseil Jedi l'avait également fait remarquer. Mais il y avait aussi autre chose, quelque chose qu'il avait peur de s'avouer parce que c'était contraire au Code des Jedi. Mais après tout le garçon n'était-il pas la cause de sa séparation d'avec son maître ? Lorsqu'il voyait Qui-Gon et l'enfant ensemble, il avait toujours un pincement au cœur. Le vieux maître avait décidé d'abandonner Obi-Wan avant l'heure pour apprendre à Anakin. Ce qui en un sens blessait terriblement le jeune homme était le fait que Qui-Gon avait pris le petit garçon avec lui quasiment dès le premier jour, alors qu'Obi-Wan avait eu le plus grand mal à ne serait-ce que le convaincre de le prendre un minimum en considération. Tous les efforts et les sacrifices qu'il avait dû faire, Anakin ne les avait pas connus. Non pas qu'Obi-Wan eût voulu le contraire, il en était heureux pour l'enfant, mais lorsqu'il lui arrivait pendant une fraction de seconde d'ignorer son entraînement Jedi, il s'en sentait dévalorisé.
De plus, ce changement de l'état d'apprenti padawan à celui de chevalier avait été trop brusque. Le temps que Qui-Gon se soit suffisamment remis de sa blessure pour assister à la courte cérémonie bâclée où sa natte, symbole de son apprentissage, avait été tranchée et les quelques paroles rituelles prononcées et ils étaient repartis assurer momentanément la sécurité dans l'espace aérien au-dessus de Naboo. C'est à peine s'il avait eu le temps de déposer ses affaires dans ses nouveaux quartiers au temple. Son maître ne l'avait même pas félicité. Qui-Gon était comme un père pour lui, le seul dont il se souvenait, mais celui-ci semblait l'ignorer malgré plus de douze ans passés ensemble. Obi-Wan fronça les sourcils et se concentra sur le moment, car la situation ne permettait pas le moindre temps de méditation.
-Identifiez-vous, fit le co-pilote.
Une voix métallique répondit.
-Navette PX-343 en provenance de Coruscant.
-Cargaison ?
-Confidentielle. Demande autorisation d'atterrir sur Naboo.
-Négatif, répondit Obi-Wan. Définissez votre cargaison.
Il y eut une hésitation de l'autre côté, puis finalement :
-Diplomates en déplacement, fit le droïde d'une voix hasardeuse.
Le visage du jeune Jedi se détendit.
-Est-ce que le Chancelier Suprême Palpatine est à bord ?
Une nouvelle hésitation se fit sentir.
-Affirmatif.
-Bien ! Autorisation de passer le champ d'énergie accordée.
Obi-Wan abandonna le poste de commande et se précipita vers l'aire d'accueil au centre du vaisseau. Il croisa Anakin et l'envoya chercher Qui-Gon. Celui-ci arriva immédiatement. Obi-Wan se posta sur la ligne blanche tracée au sol derrière laquelle la navette était en train d'atterrir, et tenta d'ignorer le regard plein de reproches que lui adressait Qui-Gon.
-Ne fais pas semblant de ne pas me voir, Obi-Wan, dit-il.
-Nous en parlerons plus tard, maître, si vous le permettez, répondit calmement le jeune homme. MaîtreJinn, se reprit-il.
L'appeler simplement ¨maître¨ était une habitude de padawan qu'il avait du mal à perdre. La passerelle s'abaissa. Deux gardes sénatoriaux sortirent, suivis du Chancelier Suprême. Les deux Jedi s'inclinèrent humblement. Palpatine était de ceux qui exigeaient le respect. Non pas parce qu'il l'inspirait spécialement, mais il le réclamait. Ce qu'il inspirait au commun des mortels se rapprochait plus de l'intimidation : il était sûr de lui, calculait ses moindres faits et gestes, son regard était vif et acéré, parfois il donnait même l'impression de lire en vous comme dans un livre ouvert. Mais il avait pour habitude de dissimuler sa perspicacité derrière une maladresse hypocrite pour tromper ses interlocuteurs. Ce jour-là, il était tout sourire et s'adressa aux deux chevaliers d'un ton jovial, mais avec une touche de condescendance.
-Ah ! Nos deux célèbres héros ! Comment vous portez-vous, mes amis ?
-Bien, merci, excellence, répondit Qui-Gon. Mais que nous vaut l'honneur de votre visite ?
-Eh bien j'amène avec moi une personne qui voulait absolument rencontrer la reine Amidala. Comme celle-ci est momentanément dans l'impossibilité de quitter Naboo et que la personne que j'accompagne est l'enfant d'un vieil ami, j'ai pris la liberté de l'accompagner sur cette charmante petite planète malgré le travail que j'ai sur Coruscant. Mais dites-moi, le jeune Skywalker n'est pas avec vous ?
-Non, il est à l'arrière du vaisseau.
-Ah ! sourit Palpatine. Si j'étais vous, je ne perdrais pas des yeux une telle perle !
-Mais pour en revenir à notre affaire, de qui s'agit-il exactement ? demanda Obi-Wan, intrigué.
-De la Grande Conseillère Lay Jooles, de Panescan, répondit le Chancelier Suprême d'un ton pompeux.
Qui-Gon observa son ancien élève dans l'attente d'une réaction qui ne vint pas. Il en parut soulagé.
-Tenez, d'ailleurs la voici, continua Palpatine en se tournant vers la navette.
En descendit une jeune femme en robe mauve très élaborée, qui s'arrêta en bas de la passerelle. Son visage était très jeune - elle ne devait pas être plus âgée qu'Obi-Wan - et ses traits purs, ses cheveux ramenés vers l'arrière et recouverts d'une capuche brodée de pierres précieuses bleutées.
-Votre Grandeur, reprit Palpatine. Voici les chevaliers Jedi Qui-Gon Jinn
Celui-ci s'apprêta à s'incliner lorsqu'elle lui prit la main et la lui serra, puis lui dit en souriant :
-Lay, ravie de faire votre connaissance, Jedi.
Son regard malicieux en disait long sur l'importance qu'elle accordait aux formalités. Le Chancelier Suprême, un peu décontenancé, poursuivit.
-Et voici Obi-Wan Kenobi.
Les yeux clairs de la jeune femme semblèrent se troubler, puis se fixèrent sur le visage du chevalier. Lorsqu'elle perçut une note d'interrogation dans son regard, elle se reprit et lui serra également la main.
-Enchantée.
Un silence gêné s'installa alors : la jeune conseillère ne savait que dire et Obi-Wan, malgré une certaine réserve polie, ne pouvait s'empêcher d'observer cette dernière avec un mélange de curiosité, d'admiration, et de quelque chose d'autre, de plus lointain qu'il ne voulut pas prendre le temps d'analyser. Qui-Gon les regardait tous deux, sentant que ce qu'il redoutait était à présent inévitable. Palpatine se décida à briser ce mutisme général.
-Bien ! Maintenant que les présentations sont faites, ainsi que les vérifications concernant notre autorisation, pouvez-vous nous escorter jusqu'à Theed ?
Obi-Wan sortit de sa torpeur.
-Oui, je vous accompagne, dit-il sans détourner son regard des yeux de la jeune femme qui, à ces mots, sourit doucement.
Qui-Gon pensa l'espace d'un instant s'interposer pour y aller à sa place, car Obi-Wan était très utile à bord du vaisseau républicain, mais il renonça : tel était son destin et la volonté de la Force.
-Très bien, dit-il. Anakin et moi resterons ici pour nous assurer du bon fonctionnement de la zone de sécurité. Emmène Jar Jar avec toi, Obi-Wan.
Au nom de Jar Jar, le jeune homme eut un regard implorant vers son ancien mentor, mais il savait qu'il était inutile de résister et se plia donc à la volonté de son aîné.
Quelques minutes plus tard, la navette re-décollait, avec cette fois Obi-Wan à ses commandes. Qui-Gon Jinn et Anakin Skywalker les regardèrent s'éloigner, et alors que l'enfant soupirait d'aise de voir partir celui qui l'intimidait tant, le maître Jedi eut un regard triste en pensant à ce que son ancien élève allait bientôt découvrir. Anakin sentit immédiatement que son maître était tourmenté, et posa sa petite main sur le bras puissant de Qui-Gon. Celui-ci lui sourit en signe de reconnaissance. L'attitude du garçon lui prouvait chaque jour davantage qu'il avait vraiment quelque chose d'exceptionnel ; il était tellement lié à la Force que ce ne pouvait être que l'élu. Il en avait été persuadé dès qu'il l'avait vu. Le maître Jedi plongea son regard dans les yeux de son élève dans l'espoir d'arriver à sonder les mystères qu'il tenait dissimulés au fond de lui. Qui-Gon espérait peut-être inconsciemment y trouver aussi un peu de réconfort, car il avait lui-même été très éprouvé ces derniers temps, et même s'il savait qu'il en était en partie responsable, il lui arrivait de ne plus savoir où il en était. D'un côté, il éprouvait une profonde tristesse d'avoir dû laisser Obi-Wan pour prendre Anakin, et il était d'autant plus affligé qu'il l'avait fait énormément souffrir, lui qu'il aimait profondément. Mais malgré tout, il considérait comme étant son devoir de former le jeune élu qui était destiné à apporter l'équilibre à la Force, et donc à la galaxie. Il était prêt à tout sacrifier pour mener sa tâche à bien.
Une violente explosion le sortit de sa méditation. Une pensée l'effraya soudain.
-Obi-Wan, souffla-t-il.
Puis les alarmes qui retentirent à bord du vaisseau républicain lui firent réaliser que l'impact avait eu lieu sur leur coque externe.
-Anakin ! Va au poste de commande et fais-moi savoir où nous avons été touchés, ordonna-t-il.
Le garçon obéit et partit en courant alors que Qui-Gon Jinn se dirigeait vers un poste de communication. Il s'inclina légèrement sur un panneau et appuya sur un bouton rouge avant de parler.
-Ici vaisseau républicain de surveillance S-24. J'appelle base B-8.
Une voix répondit parmi des grésillements.
-Ici base B-8. Des problèmes ?
-Nous avons besoin d'assistance. D'urgence, répondit le Jedi.
-Bien reçu. Nous vous envoyons un groupe de chasseurs.
Qui-Gon se redressa et saisit son comlink qui venait de biper.
-Oui, Anakin ?
-Le générateur de champ déflecteur a été touché, maître, répondit la jeune voix.
-Encore ? Décidément…, murmura le Jedi.
Il fronça les sourcils et coupa la communication. C'était la tuile qu'ils n'avaient pas prévue : tous les astromechs étaient en révision, R2D2 y compris, et sans ce générateur, le vaisseau était quasiment sans défense, n'ayant ni arme ni aucun autre bouclier de protection. Il se rendit dans le cockpit afin de mieux se rendre compte de la situation. Là il trouva Anakin occupé à enregistrer des données dans l'ordinateur central, sous le regard interdit du co-pilote.
-Qu'est-ce que tu fais ? demanda le Jedi, surpris.
-Je me suis permis de modifier quelques paramètres…, dit l'enfant avec hésitation, craignant de se faire sévèrement réprimander. Le problème est que le détecteur de vol se met en route beaucoup trop tard, alors qu'avec plus de marge, le bouclier déflecteur aurait le temps de s'enclencher, et on n'aurait plus à le faire manuellement.
Il marqua une pause et demanda en levant timidement ses yeux clairs vers son maître :
-J'ai mal agi ?
Qui-Gon eut un petit rire joyeux et lui tapota l'épaule.
-Non, tu as bien fait, Anakin. Mais à l'avenir, parle-m'en d'abord.
-Bien maître ! répondit le garçon avec entrain.
De nouveaux tirs vinrent secouer le vaisseau.
-Maître ?
-Oui, Anakin ?
-Pourquoi sommes-nous attaqués ?
-Eh bien, pour simplifier, l'arrêt des agissements de la Fédération du Commerce a fait plus d'un mécontent. Ce sont pour la plupart des attaques d'intimidation, et nous sommes là pour les stopper le temps que la reine rétablisse ses rapports avec le Sénat galactique et mette au clair la situation.
Le visage de l'enfant s'était éclairé et ses joues avaient rougi au moment où Qui-Gon avait mentionné la reine Amidala. Il se dit alors qu'il n'avait pas réellement parlé avec elle depuis la fin du blocus trois mois plus tôt. Cette jeune fille l'attirait tellement… Sa beauté, sa douceur, sa force de caractère, tout en elle l'émerveillait. Seulement, maintenant qu'il savait que celle qu'il connaissait sous le nom de Padmé et qu'il appréciait tant était en réalité la souveraine des Naboo, il n'était plus sûr d'avoir le droit de ressentir de telles émotions.
Qui-Gon, qui n'était pas dupe, réprimanda doucement son élève.
-Un Jedi ne doit pas se préoccuper de ce genre de chose, sauf en temps voulu. Son but principal est la symbiose avec la Force, mon padawan.
-Oui, maître, répondit le jeune garçon d'un ton résolu.
Et il tenta de balayer de son esprit l'image du doux visage de la reine. A l'extérieur, des tirs fusaient. Les chasseurs Naboo étaient arrivés. Très vite, l'assaillant fut détruit. Le maître Jedi poussa un léger soupir de soulagement, mais il s'interrompit en songeant qu'Obi-Wan avait sûrement atterri sur Theed à l'heure qu'il était.


~*~







Chapitre 2 - Une journée de révélations

Qui-Gon ne se trompait pas. La navette sénatoriale était en effet arrivée, et le jeune chevalier Jedi escortait en ce moment même les deux visiteurs de qualité jusque dans l'un des riches salons du palais. A leur passage, chaque garde les saluait et lançait des ¨bonjour !¨ enthousiastes. Le souvenir de ce qu'il avait accompli pour eux était encore vivace dans leurs esprits. C'est lui qui avait terrassé le Sith qui menaçait les Naboo et c'est cet acte de bravoure qui lui avait d'ailleurs permis d'accéder au titre de chevalier.
Le jeune homme introduisit le Chancelier et la Grande Conseillère dans une grande pièce aux colonnes de marbre rosé, très richement décorée. Il traversa l'espace recouvert de moquette épaisse, rouge à motifs bleus, pour aller chercher des boissons dans un grand bar de bois sculpté après avoir prié ses compagnons de marque de s'asseoir dans l'un des somptueux fauteuils de velours. Il servit d'abord Palpatine, puis apporta un autre verre à Lay Jooles. La main du Jedi vacilla insensiblement au moment où elle le prit, le gratifiant d'un sourire. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, pourquoi il n'arrivait plus à se contrôler. Il l'observa, mais quand il vit que son regard s'était fait un peu trop insistant et qu'il commençait à intriguer la jeune femme, il se racla la gorge.
-La reine devrait vous recevoir dans quelques minutes, je vous demanderai donc la permission de me retirer. Il faut que je reconduise Jar Jar Binks à Otoh Gunga.
-Bien entendu ! sourit Palpatine, découvrant ses dents blanches.
Lay hocha la tête, puis regarda Obi-Wan s'éloigner.
-Excellence, commença Palpatine d'une voix suave. Je dois dire que je suis assez intrigué : vous ne m'avez toujours pas donné la raison de votre rencontre avec la reine Amidala
-Vraiment ? coupa la jeune femme sur le même ton faussement aimable. Voilà qui est étrange.
-J'avais pourtant espéré qu'en vous accompagnant vous m'auriez dévoilé les mystères de cette affaire, insista-t-il.
La Grande Conseillère lança un regard défiant au Chancelier Suprême, mais plus elle fixait ses yeux, plus un sentiment étrange qui la mettait mal à l'aise montait en elle. De la peur mêlée à de la colère. Non, c'était encore plus fort que cela. Cette sensation désagréable l'effraya, et elle détourna vivement le visage.
La porte de la pièce s'ouvrit en un faible chuintement. Un homme à la barbe blanche et d'apparence respectable entra.
-Ah ! Gouverneur Bibble ! s'exclama Palpatine en se levant.
-Votre Grandeur, salua le vieil homme. Son Altesse royale est disposée à vous recevoir.
A ces mots, il invita ses deux hôtes à le suivre.


~*~


Pendant ce temps, Obi-Wan Kenobi se dirigeait vers un bongo amarré sur la rive du fleuve, Jar Jar Binks sur ses talons. Ils mirent pied dans l'appareil que le jeune homme activa en un clin d'œil. Il déclencha l'immersion, et les deux compagnons plongèrent dans les profondeurs des eaux tièdes.
-Hmm… Tissa Biwan Jedi…, tenta Jar Jar.
-Qu'est-ce que tu veux ? fit Obi-Wan d'un ton déjà exaspéré.
-Euh…, continua timidement le Gungan. Pourquoi tissa toujours envoyer missa boulasse ?
Jar Jar fut soudain soulagé. Cela faisait des mois qu'il mourait d'envie de poser cette question au jeune Jedi.
-Mais je ne t'envoie pas b… Je ne te rejette pas, soupira Obi-Wan. Seulement il faut avouer que nos centres d'intérêt sont légèrement différents, et ta maladresse peut parfois être…
Il chercha ses mots pour ne pas blesser le Gungan.
-… gênante, dit-il enfin.
-Aoh…, fit la créature aux grandes oreilles en baissant les yeux.
Obi-Wan se mordit la lèvre et ajouta :
-Mais je t'apprécie quand même, le consola-t-il avec douceur.
Un large sourire illumina le visage de Jar Jar. Il s'effaça tout aussi rapidement lorsqu'il aperçut à l'extérieur un énorme poisson Opee.
-Biwan ! Missa vu un Opee ! Gros, gros Opee ! hurla-t-il.
-Oui, j'ai vu, fit calmement Obi-Wan, les sourcils froncés. Pas de panique. Nous avons installé dans les bongos un système de sonar qui éloigne les Opee.
Il agrémenta ses paroles d'une démonstration. Après quelques manœuvres, un son très aigu se répandit autour du petit transport. Le gros prédateur fit des va-et-vient pendant plusieurs minutes, sans jamais les attaquer, et abandonna rapidement. Jar Jar ne manqua pas d'exprimer son soulagement.
-Aah !… Missa encore eu chocottes bleues ! Bleues, bleues ! Voussa Jedi avez jamais peur, hein ? fit-il à Obi-Wan.
Celui-ci, pour une fois, prit le temps de lui expliquer.
-Eh bien vois-tu, la peur, on nous l'apprend dès le début de notre formation, mène à ce que nous appelons le côté obscur de la Force. Le mal, en quelque sorte. Mais nous sommes humains, et il nous arrive de ressentir la peur. Nous la maîtrisons et la canalisons pour en faire une énergie bénéfique. Il en est de même pour les autres émotions négatives telles que la colère, l'envie ou l'impatience.
-Balaise, fit simplement le Gungan.
-C'est une question de discipline, précisa Obi-Wan.
Le bongo bifurqua derrière un gros rocher et poursuivit sa course dans les eaux sombres du ¨noyau planète¨.


~*~


-Voilà, fit le gouverneur. Nous sommes arrivés à la salle du trône. La reine vous attend.
-Merci beaucoup, gouverneur, sourit Lay.
Puis elle entra, suivie du Chancelier Suprême. La salle du trône était immense, avec de hautes baies vitrées donnant sur la grand-place de Theed. La reine Amidala siégeait au milieu de deux de ses dames de compagnie, le capitaine Panaka derrière elle. On pouvait lire la fatigue sur son beau visage harmonieux ; elle avait les traits tirés mais gardait son allure royale, la tête bien haute et le regard déterminé.
Palpatine s'avança puis s'inclina devant elle.
-Votre Altesse, puis-je vous présenter la Grande Conseillère de Panescan Lay Jooles.
Cette dernière la salua respectueusement.
-J'ai déjà entendu parler de vous, Grande Conseillère, vos hauts agissements accomplis sur votre planète natale ont fait écho jusqu'ici. C'est un plaisir de vous recevoir dans notre province.
-Je vous remercie infiniment d'accepter une entrevue avec moi. Je sais que vous avez beaucoup de soucis en ce moment, et sachez que malgré la distance qui nous sépare, nous sommes prêts à vous apporter tout notre soutien.
La reine Amidala inclina la tête en signe de reconnaissance.
-Puis-je connaître la raison de votre visite ?
-Eh bien, Altesse, ce qui m'envoie exige la plus grande discrétion, et j'aimerais en conséquent m'entretenir en privé avec vous, répondit Lay Jooles, lançant un bref coup d'œil vers Palpatine.
La reine eut un petit sourire entendu.
-Chancelier Palpatine, auriez-vous l'amabilité de nous laisser ?
-C'est-à-dire, Majesté…, objecta celui-ci, interdit. Je…
Il s'interrompit, constatant qu'il était vain de résister. Il prit donc congé, escorté par le capitaine Panaka.
-Je vous écoute, poursuivit la souveraine.
Le visage de la Conseillère s'assombrit soudain.
-Votre Altesse, si je suis venue jusqu'ici, c'est pour vous faire part d'inquiétudes que nous nourrissons sur Panescan.
-Des inquiétudes ? A quel sujet ? demanda Amidala.
Lay hésita un instant.
-Je vous assure que vous pouvez parler ici ouvertement. Mes suivantes sont absolument dignes de confiance, affirma la reine.
-Oui, je sais, Votre Majesté. Le fait est que je suis sur le point de porter des accusations très graves, mais je pense que vous plus que quiconque devez être mise au courant.
La jeune femme prit une profonde inspiration et continua.
-Nous n'avons hélas pas assez de temps pour me permettre de tourner les choses de façon plus enrobée et moins crue, je vais donc aller droit au but. Je crains que le Chancelier Suprême ne vaille pas mieux que son prédécesseur.
-Que voulez-vous dire ? fit la reine, surprise.
-Premièrement, il se trouve que depuis son élection, aucun réel progrès n'a pu être observé au Sénat, et je dirais même que les choses se sont aggravées. Toutes les affaires qui vous retiennent sur votre planète ne vous laissent pas un instant de répit pour vous permettre de vous intéresser à ce qui se passe dans le reste de la République, je conçois très bien que vous n'ayez rien remarqué. Hélas la situation se dégrade, les sénateurs sont en désaccord, de petits groupes de pression ont de plus en plus de pouvoir.
-Grande Conseillère, sachez que ramener l'ordre dans un Sénat rongé par la corruption n'est pas chose aisée, et le Chancelier Palpatine a besoin de temps pour mener sa tâche à bien, coupa la souveraine.
-Bien sûr, c'est évident. Et je ne m'en serais pas souciée outre mesure si je n'avais moi-même surpris une communication entre le Chancelier et le vice-roi de la Fédération du Commerce.
-Mais cela n'a rien d'anormal. Où voulez-vous en venir ?
-Votre Altesse, je l'ai très distinctement entendu réprimander le Neimoidien, mais pas dans le sens où vous le souhaiteriez. Il a eu l'air de lui faire comprendre que son échec dans l'invasion de Naboo avait modifié ses plans.
-Entendu ? Cela signifie que vous ne l'avez pas vu.
Voyant ce que la reine sous-entendait, Lay serra les dents et chercha les mots exacts qui lui feraient comprendre ce qu'elle voulait dire. Elle se pencha légèrement en avant et regarda son interlocutrice dans les yeux d'un air grave, puis poursuivit en pesant chacune de ses paroles.
-Majesté, j'ai vu le Chancelier Suprême Palpatine entrer dans ses appartements. Je me trouvais là car j'attendais pour m'entretenir avec lui. Peu de temps après, il était en conversation avec le vice-roi. J'ai parfaitement reconnu sa voix.
-Mais pourquoi aurait-il agi ainsi sachant que vous étiez là ?
-Je ne pense pas qu'il m'ait vue en arrivant. Il y avait du monde et je me trouvais à l'autre bout du couloir. De plus, il parlait avec un représentant de Mon Calamari. Puis je me suis retrouvée seule à attendre, et je me suis approchée. La personne qui venait de sortir de ses quartiers avait oublié de refermer la porte ; Palpatine se trouvait dans l'antichambre, à côté. Mais au moment où j'ai atteint le seuil de ses appartements, il a coupé brusquement sa communication avec Nute Gunray. Comme s'il avait senti ma présence, ajouta la jeune femme avec un petit rire ironique. Ce que je suis toutefois parvenue à entendre laisse peu de doute sur la relation que l'actuel Chancelier entretenait avec la Fédération pendant le blocus que subissait Naboo.
L'atmosphère fut alourdie d'un long silence. La reine Amidala se leva et s'avança vers la grande baie vitrée. Elle observa la ville qui s'étendait sous ses yeux. A la vue de son visage contrarié, Lay s'approcha d'elle.
-Je suis désolée pour le trouble que je vous cause. Je me rends bien compte que vous avez déjà été très éprouvée. Je devais malgré tout vous dire ce que je savais. Ce ne sont toujours que des soupçons, mais je pense qu'il serait sage de ne pas accorder trop vite sa confiance.
La reine se retourna alors et toisa la Conseillère.
-Mais le Chancelier Palpatine m'a beaucoup soutenue durant le blocus. Je viens juste de faire votre connaissance ; malgré votre réputation, duquel d'entre vous dois-je me méfier ?
La jeune femme tressaillit, bien qu'ayant attendu cet argument. Elle ne se départit pourtant pas de son calme et reprit :
-Oui, c'est à vous de décider. Je n'ai aucune preuve à vous soumettre pour appuyer mes dires, et je ne vous reprocherai pas le fait de ne pas vous fier à moi, mais essayez de rester prudente, votre Altesse.
-Et vous auriez fait tout ce chemin pour me mettre en garde ? douta la reine.
-C'est la première raison de ma visite, confirma la Conseillère. Mais il est vrai que ce n'était pas entièrement désintéressé. Le Chancelier Suprême a réduit le nombre de délégués de Panescan au Sénat. Il ne reste plus qu'un seul représentant de notre planète sur Coruscant, et il est inutile de vous dire que s'il nous avait totalement rayés du Sénat galactique, cela n'aurait pas fait une grande différence. Ce changement fait partie d'un programme qui vise à augmenter le pouvoir des métropoles importantes au détriment des provinces plus éloignées. Il va sans dire que le tour de Naboo ne tardera pas. C'est pourquoi j'espérais pouvoir compter sur votre voix pour soutenir le mouvement contre cette réforme. Je ne vous demande pas de vous décider tout de suite, mais au moins d'écouter les autres délégués qui ont rallié notre cause.
-Cela exigerait que je me rende sur Coruscant, déduisit la reine.
-Eh bien, oui, concéda Lay Jooles.
Amidala se mordit la langue, jeta un bref coup d'œil vers ses dames de compagnie puis regarda à nouveau la jeune Conseillère.
-Je suis désolée, dit-elle enfin.
Une profonde déception s'afficha sur le visage de Lay, mais elle se ressaisit très vite, et la reine ne put s'empêcher d'éprouver de la sympathie. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne doutait pas des bonnes intentions de la jeune femme.
-Je comprends, fit Lay. Vous avez d'autres impératifs et il est bien normal que vous vous y teniez. Je vous remercie de m'avoir accordé un peu de votre temps et l'essentiel est que vous savez maintenant ce que j'étais venue vous apprendre.
-Merci à vous, Grande Conseillère. Et soyez assurée que dès que j'en aurai l'opportunité, je reprendrai contact avec vous et me rendrai sur Coruscant.
Lay Jooles s'inclina et quitta la salle du trône.


~*~


La nuit était depuis longtemps tombée sur Theed qui dormait paisiblement, illuminée d'un beau clair de lune, mais la déléguée Panescienne n'arrivait pas à trouver le sommeil et errait dans les jardins silencieux du palais, laissant glisser sa main sur un petit balcon de pierre qui surplombait les eaux calmes du fleuve. Elle s'arrêta et s'y accouda, regardant le reflet ondulant de la lune au-dessous d'elle.
-Vous ne dormez pas encore, votre Grandeur ?
La jeune femme sursauta, reconnaissant la voix qui venait de l'interpeller, et se retourna vivement.
-Oh, je suis désolé de vous avoir fait peur, s'excusa Obi-Wan. Je…je vais vous laisser. Il esquissa une révérence et commença à s'éloigner.
-Non, attendez. Restez, je vous en prie, lui dit la Conseillère en allant à sa rencontre. Vous ne me dérangez pas le moins du monde.
Le jeune homme se retourna et la regarda avec douceur.
-Très bien, sourit-il. Vous tenir compagnie sera un plaisir.
-Je vois que vous avez bien reconduit Jar Jar Binks, dit-elle poliment.
-Oui, cela lui fera du bien de retrouver sa ville natale, répondit Obi-Wan d'un air détaché.
Puis ils marchèrent côte à côte pendant un moment, sans dire un mot, et s'arrêtèrent finalement au bord de l'eau. Obi-Wan tourna la tête et observa la jeune femme. Le visage de celle-ci semblait quelque peu contrarié, même si elle faisait manifestement des efforts afin de ne rien laisser paraître.
-Votre Grandeur, puis-je vous demander si vous allez bien ? Vous me semblez tourmentée.
-Oh, je vais très bien, s'empressa-t-elle de répondre.
Le chevalier ne la quittant pas des yeux un seul instant, un petit sourire commença à se dessiner aux coins des lèvres de Lay Jooles.
-On ne vous la fait pas, hein ? fit-elle d'un ton mi-ennuyé, mi-amusé.
-Votre entretien avec la reine s'est mal déroulé ?
-Non, je ne dirais pas cela, mais ça n'a pas été une totale satisfaction. C'était pourtant prévisible, je ne comprends pas pourquoi cela m'affecte autant.
-Vous aviez simplement espoir, raisonna le Jedi.
-Vous avez sans doute raison.
Elle s'assit sur un banc de pierre proche et regarda un oiseau nocturne s'envoler au loin.
-Obi-Wan ? dit-elle au bout d'un certain temps.
-Votre Grandeur ?
La jeune conseillère eut un petit rire.
-Non, je vous en prie, appelez-moi Lay. Il commence à se faire trop tard pour ce genre de politesses superflues.
-Bien, Lay, obéit docilement le chevalier.
-Pourquoi n'êtes-vous jamais revenu sur Panescan ? demanda-t-elle soudain.
-Y revenir ? Mais je n'y suis jamais allé, ne comprit pas le jeune homme.
Elle fronça les sourcils et fit une moue incrédule.
-Vous ne venez pas de Panescan ?
-Non, répondit-il, intrigué.
-Dans ce cas, veuillez excuser ma méprise. Mais alors d'où venez-vous, si ce n'est pas trop indiscret ?
Obi-Wan baissa les yeux, mais la jeune femme ne put déchiffrer son expression. Il releva la tête et lui répondit calmement.
-Je ne sais pas d'où je viens. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours vécu au temple Jedi. Je sais que mon père est mort, et Maître Yoda m'a recueilli. Ensuite Qui-Gon Jinn m'a enseigné ce qu'il savait des chemins de la Force.
-Tiens… C'est surprenant. Et vous n'avez jamais cherché à savoir ?
-Si, quelques fois je me suis posé la question, mais ni Yoda ni Qui-Gon n'ont jamais pu y répondre. Un Jedi ne doit pas vivre dans le passé, mais se concentrer sur le moment présent.
-Vous dites cela comme une leçon apprise par cœur, lui dit-elle tristement.
-C'est un peu le cas, admit-il. Mais qu'est-ce qui vous a fait croire que je venais de Panescan ?
-Eh bien il y a un jeune Jedi de notre planète, il a votre âge, correspond à votre physique, et il s'appelle Kenobi… Il est possible que quelqu'un d'autre dans cette galaxie porte le même nom que vous, mais le fait qu'il soit chevalier Jedi est tout de même une grosse coïncidence…
-Mais… en êtes-vous sûre ? Que ce Jedi s'appelle Kenobi ?
-Absolument. Je le sais parce que nous étions voisins, étant enfants. Theran Kenobi est en effet décédé, mais sa femme, elle, est toujours en vie…
Obi-Wan s'assit à côté d'elle, troublé.
-Pourquoi m'aurait-on caché la vérité ?
Il secoua la tête et se concentra sur la Force pour éviter de se noyer dans un flot de pensées et d'émotions embrouillées. Il en eut le plus grand mal du monde.
-J'aurais donc encore une mère ? Pendant tout ce temps…
Au visage décomposé d'Obi-Wan, la jeune femme se leva.
-Je suis désolée. Je vous raconte cela, soudainement, comme si vous n'aviez pas assez d'ennuis comme cela.
Elle grimaça, agacée par son manque de tact, puis finit par se rasseoir.
-Pardonnez-moi.
Le jeune homme était encore un peu perdu.
-Je… Est-ce que Qui-Gon savait ?
Elle hésita.
-Je l'ignore, c'est possible.
-Pourquoi m'aurait-il menti pendant toutes ces années ?
-Je ne sais pas. Mais Obi-Wan, ce n'est peut-être pas de vous qu'il s'agit, lui rappela-t-elle. Si j'étais vous, je redemanderais à Qui-Gon Jinn. Voire à votre maître Yoda.
Il hocha la tête.
-Oui.
-Je suis navrée. Je n'aurais peut-être pas dû.
Il se tourna vers elle et lui sourit doucement.
-Vous n'avez rien fait de mal, la rassura-t-il.
-Je l'espère.
Obi-Wan put alors sentir l'étrange attachement qu'elle avait pour lui. Une tendresse qu'il semblait partager, mais qui se rapprochait plus d'une amitié qu'il ne comprenait pas. Elle se décala doucement vers lui et plaça sa tête sur son épaule pour regarder s'écouler l'eau devant eux. Il hésita une seconde, puis s'inclina également vers elle, sa tempe reposant sur les cheveux dorés de la jeune femme.


~*~


Eirtaé entra dans la pièce et avança jusqu'à côté du fauteuil où était assise la reine Amidala. Elle se pencha vers elle et lui murmura quelques mots à l'oreille. La souveraine hocha la tête et l'autorisa à prendre congé.
-Rien d'alarmant, j'espère ?
Amidala tourna son regard vers le Chancelier Suprême.
-Non, répondit-elle. Des nouvelles d'un émissaire que j'avais envoyé.
-Ah, comprit Palpatine.
Il alla s'asseoir en face d'elle et lui sourit de la façon à la fois humble et hypocrite dont lui seul avait le secret.
-Comment se passent les choses sur Naboo ? s'enquit-il.
-Aussi bien que les circonstances le permettent, répondit la reine. La reconstruction prend du temps et coûte très cher. Nous sommes obligés de lever de nouveaux impôts sans pour autant accabler le peuple, ce qui n'est pas aisé. Seul l'avenir nous dira si la vie pourra reprendre son cours comme avant le boycott.
Elle marqua un temps et haussa les sourcils.
-Mais parlez-moi de vous. Tout se passe comme vous le souhaitez ?
-Oh, eh bien je dois avouer que ma tâche est très ardue, mais je fais de mon mieux, répondit modestement Palpatine. J'avais sous-estimé la férocité des adversaires de l'ancien chancelier Valorum. Il est très difficile de lutter contre eux lorsque de leur côté ils parviennent à répandre des rumeurs sur mon compte parmi mes alliés…
La curiosité de la souveraine fut piquée au vif.
-Des rumeurs ?
-Oui, en effet. Il y en a plusieurs, les plus extravagantes allant même jusqu'à affirmer que je suis un démoniaque seigneur Sith à mes heures perdues.
Amidala ne put s'empêcher de sourire.
-Mais celles-ci m'amusent plus qu'autre chose, rit le Chancelier. Certaines sont toutefois plus gênantes, car crédibles. La dernière en date concernerait un projet d'élimination des plus petites planètes du système au Sénat.
-Est-elle fondée ? tenta de demander la reine d'un air innocent.
-Bien sûr que non, votre Altesse, réagit immédiatement Palpatine. Il y a certes un plan de redistribution des emplois dans le cabinet, mais tout sera discuté au Sénat devant toutes les parties concernées. Venant moi-même de Naboo, je n'aurais aucune raison de vouloir supprimer cette voix…
-C'est évident, répondit machinalement Amidala.
-Il est si facile de détourner la vérité et de semer le doute.
Il inspira et prit un ton plus léger.
-Et cette conversation avec la Grande Conseillère de Panescan ?
-Intéressante.
-Cette chère enfant…
-Vous la connaissez ? fit la reine, surprise.
-Depuis son enfance. Je dois vous dire qu'elle est arrivée récemment au pouvoir, et elle est encore bien inexpérimentée. Mais je l'ai accompagnée ici pour lui fournir mon soutien, en outre. Donc tout s'est bien passé ?
Amidala regarda franchement Palpatine droit dans les yeux et réfléchit. Lay Jooles n'avait pas l'air d'une jeune femme capricieuse ou déraisonnable, et la reine doutait que ses propos à l'encontre du Chancelier Suprême pouvaient avoir une origine antérieure à son élection, ou une raison personnelle. Si elle le connaissait depuis si longtemps, peut-être savait-elle de quoi elle parlait. Mais là encore, Amidala ne savait pas si elle pouvait vraiment se fier à elle, et avec tout ce qui se passait sur Naboo, elle n'avait pas le temps d'enquêter elle-même. La prudence restait tout de même de rigueur.
-Tout s'est bien passé, dit enfin la reine.
-Vous pensez la revoir ? osa encore demander le Chancelier.
-Non. Pas avant un certain temps en tout cas.
-Oh, fit-il de façon ingénue.
Il laissa s'écouler un certain temps dans un silence respectueux avant de jeter un œil distrait à son chrono.
-Ciel, il est horriblement tard ! s'exclama-t-il. Vous auriez dû me mettre à la porte il y a bien longtemps, plaisanta-t-il.
Il se leva et s'approcha du confortable fauteuil où était assise la reine, toujours aussi droite.
-Permettez-moi de prendre congé.
Elle hocha la tête et le regarda partir d'un air froid et pensif. Les faux-semblants et le jeu d'acteur du Chancelier n'avaient de cesse de la troubler. Elle se rendit alors compte que les paroles de la Grande Conseillère avaient réussi à semer le doute et la méfiance dans son esprit.


~*~




Chapitre 3 - Départ

-Et c'est à ce moment que la reine a dit : ¨Heureusement que les Jedi n'étaient pas là, n'est-ce pas, Gouverneur ?¨
Ric Olié se remit à rire. Puis il se reprit.
-Obi-Wan ? Vous avez entendu la chute de l'histoire ?
Le jeune chevalier, qui continuait d'empiler le matériel à bord de la navette Naboo, répondit vaguement.
-Oui… je… j'ai entendu.
Ric s'inquiéta soudain.
-Vous n'avez vraiment pas l'air dans votre état normal. Vous allez bien ? Vous n'êtes pas du tout à ce que vous faites. Pour un Jedi…
"Oui, je sais", se dit Obi-Wan. "Pas sérieux du tout."
Face au silence du jeune homme, Ric recommença à trier l'équipement.
-Pardon, Ric, dit finalement Obi-Wan. Vous disiez ?
-Oh, rien d'important, sourit celui-ci. Alors comme ça, vous repartez pour Coruscant ?
-En effet, répondit Obi-Wan, qui s'avança pour aider le pilote à porter une lourde caisse. En tout cas c'est ma première étape.
Ric haussa un sourcil.
-Comment ça ?
-Si le conseil me donne son autorisation, j'irai jusqu'à Panescan.
-Panescan ?! Mais c'est drôlement loin d'ici !
Le Jedi marqua une pause et répondit.
-Je sais.
Ric eut un petit sourire en coin.
-C'est elle, hein ?
Obi-Wan se raidit.
-De quoi parlez-vous ?
-Vous savez, la conseillère, une belle jeune fille aux longs cheveux blonds soyeux…
-Pas exactement.
La gravité du ton d'Obi-Wan rembrunit le visage de Ric Olié.
-Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ?
Le Jedi regarda le pilote et lui sourit pour le rassurer, lui donnant une petite tape amicale sur l'épaule.
-Non, hélas ! Ou plutôt si : pourriez-vous vous occuper seul du matériel pendant que j'irai chercher les astromechs à l'atelier ? Cela nous ferait gagner beaucoup de temps.
-Bien sûr, allez-y !
-Merci, Ric ! fit Obi-Wan avant de partir.


~*~


-Ce fut un honneur de vous accueillir sur Naboo, et sachez que vous serez toujours les bienvenus, conclut la reine.
-Merci encore pour votre généreuse hospitalité, votre Altesse, répondit la Grande Conseillère. J'espère que vous considérerez mon offre.
-Vous avez ma parole, promit à nouveau Amidala.
Le Chancelier Suprême, qui se trouvait également dans la salle du trône, ne dit mot, mais la reine comprit que se savoir tenu à l'écart d'une affaire qui semblait si importante l'irrita au plus haut point. Ses talents de dissimulateur lui permirent toutefois de garder le visage aussi serein qu'à l'accoutumée. Il leva la tête en direction de la souveraine et prit son air le plus humble et ingénu quand celle-ci s'adressa à lui.
-Ce fut également un plaisir de vous revoir, Chancelier. Persévérez dans votre tâche pour ramener l'ordre au sein du Sénat ; nos pensées vous accompagnent.
Amidala ne put s'empêcher d'avoir un regard incertain face à l'expression abattue de Lay, mais retrouva rapidement l'impassibilité neutre qui lui était habituelle.
Après maintes politesses exigées par le protocole, et dont la jeune conseillère aurait pu se passer, les deux visiteurs prirent congé et se firent escorter par quelques gardes jusqu'à leur navette. Lay marchait d'un air absent lorsque son attention fut attirée vers une allée parallèle à la leur, sur la droite.
-Chancelier, veuillez continuer sans moi, je vous rejoindrai dans quelques minutes.
Ne cachant plus sa surprise, celui-ci ouvrit de grands yeux. Ce manque de rigueur commençait réellement à l'excéder.
-Bien, faites comme il vous sera agréable, fut-il forcé d'accepter.
Elle sourit et quitta le petit cortège.


~*~


-Bonjour, Jedi ! lança la jeune femme.
Obi-Wan se retourna lentement, pas le moins du monde surpris, à la grande déception de Lay. Il l'avait sentie arriver. Il ouvrit cependant des yeux ébahis face à ce qu'il n'avait pas attendu. La beauté radieuse de la jeune femme lui semblait si parfaite qu'il avait du mal à y croire. Elle était à présent vêtue de sa robe traditionnelle de Panescan, d'un blanc lumineux, découvrant légèrement la peau délicate de ses épaules, un ravissant décolleté en dentelle fine ornant sa poitrine. Ses cheveux d'or resplendissant au soleil étaient ramenés vers l'arrière en un haut chignon maintenu par quelques perles brillantes, laissant tomber des mèches soyeuses qui frôlaient doucement sa nuque sous la brise matinale. Passé le choc de cette sublime vision, Obi-Wan lui sourit et fit une respectueuse révérence.
-Quelle magnifique matinée ensoleillée, n'est-ce pas ? fit-elle en emplissant ses poumons de l'air qui embaumait le jardin, frais et parfumé de fleurs.
-Oui, en effet, approuva Obi-Wan, s'abandonnant au même plaisir.
Elle le regarda un instant en souriant, une étincelle de feu pétillant dans ses yeux, puis secoua légèrement la tête, comme pour chasser de son esprit une quelconque chimère.
-Vous êtes prêt pour le départ ? lui demanda-t-elle en s'approchant de lui.
-Oui, comme vous le voyez je ramène ces astromechs vers la navette qui rejoindra le vaisseau républicain en orbite autour de Naboo.
-Ils étaient en révision ici, en conclut la jeune femme.
Obi-Wan hocha la tête.
-En fait ils appartiennent tous à la reine. Mais celle-ci a eu l'amabilité de nous les ¨prêter¨ pendant quelque temps jusqu'à ce que nous en fassions venir d'autres de Coruscant.
A ces mots, l'un d'eux se mit à triller et biper joyeusement.
-Oui, R2, rit Obi-Wan. En attendant, tu restes avec nous.


~*~


-Maître ? hésita l'enfant.
Le Jedi rouvrit les yeux et posa son doux regard sur le visage d'Anakin. Depuis la dernière attaque qu'ils avaient essuyée, le silence avait repris sa place à bord du grand vaisseau, et Qui-Gon Jinn en avait profité pour se plonger dans une longue méditation dans le but de se ressourcer. C'était un usage très fréquent chez les Jedi, un moyen pour ne faire qu'un avec la Force, oublier son enveloppe corporelle, chercher le calme, la tranquillité. C'était dans cet état de relaxation totale qu'il était possible de trouver des réponses à ses questions, ou encore de puiser au fond de soi une énergie surhumaine. Une telle fusion psychologique avec la Force demandait des années d'entraînement rigoureux.
-Je t'écoute, Anakin, dit finalement le maître Jedi.
Sa voix était paisible et sereine, ce qui rassura instantanément l'enfant.
-Ils sont de retour, avec le ravitaillement.
-Bien, allons les attendre.
Le Jedi se leva, et son visage se crispa soudain. La blessure résultant du coup que lui avait porté l'apprenti Sith se faisait de nouveau sentir. Il se ressaisit rapidement et suivit le jeune garçon jusqu'à l'aire d'accueil. De là, ils virent arriver les deux navettes qui allaient bientôt atterrir. Qui-Gon éprouva une certaine appréhension en observant la navette Naboo à bord de laquelle se trouvait Obi-Wan. Il imaginait déjà son jeune visage douloureux apparaître au bas de la rampe, et qui exprimerait toute la rancœur et la déception qu'avait dû provoquer la nouvelle. Le maître Jedi tenta de s'y préparer, mais il ne savait pas comment il arriverait à faire face à l'incompréhension bien légitime de son ancien élève. Il chassa ses idées noires au moment où le premier vaisseau coupait ses réacteurs. Comme il le craignait, Obi-Wan fut le premier à en sortir. A sa grande stupéfaction, l'expression de son visage n'était pas du tout contrariée, elle était même détendue. Il adressa un sourire à Anakin - qui ne comprit pas très bien - et s'avança pour serrer vigoureusement la main de Qui-Gon. Celui-ci en fut intensément soulagé. Après tout, il ne s'était peut-être rien passé sur Naboo, il n'avait fait qu'imaginer un scénario catastrophe depuis le début.
-Je vois que tout s'est bien passé, fit Qui-Gon.
-A merveille, continua de sourire Obi-Wan. Mis à part…
Il fut interrompu par Ric Olié qui les rejoignit.
-Où faut-il mettre les pièces de rechange DR24 ?
-Dans le quartier de maintenance, avec les pièces de générateur, répondit Obi-Wan. Qui-Gon, poursuivit-il. Je suis aussi venu vous informer de mon départ pour Coruscant.
-Coruscant ? Mais nous avons besoin de toi, ici, protesta le Jedi.
-Normalement, la relève arrivera demain, et vous pourrez m'y rejoindre, si du moins je ne suis pas déjà reparti…
-Pourquoi ?
-Vous devez bien le savoir, vous avez su ce qui se passerait dès que vous avez entendu le nom de Panescan, fit doucement le jeune homme.
Qui-Gon retint son souffle pendant quelques secondes, puis dit :
-Bien. Nous allons décharger le matériel, et nous irons en discuter, tous les deux. Ensuite, tu pourras partir avec le chancelier et la conseillère sur Coruscant.
-Je ne vous oblige pas à en parler, maître, mais si vous y tenez, je vous écouterai volontiers, répondit calmement Obi-Wan.
Qui-Gon éprouva une soudaine fierté envers le jeune homme, du fait qu'il avait su rester patient et compréhensif malgré les enjeux personnels que cela impliquait, mais aussi parce qu'inconsciemment, il l'avait de nouveau appelé ¨maître¨. Lui non plus n'arrivait pas à se faire à l'idée que le petit garçon qu'il avait autrefois pris sous son aile était à présent devenu un homme, et chevalier Jedi qui plus est. Il avait vraiment mérité son titre, il avait su dès le départ qu'Obi-Wan deviendrait un chevalier exemplaire.
La deuxième navette arriva, et Palpatine et Lay furent conduits dans les quartiers d'invités. Lorsqu'elle passa devant Obi-Wan, la jeune femme lui lança un regard plein de tendresse, auquel le Jedi répondit avec un doux sourire.
Le matériel fut rapidement rangé, et les navettes préparées au nouveau départ. Alors que Ric finissait de mettre en place les droïdes en compagnie d'Anakin, Qui-Gon et Obi-Wan se retirèrent discrètement. Ils marchèrent ensemble dans les longs couloirs, puis s'arrêtèrent devant une grande vitre qui offrait une vue sur l'espace étoilé.
-Tu as l'air de bien t'entendre avec la Grande Conseillère, Obi-Wan, fit Qui-Gon d'un ton amusé.
Obi-Wan se contenta de sourire. Puis son regard devint plus concentré.
-Votre blessure vous fait de nouveau souffrir, Qui-Gon… , lui dit-il d'un air inquiet.
-Et moi, je constate que tu es de plus en plus réceptif à la Force… , sourit le maître Jedi. Ne t'en fais pas pour moi, je vais bien.
-Je l'espère.
Qui-Gon Jinn marqua une pause, comme pour s'assurer que ce qu'il était sur le point de faire était juste.
-Je suppose que tu attends des réponses à tes questions…
-Cela fait déjà plus de vingt ans que je les attends, fit simplement Obi-Wan.
Frappé par l'évidence de sa réponse, le vieux Jedi reprit.
-J'ai d'abord besoin de savoir ce que tu as déjà appris.
-Eh bien, pas grand-chose. Lay m'a dit qu'elle pensait que je venais de Panescan parce qu'un enfant du nom de Kenobi a été emmené de là-bas il y a de cela vingt-cinq ans, dans le but d'être formé pour devenir un Jedi. Et nous savons tous deux que les coïncidences n'existent pas.
Le jeune homme se tourna vers son mentor.
-Qui-Gon, il s'agit bien de moi, n'est-ce pas ?
Le maître Jedi hésita à nouveau, et Obi-Wan comprit tout de suite ce que cela signifiait. Seulement il avait besoin de l'entendre de sa bouche.
-Oui, Obi-Wan, en effet, avoua enfin Qui-Gon.
Ils se tournèrent tous deux pour observer l'espace noir qui s'étendait devant eux. D'une part ils étaient soulagés d'être enfin confrontés à la vérité, et d'autre part, ni l'un ni l'autre ne savait comment rétablir le dialogue entre eux. Ce fut comme toujours Obi-Wan qui fit le premier pas.
-Que savez-vous d'autre sur mes origines ?
-J'aimerais pouvoir t'aider, mais je ne peux rien t'apprendre de plus.
Obi-Wan se retourna, surpris.
-A l'époque des événements, j'ai fait le serment de garder le secret. Ce n'est pas à moi de décider si tu peux ou non être mis au courant.
Obi-Wan resta un moment silencieux, afin de se maîtriser, et d'éviter de parler sous le coup de la colère. Il prit enfin la parole et répliqua d'un ton calme.
-Mais c'est ma vie, Qui-Gon, expliqua-t-il doucement. Je suis le principal intéressé et je ne comprends pas comment une telle décision peut être prise par quelqu'un d'autre que moi !
-Je me doute que ça ne doit pas être facile pour toi, mais j'ai donné ma parole. Tu as raison de vouloir partir pour Coruscant, parce que seul Yoda pourra ne serait-ce que te guider. Toutefois… pourquoi cherches-tu tant à savoir ?
-Qui-Gon, savez-vous d'où vous venez ? Qui sont vos parents, si vous avez encore de la famille quelque part, des gens qui tiennent à vous ?
-Oui, mais je n'en éprouve pas le besoin. Je t'ai souvent expliqué qu'il ne fallait pas accorder d'importance au passé. Les Jedi sont ma famille, et savoir que j'appartiens à leur ordre me suffit. Pourquoi n'en est-il pas de même pour toi ?
-Je ne sais pas, mais ce n'est pas aussi simple. Il faut croire que vous et le conseil vous êtes trompés. Peut-être ne suis-je pas fait pour être un Jedi.
Cette remarque effraya le maître. Non pas parce qu'il pensait qu'il avait raison, au contraire, mais parce que le jeune homme avait l'air de réellement douter de ses capacités. Il posa une main sur l'épaule de son ancien apprenti et lui dit :
-Obi-Wan, ne pense jamais ça. Tu es un excellent Jedi, je n'en doute pas une seule seconde. Et tu es tout à fait en droit d'exiger de savoir qui tu es. Il aurait été préférable que tu ne t'en soucies pas, mais nul ne peut te le reprocher.
Il regarda le jeune homme et lui sourit avec tendresse.
-Tu es un Jedi qui fait chaque jour ma fierté, Obi-Wan. Ne l'oublie jamais.
Le jeune chevalier leva alors les yeux vers lui et se sentit si pris au dépourvu face à ce que Qui-Gon venait de lui dire qu'il ne put soutenir son regard, et ainsi adressa un sourire reconnaissant à son ancien maître, le salua respectueusement et s'éloigna. Qui-Gon ne lui avait pas parlé de cette façon depuis une éternité, et venant de lui, un tel compliment l'avait troublé.
Alors qu'il retournait à la navette qui l'amènerait vers Coruscant, Obi-Wan tomba sur Anakin. Celui-ci leva timidement les yeux vers lui et commença :
-Monsieur Kenobi
-Allons, Anakin, appelle-moi Obi-Wan, lui dit-il en souriant.
-J'aimerais qu'on s'entende bien, Qui-Gon vous respecte tellement…
Cette remarque fit sursauter le jeune homme. Cela faisait beaucoup de compliments en une seule fois.
-Anakin…
-Je sais que vous m'en voulez, l'interrompit l'apprenti. Et vous avez raison, c'est comme si je vous avais volé votre maître…
"Sensible, ce garçon" se dit Obi-Wan.
-Anakin, écoute-moi, lui dit-il en s'agenouillant pour se mettre à sa hauteur. Je ne t'en veux pas. Et tu n'as pas de raisons de t'en vouloir non plus. Si Qui-Gon a décidé de te prendre comme apprenti padawan, c'est parce qu'il savait que j'étais prêt, que ma formation était achevée. Il ne m'a pas abandonné ! Considère que c'est un grand honneur que d'avoir été choisi par lui comme quatrième et sans doute dernier élève.
Il le regarda dans les yeux pour lui prouver qu'il pensait chacune de ses paroles et ajouta en souriant :
-Et tu mérites cet honneur. La Force est d'une intensité inhabituelle avec toi. Ne te soucie pas de moi, pense seulement à ta formation et sois attentif à tout ce que Qui-Gon te dira.
-Bien, monsieur Obi-Wan ! répondit joyeusement l'enfant.
Anakin était si soulagé de constater qu'Obi-Wan l'appréciait qu'il aurait pu lui sauter au cou. Mais il se retint, ayant remarqué que les Jedi maîtrisaient toujours leurs émotions, et se contenta donc de sourire de toutes ses dents.
-Vous allez repartir ?
-Oui, répondit le jeune homme en se relevant, l'expression de son visage se faisant plus grave.
-Mais comment va-t-on faire sans vous, ici ?
-Je ne suis pas si indispensable, tu sais. Et comme je l'ai dit à Qui-Gon, la relève va bientôt arriver. Vous pourrez vous aussi repartir pour Coruscant.
Obi-Wan ébouriffa gentiment les cheveux d'Anakin avant de s'éloigner. Au moment où il tournait pour prendre le couloir de droite, il ajouta :
-Ne t'en fais pas, Anakin, tu reverras la reine bien assez tôt !
Le jeune garçon resta planté là, se demandant une nouvelle fois comment les Jedi arrivaient à lire aussi clairement dans son esprit.

-Ah ! Jedi Kenobi
Le jeune homme pivota sur sa gauche et vit le Chancelier Suprême qui venait de l'interpeller. Il s'inclina rapidement.
-Votre Honneur ?
-J'ai cru comprendre que vous nous accompagniez jusque sur Coruscant.
-En effet.
-Je me réjouis de votre présence à nos côtés, jeune Jedi, poursuivit Palpatine sur son ton enjôleur habituel.
-Merci, Votre Honneur, répondit poliment Obi-Wan.
-Je crois bien que vous n'y étiez pas retourné depuis la dernière réunion du conseil Jedi.
-C'est exact.
Obi-Wan faisait son possible pour écourter cette discussion, car Palpatine avait toujours été pour lui quelqu'un de franchement déplaisant, et savoir qu'il avait à présent un certain pouvoir sur l'Ordre Jedi ne le rendait pas plus sympathique à ses yeux. Le Chancelier Suprême ne manqua pas de constater l'empressement du jeune chevalier, mais reprit néanmoins.
-Cette décision me semble très soudaine. Y aurait-il un rapport avec la venue de la Grande Conseillère ?
-Que voulez-vous dire ? demanda Obi-Wan, intrigué.
-Oui, ne partiriez-vous pas pour apporter quelque soutien à sa cause ?
-Votre Honneur, vous devez savoir mieux que quiconque que les Jedi ne choisissent jamais de parti politique. Ils vont où on les envoie afin d'assurer la paix et la justice, rien de plus. Quoi que la Grande Conseillère ait à l'esprit, je ne suis en rien concerné.
Apparemment impressionné, voire irrité par le ton mi-poli mi-insolent du jeune homme, Palpatine eut un petit rictus nerveux et frustré.
-Cela va de soi, admit-il. Je voulais simplement dire que j'étais prêt à me joindre à vous pour épauler cette ravissante jeune personne, rien de plus.
-Ces intentions vous honorent, mais je crains de ne pouvoir éclairer votre lanterne.
Obi-Wan s'inclina à nouveau et poursuivit sa route. Il rejoignit enfin les vaisseaux et s'approcha de Ric Olié.
-Tout est prêt ? demanda le Jedi.
-Paré à décoller, confirma le pilote avec un sourire.
-Parfait. Merci pour votre aide, Ric.
-Pas de quoi. Bon, c'est l'heure de monter à bord !
Il marqua une pause et regarda le jeune homme dans les yeux.
-Bonne chance, Obi-Wan, fit-il en lui serrant la main.
Le chevalier lui sourit puis le regarda monter dans la navette qui le ramènerait sur Naboo. Le Chancelier Suprême arriva enfin, accompagnant la jeune conseillère, et tous deux allèrent s'installer dans la petite navette républicaine après avoir salué Qui-Gon et Anakin. Obi-Wan adressa un dernier regard à son ancien maître avant de pénétrer dans l'appareil et d'amorcer le décollage.
Qui-Gon poussa un long soupir.
"Nous y sommes", se dit-il. "Que la Force soit avec toi, Obi-Wan."


~*~



Chapitre 4 - Un lien unique, Une raison précise

Sur Coruscant, la planète où il ne restait désormais plus une seule forêt et qui de loin ressemblait étrangement à un hérisson, ses gratte-ciel se dressant très haut, la chaleur était torride. Pas autant que les étés de Tatooine, mais suffisamment pour lancer les différents systèmes de climatisation. Le Jedi Obi-Wan Kenobi s'était assuré que le Chancelier Suprême et la Grande Conseillère de Panescan se feraient escorter jusqu'à leurs quartiers, puis il était rentré chez lui, dans la section nord-est du temple Jedi.
Son appartement était petit et très humblement meublé, ne comprenant que le strict nécessaire : un lit, deux sièges en cas d'invité - ce qui n'était pas encore arrivé - une table, une petite cuisine équipée et des sanitaires. Les murs étaient nus ; Obi-Wan ne semblait rien posséder de personnel, pas un bibelot, pas un souvenir, aucun élément décoratif, juste quelques outils en cas de besoin. Mais cet ensemble, aussi impersonnel et sobre fût-il, était impeccablement soigné, et pas un grain de poussière n'était épargné par le nettoyage méthodique du jeune propriétaire. Celui-ci ne se plaignait pas de son logement, puisque de toute façon il n'y vivait pas souvent, ses missions l'envoyant constamment aux quatre coins de la galaxie, et le peu qui lui appartenait semblait le contenter amplement : la modestie et l'absence d'attachement aux objets matériels faisaient partie des principales caractéristiques des Jedi.
Il prit un rapide déjeuner équilibré, alla prendre une douche et enfila une tunique propre. Puis il remit un peu d'ordre dans son appartement avant de se diriger vers la tour centrale du temple où se situait la salle du conseil et les bureaux de ses membres. Une fois arrivé, il eut tôt fait de croiser le maître Jedi Mace Windu qui le regarda s'approcher d'un air surpris.
-Obi-Wan ? fit-il quand le jeune homme fut arrivé devant lui.
Celui-ci s'inclina pour le saluer.
-Que fais-tu déjà ici ? Je croyais que tu ne devais pas rentrer avant deux jours, continua le Jedi à la peau sombre.
-Il fallait que je voie maître Yoda le plus rapidement possible, répondit le jeune chevalier sans chercher à dissimuler son impatience, sachant que Windu pouvait lire aisément dans les esprits.
-Que s'est-il passé ? Cela concerne-t-il Qui-Gon et son apprenti ?
-Non, rassura Obi-Wan. C'est de moi uniquement qu'il s'agit.
-Yoda n'est pas ici. Il reviendra sous peu. Nous pouvons en parler, si tu veux, proposa Windu.
-Bien sûr, accepta doucement Kenobi.
-Bien. Allons dans mon bureau.
Lorsqu'ils furent arrivés, Mace Windu alla s'asseoir en face du jeune homme.
-Que t'arrive-t-il ? demanda le maître avec un regard soucieux.
-Rien de grave, s'empressa de répondre son compagnon. Ce n'est qu'un petit problème personnel sans grande importance.
Mace Windu regarda Obi-Wan dans les yeux et prit le temps de réfléchir, ses longs doigts croisés et les coudes appuyés sur le bureau. Puis il se décida à prendre la parole.
-Même si cela ne concerne pas le conseil et ne mérite officiellement pas le moindre intérêt, ni toi ni moi n'avons d'impératifs en ce moment. Même si un Jedi doit toujours faire passer sa vie privée après celle des autres, il n'a pas l'obligation de la dénigrer totalement. Quoi que ce soit qui te préoccupe, j'ai tout le temps de t'écouter.
-Merci, répondit Obi-Wan, sincèrement reconnaissant. Il s'agit de mon passé. Une jeune femme, Lay Jooles, qui est aussi la Grande Conseillère de Panescan s'est récemment rendue sur Naboo et j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec elle.
Il s'interrompit, constatant d'après le regard sombre de Windu qu'il savait très bien de quoi il parlait.
-Je ne pensais pas que tu la rencontrerais, dit celui-ci d'un ton presque coupable. Que t'a-t-elle dit ?
-Pourquoi ai-je l'impression très frustrante d'être le seul à ignorer ce qui se passe ? fit Obi-Wan.
Il secoua la tête et se réprimanda mentalement face au manque de respect qu'il venait de témoigner.
-Comme je l'ai déjà dit à Qui-Gon, tout ce que je sais c'est qu'apparemment mon père s'appelait Theran Kenobi, que je viens de Panescan et que ma mère est encore en vie, résuma-t-il.
-C'est exact, confirma gravement Mace Windu. Mais tu n'apprendras rien de plus de Yoda.
-Comment ça ? s'inquiéta Obi-Wan. Qui-Gon m'a dit qu'il savait…
-Oui, il sait. Mais Yoda et moi sommes aussi sous serment. Nous avons dû jurer de ne jamais rien te révéler.
Obi-Wan s'était mis à serrer les accoudoirs si fort que ses phalanges en devinrent blanches, mais il ne dit rien.
-Je suis navré, Obi-Wan.
Le jeune homme cligna des yeux plusieurs fois et baissa la tête. Puis il affronta à nouveau le regard du maître Jedi avec autant de calme et sérénité que possible.
-Mais pourquoi autant de mystère autour de moi ? Est-ce que je suis menacé ? Ou est-ce qu'au contraire c'est moi qui pourrais mettre quelqu'un en danger ? chercha-t-il à comprendre.
-Je ne peux pas te répondre, se borna Windu.
Obi-Wan hocha la tête.
-Je comprends. Mais je vous demande la permission de me rendre sur Panescan.
Le grand homme noir soupira et fronça les sourcils.
-Il faut d'abord que je consulte Yoda.


~*~


-Non. Pas d'accord, je ne suis, trancha sèchement le vieux

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